Nos deux amis
considéraient, sur l’écran de leur télévision, la fameuse histoire de l’A 69. Voici un petit extrait de leurs pensées à cette
occasion :
Mélinez, outré, « Il aura fallu que l’autoroute soit pratiquement
achevée pour qu’un tribunal décide que son lancement étant illégal, l’interruption des travaux devait être immédiat ? »
Martenchon, fataliste « Il faut dire que les défenseurs des petites
bêtes, scorpion à gorge rouge, salamandre violette dit épiscopale, papillon tête de mort, ont su mobiliser les foules. Ils se sont même accrochés aux arbres, ils
se sont enchainés aux pelleteuses, ils ont fait venir des agriculteurs soucieux de l’environnement…et des hommes et des femmes politiques
etc.
Mélinez, plus outré encore : « Tu m’as l’air d’approuver les
manœuvres d’une minorité qui a profité d’un vide politique pour avancer ses pions. »
Martenchon, tristement : « Comme tu le dis, ils ont profité d’un
vide. Aucune personne favorable à cette autoroute n’a pris sa défense. On n’entendait que les opposants. On les voyait à la télévision, dans les réseaux, jusque
dans « l’hémicycle »… »
Mélinez, se voulant rassurant : « Mais on dit que
maintenant les gens de bon sens, les professionnels, les politiques, les collectivités, tous ceux-là qui sont favorables à l’autoroute, manifestent pour qu’on
l’achève… »
Martenchon, ricanant : « Et c’est seulement maintenant qu’ils viennent
soutenir ce projet ! question : Que faisaient-ils avant ? Rien ! Ils ne s’affligeaient même pas des comportements stupides des défenseurs de la
nature, de l’environnement et des bestioles. Ils laissaient aller, bien contents de n’avoir rien à faire. Rien à choisir. Rien à défendre. A ne rien prévoir, on
finit par devenir aveugle…"
Après avoir découvert
grâce à la télévision qu’il y avait des défenseurs du projet de l’A69, nos deux amis, furent interpelés par une émission sur les menaces de
guerre.
Martenchon, approuvant : « C’est une bonne chose qu’il soit
mis en évidence à quel point les Russes sont bellicistes. Et c’est une bonne chose que nos gouvernants mettent en œuvre des politiques militaires
préventives »
Mélinez : pessimiste : « Rien ne dit que les Russes vont arriver en
personne via les chemins habituels soit, passer par la Pologne, puis l’Allemagne et enfin arriver en France, comme en 1814 ».
Martenchon, interrogatif : « Et par où veux-tu qu’ils passent ?
L’Italie? mais ce serait un détour considérable, il faudrait franchir le bourbier des Balkans… »
Mélinez, suggestif « Peut-être ne viendraient-ils pas en personne ?
Peut-être useraient-ils de ressources tierces ? «
Martenchon, un peu perdu « Je ne vois franchement pas ce que tu
sous-entends… Ils viendraient par le Sud ? Mais tu te rends compte qu’ils n’ont pas de flotte d’invasion digne de ce nom »
Mélinez, prémonitoire « Ils nous ont fichu à la porte de l’Afrique,
ils sont en train de nous pousser en dehors du Maghreb… »
Martenchon, choqué : « Tu veux dire qu’ils pourraient décider
leurs nouveaux alliés à porter le feu chez leur ancien colonisateur qui, au surplus, en a tant accueilli »
Mélinez, amusé : « Tu me parles de trahison des pays du sud de la méditerranée et de leurs ressortissants quand, au même moment,
notre grand allié de l’ouest de l’Atlantique est en train de faire ses bagages et de rentrer chez lui ! C’est çà le nouveau monde : plus de copains, rien
que des coquins !
|
|