Felix Ziem, la rétine chatouillée...

Le petit palais est kitschissime et c’est pour ça que je l’aime bien. Il a ce charme fané des belles dames de la fin du XIXéme portraiturées par des peintres officiels, des peintres qui ont des noms de rue à Paris et parfois des noms d’avenue. Tant il est kitschissime, qu’il semble s’adonner à l’exposition et la reconnaissance de peintres de la même eau. J’avais raconté l’ineffable et inénarrable Sert. Aujourd’hui, c’est le non moins flamboyant, Felix Ziem.

A lire dans Chroniques d'Art.

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Commentaires: 1
  • #1

    La Tribune de L'Art (mercredi, 03 avril 2013 17:28)

    Ziem ne se laisse pas approcher par des influences, des maîtres, des cercles esthétiques. Il est d’abord un peintre d’imagination, reconstruisant une réalité vue et vécue comme un rêve en images chargées de lumière(s). Et, puisque lumière il doit y avoir, autant faire d’un ciel lumineux la source principale du tableau, à travers jeux d’ombres et d’éclairages, toiles ouvrant largement sur un horizon placé bas et laissant la place aux éléments atmosphériques.
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    Une telle proximité dans le temps oblige à se poser la question de l’insertion de Ziem dans l’art de son époque4. Bien sûr on dira que ses Pivoines(ill). 9), d’une très rare beauté, ne font que perpétuer l’art de la nature morte florale. Voire ! une dizaine de fleurs épanouies comme des soleils occupent la quasi-totalité de la toile, laissant le reste à un cadre de verdure et de végétation ; il s’agit moins de fleurs destinées à mourir que d’être vivants offrant leur beauté dans un abandon de couleurs et de formes au visiteur comme si la nature n’avait de sens que domestiquée et maîtrisée par l’art.
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    Ces éclats lumineux sont bien évidemment d’autant plus densément rendus qu’ils occupent la quasi-totalité de l’espace de la toile. Mais ils sont aussi liés à une touche picturale qui, sans jamais être assujettie à une école quelconque, traverse son temps en faisant de Ziem, dans la version que nous propose le Petit Palais, à la fois un orientaliste assez modérément exotique, un barbizonien de transition plus que de conviction (voir par exemple son Coup de vent - ill. 10 - daté de 1840-1891…), un védutiste moins inspiré par la vie que par le cadre coloré alliant les eaux et les ciels, un impressionniste par tempérament non par esprit d’école ? impressionnistes dont il partagea les mêmes marchands…
    Le parcours conçu par les deux commissaires du Petit Palais, Isabelle Collet et Charles Villeneneuve de Janti (désormais directeur du Musée des Beaux-Arts de Nancy), souffre d’une scénographie qui ne fait guère qu’entrer dans les habits de la précédente exposition consacrée à Le Gray et ses élèves (où elle se justifiait pleinement en raison du découpage de l’exposition, alors qu’ici elle brise le parcours). Il a, malgré ce défaut, le grand mérite de présenter une grande majorité d’œuvres délaissées dans les réserves, de permettre de réévaluer l’œuvre de Ziem dans sa diversité et, enfin, de révéler, derrière le coloriste à l’huile un dessinateur de premier plan dont le talent se manifeste et dans ses carnets et dans ses aquarelles. Celles-ci, peintes sur le motif (encore que les datations larges laissent place à des reprises, sont des œuvres à part entière (voir, par exemple, son Avant-port de Martigues, ill. 12), même si elles ont pu servir, entre les murs de son atelier, de stimulus à une réinterprétation de la réalité pour que s’épanouisse son « rêve ». Un « rêve » que partagèrent les amateurs et qui fit la fortune de Ziem, permettant ainsi que le soulignait justement Théophile Gautier « de voyager […] sans quitter notre fauteuil ». Ce qui ne fut pas le cas de Ziem, parcourant l’Europe d’Ouest en Est, de l’Angleterre (l’une de ses grandes admirations fut Turner (dont Boucle de la rivière agence tons, touches et fluidités dans un style proprement turnérien) à la Russie ou Constantinople, du Nord au Sud, de la Belgique et des Pays-Bas jusqu’aux rivages méditerranéens. Mais, toujours il revenait vers son cher atelier de Montmartre, polissant ses souvenirs à partir de ses croquis. Oui, comme le disait Proust à propos de la Sylvie de Nerval6, sa peinture est bien le rêve d’un rêve. Et c’est là sa raison d’être autant que son charme.

 

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