Les tribulations de Mélinez et Martenchon, Juin 2021

 

Universalité de l'Homme

Moins que rien, ce n’est pas rien

Et si on avait fait la fête en 40

Le livreur a été livré

 

 

Universalité de l'Homme

Le deuxième tour vient de s’achever. Les deux amis, bien que confortablement installés et à l’abri de tout besoin, ne se tiennent pas égoïstement à l’écart de la société et savent en épouser les idées, les querelles et les joies. Pour l’heure, devant la télévision, ils se sont astreints à suivre quelques plateaux-télé et les faux débats qui pimentent ces moments où les vainqueurs disent modestement qu’ils ont vaincus et où les vaincus soutiennent avec vigueur qu’ils n’ont pas tout perdu. « Gare au troisième tour !».

Interrompant régulièrement le déroulé tumultueux des plateaux-télé, viennent s’intercaler les comptes-rendus des journalistes « sur place ».

« Alors, Marie-Caroline, qu’est-ce qu’on dit au QG de Marine ? Il n’y a pas beaucoup de monde autour de vous ? Je me trompe ? « 
Et Marie-Caroline, tristement, de confirmer que l’ambiance est morose. Elle a l’allure des jours d’enterrements Marie-Caroline. Un pleur pointe qui viendrait assombrir encore davantage son visage. Vite on reprend l’antenne, avant que le rimmel dégouline en ruisseaux funèbres.

En revanche, Jean-André qui est dans le Nord de la France, nous montre une face rebondie de bonheur. « Alors, il est passé à deux pas, celui qu’on pensait battu et qui a fait montre d’une résilience incroyable ! Autour de moi, ce ne sont que visages ouverts et épanouis, gaité à peine contenue et discours francs, optimistes et toutefois mesurés ». Jean-André, nous dit avec un grand sourire que le champagne coule à flot et « c’est bien naturel après tout. Les efforts ont payé. Je vous rends l’antenne : on m’invite à trinquer ».

Martenchon à cet instant ressent un petit bruit régulier. Il vient de Mélinez qui pianote compulsivement sur le coude de son fauteuil, le visage contracté.

Martenchon n’a pas le temps de s’interroger sur ce tempo obsédant : Mélinez s’est exclamé :
« Tous ces types qui sont censés faire de l’information ne sont que des caisses de résonnances, ils répètent en plus fort ce qu’ils ont entendent autour d’eux et, en plus, ils miment leurs environnements »

Martenchon n’a pas bien compris. Mélinez enfonce le clou : « Regarde-les donc, les Marie-Caroline, les Jean-André, regarde-les qui, les uns, prennent un air d’enterrement quand les autres donnent le sentiment qu’ils sont dans le cortège de la noce ».

Mélinez essaye un contre : « Quand même la bonne Marie-Caroline ne pouvait pas prendre une mine réjouie et s’exprimer de façon enjouée…l’ambiance était triste !

Martenchon explose : « On ne lui demande de jouer les caméléons mais de nous informer. J’attends avec impatience les robots journalistes dans les micros-trottoirs avec de vraies têtes de robots . L’objectivité de l’information sera enfin respectée.

Mélinez, ricana « sauf s’ils sont programmés pour devenir rouge de colère ou rose de bonheur »

 

 

Moins que rien, ce n’est pas rien

 

« Incroyable ! » Mélinez ne fut pas loin d’un saut de cabri, tant sa surprise parut extrême ! « Inimaginable » « au-delà du déraisonnable »… il aurait probablement continué accumulant interjections sur interjections si, agacé et par ailleurs dérangé dans la lecture de son quotidien du matin, Martenchon n’avait intimé une forte demande d’explication.

« Je n’en reviens pas, ou bien nous sommes au seuil de la plus gigantesque transformation de notre conception de l’Art, ou bien, les escroqueries sont en passe de devenir elles aussi de véritables œuvres d’art » répondit
 Mélinez qui, instantanément, plongea dans une stupeur méditative.

Martenchon ne pouvait pas se satisfaire d’idées aussi générales. Il voulut en savoir plus et secoua son ami pour en extraire des bouts d’information.

Mélinez se reprit et, tançant son ami, lança, « Eh bien ! Vous qui êtes si réaliste et si objectif, Môssieur Martenchon, je vous mets au défi de comprendre ce que vous allez lire » et de lui tendre un peu brusquement une feuille de la veille.

Il était inscrit « ….Salvatore Garau. Cet artiste italien a réussi à vendre une œuvre invisible aux enchères pour 15 000 euros ».
Et d’ajouter : c’est un sculpteur !


Martenchon qui n’a jamais être aimé se trouver sans argument laissa tomber : « c’est un ricanement de Marcel Duchamp. N’avait-il pas dit : « les regardeurs font les tableaux ». Aujourd’hui, mon bon Martinez, nous vivons une époque sans épaisseur temporelle, c’est le fameux « tout de suite » de la "Deliveroo culture", et sans densité matérielle, c’est le fameux « reset » des jeux sur ordinateur. Nous croyons ce que nous voyons et si nous croyons voir de l’Art, c’est qu’il y a de l’art quelque part ».

"Le vide est devenu notre plein, il n’est pas absurde que cherchions un beau vide. C’est rare. Or, ce qui est rare est cher ".
 

Et si on avait fait la fête en 40

 

En cette belle soirée du premier jour de l’été, penché à la fenêtre du salon commun, Mélinez, observait des explosions de lumière dans le lointain, des rouges et des bleues illuminaient le crépuscule, des rouges fumeux allant du rouge sang au rose léger comme lorsque des brumes se déplacent.
Il se retourna vers son ami.

« Il y a une fête semble-t-il », loin, au fin fond de la banlieue ».

Martenchon pensif, laissa tomber: « Si pendant la guerre, on avait laissé faire des teufs, les Allemands seraient peut-être partis ? ».

Mélinez, mélancolique, fit remarquer qu’à cette époque, seuls les résistants résistaient et ils ne faisaient pas de musique. « sans tambour, ni trompette ».

Martenchon reconnut la profondeur du propos. « En vérité, un teufeur n’est pas un résistant, il cherche une chose qui lui manque, son doudou probablement ».

Mélinez ne tenait pas à s’aventurer dans la pédo-psychiatrie appliquée.

Il se borna à constater :

« En fait d’invasion allemande, le bruit court que si Madame Hidalgo avait été aux affaires en 1940, les Allemands n’auraient jamais pu entrer à Paris ».


Le livreur a été livré

 

(En souvenir ému au Sapeur Camembert qui fut épouvanté en lisant ce petit mot « le concierge a été mangé »)
 
Leur salon commun était plongé dans la lumière dorée des crépuscules estivaux.
Faute au réchauffement de la planète aucun insecte ne bourdonnait dans l’air
et la fenêtre ouverte ne laissait passer que les durs vrombissements des scooters
 
On sonna.
Martenchon quitta la lecture d’un journal du soir et leva un sourcil interrogateur.
Ce n’était pas l’heure du laitier maugréa-t-il sourdement comme à son habitude
Mélinez se leva et, d’un air décidé, se dirigea vivement vers la porte d’entrée.
 
Elle vibra.
Martenchon avait levé, fort haut, ses deux sourcils pour marquer qu’il s’étonnait.
A ce même instant, Mélinez revint chargé de deux plats colis en carton épais.
Il les posa avec précaution sur une petite table ronde et s’employa à les ouvrir.
 
Notre dîner !
Il avait disposé assiettes, couverts et cristaux et servi un vin rouge de qualité.
Il avait cet air de conquête des novices heureux d’une manipulation maitrisée.
Il venait de passer dans un monde nouveau, celui de la commande en ligne.
 
A l’Italienne
Martenchon n’avait pas encore redescendu ses sourcils et regardait Mélinez.
« Tu donnes dans l’italien? Pizzas, chianti, pain sans sel et fromage sans goût ? »
Mélinez rétorqua « songe que tout ceci nous est venu sans que j’aie bougé »

A l’ancienne
Martenchon courroucé considéra, son ami et l’interrogea sur « tout en ligne ».
Mélinez se fit un plaisir de lui expliquer que le nom du miracle était « livreur ».
On appelle le livreur, qui livre… Martenchon, ricanant, ajouta : « et se livre »
 
En conclusion
Mélinez avait rougi, cela allait vraiment trop loin, Martenchon se moquait.
Il sous-entendait sans preuve que ceci relevait de l’esclavage pur et simple.
Il voulait comparer avec la fameuse place de grève et son marché au travail.
 
Il soutint
Que rien n’est plus beau qu’un travail bien fait.
que toute peine mérite salaire.
Et que mieux vaut un peu que rien du tout.
 
Là-dessus, il servit deux parts d'une des deux pizzas.
Martenchon la trouva bonne.
 
 


 

En fin un livre simple et souvent drôle sur un sujet que de nombreux sachants s'acharnent à rendre compliqué et ennuyeux

 

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