Les tribulations de Martenchon et Mélinez

Spécial élections présidentielles

Portraits de grands candidats

Les candidats tels qu’ils sont…

 

Les deux amis s’ennuyaient. La campagne présidentielle ne les amusait pas. Pour se venger, ils décidèrent d’appliquer aux candidats déclarés et à leurs idées, le crible intellectuel que Gustave Flaubert avait mis en œuvre dans ses « idées reçues ». Dans le cas précis, cela consista en un passage en revue des candidats et en énonciation de quelques paroles profondes sur leur participation à la compétition.

 

On commença dans le désordre alphabétique

 

Valèrie Pécresse 

Elle nous est présentée comme une excellente élève sortie d’une excellente école religieuse dotée d’un excellent parcours qui s’est traduit par une excellente position publique. Tout est bon. Comme dans le cochon. Sauf que ça ne marche pas. Certains incriminent ses idées, toutes excellentes mais qui, répétées trop souvent, lassent. Au fond, certains attendraient de cette excellente candidate qu’elle soit moins souvent excellente. Trop d’excellence, c’est trop, comme on est finalement écœuré dans un dîner où est servi trop de foie gras avec trop de truffes et trop de cheval blanc (ou noir, a dit Martenchon qui ne se souvenait pas bien de la couleur du grand cru).

 

D’autres pensent que l’abus d’excellente éducation religieuse a eu trop d’effets sur sa gestuelle : elle discourt en regardant le ciel, elle ouvre les bras comme pour accueillir les repentants, elle sourit de façon extatique sans se rendre compte que la présidence ne lui viendra jamais comme Jésus est venu à Marie.

 

Son programme, on le dit excellent mais on n’a pas bien compris.

 

Mélenchon (Jean-Luc)

On ne sait pas les efforts auxquels se livra Robespierre pour paraitre sympathique. Cela avait assez bien marché. Danton lui-même s’était laissé prendre. Mélenchon fait penser à Nixon après ses soins dentaires pour ne pas ressembler au Tyrannosaure Rex. Il a réussi à faire passer un message subliminal qu’on dira en anglais : don’t read on my lips. De fait, on y lirait des choses qu’on n’oserait pas raconter aux petits enfants par des nuits sans lune. On notera qu’il a fait de louables efforts pour ne plus trop postillonner. La grande habileté de Mélenchon : il met des lunettes 3 D pour dissimuler qu’il n’a en vérité qu’une dimension : répéter en boucle une doxa marxiste plus ou moins bien digérée.

 

Par opposition aux autres candidats, il est dangereux : il peut faire le drôle et faire rire l’assemblée.

 

Le Pen (Marine)

On la dit fidèle. Et c’est là qu’elle est vraiment très forte puisqu’elle a réussi à recracher 3 maris et deux concubins comme des noyaux de cerise et à faire croire qu’elle sera fidèle à la France.

 

Plus elle vieillit en tant que candidate à la Présidence de la République plus elle devient lisse. Elle sait sourire et on dit qu’elle s’est tellement policée qu’elle pourrait être reçue à Buckingham Palace et se tenir en bout de table avec élégance et décontraction. Elle saurait même, au Kremlin, dégager des litres de Vodka sans dommage. Autrefois, Eltsine, le dernier Tsar avant Poutine, appréciait la performance. Avec Poutine cela ne marche pas. Il est sobre et misogyne.

 

Le ton de voix n’est pas désagréable quoique très proche d’une tonalité hommasse. On ne commentera pas plus loin, il n’est pas dans notre intention de passer son intérieur au scanner. En tout cas, elle pourrait en tirer profit pour chanter des vers de mirliton dans une auberge rustique avec des tas de garçons en culotte de cuir.

 

 

On continuera pour une prochaine livraison.

Portraits de petits candidats

 

 

Ils ont l’air las. Ils contemplent le désastre d’un combat mal achevé, d’une bataille perdue. Leurs regards se déchirent, ici, dans la contemplation d’une estrade déserte, là, sur un bras qui a perdu son micro. Rappelez-vous ! Leurs lèvres s’entrouvrent pour évoquer la tour abolie et convoquer des spectres faits de fumées. Rappelez-vous ! Debout sur la barricade, ils se détachent dans la lugubre pâleur d’une lune indifférente. Ils vont disparaître sans bruit et s’enfoncer dans quelques recoins de la presse provinciale. Ils pensaient au sacrifice démocratique suprême. D’un triste sourire, ils nous feront souvenir de la ritournelle « trois pt’its tours… ».

 

Mais est-ce bien juste de commencer par la fin ? Les jeux ne sont pas encore faits que nous les voyons perdants ? L’histoire de France n’est-elle pas encombrée de défaites annoncées qui deviennent des triomphes. Soyons loyaux !

 

Nos deux amis, Mélinez et Martenchon, n’ont pas voulu abandonner les petits candidats à un avenir carnassier.

 

« Commençons par une femme, se sont-ils écriés ! Commençons par Anne Hidalgo ! »

 

Hidalgo (Anne)

Ils ont eu raison. Anne Hidalgo n’a pas « tout d’une grande » loin de là. « Ne te fais pas si petite, tu n’es pas si grande » lui répétait-on, quand, petite (au sens de l’âge) elle n’osait affronter le monde des grands (au sens de la taille). On dit que cette insuffisance est finalement une sorte d’atout. Dans les grandes réunions, elle est trop petite pour qu’on la remarque. Ses opposants ricanent en la disant « Plus proche de la déflation que de l’inflation » ! Ils prétendent qu’elle joue « petit bras ».

 

Venir d’Espagne sans château à vendre et être propulsée sur le devant de la scène par les socialistes en passe de la quitter, ne peut pas être un bon plan. Elle aurait été Pécresse on l’aurait entendu murmurer que la France vaut bien une messe. Mais elle n’a pas fait ses études dans une prestigieuse école religieuse.

 

En revanche, elle aurait pu jouer dans des films des années d’avant-guerre, errant dans les ruelles glauques du Paris misérable qu’elle affectionne. Un jour, alors qu’elle déployait son plan pour la France, j’ai cru qu’en fermant les yeux, je retrouverais l’accent de ménilmuche. J’espérais Edith Piaf ou, au pire, Mireille Mathieu. Un accent nasillard pareil à celui des débuts du parlant et un regard noir alourdi de coulures de rimmel, ont rompu l’illusion.

 

Poutou (Philippe)

On s’est gaussé de la précédente en soutenant que sa descente dans les sondages lui valait un pourcentage inférieur à l’intérêt du livret A ! les sondages créditent PP de leur marge d’erreur : 0,5% !

L’homme qui sait « l’internationale » par cœur aura à cœur, durant sa campagne, de reprendre les mots célèbres « Nous ne sommes rien, soyons tout ! ».

Comme aurait pu le dire Raymond Devos : « un petit rien, c’est mieux que rien du tout ».

 

 

Roussel (Fabien)

Non, ce n’est pas le cadet de la bande ! C’est un communiste. C’est la règle en France. On ne fait pas « du passé table rase » (toujours cette bonne vieille « internationale »). Il y a des choses qu’on met au grenier après avoir les avoir laissés quelques années mariner dans la naphtaline. De même qu’il y a encore des royalistes légitimistes, des orléanistes et des carlistes pour représenter la tendance monarchiste, il y a des Roussel pour représenter le courant communiste orthodoxe. Plus tard d’autres candidats surgiront pour représenter le communiste vrai, le communisme Grand-Russe !

Je crains pour Roussel que, lorsque le dernier jour sera arrivé, il entende ricaner : « il est mort comme il a vécu, en chef-adjoint d’une équipe de komsomol ».

 

Arthaud (Nathalie)

Ceux qui l’aiment la croient en train de barrer des monstres et ceux qui ne l’aiment pas expliquent que sur la route du rhum, elle ne s’était pas privée. Eh bien non ! Nathalie n’est pas Florence. Elle n’est pas « la petite fiancée de l’Atlantique », ni la fille de l’éditeur et elle n’a aucun rapport avec la clinique psychiatrique du même nom quoi qu’en dise ceux qui ne l’aiment pas.

 

En vérité, il est bien difficile de trouver des gens qui ne l’aiment pas. En dehors de la « mouvance ultra-gauche » personne ne la connait. (sauf vous, mes lecteurs, à qui je viens d’en dévoiler l’existence).

 

Tout ceci est absurde. Nathalie Arthaud est une femme politique, candidate aux élections présidentielles ; on lui est reconnaissant de n’employer que des mots simples pour aller vers des idées compliquées. Ces mots, vous l’avez deviné, ce sont ceux de « l’Internationale ».

 

Cette simple remarque vous fera sentir que la vie politique française repose sur une fracture musicale. Les seules idées qui agitent l’esprit français sont tout entières contenues dans deux textes essentiels : l’International et la Marseillaise : 

 

« Think global, sing local ».

 

 

Cela n’annonce rien d’heureux pour une campagne apaisée : Nathalie chante faux.


 

Enfin un livre simple et souvent drôle sur un sujet que de nombreux sachants s'acharnent à rendre compliqué et ennuyeux

 

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