Quand la France s'éveillera

Le Titre du livre que j'ai chroniqué est une paraphrase flatteuse puisqu’on sait maintenant que la Chine s’est éveillée que les sommeils pesants ne sont des « petites morts » ! Pascal Lamy peut se prévaloir de nombreux titres pour commenter « l’état de la France » et pour décrire qu’à l’instar de la Chine, lorsque la France aura secoué ses démons et les aura jetés bas, elle surprendra encore le monde.


Une paraphrase flatteuse puisqu’on sait maintenant que la Chine s’est éveillée que les sommeils pesants ne sont des « petites morts » ! Pascal Lamy peut se prévaloir de nombreux titres pour commenter « l’état de la France » et pour décrire qu’à l’instar de la Chine, lorsque la France aura secoué ses démons et les aura jetés bas, elle surprendra encore le monde.


Avant que de se lancer dans cet exercice pas si facile du recensement des forces de la France, Pascal Lamy a eu raison de placer « le sujet » dans son contexte. Un regret peut-être à ce stade : ce petit livre livré ne peut être qu’une introduction soit à un ouvrage plus complet et plus large. Le petit nombre de pages de « quand la France s’éveillera » ne peut pas dire tout d’une expérience extraordinairement riche, celle de l’auteur à la tête de l’OMC.


Le contexte pour la France est double et s’il faut en parler c’est que deux erreurs graves ne doivent pas être commises si le « réveil de la France » ne veut pas être celui d’une gueule de bois ou d’un cauchemar qui s’éternise.


Le premier élément de ce contexte c’est la mondialisation. On se livre trop en France, sous l’effet conjugué de la crise, de l’accroissement du chômage et de ce sentiment que le Bonheur n’est plus à portée de main (ce fameux sentiment que « l’ascenseur social » ne marche plus » à une dilection morose et à une attitude désabusée dont les populismes font leur miel. Pascal Lamy enfonce le clou « Le « tiers-monde » a disparu des discours et, en 2012, pour la première fois depuis le XVIIème siècle, la richesse produite par le «Sud» a surpassé celle produite par le «Nord», les pays en développement comptent désormais pour près de la moitié du commerce international et des flux d’investissements ». Il a raison de marteler que ce n’est pas même possible de penser ce monde autrement, nous ne pouvons pas le penser comme un « extérieur » dont nous pourrions nous abstraire. Le monde n’est plus cette ressource à bas prix qui nous était offerte. C’est un univers ouvert et riche, pour autant que l’ouverture soit acceptée et que la richesse des autres soit reconnue comme un phénomène social positif.


Mais surtout, le contexte dans lequel la France se place n’est plus celui où nations s’échangent des biens « à l’ancienne » suivant des avantages compétitifs « à la Ricardo » : « La structure des échanges mondiaux est désormais dominée par des chaînes de production globales de biens et de services. Bien souvent, les composants d’un même bien sont produits aux quatre coins d’assemblage sont réalisées dans des unités de production géographiquement éloignées…. La part des biens intermédiaires dans le commerce mondial est aujourd’hui de 60 % ». La mondialisation n’est plus ce qu’elle était. Et les revendications sur le thème de la relocalisation risquent bien de n’être que des fantasmes passéistes.

Le deuxième élément de ce contexte, c’est l’Europe. La France n’a rien à gagner à prendre ses distances (comme d’ailleurs n’y ont aucun intérêt les autres membres de l’Union européenne, ou de l’Eurozone).  Il n’y a pas de « vilains » à Bruxelles qui font tout ce qu’il faut pour exaspérer les peuples. Il n’y a pas d’Etats qui luttent contre le Moloch technocratique. C’est trop facile. Pascal Lamy compte tenu de ses fonctions passées au sein des institutions européennes rappelle, et il a raison que « L’unification de la « région » Europe est sans précédent ni réplique dans la mondialisation. S’il existe les pays européens sont de loin les plus avancés dans la construction d’un espace politique supranational au-delà du modèle de l’Etat-nation souverain ». L’Europe est un très beau contexte pour la France à la fois parce que l’entreprise européenne est en harmonie avec les idées « philosophiques et politiques françaises » et parce que la France s’est voulu instigatrice et actrice d’un de moments les plus audacieux de l’histoire du monde moderne.


La crise qui ne cesse de dévaster des régions entières, cependant, et le fait que la génération de la fondation de l’Europe, qui avait connu la guerre et ses horreurs, ait disparu font basculer les Français dans le doute et la distanciation à l’égard de ce projet et de son déploiement. « L’affaire est plus grave et j’ai parfois l’ impression que les Européens ne savent plus pourquoi ils sont ensemble » regrette Pascal Lamy. Pourtant, l’Europe dont les Français sont un des membres-clé est un univers d’une richesse et d’un potentiel exceptionnel. L’auteur cite la Chancelière d’Allemagne « l’Europe  c’est 7 % de la population mondiale, 2S % de la production mondiale et 50% des prestations de sécurité sociale dispensées dans le monde » et commente  qu’on pourrait ajouter que c’est 1 00 % de démocratie.


Comme il serait vain et ruineux pour la France de vouloir s’abstraire d’un monde globalement ouvert, il faut que la France passe d’une relation déçue, à un esprit de construction.

Pour tout cela la France a des atouts. Inutile de revenir sur tous les défauts dont les Français aiment se « parer » ! Pascal Lamy ne fait pas une pesée fastidieuse des atouts de la France : il lui suffit parfois de citer «  La France est attractive ! Comme le déclarait en juin 2012 le secrétaire général à l’OCDE, Angel Gunia : La France possède plusieurs atouts majeurs dans lesquels elle peut puiser. En particulier, une démographie dynamique, une productivité horaire parmi les plus élevées de  l’OCDE, une position de leader mondial dans plusieurs secteurs clés tels que l’aérospatial et les transports, et des infrastructures de grande qualité ».


La France exporte. Elle est considéré comme un des pays les plus avancés et les plus innovants.

La France aussi est « attendue » : l’ambition que partage la France avec trop peu de pays de penser le monde est un atout, une force. Le monde regarde l’Europe et nous regarde… tous ceux qui attendent de l’Europe qu’elle « civilise la mondialisation ».


Dans ce travail sur elle-même, sur l’Europe et sur le monde, Pascal Lamy défend fortement et passionnément le « couple Franco-Allemand ». Il est indispensable pour la France comme pour l’Allemagne, mais aussi et surtout pour l’Europe. J’ai lu l’expression d’une conviction profonde mais. l’argumentation proposée par l’auteur ne m’a pas convaincu. C’est la seule zone d’ombre dans ce livre écrit au pas de charge. Livre programme. Livre de combat.

 

 

 


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