Avertissement qui précède la parution de Paris-la-Morale, Paris-la-Vertu

 

 

C’est une bien curieuse idée que de vouloir présenter Paris sous l’angle de la moralité, de la vertu et même de l’altruisme !

Comment ! Paris n’est-elle pas une ville de plaisir ? Les touristes ne vont-ils pas d’abord sur les grands boulevards où se trouvent tous les théâtres et toutes les salles de « music-hall », sur les champs Elysées où le luxe et les cinémas s’étalent ? Ont-ils vraiment conscience qu’il y un Paris moral, un Paris vertueux quand ils affluent vers les « lieux de débauche » que sont (étaient ?) les quartiers de Pigalle et de Ménilmuche.

 

A-t-on vraiment besoin de s’intéresser à un Paris moral et vertueux qui serait une sorte d’atout touristique d’un nouveau genre ? On irait à Paris faire le circuit de la bonté, de la félicité et de l’asile ? On se recueillerait dans la rue des Vertus, on se relaxerait, rue de la Santé et on irait serein, bien loin des bruits des champs de bataille, arpenter la rue de la Paix ?

Mais au fait, pourquoi pas ?

 

Pourquoi ne pas imaginer un drôle de « plan » qui se nommerait « Paris la vertueuse », ou plus simplement « Moralité de Paris » ? On aurait ainsi quelques endroits, quelques rues et passages, empreint d’une sagesse originale, au parfum d’encens et résonnant encore, en sourdine, de quelques chants de paix, d’amour et de fraternité. On se recueillerait dans telle rue, lisant sur le fameux cartouche bleu, une vertu théologale ou une sentence moralisante. On méditerait dans telle autre dont le nom serait chargé de pensées profondes.

 

Plus sûrement, ce serait un joli moyen d’agrémenter un dîner mondain ou un pot entre copain. Vous lâcheriez négligemment un « je reviens de Paris » qui n’aurait pas soulevé beaucoup d’intérêt : tant de gens sont allés et reviennent de Paris ! Vous auriez ajouté, « je reviens de visiter les vertus de Paris » ou mon circuit cette fois-ci « Paris moral ». un silence se serait fait. Paris moral, une blague sûrement. Qu’un Français se pare de cette vertu donnerait déjà à rire, mais leur capitale ! Impossible, trop drôle !

 

Et vous auriez continué sans vous laisser impressionner par les remarques des blasés de Paris, ceux qui ont tout vue de Paris et qui ne déplacent plus que pour aller dîner chez « Michèle » qui fait les meilleurs soufflés de la terre ou pour se payer un gorgeon à la Butte aux Cailles.

 

Vous auriez commencé par cette rue improbable nommée « Rue bonne ». Votre auditoire se serait fait soudain attentif. Comment ? Paris aurait une « bonne rue ». Vous auriez ri de tant de naïveté : pas une bonne rue mais la « rue Bonne ». Et aussi, vous auriez fait rire car les rues morales de Paris ne laissent pas de surprendre surtout quand vous tombez sur « l’impasse de la confiance ».

 

De fil et en aiguille c’est une toute nouvelle expérience de Paris que vous dévoileriez. Il ne serait pas question de ne trouver que des rues étonnantes et merveilleuses bordées de monuments rares et d’hôtels particuliers élégantissimes. Elles seraient souvent pouilleuses, un peu moins aujourd’hui qu’il y a un siècle ou plus, mais en tout cas pas glorieuses.

Il est vrai que quand on les aborde directement, quand on les parcourt, quand on étudie leur physionomie, les devantures, les porches, les moulures et les toitures, il n’est pas rares de rencontrer des rues banales, aux traits populaciers et aux architectures de fortune.

 

Faisant l’effort de connaître ces rues, on les découvre souvent minuscules ! La « rue des vertus » doit être une des plus petites de Paris. On tombe sur des configurations qui paraissent directement contradictoires avec ce que sous-tendrait le nom de la rue. « Impasse de la Confiance » ce nom de rue n’est-il pas essentiellement une antinomie ? Devant pareille bizarrerie on pense aussitôt qu’il s’agit d’une anomalie, d’une rareté ou d’une curiosité. Bien sûr que non. Les contradictions de ce genre sont fréquentes.

 

Tout au long de nos promenades dans le Paris Moral ou Paris la Vertu, on devra s’attacher à lire entre les murs comme on lit entre les lignes. On découvrira qu’il s’est créé des rues vertueuses tout au long de l’histoire de Paris. On devra aussi se souvenir que de nombreuses rues doivent leur nom au propriétaire d’un terrain devenu constructible ou d’une entreprise dont l’emprise foncière donna lieu à lotissement après son déménagement en banlieue ou plus loin encore.

 

Au fait, de combien de rues parle-t-on qui font Paris la Vertu. Plus de 40. Combien de rues à Paris ? Un peu plus de 5000 quand on se cantonne aux voies publiques et un peu plus de 6000 en y intégrant les voies privées. C’est dire que notre sujet concerne la minorité de l’espèce. Ne serait-ce pas là une clef pour comprendre la raison d’être de ces rues ? Les rues vertueuses ou morales de Paris sont ne représente pas davantage que 0,8% des voies publiques. Rassurant n’est-ce pas ? On revient aux questions que s’imposaient au tout début de cette présentation : quelle drôle d’idée de s’intéresser à toute petite partie des rues de Paris dont le petit nombre en dit long sur le penchant des Français pour la morale et la vertu et le goût des parisiens pour les mortifications !

 

A vous de vous saisir de cette fascinante question. Les rues morales vous seront livrées l’une après l’autre, sans esprit de succession alphabétique. On ne choisira aucun critère rationnel du genre, de la plus petite à la plus longue, ou de la plus large à la plus étroite. Les rues morales se suivront au grès de l’inspiration de l’auteur.

 

S’y ajouteront des photographies prises par l’auteur, dans un esprit « live ». Pas d’apprêts, pas de corrections, des rues dans leur état naturel, en toute simplicité. Proposera-t-on des vidéos ? Il faudra pour cela que les rues soient animées. On en décidera au cas par cas.

 

 

 

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