Les tribulations de Martenchon et Mélinez

 

Raoult et le Pen s’en sont allés à Moscou

 

Plongés dans leurs quotidiens respectifs, Mélinez et Martenchon ne purent que constater à quel point l’information est partagée, parfois sans transformation, d’un journal à l’autre. Ils levèrent le nez en même temps, venant de lire quasiment le même article couvert par deux « premières pages » identiques.

« C’est incroyable » dit l’un. L’autre renchérit d’un « C’est sidérant » bien senti .
« Qui aurait pu penser que la science viendrait s'acoquiner avec la politique et irait frayer avec les pires autocrates que le monde ait connu depuis la fin de la Guerre Froide ».

A ce froid et désolé constat de Martenchon, Mélinez n’eût pas d’autres ressources que de le reformuler « qui, en effet, aurait pu le penser ? »
 
Martenchon, reprit, cette fois-ci sur un ton de reproche. « On comprend pourquoi, le Président des Etats-Unis, s’inquiète d’un éventuel usage des armes et munitions chimiques ».

Et Mélinez d’ajouter « et le pire de tout ceci : ce sont des citoyens français ! Les Allemands, on aurait compris! Leur présence est importante depuis le début des années quarante dans l’industrie des moyens chimiques de destruction ! Pas les Français ! C’est en totale opposition avec notre éthique de la guerre et des conflits à intensité variable qui nous valent depuis longtemps le respect et l’admiration de la plupart des armées du monde ».

Ces propos resonnèrent fort dans le salon accueillant et confortable où se tenaient les deux amis.

« Poutine a accueilli Raoult avec le respect qui ne lui est pas dû » s’écria rageusement Martenchon. Il l’a salué comme si l’individu était le représentant de la science mondiale et un futur Nobel des maladies virales. »

Mélinez compléta : «Raoult est venu avec la formule de la Chloroquine et quelques tonnes de cette dernière sous différents types de conditionnement adaptables aux moyens de transport en usage dans l’armée russe bombes, obus, rockets, livrables par avions, hélico etc. Il a soutenu qu’elle serait un remède souverain contre la maladie de l’opposition qui aurait frappé l’Ukraine. Ne pas l'essayer serait pire qu'un crime, une faute. La Chine aurait demandé d'être tenue au courant des résultats ».

Martenchon réfléchissait à haute voix « Mais que vient faire Marine dans cette rencontre « technique ».

Mélinez commenta les journaux qu’ils venaient l’un et l’autre de lire « Elle a obtenu que Poutine reçoive Raoult et, pour donner plus de poids à cette visite, elle l’a accompagné. Marine est là pour dire que Raoult est un homme de science et qu’il faut que Poutine lui accorde toute sa confiance. La dénonciation des Russes pour « guerre chimique » n’est que le sinistre reflet des conflits concurrentiels en méga-entreprises pharmaceutiques américaines"  a-t-elle révélé.

« En clair, Raoult est porteur d’un vrai message : la chloroquine est un moyen parfaitement adapté pour réduire l'épidémie d'opposition et les Russes en seront satisfaits. Marine partage cette conviction ».

Un silence de plomb succéda à cet échange. Les deux amis n’osèrent pas commenter plus loin. Le pire dit-on n’est jamais sûr. Dans la circonstance, il n’est pas loin.
 

 

 

Les souffrances silencieuses
des classes aisées.

Mélinez s’affairait sur une tartine qu’il entendait recouvrir d’une fine couche de beurre quand Martenchon qui l’observait un sourire amusé aux lèvres lui fit le compliment suivant : "Tu me fais penser à Marine Le Pen".
Mélinez faillit faire tomber sa tartine (qui, comme toute tartine beurrée serait naturellement tombée sur le mauvais côté). Il était rouge d’indignation :« Je ressemble à Marine le Pen, maintenant ! ». Il était outré.


Martenchon évita d’en rajouter et se contenta d’un « C’est ton beurre que tu tartines en ce moment qui m’a fait penser à Marine. Souviens-toi de cette séquence : Marine voulait moins de TVA sur les tartines et le Président lui a fait remarquer que cela ne changerait pas beaucoup son standing de vie, ni le sien, a-t-il ajouté, très fair play ».

Mélinez « Et tu en tires quoi de cette passe d’armes »

Martenchon, un peu suffisant : "j’en tire que, contrairement à ce qu’on pense, la TVA est un impôt qui pèse lourd sur les riches sans qu’ils s’en plaignent malgré tout. Ainsi : il est clair que la TVA payée sur un véhicule Renault bas de gamme par exemple est bien inférieure à celle qui est payée sur une Tesla d’entrée de gamme".

Mélinez : opina, « C’est vrai ».

Martenchon : "Ajoute que la personne qui achète la Tesla va la payer beaucoup plus cher que celui qui achète la Renault alors que, somme toute, il s’agit dans les deux cas d’une automobile".

Mélinez opina : « C’est encore vrai ».

Martechon : « Il y a peu, j’ai été invité à déjeuner chez un ami à quelque cent kilomètres de Paris. Il m’avait demandé de me charger d’un approvisionnement en eau et jus de fruits. J’achetai tout ça non loin de sa résidence dans la grande surface locale : quelle n’a pas été ma surprise quand, à la caisse, on m’indiqua le prix à payer. Il était furieusement en retrait par rapport à ce que j’aurais du payer à Paris. Je n’aurais pas la cruauté d’ajouter que le prix au m2 dans le 5ème où j’habite n’a rien à voir avec celui de Vernon sur Eure et je ne parle pas du parking de la voiture. Ajoute que devant me loger dans un quartier de Paris qui n’est pas donné, je suis immédiatement redevable de l’impôt sur la fortune, ce qui ne me serait pas arrivé si j’avais habité Dreux.

Mélinez : apitoyé « C’est vrai que les gens ne se rendent pas compte de tout ça ».

Martenchon encouragé par le commentaire de son ami : « Et je pourrai, continuer. Regarde, par exemple, les vacances. J’aime l’Italie. Tu le sais. Toi tu files en Ecosse chasser la grouse. Moi j’ai un faible pour Florence. Je te garantis que le prix des locations de maisons de vacances là-bas n’ont rien à vois avec une place de camping trois étoiles à Palavas les flots. Et pour l’apéro, un petit rien, un plaisir innocent, eh bien, c’est du pareil au même, le champagne c’est plus coûteux que le prosecco ou la blanquette de Limoux.

Mélinez « tu as raison, cette Marine, elle avait vraiment tout faux avec sa tartine ».

 

Radio-Moscou a livré une information glaçante :
« Ils ont tué Jaurés »

 

« Les occidentaux ont tué Jaurès ». Se répétant ces mots sans cesse, Mélinez, allait et venait dans le salon où se réunissent les deux amis dont les aventures intellectuelles sont hebdomadairement narrées dans ces colonnes.
 

Martenchon interrompit cette déambulation qui devenait fatigante. « Jaurès est mort depuis bien longtemps. Tu es en train de tomber dans le panneau de la propagande russe. Elle manie le mensonge de façon éhontée à ce point que même un homme intelligent et cultivé s’y laisse prendre ».
 

Mélinez surpris essaya d’argumenter : « Martenchon, les Russes ne sont pas qu’une collection de Moujiks abrutis, ils connaissent l’histoire… »
 

Martenchon s’énerva : « C’est justement pour piéger ton esprit critique. Ils te balancent des milliers d’inepties et les digues intellectuelles qui protègent ton bon sens et ta raison contre la bêtise et le mensonge finissent par sauter. Tu découvres alors que c’est beaucoup plus simple de croire des monstruosités que d’essayer de départir le vrai du faux. »
 
Mélinez
, après un temps de réflexion, lâcha : « Donc, on ne peut pas dire que les occidentaux viennent de tuer Jaurès ? ».
 

Martenchon, rassuré, appuya le propos d’un « Exactement ».
 

Mélinez, sourit et de bonne humeur lâcha : « Quand même, ils ont embastillé Raoult. On ne l’entend plus. Même dans des plateaux télé. Comme tu le sais, dans la tradition française, pour faire taire on embastille, et on embastille toujours avant de guillotiner. Donc, il faut s’attendre à ce que, sous peu, dans les rues de Paris, on entende résonner ce cri : Ils ont tué Raoult ! ».
 
Martenchon rétorqua d’un ton inquiet : « Mais Mélinez ! Raoult n’est pas embastillé ! En plus, il ne dit plus rien, il n’intéresse plus personne ! ».
 
Mélinez, triomphait : « Et voilà, tu t’es contredit! Pour un intellectuel de la dimension de Raoult, il est insupportable, pire que la mort, qu’on ne s’intéresse pas à lui. C’est un anéantissement intellectuel. Donc, pourquoi ceux qui n’hésitent pas à exécuter Raoult, auraient-ils hésité à tuer Jaurès ? »
 
Et il ajouta « tu vois Martenchon, il t’arrive de te tromper. Entre amis, je ne te recommande pas de persister dans l’erreur: on pourrait dire que tu le fais exprès et que, politiquement, tu n’es pas net ».
 

 

 

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