Paul Virilio, le futurisme de l'instant

Paul Virilio LE FUTURISME DE L’INSTANT

STOP-EJECT Editions Galilée.

Il y a les livres qu’on consomme et qui passent ne laissant qu’un goût amer, une odeur sucrée ou une scène de charme, selon le genre ou l’auteur. Il y a ceux qui sont durs à lire, durs  à cuire, sévères et austères, où l’auteur pense devant tous et ne cherche jamais à se donner à lire. Sa pensée, peut-être, l’information et les réflexions qu’il confie ne se gagnent que dans la souffrance, la sueur et l’effort.

Il y a enfin les livres qui cherchent les mots des nouvelles visions, ou, qui découvrant de nouveaux faits, s’efforcent de figer et de fixer ce qui est encore indicible, innommé, inaudible, incompréhensible. Comment, en effet, dire quelque chose sur quelque chose qui n’a jamais été dit ? Comment donner à voir des faits ou des évènements qui n’ont jamais été connus, ni compris. Quelle force de persuasion n’a-t-il pas été nécessaire quand il a fallu faire croire que la terre tournait au soleil, alors que depuis des millénaires, l’évidence inverse s’imposait.

« Slow news no news ». Paul Virilio, recherche ce qu’il faut comprendre dans la nouvelle tyrannie de l’instant. Ce livre-là, ressemble à une tentative. Il faut se risquer à dire et prendre le risque qu’on vous accuse de parler de rien, pour rien. Alors qu’il clair comme de l’eau de roche que « l’on voit le soleil se lèver et se coucher parce qu’il tourne autour de la terre, comme la lune aussi depuis des millénaires. ». 

Une tentative, c’est se soumettre à l’essai et à l’erreur. C’est aussi, soi-même ne pas savoir, ex-ante, ce que va donner l’expérience. Heisenberg, après le premier essai nucléaire, avouait avoir craint que la planète fût vaporisée.  Peut-être n’atteindrons-nous pas les Indes ? Peut-être seront-nous bloqués par un nouveau continent ? «  La mutation de la vie quotidienne des peuples, en une sorte de salle d’attente de l’inattendu où ce qui arrive l’emporte toujours sur ce qui est, ici et maintenant, hic et nunc, bien plus que sur  ce qui était, hier encore, à l’époque moderne »

Paul Virilio n’aimera peut-être pas que je décrive son livre comme une pure tentative de penser et une réflexion en cours d’élaboration.  Construire au-dessus des habitudes intellectuelles, creuser des fondations au risque de sables mouvants et cherchant à parler de l’indicible, ressort de la recherche de nouveaux mots pour de nouveaux sens.  Il touche ainsi des domaines qu’il qualifie « de futurisme hyperréaliste, c’est l’accident qui gouverne et décide pour nous ». Au moment où l’instant a subverti  le temps, l’ubiquité procurée par l’ensemble des moyens de communication et d’information conduit à une fantastique inflation de l’espace, bouleversant les rapports dans la société : « cette communauté d’émotion des individus qui succéderait à la communauté d’intérêt des classes sociales… ».

Entre une image « le GPS, cette montre qui donne le lieu » et ce constat « chaque fois que s’accroit la rapidité du mouvement, le contrôle et sa traçabilité augmentent d’autant…. rendant ainsi tout à fait inutile la connaissance de notre domiciliation » Paul Virilio propose une nouvelle lecture d’un monde que l’homme, moderne ou non, n’a jamais anticipé. Il propose aussi de penser ce fameux « monde fini qui commence (Valery ».  « Si la terre est devenue trop petite pour le progrès, elle l’est également pour le profit à court terme, ainsi que le démontre aujourd’hui le krach économique ». Convoquant la pensée pour penser  que « C’est demain un milliard de déplacés, de déportés de tous bords qu’il faudra envisager de reloger et ce, en moins d’un demi-siècle, ce qui semble tout bonnement impossible à réaliser, à mois d’abandonner la cité, la ville libre, pour en revenir aux campements, à la précarité des « cités de transit », il propose de réinventer la Cité.

 


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