Vilhelm Hammershoi, "le maître de la peinture danoise"

 

Musée Jacquemart André jusqu’au 22 juillet

 

Gris c’est gris… le gris est-il un fondamental de la culture scandinave ? Pensons au gris gustavien des Suédois où tout est « luminosité », touche indéniable de douceur dans une « inspiration surannée ». Tout est clair. Epuré. Et s’il y a de la couleur, pensons à la couleur pastel.

 

Et aussi pensons à tous ces peintres de l’austérité, de la rigueur, de la tenue bourgeoise. Pas de cabarets, pas de fête à neu-neu, ni bord de rivières où dorment des dames légères.

 

La peinture du maître danois est toute là, sévère, austère et épurée. Rien ne dépasse, rien ne choque, rien ne surprend, tout est nécessaire, seulement nécessaire. On a envie de convoquer quelques contemporains ou quelques grands ancêtres. Whistler évidemment que le Maître Danois admirait et dont on lit l’influence dans quelques œuvres austères elles aussi. Mais Whistler savait ajouter une pointe de charme, un brin de rêve et de fantaisie.

 

On peut aussi en appeler à Knopff que j’ai chroniqué il y a quelques temps. La passion, voire l’obsession de ce dernier pour les grandes femmes longilignes, droites comme des « I », sensuelles comme des colonnes de marbre, ne se retrouve-t-elle pas chez Hammershoi ? Et puis, ne voit-on pas qu’il y a de l’inspiration hollandaise dans les scènes d’intérieur. Lumière qui pénètre une pièce comme s’il s’agissait d’une boîte et qui découpe des ombres, des reflets et dépose ici ou là quelques dessins clairs sur un fond gris sombre.

 

Pas de pertes de temps, pas de recherches inutiles, les fonds sur lesquels se détachent les portraits sont de même nature que les ciels de paysages austères et simplissimes. Hammershoi déploie sans cesse une touche fragmentée, distillant les nuances de gris ou d’ombres ou de clarté, apportant à l’austérité une humanité, une douceur qu’il refuse au sujet et à sa représentation.

 

La refuse-t-il vraiment ? Une insidieuse musique de douleur et de crainte ne se fait-elle pas entendre dans la plupart de ses œuvres ? Quelques nus orientent la réflexion : aucune passion, aucun désir, aucune émotion autre que celle qui consiste à montrer des corps de femmes pareilles à des colonnes de pierre. Grisailles sur les nus, comme il y a grisailles sur les murs. Les nus sont là et ne disent rien. Ils sont là comme les pièces des maisons s’emboitent et se succèdent en vedutte, à la hollandaise. Les pièces aussi, sont grises et austères. Comme les nus.

 

Vide … n’est-ce pas ce qui parait le plus marquant dans l’œuvre d’Hammershoi. J’y ajouterais que ce vide est aussi l’expression d’une culpabilité. Est-elle là, l’insidieuse musique de douleur et de crainte? Avant de l’observer sur les portraits, il faut regarder les pièces d’habitation, les salons, salle à manger, dont on a dit qu’ils s’emboitaient dans un jeu de perspectives sans objet, pure démonstration abstraite par le moyen d’une représentation absolument concrète. Boîtes vides. Elles sont vides d’esprit et de réalité, à tout moment, qu’elles soient ou non vides de tout être humain.

 

Le vide ainsi affirmé est-il d’ordre moral, illustration d’un désarroi ? Est-il là pour dire le sentiment confus d’une absence au monde ?

 

Étrangement, certaines œuvres d’Hammershoi, m’ont renvoyé à celles d’un autre homme du nord : Erwin Olaf, en particulier dans une série « la honte ». Personnages qui se détournent ou pris de derrière, portraits à l’envers en quelque sorte. Têtes penchées, nuques qui opposent leur froideur, épaules affaissées. Ces portraits donnent à penser au vide qui se remplit d’un sentiment, de honte ? De refus ? De retrait et de distance au monde. La fameuse toile qui représente trois femmes assises sans tourner le dos au peintre et aux regardeurs, offre ce même sentiment d’absence à l’autre : trois personnages mutiques, rassemblés sans être ensemble qui opposent même leurs chairs et leurs apparences, l’une blanche et maladive opposée à l’autre qui portent un vêtement aussi noir que s’il s’agissait d’un deuil, la troisième plongée dans des pensées étrangères aux deux autres.

 

S’agit-il d’évoquer la solitude de l’homme ? Le projet d’Hammershoi, serait de faire entendre ce qu’on a décrit comme une insidieuse musique de douleur et de crainte.

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