La France a de l'Avenir

 

La vie économique, sociale et politique des Nations ne s'inscrit pas sur une droite à la pente douce et régulière. Evolution en dents de scie est plus approprié! La France paraît bien bas. Ce n'est pas la première fois! Voici un livre non seulement pour espérer, mais pour voir que les acteurs du renouveau sont en place.


Vincent Lorphelin

Le rebond économique de la France.

Editions Pearson, village mondial


1889, est  une année horrible pour la France, l’économie et la société française. C’est sur ce constat que part Vincent Lorphelin et tous ceux qui ont contribué au livre dont on va faire la relation dans ces lignes. L’histoire économique de la France est toujours occultée par des rêves, par des images à contenu idéologico-sentimental qui vont de « la Belle époque » à « l’invention » de l’automobile, de l’avion etc. où le génie français trouve à faire de la gonflette. S’y ajoutent les merveilleuses idées socialistes qui cumulent avec la générosité sociale, les aventures colonialistes et la défense la petite paysannerie française au mépris de la mise en valeur des atouts les plus forts.  En 1889, la France, explique l’auteur de ce livre avec précision et intelligence, est bien loin de la Belle époque : elle est dans la déprime économique et intellectuelle la plus profonde. Elle coule. Les navires allemands, anglais croisent en haute mer. La France peine à faire du cabotage.  Les pays émergents se nomment Etats-Unis et Russie. La France s’enfonce dans un déclin industriel, financier et social que rien ne semble ralentir. Elle a perdu des parts de marchés sur tous les pays du monde y compris ses clients traditionnels d’Amérique latine et du moyen orient. La puissance installée de ses usines est devenue ridicule comparée à celle de l’Allemagne et de l’Angleterre. Elle n’investit plus. L’Epargne française est détournée vers les investissements publics ou semi-publics étrangers…tout s’en mêle : les vignes françaises sont ravagées par les maladies et les insectes, perdant l’Alsace et la Lorraine, la France a perdu une industrie dynamiques et des matières premières. Vaincue par l’Allemagne, elle a versé une indemnité colossale équivalent à 30% de son PNB annuel et a dû emprunter pour enrichir son voisin.


Et pourtant, la France sera un des pays industriels les plus brillants du début du XXème siècle. En trente ans la fatalité aura été renversée. La France sera non seulement un des leaders de l’économie mondiale mais, au surplus, aura inventé la « French Touch » : quand les autres pays défigurent leurs villes par des câbles et des métros aériens, le visage de la France sera embelli. Que s’est-il passé ? Vincent Lorphelin et ses amis le montrent pratiquement : c’est là une des vertus essentielles de ce livre. Pas de théorie. Pas d’abstraction sur la base d’un investissement qui rencontre son multiplicateur pour faire de la richesse en plus. Pas de marchés dont les prix orientent librement et sans conteste les capitaux vers les secteurs les plus opportuns. Pas de capitaux alloués, par des « mains invisibles ». Des entrepreneurs. Des gens qui créent des entreprises. Tout le monde sait que la théorie libérale, tout autant chez Ricardo que chez Walras, a construit un modèle de rencontre entre offre et demande, sans qu’on sache trop bien d’où venait l’offre. Des modèles sans entrepreneurs. Sans analyse des motivations des entrepreneurs. Vincent Lorphelin, ne nous montre pas de modèles, ils nous présentent des offreurs. D’ailleurs, ce n’est pas le bon mot : il nous présente des entrepreneurs, c'est-à-dire des producteurs de biens et services.


Cela ne suffit pourtant pas pour qualifier ce travail : le livre qu’il nous propose n’est pas un exposé doctrinal à la gloire d’un entrepreneur audacieux, version économique du Surhomme Nietzschéen. Il met en scène un phénomène sociétal, l’innovation, dont on parle finalement fort peu sauf sous des formes scholastiques, en ronronnant sur la R&D, sur la nécessité de multiplier les laboratoires, sur la politique de réindustrialisation, sur l’argent en moyenne dépensé par tête d’habitant dans les grands pays développés. Ce qu’il dit de l’innovation et de la création d’entreprise aurait dû être retenu depuis longtemps : les fameuses grappes d’innovation schumpéterienne à la fois imaginables mais complètement imprévisibles. Qui a pensé au moment de la fameuse bulle internet que l’équivalent de l’invention de l’imprimerie et du téléphone réunis venait de survenir ? Se souvient-on que le moteur à quatre temps a mis plus d’un demi-siècle à s’imposer et que toutes les formes d’énergie appliquées aux moteurs, à commencer par l’électricité et la vapeur avaient conquis les marchés de locomotion avant qu’il émerge vraiment. On décrit trop souvent le processus de l’innovation comme un arbre dont les branches se diversifient. L’auteur nous rappelle, qu’il faudrait plutôt penser à un buisson foisonnant et que rien ne permet d’imaginer l’ampleur de la réussite d’une innovation pas plus que le cheminement qu’elle va suivre.

Le deuxième point que l’ouvrage met en valeur est très simplement que l’entrepreneur est celui par qui la modernisation, la transformation, les changements de rythmes et de structures économiques et sociales arrivent. Son livre oublie la théorie, pour ne focaliser que sur la pratique. Il ne fait pas de brillants développements macro-économiques. Il ne cesse de rester au ras de l’économie, au niveau de l’entreprise qui se crée, au niveau de l’entrepreneur habité par son idée. Mais surtout, il montre que cet entrepreneur ne doit surtout pas s’imaginer, ayant une idée, que c’est elle et rien qu’elle qu’il va s’attacher à mettre en œuvre. Le téléphone, initialement, c’était pour écouter plus confortablement les concerts, l’électricité, pour éclairer les rues (en compétition inégale avec le Gaz et le pétrole lampant). Un entrepreneur serait donc en permanence à la poursuite des conséquences inattendues de ses idées ou des techniques qu’il veut acclimater ? Ce serait aussi pour cela qu’un pays qui est dans le 36éme dessous, peut arriver à remonter la pente et se replacer en tête de la course.


Le livre nous parle donc de la France et indique toutes les raisons qu’elle a, tous les atouts dont elle dispose, pour assurer la pérennité de sa richesse et de son idée du bonheur (la french touch). Ce qu’il faut en retirer… c’est que la réindustrialisation risque fort de faire partie des combats que l’on mène avec des pétoires au temps où la mitrailleuse est devenue d’un usage courant. Le renouveau économique ne passe pas nécessairement pas les grands bâtiments et les ouvriers par milliers. Surtout le renouveau économique, industriel et social passe par une action entrepreneuriale soutenue, reconnue et valorisée. L’offre n’est pas une grandeur abstraite, au contraire : ce sont des centaines de gens qui se lancent dans des aventures dont ils ne prévoient pas toujours les devenirs, ce sont des centaines de gens qui aiment rassembler et faire travailler ensemble salariés, compagnons, collaborateurs, dans la diversité de leurs formations.


Livre outil. Livre de références et d’exemples. A lire par tous ceux ont envie de découvrir que le futur est imprévisible mais, qu’il n’est pas mauvais de faire de la prospective, comme il n’est pas mauvais sur une route, qu’on ne connait pas, par temps de brouillard, d’allumer les phares. 

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