Urgence absolue : lutter contre le déclin de la France

Le temps est à l’Urgence : Agir pour contrecarrer le déclin de la France.

Chronique du livre « Urgences Françaises », par Jacques Attali, aux Editions Fayard.

 

Je commencerai cette chronique par l’essentiel : il faut acheter ce livre. Pour une fois, Jacques Attali se met à la portée de toutes les têtes. Peut-être parce qu’il veut marteler efficace : donc, il les met toutes au bon niveau, prend son marteau et martèle.

 

Suivant les propos de l’auteur de « Urgences Françaises »,  « la France s’enfonce » : « dans un mois, dans un an » nous aurons la révolution. Lisant cet ouvrage, il m’est arrivé de penser avec Chateaubriand « Avez-vous entendu tomber l'Empire? Non: rien n'a troublé le repos de ces lieux. L'Empire s'est abîmé pourtant ».


On peut essayer de lui échapper en faisant de l’humour : Jacques Attali, nous offrirait une version modernisée du célèbre rapport « Armand-Rueff », ce rapport publié en 1960 qui inaugura la longue série d’adresses aux puissants qui gouvernent la France ainsi que la série, ininterrompue jusqu’à ce jour, des conseils demandés par les puissants aux sachants que la France chérit en son sein…


On a parfois fortement envie de lui dire : « Jacques ! Pas tant que ça ! Un peu de modération ! ». En effet, l’auteur, montrant à quel point les Français sont des gâcheurs a tenu à présenter tous les mérites et tous les talents de la France et nous rappelle : « la France est aussi par ce qui reste de son histoire coloniale, la dernière puissance du monde sur laquelle le soleil ne se couche jamais. … un des très rares pays au monde situé à moins de 10 heures de vol de tous les autres (Australie non comprise) et d’où il est possible, vers 15 heures de tenir des conversations vidéo ou téléphoniques avec la planète entière à des heures ouvrables pour tous ». C’est fou ! On n’y pense pas. A ce point que j’ai commencé à avoir une pensée émue pour les Islandais tout là-haut dans le Nord, et aux Tasmaniens, tout là-bas dans le Sud !!!

C’est dire que si ce livre est bourré de choses essentielles, parfois, voulant par trop démontrer, l’auteur martèle à côté de la plaque (ou plutôt de la tête) !!!


C’est secondaire : le vrai est que «  La crise est là. Et peut-être pour longtemps…. (et que) ce livre est écrit dans l’intérêt des plus jeunes : les générations antérieurement au pouvoir vont leur léguer, si tout continue ainsi, un pays financièrement ruiné et écologiquement massacré, tout en exigeant d’eux qu’ils travaillent de plus en plus pour payer les retraites de leurs aînés ». C’est ainsi que Jacques Attali commence. Il donne le « la » de ce qui pourrait être un requiem. 


« Urgences Françaises » raconte une histoire triste pour bien nous convaincre que le moment n’est plus à l’amusement. Elle commence, cette histoire, par la présentation d’un pays heureux. Une des plus riches et des plus puissantes des nations contemporaines: Institutions fortes, armée crédible, démographie équilibrée, renforcement de la place des femmes, sécurité en voie d’amélioration, infrastructures de très haut niveau, crèches, scolarisation des jeunes enfants au top du classement mondial, hôpitaux mondialement reconnus, talents innombrables, une agriculture de très haut niveau, des entreprises leaders mondiaux dans l’industrie et les services, qualité de vie exceptionnelle, premier pays du monde pour le tourisme, langue de communication etc…


Puis, un mental de « déclin » s’est installé. «  L’histoire l’a montré : quand un peuple se sent menacé de déclin, c’est que son déclin a commencé ». Quand on est gentil, on présente les Français comme des « italiens de mauvaise humeur ». Mais, martèle Jacques Attali, c’est bien pire. «  Les Français ne s’aiment pas et ne s’aident pas…les Français donnent peu voire très peu, alors que les incitations aux dons sont, en France, parmi les plus fortes du monde… ». Une majorité de Français voient leur pays emporté inéluctablement vers le déclin et la défaite. L’auteur nous épargne une comparaison avec le mental des Français avant 1939, mais cet absence de plaisir de vivre et d’être français, qui fait que nos concitoyens ont moins confiance dans l’avenir que des Sénégalais, est à la fois symptôme et instrument de cet enfoncement progressivement irrattrapable de notre pays. Combien de temps faudra-t-il compter avant que Dieu quitte ce lieu où il n’est plus heureux ?

A ce manque de confiance s’ajoutent des peurs et des blocages : «les Français n’aiment ni l’argent, ni l’enrichissement, ni les riches ». Mais, ils sont tolérants à l’égard des richesses héritées. Ils ont à l’égard de la société un mental de rentiers. Les pires, ceux qui thésaurisent, qui se méfient du monde, qui craignent l’innovation et les réformes.


Que faire alors ? Imiter les Athéniens dont Thucydide disait qu’ils étaient « Regardeurs de discours et auditeurs d'action ». Ce n’est pas ainsi que Jacques Attali fait commencer son livre : il préfère citer Guizot: «Le monde appartient aux optimistes ; les pessimistes ne sont que des spectateurs».


C’est là où veut nous mener « Urgences Françaises » : voilà un pays qui a tout pour lui, voilà un pays qui a su avancer et progresser quand c’était difficile. Il se laisse aller, il s’enfonce, il faut le sortir du marais qui s’apprête à le submerger. Il faut faire des propositions. Il ne faut plus attendre. Agir vite. Dix chantiers doivent être lancés. Une réforme ? Une révolution ? Peu importe : il y a à faire et vite.


On n’entrera pas ici dans le détail des chantiers et des sous-chantiers. Dans leur timing. Dans la combinaison des mesures « nationales » et « européennes ». En effet, la France a mieux à faire qu’ à penser de s’en sortir toute seule, contre tout le monde. Il faut aussi tenir compte de la répartition dans le temps, entre les générations.


«Rien n’est perdu : d’autres pays dans la même situation ont su réagir » : si Jacques Attali se veut rassurant, il ne s’illusionne pas : « Je sais que le plus plausible est qu’aucune des réformes que je propose ici ne soit mise en œuvre. Et que si certaines d’entre elles le sont, ce sera de façon édulcorée, voire dérisoire… ».


Trop avoir vécu les ambitions et les compromissions des hommes politiques conduirait vite à l’amertume ? Ce n’est pas le sujet de cette chronique : il faut retenir une analyse claire. Il faut se pénétrer de craintes justement exprimées. Il faut surtout compulser les propositions de chantier. Elles sont riches. Elles appellent à l’action.

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