Jeux à Somme Nulle

Jeux à somme nulle.      

          

La formule est d’un usage très fréquent, voire abusif.  Dans le blog « anneemaghreb » on pouvait lire le titre de cet article « Tolérance et transgressivité : le jeu à somme nulle des gauchistes et des islamistes tunisiens ». Le jeu politique en cause dans cet article était à somme nulle, des deux partis, les uns avaient remplacé les autres dans les prisons de l’Etat tunisien. La bourse est souvent présentée comme une gigantesque table de poker « Dans ce jeu à somme nulle, la stratégie gagnante ressemble à celle des joueurs de cartes professionnels », pouvait-on lire sur café de la bourse. Com.


Les jeux à somme nulle sont une des hypothèses classiques de la théorie des jeux fondée par John Von Neumann et Oskar Morgenstern. Cette théorie étudie les rapports entre les agents économiques et, plus généralement, les rapports existants entre les membres d’un corps social. Elle présuppose que les projets, les objectifs et les décisions d’un joueur (un membre de la Société) ont toujours un impact, même involontaire, sur son ou ses partenaires. En retour, ils ont nécessairement un effet sur lui. La caractéristique des « jeux à somme nulle » est que les gains des uns sont les pertes des autres, donc la sommation des résultats obtenus par les joueurs est « zéro » (« somme nulle »).


Le jeu de société le plus représentatif est le poker. Dans une partie de Poker, chacun part avec un pécule et vise à gagner la mise le plus souvent possible. A la fin de la partie, ceux qui ont accru leur pécule l’ont fait exactement au détriment de ceux qui ont perdu. Les joueurs d’une partie de poker sont engagés dans une stratégie « à somme nulle » et prendront leurs décisions en tenant compte de ce principe.


Dans la vie de tous les jours la  formule plait, car elle se présente comme une sorte de «lapalissade»  qui se dit ainsi « Tout le monde ne peut pas gagner. Il faut qu’il y ait des perdants. Ce que les uns ont gagné, c’est ce que les autres ont perdu. ». C’est une définition intuitive des rapports marchands ! La formule plait, est beaucoup utilisée… mais, dans l’esprit des gens, sa perception n’est pas positive. Une opération ou une situation qui apparaîtraient comme « des jeux à somme nulle » laisseraient l’idée qu’il n’y a pas eu de progrès réalisé.


En matière de bourse, si on retenait l’hypothèse que les volumes d’actions sont inchangés et que les conditions de l’échange sont intangibles, les achats et les ventes de valeurs mobilières seraient de parfaits jeux à somme nulle. Une journée de Bourse ne créerait donc pas de valeur ? Ce serait aller un peu vite en besogne, ne serait-ce que parce que les introductions en bourse, fournissant du capital à des entreprises en pleine croissance modifient quelque peu « le jeu ». Par ailleurs, la mission d’une bourse est justement d’assurer la bonne circulation du stock existant et d’en fixer le prix dans les meilleures conditions de concurrence et de transparence. Le jeu « Bourse » est positif si cet objectif est atteint, les vendeurs et les acheteurs ne pouvant qu’en être satisfaits.


Au fait ! S’il y a des jeux à somme nulle, y-a-t’il des jeux à somme non-nulle ? La réponse est oui, en particulier, il y a des jeux à somme positive, tous les joueurs gagnent .voir l’expression« jeu à somme non-nulle ».

 

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