Diamond, Jared, le troisième chimpanzé

Le troisième chimpanzé

Jared Diamond folio essais

 

Comment peut-on encore écrire des livres qui s’étalent sur plus de 600 pages…. Essayons de dépasser ce moment d’étonnement précédant un autre moment, celui de la fatigue mentale et morale : on l’a acheté sur le conseil d’un ami dont on tient les opinions en haute estime ; maintenant, il faut le lire, sachant qu’une dizaine d’autres bouquins attendent leur tour et qu’on sait pertinemment que tenteront leurs chances, en trichant peut-être, d’autres livres qui se prétendront urgents, indispensables et directement utiles ou distrayants.

 

Donc, je me suis attaqué au « chimpanzé troisième ». Disons les choses sans attendre 200 ou 300 pages, l’auteur nous montre circonvolutions mentales à l’appui, qu’à bien y réfléchir nous serions encore plus près des chimpanzés que nous le pensions, laissant bien loin derrière, le gorille et l’orang-outan. Soyons clairs, entre l’ADN de notre espèce dite sapiens sapiens et celle des chimpanzés les plus doués, il n’y a qu’un 1,6% d’écart.

 

Et là, tout est dit : il va falloir partir à la recherche de ce que peut contenir ce 1,6%, c’est-à-dire ce qui fait qu’un chimpanzé est chimpanzé et l’homme un homme.

 

En vérité l’auteur complique un peu le jeu, relevant que la position du missionnaire ne nous fait pas plus hommes que quelques grands singes, que le pénis de l’homme se balade comme un morceau de viande curieusement accrochée à rien du tout etc..

 

Au fond, ce bouquin est passionnant comme l’étaient en leur temps les bouquins de Stephen J. Gould, on découvre des tonnes de choses sur la nature, les oiseaux, les quadrupèdes et même les habitants de Nouvelle-Guinée. L’auteur y ayant passé un temps impressionnant et ayant découvert des choses impressionnantes (songez-y, 700 langues dont une bonne part sans aucune racine grammaticale commune) avec toutes les nuances de l’organisation sociale : depuis les sociétés démocratico-matriarcales, jusqu’aux sociétés hiérartico-patriarcales etc etc.

 

Ses études le poussent jusqu’au manger, au boire, à l’alcoolisme et aux drogues….

Donc tout serait bon devant l’éternel sauf que…. A force de vouloir montrer, à force de multiplier les exemples étonnants, et à force de faire revenir dans le jeu néo-guinéens et néo-zélandais etc. il finit par embrouiller son lecteur. Je dois dire qu’à un moment j’ai vraiment eu ras-le bol de ses références personnelles, de la vie de la jungle et ce qu’il faut en déduire. J’ai eu envie certaines fois de l’envoyer à Walden discuter avec Thoreau, sur ce qu’on peut penser de la grandeur des animaux.

 

Et puis, il y a eu le coup de grâce : l’art et les animaux. Je ne tomberai pas dans le ridicule en laissant penser que le summun de l’art pictural c’est la queue de la vache plongée dans du colorant. Mais, le livre tombe vraiment dans le ridicule lorsqu’il montre que des critiques d’art se sont bien trompés prenant une œuvre d’un chimpanzé pour le travail artistique d’un enfant de 5 ans. Il n’est pas venu à la tête de notre auteur que le métier d’expert est le prototype du métier non-scientifique et que les erreurs ne cessent de ternir leur blason. Il est encore moins venu à son esprit que les courants en faveur de l’art abstrait sont en passe d’affadissement et de perte de vigueur et que le goût pour le « bien dessiné » revient en force. C’est bien là qu’on les attendrait les chimpanzés artistes à égaler les dessins d’un Léonard !!!

 

S’ensuivent des considérations sur les institutions politiques, sur le sens de la coopération chez les fourmis et le caractère définitivement solitaire du couple d’orang-outan.

 

Les thèmes travaillés sont multiples on le voit et, dans tous les cas, avec le souci de montrer que, franchement, l’homme ce n’est pas un héros, ni un superman, il est d’ailleurs suffisamment demeuré pour s’être inventé la maladie, la mort et les guerres en inventant l’agriculture.

 

Pourtant, il est un domaine passionnant à côté duquel notre auteur ne s’est pas risqué : nous ne tenterons pas cette remarque un peu douteuse « l’auteur a manqué de hauteur ». Il est pourtant vrai qu’on ne trouve pas un mot sur Dieu, tout seul ou à plusieurs. Pas davantage ne sont évoqués les voyages dans l’espace et les efforts de Cyrano de Bergerac pour atteindre la lune.

 

Donc, Dieu n’entre pas dans l’étude.

 

Or, n’aurait-il pas été intéressant de vérifier si Dieu ne tient pas dans la fameuse différence d’ADN.

Si l’auteur avait poussé un peu plus loin l’analyse, peut-être, aurait-il enfin réussi à localiser l’âme, pas trop loin dans l’hélice de l’ADN, des brins programmés pour "miracle et espérance".

 

Noter que c’eût été demander beaucoup de la science et de l’auteur que mener des recherches sur des thèmes aussi complexes. Noter que les comptables vous disent que laisser passer une erreur d’un centime, c’est prendre le risque de ne pas débusquer un trucage d’un milliard. Eh bien retenons la leçon humaine des comptables : écrire 600 pages sans se demander si les 1,6% de différence ne correspondent pas très exactement à l’irruption de dieu, de l’âme et de la conscience chez le troisième chimpanzé, c’est passer à côté de ce qui l’a fait homme.

 

 

C’est passer à côté de l’essentiel.

 

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