Rue de la Fidélité

Rue de la Fidélité

 

 

 

Elle est située dans le 10e arrondissement de Paris, à proximité de la Porte Saint-Denis et de la porte Saint Martin. Elle débute au numéro 75 du boulevard de Strasbourg et s’achève au numéro 94 de la rue du Faubourg-Saint-Denis. Longueur 113 m. Largeur 15 m.

 

Il est savoureux de relever que la rue de la Fidélité est à deux pas du passage du Désir (qui a fait l’objet d’une description dans une entrée dans « Paris la Vertu, Paris la Morale ») Pendant un court temps à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème, l’un et l’autre seront même très proches. Dans la réalité, rien ne les séparait plus que leurs origines. On a dit du passage du Désir qu’il devrait peut-être son nom à un établissement de plaisir, un hôtel de passe comme on dit en langage vulgaire ou un hôtel garni pour reprendre les belles expressions administratives. Ce n’est absolument pas le cas de la rue de la Fidélité qui, à la même époque, doit son nom à la présence d’une institution religieuse de grand renom : la communauté des Filles de la Charité.

 

La rue de la Fidélité fut ouverte en l'an V de la République Française, ce qui correspond à l’année 1797 du calendrier grégorien. Cette ouverture fut entérinée par un Arrêté en date du 4 nivôse an VII (1799). Ce secteur est devenu « Parisien» lorsque les « Faubourgs » ont été rattachés à Paris sous le Second Empire. Jusqu’au rattachement de cette partie « hors les murs » de l’agglomération parisienne, c’est-à-dire celle qui n’était pas incluse dans le périmètre administratif et fiscal de la capitale de la France, sa géographie fut considérablement bouleversée.

De la fin du XVIIIème Siècle jusqu’au début du XXème ce ne seront que percement de boulevards, délimitations de nouvelles rues et suppressions ou réductions d’anciennes. En particulier, de nombreuses rues seront découpées sur l’immense propriété dite « le Clos Saint Lazare » qui appartenait à la congrégation mentionnée plus haut. Cette propriété fut suffisamment importante pour qu’on puisse installer à proximité de l’hôpital Saint Lazare deux des puissantes gares de chemin de fer Parisiennes desservant les villes de province.

 

C’est dans ce grand mouvement de réorganisation de la partie nord de Paris qu’apparut la rue de la Fidélité. Elle fut tracée en grande partie sur les anciens terrains de la Congrégation lorsqu’ils furent mis en vente. L’église Saint-Laurent qui était installée dans le voisinage immédiat avait été renommée par les Révolutionnaires : « temple de l'Hymen et de la Fidélité ». La rue fut nommée « Rue de la fidélité ». Elle passait sur le cimetière qui s’étendait comme souvent autour de l’église.

 

On notera qu’aujourd’hui elle donne dans la rue de Paradis…

 

Les destinées des couvents et monastères ont connu des vicissitudes pendant et après la Révolution française : non loin de la rue de la Fidélité, une prison pour femmes avait été installée dans les anciens locaux de la congrégation des sœurs de la charité.

 

Aujourd’hui, la rue de la Fidélité est une petite rue du Xème arrondissement qui présente des aspects très parisiens et quelque fois cocasses. Elle n’est pas bien longue. La rue est encadrée « d’immeubles de rapports ». Il s’agissait d’immeubles à usage résidentiel destiné à la location.  Construits en général très simplement, autour d’une ossature de bois, ils ont été construits entre la fin du XVIIIème siècle et le début du XXème siècle. Quelques immeubles ont été construits en « dur », c’est-à-dire en pierre, cette très belle pierre calcaire de Paris, à la couleur qui est légèrement jaune et prend des reflets orangés sous les rayons du soleil du soir.

 

Elle est occupée par de nombreux magasins et restaurants « africains ». Ce secteur est, en effet, un lieu de résidence et de commerce pour les communautés venant de l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour la plupart.

Parce que la rue de la Fidélité est à proximité de deux gares importantes, les gares du Nord et de l’Est, le quartier où elle est située est ouvert sur les pays voisins de la France, depuis le Royaume Uni jusqu’à l’Allemagne. Aussi, accueille-t-elle restaurants et hôtels.

 

Parmi ces derniers, l’un présente une singularité amusante et sympathique.

 

Il se nomme « Grand Hôtel » et comme vous le remarquerez sur la photo, sous l’enseigne du Grand Hôtel se trouve, un peu comme un sous-titre, un peu comme une devise, inscrit en rouge « Amour ». La nuit, cette enseigne est encore plus attirante. Dans la rue de la Fidélité, les amours « fidèles » seraient-elles mises à l’honneur… ou, bien est-ce un clin d’œil humoristique : dans la rue de la Fidélité, l’amour a tous les droits. A vous de décider. Pour moi, j’ai essayé de comprendre : je me suis invité à la réception et j’ai posé la question à la personne qui était préposée à l’accueil des clients.  Je n’ai pas eu de réponse… surprenant ou tout simplement banal : quelle réponse pouvait-il y avoir à cela ?

 

Soyons moins frivoles ! L’église qu’on voit au débouché de la rue de la Fidélité est une des plus anciennes de France… L’église Saint Laurent a été créée au cours du VIème siècle. L’état dans lequel on la voit sur la photo n’est évidemment pas celui de la première période du royaume des Francs. Elle a été détruite, reconstruite, amputée, allongée pendant 1000 ans…

 

Et elle demeure, après 1000 ans fidèle aux lieux, fidèle aux gens. 


Quelques ouvrages de Pascal Ordonneau

Panthéon au Carré est disponible aux éditions de la Route de la Soie.

Promotion est disponible chez Numeriklivre et dans toutes les librairies "digitales"

Au Pays de l'Eau et des Dieux est disponible chez Jacques Flament Editeur ainsi que

La Désillusion, le retour de l'Empire allemand, le Bunker et "Survivre dans un monde de Cons".

"La bataille mondiale des matières premières" et "Les multinationales contre les Etats" sont épuisés. 

S'inscrire 

 chaque semaine "La" newsletter (tous les lundis)

et "Humeur" (tous les jeudis)

 

Il vous suffit de transmettre vos coordonnées "Mel" à l'adresse suivante

pordonneau@gmail.com