Billets de Banque

On a mis dans cette rubrique des textes d'information et des textes d'utopie économique. Point n'est besoin de les signaler à votre attention. Familier de cette newsletter vous êtes informés  et savez distinguer le vrai du paradoxe. J'ai confiance. 

On consultera aussi avec profit la rubrique "Monnaie", dans le "M" de ces "Mots de l'économie". 

- Le Billet de banque se meurt . Paru dans le courrier financier 

- L'Allemagne et ses billets de 500 euro. Paru dans le Huffington post 

- La crise des billets de Banque. 1 ère partie: Le cas grec. (les 2ème et 3ème parties ont aussi été publiées dans les Echos)

La crise des billets de Banque. 2 ème partie: l’épidémie européenne

- La Crise du Billet de Banque. 3 ème partie: Sortir de la Crise en libérant les Billets.

- Acheter des billets de banque: une histoire qui n'est pas drôle

Le billet de banque se meurt

A force de trop s’occuper de guerres, de tragédies humaines et de tortures on perd de vue certains évènements dont l’impact sociétal devrait nous remuer. Allons droit au fait : le billet de banque se meurt.  

Vous ne vous en rendez pas compte avec le niveau d’empathie, au moins, ou de tristesse, au mieux, qui conviendrait à pareille disparition parce que, vous, Français, préférez manier chèques (les Français sont champions du monde) et cartes de toutes les couleurs. Le cash, soyons clairs entre nous, vous l’aimez bien mais vous vous en méfiez. Le billet de 500 euros, vous ne le pratiquez presque pas. Il a, selon de nombreuses enquêtes, une sale tête rébarbative et de mauvaises fréquentations. Une fois celui-là mis à mort, le reste ne sera que routine. Donc, la fin du billet de banque ne vous émeut pas trop.

 

Vous n’avez pas tort puisqu’il disparaît aussi dans d’autres pays. Le Danemark voudrait faire table rase. En Suède, les utilisateurs le laissent tomber et se comportent comme à l’égard d’une relique vieillotte, un objet de culte vidé de toute spiritualité. Mais quoi, à la place ? Tuer le billet de banque n’est-ce pas un peu tuer la monnaie ? Et en tuant la monnaie, ne tue-t-on pas les fondements des sociétés marchandes qui sont les nôtres ? Il n’y aura donc plus rien que des cartes ou des chèques ? Il n’y aura plus « d’argent » ?

Sera-t-il remplacé ? La banque de Suède le prétend qui continuera d’en offrir. Mais, tout en le disant, elle étudie la mise en place sous peu d’une monnaie cryptée avec « blockchain » et tout ce qu’il faut de « preuves de travail » et « d’open source » pour que ce soit une vraie et belle monnaie cryptée. Elle sera nommée : « ekrona ».

Serait-elle seule dans son genre ?

 

On sait que la Banque d’Angleterre ne se désintéresse pas de la question. On sait qu’aux Etats-Unis, on en parle de plus en plus. Et la Chine aussi y penserait.  On sait surtout que quelques banques privées européennes ont installé des équipes pour travailler sur des monnaies cryptées de leurs crus ou coopératives. Même les Allemands sont en passe de se convertir ! Eux qui avaient tant pleuré lorsque fut décidée la mort du Billet de 500 euros!

 

Le billet de banque qui disparait, c’est une vraie révolution monétaire qui surgit devant nous. C’est de lui que toute les révolutions économiques étaient parties.  Nous lui devions les banques. Nous avions, presque d’un coup, été libérés de la tyrannie des métaux précieux. Nous savions ce qu’il valait et que cela ne dépendait pas d’une bourse de matières premières.

 

Les pièces tintaient. Qui se souviendra du froissement subtil du papier spécial dont il était fait, le papier fiduciaire ? Au fil des décennies, il était devenu un papier technologique, portant des mentions et des signaux bien proches des puces et des algorithmes. Trop proches ? C’est peut-être ce qui l’a tué.

 

Suppression du billet de banque

La suppression des billets de 500 euros n’est pas symbolique. C’est un vrai moyen pour lutter contre l’argent « sale ». Mais ce n’est pas si simple.

 

Le Billet de Banque, une passion allemande

 

La France est le pays d’Europe où le billet de banque est le moins utilisé. Payer en espèces y est perçu comme un aveu de fraude fiscale ou de collusion avec le grand banditisme ! Les Français ont une préférence pour les billets de 50 euros et en-dessous : petite économie, petits billets ? Et l’Allemagne : Grosse économie, gros billets, les Allemands préfèrent les billets de 200 euros et au-dessus et utilisent 35 fois plus de billets de 200-500 euros que les Français. Le billet de 500 euros leur rappelle le bon vieux billet de 1000 Dm.

 

Et les banques allemandes, il faut le reconnaître ne sont pas très rassurantes. Elles ont accumulé les pertes. Elles ont été mêlées à des scandales politico-économiques. Elles ont investi massivement dans les subprimes et elles ont coûté, entre 2008 et maintenant, de l’ordre de 250 milliards d’euros. Les récents « stress tests » ont tourné au détriment des banques allemandes. La plus privée d’entre elles souffre d’une insuffisance grave de fonds propres et n’a plus beaucoup de choix, ou bien elle réduit la taille de son bilan ou bien elle prend sa sébile et fait le tour des marchés financiers.

 

Plutôt que de laisser leur épargne sur leurs comptes en banques ou sur des livrets d’épargne et même plutôt que de profiter des coffres forts des banques, les Allemands préfèrent remiser leur épargne dans leurs caves à charbon ou des placards à balais lesquels ne sont pas extensibles à l’infini. Est-ce de cette contrainte que tient préférence allemande pour les gros billets de 500 euros qui prennent, c’est mathématique, 10 fois moins de place que ceux de 50 ? Le billet, c’est plus sûr qu’un compte en banque. C’est plus discret et moins lourd que l’or.

 

Mais voilà que maintenant on s’avise que les billets de 500 euros sont davantage utilisés pour les transactions illicites, achats d’armes, de drogues, grand banditisme etc. que pour acheter de grosses voitures et des instruments ménagers. La question devient sensible.

La veuve de Cologne va se lever d’un bond et s’opposer à cette mesure inique, preuve supplémentaire que les eurocrates ne sont que des sortes de soviétiques déguisés en libéraux.

 

Psychologie monétaire allemande

 

La psychologie monétaire allemande est complexe : le rapport des Allemands avec le billet de banque est trouble. On en viendrait à penser qu’elle est douteuse.

 

La veuve allemande devrait se souvenir du passé quand l’Allemagne fit de la monnaie table rase. Rappelons l’épisode Erhard : ministre des Finances de la reconstruction allemande, puis Vice-chancelier et Chancelier d’Allemagne de l’Ouest pendant 20 ans, voilà un homme qui a traité les billets comme n’importe quel gouvernant rêve de la traiter : en objet, en machin qui aura la valeur qu’on décidera. L’ancienne monnaie, le Reichsmark fut supprimé en une seule journée, le 20 juin 1948, et remplacé par le Deutschemark. En une journée, les Allemands virent leur monnaie perdre 90% de sa valeur.

 

Il y a bien pire si notre veuve fait remonter ses souvenirs à plus loin, à 1923, presque cent ans, lors de la fameuse hyperinflation. Ce mot est devenu l’équivalent du « ils ne passeront pas » appliqué à l’économie monétaire. Quand, la BCE prétend lâcher des euros pour faire repartir l’économie européenne, aussitôt, le Président de la Bundesbank se lève, pointe son doigt vers Mario Draghi et lance un « souviens-toi de l’hyperinflation ».

 

C’est pourquoi la BCE y regarde à deux fois. Elle est responsable de l’émission monétaire. La signature de son président est apposée sur les billets. Mais, on le voit, le rapport entre les Allemands et leurs billets renvoie au syndrome de Stockholm : ils l’adorent alors qu’ils en ont tant souffert !  Supprimer une coupure, et surtout une grosse, n’est donc pas une mince affaire. Wolfgang Schäuble dit qu’il ne lui appartient pas de commenter les décisions de la BCE, mais s’il n’apprécie pas, il enverra Jens Weidmann, toujours prêt à traîner en justice Mario Draghi pour haute trahison monétaire et abus de pouvoir bancaire.

 

Le fétichisme monétaire des Allemands n’est pas une plaisanterie.

 

Que faire des billets de 500 euros ?

Mais il faut bien faire quelque chose contre les moyens de financement favoris du grand banditisme et de tous les terrorismes. Imaginons qu’on les supprime. Ce ne sera un coup dur pour à peu près personne en Europe, où ils ne jouent quasiment aucun rôle dans les transactions commerciales et financières. Sauf en Allemagne.

 

Donc, continuons à imaginer : les Allemands se rangeant à l’opinion commune acceptent la disparition du fameux billet. Plusieurs hypothèses se présentent : on arrête la production et on invite la population à changer selon son rythme ses billets dont on maintient le cours légal. Il faudra alors craindre une spéculation sur le billet de 500 euros. La bonne monnaie chassant la mauvaise, le billet de 500 euros, marqué du signe distinctif, le fameux X qui en fait une monnaie allemande, disparaîtrait et ferait l’objet d’une spéculation féroce. Ceux qui ne croient pas en l’euro, stockerait ce billet allemand. Ceux qui spécule de façon occulte, le spielerait et en feraient monter le cours. Il deviendrait comme une sorte de monnaie virtuelle, absente du marché mais présente dans les transactions souterraines.

 

Si on veut la disparition de cette coupure, il faut la faire disparaître aussitôt que décidé, quitte à être créatif. Par exemple, formule la plus simple, comme ce qui s’est passé dans le cas de l’euro, les détenteurs seraient invités à se rendre dans les banques de leur pays pour convertir leurs billets en coupures plus petites. Mais voilà où les choses prendraient une curieuse tournure : la veuve de Cologne qui arriverait avec un gros paquet de billets ne passerait pas inaperçue. Il faudrait alors lui promettre l’anonymat. Et aussi au trafiquant de drogue ? Or, on a dit que le billet de 500 euros était devenu un instrument de transactions douteuses. Difficile de protéger l’anonymat de la détention des billets.

 

Pour soutenir les banques allemandes qui ne vont pas bien, on pourrait décider que les billets seraient changés en monnaie scripturale et crédités au compte de leurs porteurs. Belle idée, mais quid à nouveau de l’anonymat ?

Pour pousser les détenteurs à changer leurs billets on pourrait décider que les billets de 500 euros ne seraient pas remboursés à 100% au-delà d’une certaine période de temps.  Ou même, puisque leurs liens avec l’argent de la drogue et le terrorisme est très clair, on déciderait de n’accepter de changer de cette monnaie que sous contrôle judiciaire. Ou bien, pour que cet argent soit transformé en consommation et pour relancer l’économie allemande puis européenne, on imposerait la conversion des billets en dépenses de consommation.

 

On voit que le sujet est complexe et riche. De toutes les façons, des billets de ce genre, tout le monde le voit bien, doivent être supprimés. Il ne faudrait pas que les détenteurs mafieux ou terroristes des billets se voient faciliter leur change ou qu’on maintienne le billet pour ne pas chagriner la veuve.

 

 

 

 

Acheter des billets de banque: une histoire qui n'est pas drôle

 

On ne le répétera jamais assez, les billets en euro sont marqués d'une lettre identifiant la banque centrale émettrice....

Rêvons un peu, ou plus exactement, essayons-nous à de la Monnaie-Fiction.

 

Imaginons qu'un "bank runner" ait oublié ce détail et qu'il ait bourré son matelas de billets marqués "V" ou pire "Y", existe donc un risque de perte de plus de 30%.

 

Que faire? faut-il se précipiter sur les Billets "X" (ne voyez pas là d'allusion déplacée ou de plaisanterie graveleuse, le Billet "X" est absolument austère et équilibré)? Mais, à se comporter ainsi, ne risquerait-on pas d'en faire monter le cours du fait de la rareté qui s'introduirait progressivement? Ainsi, un billet "U" ne s'échangerait plus à parité contre un Billet "X" mais avec une décote de 5% ou pire.

 

Continuons à imaginer: donc, les porteurs de billets menacés "V", "Y" et même "U", se rueraient (Bank notes run) vers les billets "X", les poussant ainsi à la hausse. Les avantages seraient beaucoup plus importants qu'on ne peut l'imaginer (nous sommes toujours dans une histoire de Monnaie-fiction".

 

Les porteurs de billets "X" découvrant qu'ils disposent d'une capacité d'achat augmentée de 5% à 30 voire 60%, ils voudront en profiter. Ils iront donc acheter des biens et des services à ceux qui les factures en Euro "Y", "V" et même "U" . Ainsi, un flux d'export serait stimulé. Qui serait doublé par le fait que les exportateurs recevant les billets "X", s'attacheraient à les conserver dans leurs coffres, préférant consommer leurs liquidité "Y" et "V" ou "U" et les raréfiant de ce fait.

 

Continuons (c'est toujours de la monnaie-fiction): l’émetteur de billets "X" voyant la spéculation se déchaîner sur ses billets, les poussant à la hausse, serait conduit à en augmenter la production. Des tensions inflationnistes apparaîtraient alors, qui viendraient rogner les avantages compétitifs des industriels sous monnaie "X"...

 

Mais franchement, tout ceci n'est pas sérieux! C'est vraiment de la "Monnaie-fiction"

1 La crise des billets de banque. Le cas grec.

Ceci est un essai de Science-fiction économique. C'est une pure fiction. Comme l'arrivée des Martiens vue par Orson Welles.Dans cette hypothèse, un euro ne vaut plus un euro. On traite donc un d'un cas très rare de dévaluation intérieure à un pays de la Zone euro par dévalorisation de la monnaie scripturale contre la monnaie fiduciaire. Mais aussi, on verra les risques induits par les erreurs de la Bundesbank.

 

Le pire était craint. La Grèce sortirait-elle de l’euro ? Ou non ?
On avait entendu les appels à la raison et au calme. « Il n’y a pas de risques d’extension », « les marchés ont anticipé », « les banques, qui ne sont pas folles, ont provisionné l’intégralité de leurs engagements sur la Grèce ».  Le marché des changes avait été calme. Les messages d’apaisement habituels qui auraient dû passer en boucle n’avaient pas même été mis dans les machines. La scène monétaire était parfaitement calme. Tout était normal. Si tant est que la sortie de la Grèce ait pu passer pour normale !

Les retraits des déposants grecs avaient créé une pénurie de billets.


Et puis, tout d’un coup, un SMS a semé la panique. Une erreur de tir ou d’adressage ? Un esprit malintentionné ? En fait, un vrai raté, venant en direct de l’Allemagne. La découverte d’une gaffe monumentale a été l’étincelle. Pour bien saisir l'évènement et en comprendre le déroulement, il convient de faire un retour en arrière. 

Le gouverneur de la Banque de Grèce avait demandé à sa consœur la Bundesbank de lui envoyer du papier fiduciaire. Du papier pour faire des billets de banque. On l’avait plus ou moins appris. Ça circulait sur le net. Quelle importance en fait ? Tout le monde savait que les Grecs, de plus en plus convaincus qu’il y avait quelque chose à redouter du côté de leurs banques, retiraient leurs économies. Ce n’était pas un bank run: les dépôts bancaires étaient tranquillement convertis en billets, la monnaie scripturale en monnaie fiduciaire. 1 ou 2 milliards, filaient ainsi, bon jour, mauvais jour. Parfois plus. Parfois, le mouvement se calmait puis revenait comme la mer va et vient, flux et reflux. Cela avait créé des problèmes de liquidité pour les banques grecques. Elles s'étaient débrouillées . Vaille que vaille.

Au fil du temps, un problème technique survint: les imprimeries de la Banque Nationale de Grèce s'étaient trouvées à court de papier fiduciaire.

C’est avec ce genre d’histoire un peu ridicule qu’on déclenche des émeutes. La loi des marchés, cette loi d’airain qui avait déjà eu pour effet de pousser la Grèce vers la sortie de l’Euro, la loi de l’offre et de la demande donc, annonçait au Gouverneur que des risques de dévaluation de la monnaie de banque, c'est-à-dire la monnaie scripturale, étaient à craindre.

Il faut revenir vers quelques bases en économie: lorsque les choses deviennent rares, elles deviennent chères. C’est un mécanisme économique que tout le monde comprend depuis la nuit des temps.

Une monstruosité économique : La monnaie scripturale se dévalorisait contre monnaie la fiduciaire !

Or, les billets de banque étaient devenus rares. Ceux qui en avaient les stockaient jalousement. Ceux qui voulaient échanger leurs dépôts en banque, qui détenaient par conséquent de la monnaie scripturale, faisait monter la pression. Désirant si fort convertir leurs dépôts en banque en billets de banque, c'est-à-dire en monnaie fiduciaire, certains acceptèrent de payer les billets plus chers que leur valeur faciale. Par exemple, un billet de 50 euros était acheté 55 euros en monnaie scripturale! Ainsi, progressivement,  se mettait en place un processus de dévalorisation des dépôts en Banque ! Une dévaluation de la monnaie scripturale contre la monnaie fiduciaire ! 

Les autorités monétaires et politiques grecques se sont vite rendu compte que si le manque de papier peut avoir des effets néfastes sur la tranquillité publique, la perte de la parité entre billets de banque et dépôts bancaires allait déclencher une révolution. Les banquiers firent valoir que la sécurité de leurs employés était en jeu et, accessoirement, celle de leurs bâtiments.

Donc, les Grecs firent tout ce qui était en leur pouvoir pour pallier la rupture d’approvisionnement en papier fiduciaire. Les Allemands sollicités avaient répondu positivement à l’appel des Grecs: l’hyperinflation des années 1920 leur avait appris qu’il faut toujours avoir du papier en réserve pour imprimer des billets de banque. Ils avaient du papier fiduciaire en abondance... 

C’est justement là que le problème s’est noué. Le papier envoyé à leurs confrères était pré-imprimé. Prêt à l’emploi en quelque sorte. Il ne restait plus qu’à apposer la signature des responsables grecs de l’émission monétaire.  On ne pouvait pas faire plus accommodant. Le reste était un jeu d’enfant. Et la production de billets "grecs" a commencé très vite pour des montants susceptibles de calmer le marché et, ainsi, empêcher que la dévaluation de la monnaie scripturale, cette monstruosité théorique et pratique, s’amplifie et crée la panique.

Les Allemands à la rescousse avaient commis une énorme bourde.


C’est là que le fameux SMS a provoqué un séisme économique, politique et social.

Le papier envoyé par les Allemands, était, on l’a indiqué plus haut, pré-imprimé. Le montant, le numéro, les mentions obligatoires. Rien de bien remarquable là-dedans, tous les billets sont absolument les mêmes dans la Zone euro! Tout est venu du numéro ! Le numéro pré-imprimé des billets transmis à la Banque nationale de Grèce comportait le fameux « X » qui dit que le billet est émis par la Bundesbank. Pour la Grèce, c’est « Y ».  Pour la France, « U ». Chaque membre de la Zone euro est identifié par une lettre de l’alphabet. Personne ne s’était aperçu de cette notation. A priori, il n’y avait là rien qui puisse déclencher des émeutes !

Sauf que les Allemands ont été pris de panique quand ils se sont aperçus de l’erreur. Leurs juristes firent comprendre que des billets marqués « X » étaient des billets allemands, reconnus à la Bundesbank. Donc des créances contre elle ! Les Grecs étaient donc en train de convertir toute leur monnaie scripturale, c'est-à-dire leurs créances contre les banques, en monnaie fiduciaire allemande. La Bundesbank, si on laissait faire, allait devenir débitrice à l’égard de Grecs fuyant leur système bancaire.

Un SMS absurde et envoyé à la mauvaise adresse a mis le feu aux poudres


Un SMS fut alors rédigé : « la Bundesbank ne reconnaîtra pas les billets marqués « X » à partir du numéro « a » jusqu’au numéro « z » ». Au lieu de se retrouver sur le portable du Président Grec, le SMS atterrit sur celui d’un obscur journaliste anglais qui déferla dans le bureau de son patron. Le reste est connu. Une panique folle en Grèce. Le cours des billets en question s'effondra. Au risque d'une dévaluation de la monnaie scripturale contre la monnaie fiduciaire, on avait ajouté le risque d'une dévaluation des billets libellés en euro entre eux!

Les porteurs de Billets « X » mirent le feu à l’Ambassade d’Allemagne. Un mouvement de destruction de tout ce qui était allemand directement ou indirectement se répandit dans toute la Grèce. Quelques citoyens allemands furent rudoyés. Certains échappèrent de peu au bûcher.

Il fallait bien que les Allemands fassent un effort pour calmer les esprits. Ils expliquèrent que ce SMS n’était qu’une invention parmi les milliers que commettent les tabloïds anglais. Ils affirmèrent solennellement que les billets « X » Grecs seraient honorés comme les Billets « y » ou les billets « Z » etc. Du coup, la parité de change entre les billets « X » grecs et les autres billets de la Zone euro, dont les  « Y », fut restaurée. Un euro se mit à valoir un euro à nouveau. 

Cette affaire a évidemment laissé des traces. Les cendres de la catastrophe sont encore rougeoyantes. L’affaire des Billets continue son chemin souterrainement, sans bruit. Personne n’a intérêt à faire trop de publicité ou de communication sur ce qu’on devrait appeler des manipulations de monnaie.  C’est maintenant, un problème rampant dans toute l’Europe. L’affaire des billets n’est pas finie.

 

2 La crise des billets de Banque : l’épidémie européenne

 

 

Dans une précédente contribution, un essai de Science-fiction monétaire, on a montré qu'un euro "scriptural" peut ne pas valoir un euro "fiduciaire". On a soulevé incidemment la question des "marques" que portent les billets de banque. Un billet de cent euros pourrait bien, dans des conditions extrêmes, ne pas pouvoir être échangé contre deux billets de cinquante. Absurde? Vous avez dit absurde?

 

Le cas Grec est riche d’enseignement car on a pu expérimenter. Pas de Science digne de ce Nom, sans expérimentation. En science économique, science humaine par excellence, l’expérimentation est un évènement rarissime. Grâce aux Grecs, il a été possible de mettre en valeur des absurdités que la philosophie traditionnelle ne manquera pas de réprouver : une chose peut-être tout et son contraire en même temps.  En effet, dans la précédent contribution, on a montré que l’Euro pouvait avoir une valeur différente selon qu’il était scriptural ou fiduciaire (on n’a pas voulu pousser l’expérience trop loin en introduisant l’euro divisionnaire dans l’expérience, soit sous sa forme d’usage courant, en métal vulgaire, soit sous sa forme métallique noble, or ou argent).

 

Absurde ? Vous avez dit absurde ?


Mais aussi, au sein des absurdités, on a glissé l’émergence de celle-ci : «  les billets « X » (allemands) émis par les Grecs perdirent une bonne partie de leur valeur contre les autres billets y compris contre  les billets « Y » (grecs) »! Donc, dans le système euro, des situations du type, « un euro fiduciaire ne vaut pas un euro fiduciaire », sont possibles ! Ce n’est pas une absurdité. C’est la conséquence d’un point technique qui est rarement mis en valeur : les billets en euro sont marqués d'une lettre identifiant la banque centrale émettrice....par conséquent, il est faux de dire qu’un billet « euro » vaut un billet « euro ». Il serait vrai de dire que, dans les conditions habituelles, un billet euro « X » vaut la même valeur faciale qu’un billet euro « Y ». Dans des conditions particulières, cela peut être inexact, ou dans des proportions infinitésimales, ou durant des laps de temps très courts (voir la précédente contribution sur la crise du billet de banque).

 

L’absurde en économie comme dans les Sciences exactes n’émerge pas pour le plaisir de tromper. C’est le signe que ce qui était habituel et normal vacille. C’est un moment où la pensée est challengée. Rappelons que pour Newton, la pomme qui tombe est la manifestation d’une vérité absolue : la force gravitationnelle. Pour Einstein, c’est un cas particulier d’un problème général. En d’autres termes, la pomme pourrait ne pas tomber vers la terre… et même en être expulsée. Il faut garder ce point en tête : l’émergence des situations absurdes est le signe qu’il faut changer la façon de penser la nature ou la société.

Pour revenir sur une situation absurde : Un euro « X » peut ne pas valoir un euro lorsqu’il est exprimé en « Y ».  Les marques « X » et « Y » peuvent conduire à des attitudes discriminatoires.

 

La Course au billet de Marque.


Imaginons qu'un "bank runner" distrait et peu au fait de l’actualité ait bourré son matelas de billets marqués "V" (Espagne) ou pire "Y"(Grèce), il est, si on prend au sérieux cette discrimination potentielle, en  risque de perdre plus de 30%. Imaginons maintenant que notre distrait ait pris connaissance des évolutions récentes et des absurdités de la Zone euro : il est évident qu’il va prendre les mesures qui s’imposent.

 

S’il convertit la monnaie scripturale dont il dispose en monnaie fiduciaire, c’est par peur des faillites bancaires. La dislocation redoutée de la Zone euro ce sont des banques qui risquent de ne pas pouvoir rendre les dépôts. Mais au stade de réflexion qui est le sien, notre « ancien distrait » a acquis une information précieuse : tous les euros fiduciaires ne se valent pas et, par exemple, les Euros « Y » pourraient bien ne rien valoir. Il doit donc déployer une stratégie précise : quittant la monnaie scripturale affaiblie, il doit atterrir dans une monnaie fiduciaire « solide ».

 

Faut-il qu’il se précipite sur les Billets "X" (allemands) ? Ce serait recommandé! Cependant, à se comporter ainsi, le risque n’est-il pas, si les distraits sont légions,  de faire monter leurs cours ? De fait, le volume de la demande de billets « X » se traduirait par une rareté (or « ce qui est rare est cher » voir la précédente contribution)  laquelle conduirait à une modification du niveau des prix. Ainsi, un billet "U" (français) ne s'échangerait plus à parité contre un Billet "X" mais avec une décote de 5% ou pire. Un euro ne vaudrait pas nécessairement un euro. Ce qu’on avait observé entre monnaie scripturale et monnaie fiduciaire en raison de l’insuffisance de papier-monnaie, on le retrouverait à l’intérieur même de la monnaie « fiduciaire ». C’est l’équivalent d’un tsunami ou de l’explosion d’une bombe atomique pour un système bancaire et monétaire européen !

 

Un euro ne vaut pas un euro


Continuons à imaginer. La conséquence immédiate de cette situation serait la suivante : les porteurs de billets menacés "V", "Y" et même "U" (France), se rueraient (Bank notes run) vers les billets "X", les poussant ainsi à la hausse.

 

Il faut s’interrompre un instant à cet endroit car les contradicteurs pourraient dénoncer une parodie de raisonnement économique ou un détournement abusif des mécanismes fondamentaux de la théorie des marchés.

 

Pourtant, si on fait le tour des mécanismes fondamentaux qui pataugent, il existe bien des taux d’intérêts négatifs ! Ça, c’est une absurdité pour la théorie économique classique ! Un taux négatif ne peut pas, en principe, survenir. Les courbes d’offre et de demande ne peuvent pas se croiser en territoire négatifs.  Ou bien, la situation est celle d’une hypothèse incroyable : les courbes d’offre et de demande de monnaie ne se rencontrent pas! Les demandeurs ne demandent rien et même rendent la monnaie pendant que les offreurs n’offrent rien et conserve leur monnaie dans des bas de laine ou se moquent de savoir si leur argent sera rémunéré. Ils acceptent même l’idée de payer pour mettre leur argent quelque part.  On dira que «ce n’est pas possible. Cela n’existe pas !» Et pourtant, le Trésor allemand a négocié des intérêts négatifs pour quelques emprunts dans les derniers mois de 2011 et, plus récemment, des intérêts « Zéro » pour des emprunts à 5 ans !

 

Explosion ou révolution des idées.


On l’a signalé plus haut, l’absurde est possible en économie et les démonstrations sur la parité de conversion des billets en euros entre eux, tout en paraissant absurdes, sont de l’ordre de la réalité économique non augmentée : dans une période de trouble monétaire en zone Euro, la seule certitude résidant dans la force de la Bundesbank, la demande de créances sur cette dernière , les billets « X », pourrait exploser.

 

On devrait y voir tous les signes préludant à l’explosion de la Zone. Certains, les plus fortunés, se précipiteraient sur les emprunts du Trésor allemand, faisant plonger les taux d’intérêts dans le rouge.  Il y aurait aussi tous ceux qui empliraient leurs portefeuilles de titres de sociétés allemandes poussant la bourse allemande vers des valeurs sans commune mesure avec le potentiel des entreprises. Ils se précipiteraient vers les obligations privées allemandes, les taux deviendraient progressivement négatifs. Il y aurait ceux, moins confiants dans les valeurs mobilières ou ne disposant pas d’une épargne suffisante pour se porter en Bourse, qui achèteraient des billets « X », convaincus que  ceux-là, et seulement eux, seront échangés contre un nouveau « Mark ».

 

On dessine ici les contours d’une sorte de cataclysme où tout ce qui se ressemblait se brise en morceaux multiples, où tout ce qui paraissait unique et commun est renvoyé au rang de pièces détachées et éparpillées d’un mécanisme compliqué qui se serait brutalement grippé ?

 

Pourtant, on a dit plus haut que les situations absurdes sont celles où un état de la pensée est challengé, un moment où il faut réviser les idées habituelles et courantes. Pourrait-on voir dans ces événements absurdes quelques choses positives ? N’y aurait-il pas là un système qui se mettrait en place, subrepticement, sans qu’on s’en rende compte. L’économie est une activité humaine, la monnaie un instrument fort utile dans la vie des sociétés.  Les moyens de l’économie et des échanges n’attendent pas toujours qu’on les ait pensés pour germer, pour se développer et se substituer aux vielles techniques? Un peu plus tard viendront de nouvelles formulations théoriques.


Il faut y penser sérieusement : l’Europe mérite mieux qu’une succession d’absurdités

 

3 La Crise du Billet de Banque. Sortir de la Crise en libérant les Billets.

 

Dans les deux textes qui précèdent sur la « crise du billet de Banque » (le cas grec par où tout a commencé et l’épidémie européenne) on a montre le déploiement d’une fissuration monétaire où tout ce qui devait être identique se brise en morceaux multiples, où tout ce qui paraissait unique et commun est renvoyé au rang des pièces éparpillées d’un mécanisme compliqué qui se serait brutalement grippé ?

 

Il est temps de repenser la monnaie. Unique, ne serait-elle pas inique ?

 

Si on admet cette hérésie économique et cette absurdité logique « un euro n’est pas égal à un euro », doit-on pour autant, frappé de stupeur, s’assoir, contempler le monde et se sentir impuissant.  Ou peut-on, dans cette débâcle des certitudes, s’accrocher à quelques lambeaux de logique, à des fétus de raisonnement et regagner au moins la rive.

 

En achevant la contribution sur l’Europe, on a esquissé que les situations absurdes sont celles où un état de la pensée est challengé, un moment où il faut réviser les idées habituelles et courantes. Pourrait-on voir dans ces événements absurdes quelques choses positives ? N’y aurait-il pas là un système qui se mettrait en place, subrepticement, sans qu’on s’en rende compte.  Ne devrait-on pas considérer au-delà des théories et des logiques prétendues, que l’économie est une activité humaine, très humaine. Ne  devrait-on pas être lucide et observer que la monnaie, instrument incontournable de la vie des sociétés, n’attend pas qu’on l’ait pensée pour émerger, pour se développer et se substituer aux vielles idées que  protègent pour leur  propre survie, les universités et les experts ? Il faut y penser sérieusement : l’Europe mérite mieux qu’une succession d’absurdités.

 

Lançons un pavé dans la marre : un billet fiduciaire d’un euro vaut plus ou moins un euro contre un autre billet fiduciaire d’un euro selon que sa marque est glorieuse ou piteuse. Après tout quelle originalité y-a-t-il là ? Une Mercedes vaudra toujours, dans beaucoup d’esprit, plus cher qu’une Renault dans les mêmes catégories, les mêmes cylindrées, les mêmes cuirs Connolly et GPS japonais ou turcs. Ce sont bien deux voitures, dont on peut dire qu’une voiture «  X » (marque allemande) vaut plus qu’une voiture « U » (marque française). Et les sacs ? Les sacs de ce grand fabricant français tout particulièrement dont la copie est tout aussi pourchassée que les faux billets « X » admirablement imités.

 

La multiplicité des Billets en Euro : un excellent moyen de relance des économies européennes.

 

Pour ne pas entretenir un mauvais suspens, indiquons maintenant que les avantages seraient beaucoup plus importants que les tenants de l’orthodoxie sont prêts à l’imaginer. (Nous sommes toujours dans une histoire de Monnaie-fiction"). La vie de tous les jours est celle où, sous l’apparence du même, le différent s’installe.

 

Il faut revenir un instant sur la précédente contribution où les billets "X" sont « valorisés » par rapport aux autres et, par conséquent, disposent d'une capacité d'achat augmentée de 5% à 30 voire 60%. On peut imaginer sans trop de risque de se tromper qu’en dehors des spéculateurs ou des prudents qui chercheront à en détenir, les porteurs de Billets « X » seront allemands. Si la logique économique à l’ancienne fonctionne toujours, ne serait-ce qu’en marge, on imaginera aussi qu’ils voudront en profiter.

  

Ils iront donc acheter des biens et des services à ceux qui les factures en Euro "Y", "V" et même "U». Ainsi, un flux d'importations allemandes serait stimulé. Les voitures françaises deviendraient moins chères en Allemagne, pays où on peut acheter sa voiture en cash et s’exporteraient davantage. Les exportateurs recevant des Billets « X » les conserveraient pour procéder à des achats dans les pays « Y » (grecs), «V » (Espagne) ou autres et améliorer leurs marges. Le stimulus export serait ainsi doublé, la compétitivité des pays « faibles » serait renforcée et leurs exportations propulsées vers le haut. Il ne resterait plus alors qu’à laisser fonctionner le multiplicateur d’export dont on sait qu’il est équivalent au multiplicateur d’investissement. Les économies des pays exportateurs seraient stimulées. On connait la suite.

 

L’émetteur de billets "X" peut-il rester passif, devant une spéculation sur ses billets et la hausse de leurs cours ? Il n’a que deux solutions pour échapper au risque inflationniste sous-jacent (C’est toujours de la monnaie-fiction).

 

Une solution efficace et difficilement contestable. Même par l’émetteur d’Euro X.

 

Il peut quitter la Zone euro et, puisqu’il s’agit de l’Allemagne, instaurer un nouveau Mark. Avec tous les risques de surévaluation de cette nouvelle monnaie contre l’Euro, monnaie qui demeurerait entre les autres pays. On retrouverait le schéma décrit plus haut. Au fond, voilà un comportement absurde en lui-même : pour éviter la hausse des billets, quitter l’Euro avec pour conséquence la hausse des billets ! Il est vrai que les Allemands n’ont pas pour la chose et la théorie économique la passion et la résilience des anglo-saxons.

 

Ou bien, recherchant un maximum d’efficacité pour un minimum de coût, augmenterait-il l’offre de Billets «X ». C’est en jargon économique classique ce qu’on qualifie de « faire tourner la planche à billet ». Sur le plan technique, on sait que cela ne pourrait pas poser de problèmes (voir : « la Crise des Billets. Le cas grec ».). Sur le plan doctrinal, il faudrait trouver la traduction allemande de Quantitative Easing. Sur le plan pratique, il suffirait à la Bundesbank de racheter de la dette publique détenue par des Banques allemandes et de la payer en Cash. A leur tour, les banques allemandes stipuleraient leurs crédits payables en cash.

 

Des tensions inflationnistes apparaîtraient alors ? Qui viendraient rogner les avantages compétitifs des industriels sous monnaie "X". Exactement comme cela se serait passé si un nouveau mark avait été créé. La consommation des Allemands serait stimulée, donc leurs importations…. On reviendrait à nouveau vers le cycle vertueux.

 

Tout ceci n'est pas sérieux! C'est vraiment de la "Monnaie-fiction » ! Ainsi on multiplierait les billets en Euro, qui ne seraient pas tous les mêmes ? Ainsi on qualifierait « euro » des billets qui n’auraient pas la même valeur selon la banque émettrice. Et tant qu’on y est on laisserait  les banques commerciales imprimer des billets…. ou même les banques d’affaires ! Ce n’est plus de la « monnaie-fiction » c’est du délire !

Vraiment ?

 

Les zones monétaires optimum relèvent du fantasme

 

C’est pourtant bien ainsi que l’économie américaine s’est bâtie tout au long du XIXème siècle quand les billets des banques de l’Ouest des Etats-Unis « valaient » moins que les billets des banques de l’Est. Songez-y, ce n’était pas de la monnaie-fiction : Le Gouvernement américain n'a pas émis de billet avant 1861 ! Auparavant, jusqu’en 1929, le mot dollar étant une appellation générique, une marque en quelque sorte pour tout billet de banque que les quelques 1600 banques (privées évidemment) « sous charte d’Etats » étaient autorisées à émettre. Et aujourd’hui ? Si vous voulez être prudent, préférez les billets émis par 1A –(Boston), ils doivent être  plus solides que ceux de San Francisco….12-L. C’est facile à repérer, l’émetteur est mentionné sur les billets en trois ou quatre emplacements ! Qui a  parlé aux Etats-Unis de problèmes dans la circulation de la monnaie ? Qui est allé faire de longs discours sur les « zones monétaires optimales »?

 

Les germanistes monétaires rétorqueront qu’ils ne sont justement pas amusés à dédoubler leur monnaie lors de la réunification. Ce n’est pas faute d’avoir été vivement incité à laisser courir un Mark émis à l’Est en même temps qu’un Mark émis à l’Ouest… et pourquoi pas un Mark Munichois suggéraient quelques idéalistes de l’Allemagne des Nations ? Finalement, monnaie unique, le Mark a été accordé, aux Allemands de l’Est, comme un cadeau de retrouvaille, un golden Hello… avec une parité un pour un entre monnaie de l’Ouest et monnaie de l’Est. Et vint une catastrophe pour l’Est, son industrie, son agriculture et ses services bien loin des normes de compétitivité occidentale.

 

La Zone monétaire allemande n’était pas du tout une zone monétaire optimale. Et pourtant, ils ont tenu bon avec leurs billets de monnaie unique. Et les Vrais Allemands, les Riches, ont payé pour une monnaie unique qu’aucune zone optimale ne soutenait!

 

Les deux voies.

 

Quelles solutions les Allemands ont-ils trouvé pour faire à cette absence caricaturale de Zone monétaire optimale. Pour aider les allemands de l’Est à survivre, ces frères allemands plus pauvres que des Grecs, plus incompétents que des Italiens, plus bloqués que des Français ? La monnaie fût maintenue « unique » et pour éviter qu’elle devienne « inique »  les länder occidentaux se sont vus contraints de verser des subventions. De quoi s’agissait-il si ce n’est d’une dévaluation de l’Est ?

 

Deux voies seraient donc possibles : des monnaies « euro » taillées sur mesure, comme autrefois dans les Etats-Unis de la conquête économique ou des économies subventionnées par les plus riches, à hauteur de leurs besoins, comme en Allemagne, après la réunification ? Un Senior Adviser à la Deutsche Bank n’a-t-il pas proposé la création d'une monnaie nouvelle, le "Geuro, émis par la Banque centrale Grecque, et lancé avec un prix promotionnel : 50% de réduction par rapport à l’Euro.

Est-ce vraiment de la Monnaie-fiction ?

 


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