La finance de l'ombre a pris le contrôle

 

 

 

Dominique Morisod et Myret Zaki

 

Favre éditeur

 

Les ouvrages qui relatent les nouvelles formes et les nouveaux modes opératoires de la finance internationale se multiplient depuis que la crise de 2008 a mis en lumière leur existence et leurs agissements. Ils sont plus ou moins savants, plus en moins encombrés de chiffres, plus ou moins compréhensibles. Ce petit ouvrage, rédigé à deux mains par une journaliste « bon connaisseur » de l’univers de la finance international et un ancien spécialiste de la finance et de la banque d’investissement, est intéressant en ce sens qu’il est didactique et agréablement clair.

 

La finance de l’ombre mérite-t-elle aujourd’hui vraiment son nom ? A lire l’ouvrage des Editions Favre en pourrait en douter ! En fait, c’est un secteur d’activité financière qui agit maintenant en pleine lumière.

 

Opérateurs financiers non bancaires, fonds d’investissement, assureurs, caisses de retraite, hedge funds, fonds spécialisés dans le traitement des différents types de dettes sur le marché international, les acteurs de la finance de l’ombre, le fameux shadow banking sont les acteurs d’une évolution radicale de l’univers international mais aussi domestique du financement à court et moyen terme.

 

Le shadow-banking est né du besoin d’investissements des opérateurs cités plus haut mais aussi du besoin de liquidité des banques, toujours à la recherche de nouveaux supports de risques et de revenus. Permettant aux grandes banques de libérer leurs bilans de masse de crédit très importantes et par voie de conséquence permettant à ces dernières de renouveler leurs opérations, le shadow-banking a permis de fluidifier les marchés financiers et les marchés de la dette publique et privée.

 

L’ouvrage montre justement que les outils développés pour aboutir à ce résultat ont à un certain moment échappé à leurs utilisateurs. La réglementation qui gênait les banquières traditionnelles et leur imposait des contraintes en matière d’effets de levier et de prise de risques ne s’appliquant pas à la finance de l’ombre, les excès se sont multipliés et surtout la prise de risque s’est complètement délitée.

 

Ce choc culturel, les anomalies de comportement des participants et le rapport ambigu des banques avec leurs partenaires « de l’ombre », est clairement décrit ainsi que les chocs en retour. L’ouvrage n’est cependant pas très optimiste sur les réformes et leur portée tant du côté des banques que des partenaires du marché de l’ombre. L’alourdissement des règles portant sur l’activité bancaire conduit à faire revivre ce monde que, pendant un temps, tout le monde, professionnels, journalistes, hommes politiques avaient honnis. La place de la finance de l’ombre est aujourd’hui revenue au niveau qu’elle avait atteinte avant que la crise n’éclatât.

 

Les opérations qui étaient censées gagner en transparence reviennent vers les pratiques « discrètes » « over the counter ». Les auteurs en décrivent spécifiquement certains supports pour montrer la nocivité de certaines d’entre elles et en tout cas l’obscurité dont elles les entourent. Des exposés spécifiques traitent des cas particuliers : ETF, Carry trade, Naked shorts, CoCos et Clo etc.

 

 

 

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