Passage Jouffroy

 

A Paris, les passages sont de deux sortes. Ou bien, il s’agit de petites venelles, des sentes, passant entre les immeubles, joignant deux rues en traversant un groupe d’immeubles ou d’habitation. Paris, restée longtemps une ville médiévale, comprenait d’innombrables passages progressivement absorbés par la rénovation urbaine du XIXème siècle. Ou bien, il s’agit d’une formule commerciale, très en vogue durant tout le XIXème siècle.

 

C’est le cas du Passage Jouffroy qui fut construit en 1845 dans le prolongement d’un autre passage, celui des Panoramas, profitant ainsi de l’afflux de badauds et de clients qu’attirait ce dernier. Le Passage Jouffroy comme bon nombre de passages « modernes » sont les ancêtres des centres commerciaux : allées couvertes, elles étaient jalonnées de part et d’autre de la chaussée par des libraires, des cafés, des restaurants et souvent des artisans d’art.

 

Ils étaient commodes pour la foule des promeneurs. Les rues de Paris au XIXème siècle n’étaient pas toutes pavées. L’entretien des rues était approximatif. Lorsqu’il pleuvait, la boue, la saleté et les ordures étaient les ennemis des promeneurs. Les passages, protégés par leurs verrières, chauffés, selon des techniques modernes : par le sol pour le passage Jouffroy, étaient des lieux de déambulations et de flâneries très appréciés à ce point que les commentateurs de l’époque en critiquaient l’encombrement et expliquaient qu’ils fallait jouer hardiment des coudes pour pouvoir se déplacer.

 

Lancé par une compagnie privée présidée par le comte Félix de Jouffroy-Gonsans (1791-1863) qui donna son nom au passage et Monsieur Verdeau, qui laissera le sien au passage Verdeau construit dans le prolongement, le passage était couvert d’une verrière en métal et en verre. Il comportait de nombreuses innovations : chauffage par le sol, structures et colonnes en fer, une grande horloge décorée de stucs surplombant l'allée.

 

Lieu d’élégance, le passage était implanté au milieu d’un univers de distraction, les « grands boulevards », et accolé à un des lieux mythiques de Paris, le musée Grévin où des scènes historiques et des personnages d’actualités sont représentés par le moyen de mannequins en cire. Au sein même du passage, est installé un des plus vieux hôtels de Paris, l’hôtel Chopin. On dit que le célèbre pianiste et George Sand, non moins célèbre femme de lettre française, y auraient cachés leurs amours. Romantique à souhait, ce petit hôtel fleure bon le charme d’un Paris à moitié disparu.

Les passages n’ont pas survécu aux Grands Magasins. Les rues de Paris enfin totalement pavées et entretenues, leur élargissement par le Baron Haussmann, ont permis l’installation de magnifiques boutiques aux devantures luxueuses. Les promeneurs ont changé leurs habitudes… et les passages sont passés de mode. Un bon nombre ont été détruits. Le passage Jouffroy et quelques-autres survivent, lieux de charme où boutiques vintages et restaurants confidentiels se succèdent dans une atmosphère feutrée, loin des avenues trop bruyantes.

 

 

Une anecdote mérite d’être mentionnée : le comte de Jouffroy était un neveu du célèbre marquis de Jouffroy d'Abbans, inventeur du bateau à vapeur à peu près en même temps que Fulton. Or, l’américain avait été un des initiateurs du célèbre et très fréquenté passage des Panoramas auprès duquel le passage Jouffroy était installé…

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