Paris Moral, Paris Vertueux: la rue de la Gaité

 

 

 

La rue de la Gaîté est une voie située dans le quartier du Montparnasse (14e arrondissement de Paris).

 

Longueur 296 m Largeur 18 m

 

Ici, on est à Montparnasse. Oubliez évidemment les bâtiments que la dernière partie du XXème siècle nous a légués : gigantesques choses en forme de barre, dont la façade essaie par des dessins géométriques de faire pardonner la pauvreté architecturale, tour informe qui surplombe sans grâce un des plus vieux quartiers de Paris, fuyons la modernité d’une gare moderne toute d’art brut et de béton précontraint.

 

A deux pas de ces écrasements urbanistiques, il reste la rue de la Gaité. Profitons-en, c’est un bel après-midi de printemps. Il n’y a pas grand monde, on va pouvoir localiser tous les théâtres et les cabarets, les restaurants et les gargotes. La rue de la Gaité, est toujours, depuis toujours, un lieu d’amusements et de plaisirs. On reviendra le soir. La nuit n’est pas encore tombée ? Mais si ! Il commence à se faire tard et pourtant on y voit comme en plein jour. C’est un peu plus coloré qu’en plein jour. C’est beaucoup plus rouge. La lumière clignote. La lumière des réverbères a du mal à se faire un chemin : elle a de la concurrence ! les néons, les lasers, les jaunes criards et les verts phosphorescents éclaboussent la chaussée, les murs et se défient et se mélangent.

 

S’il a plu, toutes ces fantaisies lumineuses seront magnifiées, des éclats de couleurs traîneront sur la chaussée, morceaux de lumière sans cesse changeante.

 

Et si c’est l’heure des spectacles, alors voilà une belle animation, des queues se sont formées, des badauds lisent attentivement les affiches des théâtres comme s’ils avaient envie de rentrer dans la salle et d’attendre les trois coups.

 

Les voitures se frayent un chemin avec quelques difficultés. Il y a beaucoup de monde dans cette rue, sur les trottoirs, sur la chaussée, devant les terrasses de restaurant, montant et descendant. Elle est aussi très étroite. Il suffit de peu de monde pour donner l’impression d’une foule.

 

D’où vient que cette rue ait réussi à conserver son humeur allante, ses spectacles et ses restaurants petits et grands. On l’a indiqué au début de ce texte : elle est fort ancienne et cheminait à l’extérieur de Paris, depuis les villages de la région de Clamart jusqu’à la barrière du Montparnasse où se trouvait l’octroi.

 

Le petit chemin de campagne fut, de longue date, dédié au plaisir, au spectacle, à la bonne bouffe et au petit coup de rouge. Autrefois, parce que la rue de la Gaité n’est devenue « Parisienne » que dans les années 1860 lorsque les communes l’entourant furent « annexées » par la capitale. Tant qu’elle fut « hors de Paris », elle demeura hors des taxes qu’il fallait payer lorsqu’on faisait rentrer des marchandises dans la capitale.

 

Aussi, très astucieusement, se multiplièrent les entrepreneurs en restauration et surtout les cabanons et estaminets où on pouvait boire du vin « hors taxe ». Lorsqu’il y a du vin et des restaurants, les salles de spectacles suivent. Des guinguettes et des salles de spectacles s’établirent tout du long du chemin devenu « rue ».

 

On les comptait par dizaines qui proposaient toutes sortes de spectacles allant de la chanson populaire à l’opérette. Les plus grands chanteurs et acteurs parisiens s’y montraient et les fêtes les plus délurées et fantaisistes s’y tenaient.

 

La rue de la Gaité à Montparnasse a gardé un peu de ce qui fit sa fortune et sa réputation. Les peintres sont partis. Leurs ateliers qui ne tenaient souvent que par miracle, ont été détruits. Tout autour des programmes de logements se sont succédés. Autour de la rue ce n’est plus la même chose. Reste la rue elle-même et, pas loin le cimetière du Montparnasse, ils sont là, encore fidèles à Paris, mais pas dans les mêmes fonctions !

 

La rue de la Gaité, comme de nombreuses rues à Paris, comporte une sorte d’encoche, une voie sans issue, un passage qui porte le nom de la rue. L’impasse de la Gaité, toute petite et occupée par quelques restaurants, bute à son extrémité sur l’enclos du cimetière du Montparnasse.

 

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