L'avenir du Billet de Banque

 - Qui veut la peau du billet de banque ?

N'enterrons pas trop vite le billet de banque : à lire aussi dans les Echos.

- Le Billet de banque se meurt . Paru dans le courrier financier 

- La mort du billet de banque

- L'Allemagne et ses billets de 500 euro. Paru dans le Huffington post 

- Acheter des billets de banque: une histoire qui n'est pas drôle

Qui veut la peau du billet de banque ?

 

Les aventures du billet de banque finissent par avoir des côtés cocasses.

Dans la plupart des pays développées, le billet de banque connait une régression régulière parmi les moyens de paiements. Il a été la victime des chèques, les virements / prélèvements et enfin, des cartes de paiement.

En France, où le chèque était devenu une sorte de « must » du moyen de paiement un changement tout d’abord progressif a eu lieu. La carte bancaire en a pris la place, la fameuse carte bleue, avec sa puce et ses savonnettes commerçants.

Dans ce mouvement, reconnaissons que les pouvoirs publics n’ont pas été absents ou étrangers. Ils avaient, à l’occasion des réformes du système bancaire en 1967, favorisé l’ouverture de comptes en banque au profit des particuliers et donc l’usage des chèques contre l’usage du « cash », c’est-à-dire des billets de banques. Puis par une réglementation de plus en plus sévère et restrictive, les pouvoirs publics ont limité les paiements en liquides. A ce même moment, les paiements par cartes bancaires furent stimulés.

Pour lutter contre la fraude fiscale, contre le travail au noir, contre les activités dites souterraines, contre le blanchiment de l’argent de la drogue et du terrorisme, les armes financières des pouvoirs publics, se sont multipliées… le plus souvent au détriment du billet de banque.

L’arrivée des paiements en ligne serait-il le coup de grâce à cet antique moyen de paiement ? Acheter en ligne est à l’opposé de l’achat dans une boutique. Quand on achète en ligne, on ne peut utiliser le mode de paiement « billet de banque ».

Mais cette désaffection peut aussi venir spontanément : la Suède est un exemple topique. Le billet de banque y disparaitrait par indifférence. La Chine de son côté, voit dans la disparition du billet de banque à la fois une consécration de l’importance des paiements en ligne et un moyen pour lutter contre l’économie souterraine, ici, plutôt que les consommateurs qui poussent à la disparition du billet.

On sait que l’un et l’autre pays évaluent le remplacement du billet de banque par des monnaies digitales, le crypto-yuan ou renmibi numérique et l’e-krona.

Une autre raison vient de surgir que conduit les consommateurs à s’écarter du billet de banque : le coronavirus !

C’est en Allemagne que la question est devenue pressante. De fait, parmi les pays européens, l’Allemagne est un des pays où le règne du billet de banque n’a été que faiblement écorné… C’est ce qui explique que le billet de 500 euros y soit très populaire (c’est d’ailleurs pour cette raison que les autorités allemandes, au moment du lancement de l’Euro, réclamèrent une coupure de valeur aussi élevée).

Mais voilà qu’un évènement non monétaire est venu perturber des convictions bien ancrées : on pouvait lire dans les journaux « À la faveur du Covid-19, pour des raisons d’hygiène, les Allemands se convertissent à la CB ». Ce n’est pas un changement mineur, c’est un tremblement de terre ! : « Davantage de paiements vont être réalisés par carte qu'en liquide en Allemagne en 2020 » disent les économistes du cabinet britannique Euromonitor

 

Ils ne disent pas que, sous la pression des consommateurs allemands, un Euro-digital est sur le point d’apparaître !!! Mais, qui sait ?

N'enterrons pas trop vite le billet de banque

 

 

Les Français préfèrent manier chèques (les Français sont champions du monde) et cartes de toutes les couleurs. Le cash décline et certains billets sont tout simplement sortis des habitudes de pensée de nos concitoyens : le billet de 500 euros par exemple.

 

Une mort qui ne fait pas pleurer

 

De fait, il disparaît aussi dans d’autres pays. Le Danemark voudrait en faire table rase. En Suède, les utilisateurs s’en détourne comme à l’égard d’une relique vieillotte. Le paiement sans contact explose. En France, c’est une déferlante, à la surprise générale : le petit billet, la pièce de monnaie pour le pain, le café sur le comptoir ou le paquet de bonbons pour les enfants, tous deux paraissent condamnés.

 

Mais tuer le billet de banque n’est-ce pas un peu tuer la monnaie? Et en tuant la monnaie, ne tue-t-on pas les fondements des sociétés marchandes qui sont les nôtres ? Il n’y aura donc plus rien que des cartes ou des chèques ? des 0 et des 1 sortis des tréfonds des ordinateurs. Il n’y aura plus « d’argent » ?

 

Par quoi sera-t-il remplacé ? La banque de Suède prétend qu’elle continuera d’en offrir. Si elle le fait dans le même esprit que les pièces d’or de la monnaie de Paris, les billets ne seront plus que des objets de comptoirs à souvenir. On relèvera que  tout en le disant, elle étudie la mise en place sous peu d’une monnaie cryptée avec « blockchain » et tout ce qu’il faut de « preuves de travail » et « d’open source » pour que ce soit une vraie et belle monnaie cryptée. 

 

On sait que la Banque d’Angleterre ne se désintéresse pas de la question. On sait qu’aux Etats-Unis, on en parle un peu. La Chine aussi y pense fortement.   Quelques banques privées européennes ont installé des équipes pour travailler sur des monnaies cryptées de leurs crus ou en coopératives. Même les Allemands sont en passe de se convertir ! Eux qui avaient tant pleuré lorsque fut décidée la mort du Billet de 500 euros!

 

Les qualités du billet de banque

 

Pourtant, ici, il faut faire une distinction : la mort du billet de banque qu’on évoque, compte-tenu de la réalité de ses usages, porte sur la mort d’une monnaie assurant la compensation de petites transactions. (on ne s’intéresse ici qu’aux opérations « légales »). Lorsqu’on évoque le cas de la Suède et du Danemark, lorsqu’on indique que le paiement « sans contact » a explosé, on met en lumière que la disparition des paiements en billets reflètent le développement du « commerce en ligne », celui qui, auparavant, était le fait de commerce de détail ou de chaines de magasins et que les consommateurs réglaient en chèques ou en « espèces ».

 

Or la disparition des espèces dans ces conditions-là fait venir des craintes dans des domaines très différents les uns des autres : le traitement de petites opérations par des moyens digitaux et non plus physiques, en métal ou en papier fiduciaire.

 

Le billet de banque avait permis de se passer de l'or tout en conservant sa "vertu libératoire". La confiance dans la valeur de l'or se voyait substituée la confiance dans l'émetteur de la monnaie. Le rôle des banques et in fine le rôle de la banque centrale était donc incontournable : les pouvoirs publics au nom de leur souveraineté monétaire s'impliquaient dans la sécurité des paiements, c'est-à-dire, dans la stabilité et la solvabilité des banques.

 

Rappelons un point d'importance sur le plan de la philosophie monétaire : les banques via le billet de banque et les instruments qu'elles inventeront pour l'améliorer, avaient dématérialisé et anonymisé le rapport des parties au paiement. Le paiement effaçait la réalité de la transaction, comme l'or l'avait fait auparavant, mais avec plus de force et de pertinence : après tout l'or étant une marchandise en présentait aussi les défauts. Une transaction réglée en monnaie de banque est un échange de créances, l'opération réelle est totalement séparée de l'opération monétaire.

Conséquence de cette « séparation », le billet de banque, dématérialisant les paiements avaient "raboté" leur réalité. Un paiement par chèque ou par virement/prélèvement mentionne émetteur et bénéficiaire. Un paiement par billets de banque est parfaitement anonyme. La remise de billets au crédit d’un compte bancaire à l’inverse de l’inscription en compte d’un actif financier, fait disparaître/fondre les billets au sein des articles du compte. Le remettant ne pourra dans l’avenir réclamer un billet dont il aurait conservé les références à l’inverse du déposant d’une ou plusieurs actions, à qui on doit une restitution parfaite. L’action retirée est celle qui a été remise et pas une autre qui lui ressemblerait.

 

Retrouver le billet, via des modes digitaux ?

 

La disparition du billet de banque (et accessoirement des monnaies « divisionnaires ») conduirait donc à la perte d’une qualité des paiements par ce moyen : l’anonymat. On devrait ajouter : la rapidité. De fait, le paiement en billets s’accomplissant par « tradition » matérielle d’une personne à une autre, il évite les intermédiaires (autrefois les « changeurs » d’or, argent et autres pièces métalliques). Comme, le billet est suffisant par lui-même, il n’est point besoin de délais entre remise et encaissement : sa remise vaut encaissement à l’inverse du chèque qui est crédité « sauf bonne fin » c’est-à-dire sous réserve qu’il soit effectivement provisionné ou qu’un tiers garant, se substitue au débiteur défaillant.

 

En conséquence, le billet présentait et présente toujours malgré la désaffection dont il est victime, quatre qualités dont on peut estimer qu’il est bien dommage de se passer : rapidité, sécurité, anonymat, abstraction (ce dernier point renvoyant au fait que la nature et les caractéristiques de la transaction sont effacées. Voir plus haut).

 

Ces qualités ont souvent été présentées sous un aspect négatif. Il favorise la fraude fiscale, ils sont associés au banditisme et à l’économie obscure et cachées etc… Mais, elles ont aussi des caractéristiques positives par comparaison aux méthodes « en ligne » et même via des monnaies cryptées.

 

Pour ces dernières, les temps de traitement liés aux fameuses preuves destinées à valider les opérations les disqualifient dans les paiements de petits montants tous marqués par l’exigence d’instantanéité. Leurs coûts d’exploitation (minage en particulier) en font des instruments réservés à de très grosses opérations). Plus généralement, l’anonymat n’est pas un moyen réservé aux acteurs qui veulent se cacher pour des raisons douteuses ou obscures, c’est une revendication de liberté.

 

Les citoyens, acteurs de la vie économique, n’ont pas davantage envie qu’on connaisse tout d’eux, qu’on connaisse leurs opinions sociales ou politiques ou qu’on connaisse en détail leurs habitudes de consommation, ni enfin que les Apple, Google, Facebook, Amazon en tirent des prédictions quant à leurs comportements de consommation futurs. Pour les ordinateurs du Big data, pour ceux des réseaux sociaux, il n'y a pas d'individu perdu « dans la foule solitaire » tant qu'on peut en récupérer les données.

 

D’où une question qui paraîtra non-conforme, non disruptive : faut-il protéger le billet de banque, ou formule plus audacieuse inventer un billet de banque numérique ?

 

 

Le billet de banque se meurt

A force de trop s’occuper de guerres, de tragédies humaines et de tortures on perd de vue certains évènements dont l’impact sociétal devrait nous remuer. Allons droit au fait : le billet de banque se meurt.  

Vous ne vous en rendez pas compte avec le niveau d’empathie, au moins, ou de tristesse, au mieux, qui conviendrait à pareille disparition parce que, vous, Français, préférez manier chèques (les Français sont champions du monde) et cartes de toutes les couleurs. Le cash, soyons clairs entre nous, vous l’aimez bien mais vous vous en méfiez. Le billet de 500 euros, vous ne le pratiquez presque pas. Il a, selon de nombreuses enquêtes, une sale tête rébarbative et de mauvaises fréquentations. Une fois celui-là mis à mort, le reste ne sera que routine. Donc, la fin du billet de banque ne vous émeut pas trop.

 

Vous n’avez pas tort puisqu’il disparaît aussi dans d’autres pays. Le Danemark voudrait faire table rase. En Suède, les utilisateurs le laissent tomber et se comportent comme à l’égard d’une relique vieillotte, un objet de culte vidé de toute spiritualité. Mais quoi, à la place ? Tuer le billet de banque n’est-ce pas un peu tuer la monnaie ? Et en tuant la monnaie, ne tue-t-on pas les fondements des sociétés marchandes qui sont les nôtres ? Il n’y aura donc plus rien que des cartes ou des chèques ? Il n’y aura plus « d’argent » ?

Sera-t-il remplacé ? La banque de Suède le prétend qui continuera d’en offrir. Mais, tout en le disant, elle étudie la mise en place sous peu d’une monnaie cryptée avec « blockchain » et tout ce qu’il faut de « preuves de travail » et « d’open source » pour que ce soit une vraie et belle monnaie cryptée. Elle sera nommée : « ekrona ».

Serait-elle seule dans son genre ?

 

On sait que la Banque d’Angleterre ne se désintéresse pas de la question. On sait qu’aux Etats-Unis, on en parle de plus en plus. Et la Chine aussi y penserait.  On sait surtout que quelques banques privées européennes ont installé des équipes pour travailler sur des monnaies cryptées de leurs crus ou coopératives. Même les Allemands sont en passe de se convertir ! Eux qui avaient tant pleuré lorsque fut décidée la mort du Billet de 500 euros!

 

Le billet de banque qui disparait, c’est une vraie révolution monétaire qui surgit devant nous. C’est de lui que toute les révolutions économiques étaient parties.  Nous lui devions les banques. Nous avions, presque d’un coup, été libérés de la tyrannie des métaux précieux. Nous savions ce qu’il valait et que cela ne dépendait pas d’une bourse de matières premières.

 

Les pièces tintaient. Qui se souviendra du froissement subtil du papier spécial dont il était fait, le papier fiduciaire ? Au fil des décennies, il était devenu un papier technologique, portant des mentions et des signaux bien proches des puces et des algorithmes. Trop proches ? C’est peut-être ce qui l’a tué.

 

La monnaie à la pointe de la technologie : envoyez de l’argent avec votre smartphone ! La publicité est partout. Petit dessin : l’argent quitte le smartphone comme une flèche rouge et file droit vers un autre smartphone. En un clic. c’est fait. Une nouvelle app. L’argent parti est arrivé. En Afrique, l’argent circule par téléphone. Pas assez de banques. Pas assez de guichets. Pas assez d’in- ternet. Dans le supermarché, ne passez pas à la caisse, payez avec votre smartphone. friqueonline, la nouvelle app. que vous avez téléchargée a laissé un message : « gain : 235 € » sur votre trade yen/real. Transac. 239/b/** ». Entrez votre code et cochez : « À nouveau pour 235 ». Les 235 € sont réinvestis sur le même trade. Vous ne les aurez pas vus ! Un message d’argent auquel vous avez répondu par un autre message d’argent.

 

Histoire de famille : Monsieur Dupont a envoyé 1 000 euros à son fils clovis via son app. Vitevite- money ». Ouf ! clovis avait emprunté 800 € à Phylis et il avait promis 200 euros à son frère Théobald dans 15 jours ! Aussitôt le message de papa reçu, clovis a transféré le message à sa copi- ne via Paylespotes qui a défalqué du message 800 €et l’a signalé à Phylis. Paylespotes a bien noté les 200 € destinés à Théobald, message à transmettre le 31 janvier prochain. Tout à coup, clovis réalise que les 200 €, pendant 15 jours, ne peuvent pas rester à ne rien faire. clovis a un défaut, il est joueur. Aussitôt, il passe sur l’app. Bitcoin. Le cours vient de chuter de 30 %. Il récupère le message de 200 € pour remplir son porte- monnaie Bitcoin. Et il croise les doigts, le Bitcoin peut encore dégringoler sur le marché. Prudent, il programme un retour depuis le compte Bitcoin dans 14 jours, 23 h 58”. Tant pis pour les 2 secondes perdues. Il ne joue pas dans l’univers un peu spécial du HsT (high speed trading).

 

Messages. Apps. Smartphone. Speed money. Bitcoin. Avez-vous lu le mot banque ? Ou bien billet de banque ? Ou encore monnaie de banque, compte en banque ?… Que se passe-t-il ? Ont-ils disparu ?

 

L’argent une espèce en voie de multiplication ? Avant, autrefois, c’était simple : l’argent n’était que monnaie métallique et billets de banques. Ensuite sont venus les cartes bancaires et la mon- naie électronique. Et puis les porte-monnaies électroniques et quelques histoires de monnaie vir- tuelle dont personne ne savait trop bien de quoi il s’agissait. cet argent-là, pour sa part essentielle, était constitué de monnaie de banque. Autrefois, quelle que soit la forme que la monnaie prenait, la monnaie de banque, c’était le fin du fin de l’art monétaire. Pourquoi monnaie de banque, au fait ? Donnons une définition, simple, rapide, efficace : la monnaie de banque, c’est le moyen par lequel votre compte en banque s’accroît ou se réduit. Le billet de banque, c’est de la monnaie de ban- que au porteur. c’est une créance anonyme sur une banque alors que le compte en banque est une créance nominative.

 

Ainsi, y a-t-il beaucoup de monnaies ? Pas tant que ça ! L’imagination humaine n’est pas arrivée au bout de ses capacités d’invention dans le domaine de la monnaie ! Aujourd’hui, on trouve des monnaies alternatives, des monnaies citoyennes, des solidaires, des monnaies régionales ou locales, de la micro-monnaie, de la pico-monnaie! On a fait le tour ? Que nenni ! Il serait amusant d’évaluer la part de PNB dont les enfants sont les initiateurs. Des enfants qui font des transactions ? Tous les jours ! Ils utilisent des monnaies pour enfants. ces monnaies ont ou avaient pour nom caramels mous, Carambars, Malabars ou cartes Pokémon. Mais je sais aussi qu’on utilise encore quelques vieilles monnaies d’enfants dans les cours de récréation et les préaux d’école, les trombones et les billes, par exemple ou les photos cochonnes ! Ou des perles en plastiques ou en verre, mais ça, ce sont les filles entre elles ! c’est encore une plaisanterie ? si peu ! En Italie, au temps de la lire, les commerçants rendaient parfois la monnaie en caramels mous ou en bonbons. En Allemagne, à la fin de la guerre, les cigarettes étaient une belle et bonne monnaie.

 

Au fond, en réfléchissant à cette étonnante variété de monnaie vient une question : où se trouve la limite à la création monétaire ?

 

Il est vrai que pour faire de la monnaie d’or, il faut disposer d’un petit capital de départ pour s’offrir la masse de métal nécessaire à un honnête boulot de monnayage ou bien pour payer les gens qui vont aller chercher le fabuleux métal. Produire l’or nécessaire à la production de pièces d’or coûte beaucoup, beaucoup d’argent ! Dans ces conditions, la limite à la création monétaire est toute trouvée ! Mais quelles sont les limites à la fabrication de la monnaie-papier dite aussi, papier- monnaie, le fameux billet de banque ? Il n’est pas cher à fabriquer : du papier, de l’encre, un peu de couleur, tout ceci avec le plus de technique possible afin qu’on ne l’imite pas trop facilement. Et la monnaie de banque sur votre compte ? Encore moins cher ! c’est sûrement pour cette raison qu’il y a des milliers de banques aux États-Unis. Alors, pourquoi pas vous, cher lecteur ? Pourquoi n’émettriez-vous pas de la monnaie pour régler vos dettes et payer vos achats ? Votre monnaie à vous, avec votre photo ou celle de vos enfants si cela vous amuse ou vous flatte ? Vous participeriez à l’euphorie créatrice de monnaie ! Vous vous faciliteriez l’existence !

Participez à la révolution monétaire !

 

ce serait une monnaie solidaire d’un autre genre : habituellement les monnaies alternatives sont fabriquées par une collectivité locale, une ville, un canton, la plus proche humainement des uns et des autres, de tous les gens. Par opposition aux monnaies de banques qui viennent des ban- ques, monstres inhumains et distants de tous et de tout par excellence. Votre monnaie serait une façon comme une autre d’appeler à un peu plus d’humanité et de proximité, d’inciter vos voisins, vos créanciers, vos commerçants à faire œuvre d’amitié, de cœur et de compassion. L’argent aurait alors l’odeur du myrte et de l’encens, des roses et du cœur.

 

Une fois les principes posés, il faut rentrer dans les questions pratiques : comment faire de l’argent soi-même ? La procédure de fabrication est tout ce qu’il y a de plus aisé et facile. Prenez une feuille de papier de la dimension la plus commode, un bristol ou une carte de visite, marquez dessus une somme ronde, en chiffres et en lettres pour faire sérieux, en braille si vous voulez que la vie des com- merçants aveugles soit plus facile. Puis lorsque vous achetez quelque chose ou un service, payez avec votre papier-monnaie, le vôtre avec votre photo dessus, ou vos armoiries, ou rien du tout ! Et voilà ! Vous aussi avez créé de la monnaie selon vos besoins. Enfin ! La monnaie ne sera plus rare. Enfin ! De la monnaie pas chère à obte- nir ! Mais surtout, surtout, vous vous êtes passé des banques. Bien fait pour elles ! Engeance insup- portable qui profite de l’argent qu’on lui laisse en dépôts pour se lancer dans des turpitudes con- damnables. Engeance atroce qui est capable de vous faire payer ses dettes lorsqu’elle foire ses combines douteuses. L’air de rien, sans vous en rendre compte, vous participez à la troisième révo- lution monétaire mondiale !

 

Après l’invention de Crésus, l’or frappé en pièces, après l’invention de Palmstruch, la monnaie de banque, il y aurait cette monnaie singulière et personnelle. On peut aller plus loin et imaginer que vous n’avez pas été prévoyant. Vous n’avez ni papier, ni carte de visite, ni bristol, sous la main pour fabriquer votre monnaie (on dit émettre). Vous ne pourrez donc pas payer ? Pas de souci ! Vous utiliserez votre smartphone et enverrez une carte de visite virtuelle, ou un bristol, ou n’importe quoi, un message comme on l’a vu faire en début de ce texte, portant le montant de votre choix. Pour transmettre l’argent, un lien télématique, ou mieux encore, des lunettes Google. En trois clins d’œil (et de battements de cils pour les chiffres après la virgule), vous aurez déclenché un paie- ment quantique.

  

Vous pensez que nous nous évadons et que ces propos ne sont qu’un délire économique entre clownerie et mauvais goût ? Peut-on jouer aussi légèrement avec la monnaie qui a justifié des mots forts et censés d’Aristote, si forts et si sensés qu’on continue à les rappeler à n’importe quelle occasion 2500 ans après ? Peut-on se moquer des belles et émouvantes initiatives de monnaies alternatives ? celles qui participent d’une écologie sociale : mise en vigueur dans le domaine économique, elle nous débarrasserait des intermédiaires crapoteux et des monnaies qui n’ont pas d’odeur parce qu’elles n’ont pas de cœur. Vous pensez que c’est de l’utopie que cette histoire de monnaie que vous émettriez, que c’est justement impossible ? Vous sentez que cette histoire de carte de visite remise en paiement de votre achat de poireaux ou transférée via un smartphone pour acheter une bagnole, c’est du pipeau. Que les poules auront des dents le jour où cela arrivera?

 

Ne faites pas vos jeux, rien ne va plus !

 

En fait, ici, personne ne joue : les banques centrales, la commission Européenne ont règlementé la monnaie électronique et maintenant, la Banque de France et… la Banque de Chine s’intéressent à un animal étrange au nom franchement ridicule : le bitcoin. Je suis sûr que vous en avez entendu parler. Peut-être même avez-vous franchi le pas, et comme clovis, vous avez acheté des bitcoins. Vous avez aussi lu cette histoire désopilante du type qui a jeté son ordinateur sans se souvenir qu’il avait des bitcoins dans un repli de la mémoire centrale : 1 million d’€ fichus à la décharge. Le bitcoin, disent ses laudateurs, c’est la fin de la banque et de son billet. c’est la fin des comptes en banque et des dépôts dans les banques avec le risque qu’elles tombent en faillite et que votre argent disparaisse sans que personne d’autre que vous ne s’en émeuve. On a dit qu’il y avait beaucoup de révolutions en cours ? seraient révolutionnaires, ces monnaies qui émergent du néant et qui auraient valeur universelle aussitôt nées comme c’est le cas de cette mystérieuse monnaie numérique qui vient de faire son apparition et qui affole les grands argentiers ? On peut en douter et on dira pourquoi. Auparavant on doit s’intéresser à une autre révolution : celle-là qui fait que chacun émet sa monnaie et paye avec ses propres instruments de paiement. Vous, lecteur, avec votre bris- tol ou votre smartphone, vos voisins aussi, bien sûr, et chacun dans le monde. Une utopie ?

 

Au fait, pourquoi de la monnaie ? Pour payer ! c’est une évidence. Poussons le goût de la question stupide plus loin : pourquoi payer ? Plus exactement, qu’est-ce que payer ? Usons de termes un peu juridiques : payer, c’est se libérer d’une dette. L’achat d’un bien fait de l’acheteur le débiteur du vendeur : il lui est lié. Le paiement consiste donc à dénouer ce lien. Le plus simple est de remettre au créancier, une ou plusieurs créances du montant de l’achat : habituellement, on use de la monnaie de banque, en billets ou en comptes lesquels, justement, représentent des créances sur une ou des banques privées ou publiques, primaires ou secondaires. La dette vis-à-vis du vendeur est compensée par la remise d’une créance sur des banques. Et l’or ? En pièces de monnaies, ce ne sont pas des créances, ce sont des choses !… Pas tout à fait. Les pièces n’ont de valeur que si vous croyez que leur fabricant, le monnayeur est digne de confiance et qu’il ne vous refile pas du cuivre doré. Elle est là votre créance (même origine étymologique que croyance… et que crédit) : vous faites crédit au monnayeur qu’il soit souverain ou non. Donc, chaque paiement, quelle qu’en soit la forme, résulte de la remise d’une créance (croyance) au vendeur (créancier) détenue par l’acheteur (le débiteur) sur un tiers (ou plusieurs).

 

Tu ne paieras plus en monnaie de banque !

 

Pourquoi payer en monnaie de banque ? L’acheteur qu’on a présenté plus haut n’est-il pas lui aussi créancier ? Il a vendu des marchandises, il a donc des débiteurs… Il a vendu ses services et sa compétence : il est créancier de salaire et d’honoraires. Pourquoi passer par les banques et s’acquitter de ses dettes en remettant des créances sur des banques par le moyen de chèques ou de billets ? Pourquoi l’acheteur ne remettrait-il pas au vendeur les créances qu’il détient sur d’autres acheteurs ou employeurs. En vérité, ce qui paraît évident est affreusement difficile : il faudrait que chaque débiteur soit crédible et qu’il soit en bonne santé financière. L’avantage du billet ou du compte réside dans le fait qu’on reporte sur quelques-uns, les banquiers, la question de confiance : « Pourra-t-il faire face à ses obligations ? ». Ajoutons, et ce n’est pas rien, que payer une somme avec des billets ou des comptes bancaires permet d’ajuster aisément les montants de créances à remettre au montant des dettes à apurer.

 

Sauf que tout ceci était vrai dans l’univers ancien, celui où tout est (était) traité à la main, ou à la machine, au téléphone, etc., un univers où vérifier la valeur d’une créance supposait un travail de recherches compliqué et lourd. Mais quand l’informatique règne en maîtresse, quand les transactions peuvent se faire sur des ordina- teurs et les informations se traitent à la vitesse de la lumière, que devient cette hésitation ? Mieux encore, imaginons que tous les achats et toutes les ventes de tous les agents économiques sur toute la terre soient traités par un réseau gigantesque de gigantesques ordinateurs, pouvant passer en revue des milliards de créances grandes et petites et capables de les apparier en sorte que les dettes soient compensées par les créances sans même avoir le temps de respirer… Imaginez ce réseau gigantesque qui constate qu’un agent économique s’est rendu débiteur de 1000 euros. Imaginez qu’instantanément, il aille rechercher toutes les créances dont cet agent dispose pour les affecter à cette dette et la libérer, automatiquement, sans passer par aucune banque. ce gigantesque ordinateur, pourrait même définir des plans d’amortissement des dettes dans le temps pour tenir compte des souhaits du débiteur. Il pourrait choisir dans l’ensemble de son portefeuille de créances celles qui sont à remettre au créancier, en fonction d’instructions données par le débiteur. A-t-on ici créé de la monnaie ou, au contraire, l’a-t-on supprimée ? Réponse : chaque fois qu’un agent économique se reconnaît débiteur vis-à-vis d’une contrepartie commerciale ou autre, la monnaie est créée. comme la banque qui, chaque fois qu’elle crée des billets, crée une dette que les porteurs des billets détiennent à son encontre. Une différence, de taille : ici, le créateur de monnaie n’est plus une banque ! Le billet de banque, la monnaie de banque sont vraiment menacés ! Or, c’est le cœur de métier des banques. Et le bitcoin dans toute cette histoire ? OVNI dans l’univers monétaire, on dit qu’il a été inventé par quelqu’un qu’on ne connaît pas, reposant sur des méthodes mathématiques que personne ne con- naît bien et, quand on croit les connaître, que l’on comprend mal. c’est une monnaie dont la valeur est passée de 0.1 à 1 000 en quelques mois et qui peut faire le chemin inverse à la première occasion… Pire que l’or ! Où est-elle cette monnaie ? sur des ordinateurs ! comment faire pour en avoir ? L’acheter… comment l’acheter ? Utiliser un compte en banque ! Et si on n’a pas de compte en banque, peut-on remettre des créances en contrepartie de l’achat ? En aucun cas ! Alors à quoi ça sert ? On dit que payer en bitcoins est aussi discret que payer en billet ou en lingots d’or. Voilà un vrai avantage ! Un sac de pièces d’or, une valise de billets pèseront toujours plus lourd et prendront plus de place qu’un portefeuille de bitcoins inscrit dans un ordinateur à base de zéro et de un !!!! Deuxième avantage que certains trafiquants commenceraient à apprécier : le bitcoin qui passe par les circuits internet, n’est pas identifiable, le débiteur n’est pas connu, il protège son identité derrière des moyens de cryptage très complexes et sophistiqués, les lieux où sont opérés les paiements sont virtuels, dans la fameuse toile. Troisième avantage : le retour sur le système bancaire est possible. À une condition toutefois, pour que le plaisir soit complet et que le bitcoin puisse être transformé en beaux et bons billets ou bien en pièces d’or, il faut des banques qui acceptent de jouer ce rôle de changeur (c’est le métier de départ des banques).

 

Le bitcoin, subira-t-il le sort de toutes les monnaies alternatives ? À savoir… elles amusent quelque temps, elles suscitent l’apparition d’es- crocs plus ou moins créatifs, elles font rêver, et puis, elles disparaissent dans une faillite, une escroquerie ou des transactions douteuses.

 

Plus révolutionnaires en revanche, sont les monnaies véritablement informatiques qui, tout à la fois, ne gênent pas la création monétaire, la calquant sur l’évolution des transactions entre agents publics et privés, mais surtout créent des circuits nouveaux de circulation et poussent progressivement le monde bancaire de côté. c’est de ces monnaies qui apparaissent ici et là, expériences ou propositions marketing originales que la révolution monétaire viendra. Elles naîtront d’abord pour les règlements entre entreprises, les plus grandes. Puis, une fois les systèmes éprouvés descendront. se créeront des nœuds informatiques, des zones à très grande vitesse concernant les montants les plus importants, des zones à effets transactionnels massifs pour toutes les petites transactions. Où seront les banques ? Peut-on croire qu’elles vont se laisser déposséder aussi facilement ?

À suivre…

Suppression du billet de banque

La suppression des billets de 500 euros n’est pas symbolique. C’est un vrai moyen pour lutter contre l’argent « sale ». Mais ce n’est pas si simple.

 

Le Billet de Banque, une passion allemande

 

La France est le pays d’Europe où le billet de banque est le moins utilisé. Payer en espèces y est perçu comme un aveu de fraude fiscale ou de collusion avec le grand banditisme ! Les Français ont une préférence pour les billets de 50 euros et en-dessous : petite économie, petits billets ? Et l’Allemagne : Grosse économie, gros billets, les Allemands préfèrent les billets de 200 euros et au-dessus et utilisent 35 fois plus de billets de 200-500 euros que les Français. Le billet de 500 euros leur rappelle le bon vieux billet de 1000 Dm.

 

Et les banques allemandes, il faut le reconnaître ne sont pas très rassurantes. Elles ont accumulé les pertes. Elles ont été mêlées à des scandales politico-économiques. Elles ont investi massivement dans les subprimes et elles ont coûté, entre 2008 et maintenant, de l’ordre de 250 milliards d’euros. Les récents « stress tests » ont tourné au détriment des banques allemandes. La plus privée d’entre elles souffre d’une insuffisance grave de fonds propres et n’a plus beaucoup de choix, ou bien elle réduit la taille de son bilan ou bien elle prend sa sébile et fait le tour des marchés financiers.

 

Plutôt que de laisser leur épargne sur leurs comptes en banques ou sur des livrets d’épargne et même plutôt que de profiter des coffres forts des banques, les Allemands préfèrent remiser leur épargne dans leurs caves à charbon ou des placards à balais lesquels ne sont pas extensibles à l’infini. Est-ce de cette contrainte que tient préférence allemande pour les gros billets de 500 euros qui prennent, c’est mathématique, 10 fois moins de place que ceux de 50 ? Le billet, c’est plus sûr qu’un compte en banque. C’est plus discret et moins lourd que l’or.

 

Mais voilà que maintenant on s’avise que les billets de 500 euros sont davantage utilisés pour les transactions illicites, achats d’armes, de drogues, grand banditisme etc. que pour acheter de grosses voitures et des instruments ménagers. La question devient sensible.

La veuve de Cologne va se lever d’un bond et s’opposer à cette mesure inique, preuve supplémentaire que les eurocrates ne sont que des sortes de soviétiques déguisés en libéraux.

 

Psychologie monétaire allemande

 

La psychologie monétaire allemande est complexe : le rapport des Allemands avec le billet de banque est trouble. On en viendrait à penser qu’elle est douteuse.

 

La veuve allemande devrait se souvenir du passé quand l’Allemagne fit de la monnaie table rase. Rappelons l’épisode Erhard : ministre des Finances de la reconstruction allemande, puis Vice-chancelier et Chancelier d’Allemagne de l’Ouest pendant 20 ans, voilà un homme qui a traité les billets comme n’importe quel gouvernant rêve de la traiter : en objet, en machin qui aura la valeur qu’on décidera. L’ancienne monnaie, le Reichsmark fut supprimé en une seule journée, le 20 juin 1948, et remplacé par le Deutschemark. En une journée, les Allemands virent leur monnaie perdre 90% de sa valeur.

 

Il y a bien pire si notre veuve fait remonter ses souvenirs à plus loin, à 1923, presque cent ans, lors de la fameuse hyperinflation. Ce mot est devenu l’équivalent du « ils ne passeront pas » appliqué à l’économie monétaire. Quand, la BCE prétend lâcher des euros pour faire repartir l’économie européenne, aussitôt, le Président de la Bundesbank se lève, pointe son doigt vers Mario Draghi et lance un « souviens-toi de l’hyperinflation ».

 

C’est pourquoi la BCE y regarde à deux fois. Elle est responsable de l’émission monétaire. La signature de son président est apposée sur les billets. Mais, on le voit, le rapport entre les Allemands et leurs billets renvoie au syndrome de Stockholm : ils l’adorent alors qu’ils en ont tant souffert !  Supprimer une coupure, et surtout une grosse, n’est donc pas une mince affaire. Wolfgang Schäuble dit qu’il ne lui appartient pas de commenter les décisions de la BCE, mais s’il n’apprécie pas, il enverra Jens Weidmann, toujours prêt à traîner en justice Mario Draghi pour haute trahison monétaire et abus de pouvoir bancaire.

 

Le fétichisme monétaire des Allemands n’est pas une plaisanterie.

 

Que faire des billets de 500 euros ?

Mais il faut bien faire quelque chose contre les moyens de financement favoris du grand banditisme et de tous les terrorismes. Imaginons qu’on les supprime. Ce ne sera un coup dur pour à peu près personne en Europe, où ils ne jouent quasiment aucun rôle dans les transactions commerciales et financières. Sauf en Allemagne.

 

Donc, continuons à imaginer : les Allemands se rangeant à l’opinion commune acceptent la disparition du fameux billet. Plusieurs hypothèses se présentent : on arrête la production et on invite la population à changer selon son rythme ses billets dont on maintient le cours légal. Il faudra alors craindre une spéculation sur le billet de 500 euros. La bonne monnaie chassant la mauvaise, le billet de 500 euros, marqué du signe distinctif, le fameux X qui en fait une monnaie allemande, disparaîtrait et ferait l’objet d’une spéculation féroce. Ceux qui ne croient pas en l’euro, stockerait ce billet allemand. Ceux qui spécule de façon occulte, le spielerait et en feraient monter le cours. Il deviendrait comme une sorte de monnaie virtuelle, absente du marché mais présente dans les transactions souterraines.

 

Si on veut la disparition de cette coupure, il faut la faire disparaître aussitôt que décidé, quitte à être créatif. Par exemple, formule la plus simple, comme ce qui s’est passé dans le cas de l’euro, les détenteurs seraient invités à se rendre dans les banques de leur pays pour convertir leurs billets en coupures plus petites. Mais voilà où les choses prendraient une curieuse tournure : la veuve de Cologne qui arriverait avec un gros paquet de billets ne passerait pas inaperçue. Il faudrait alors lui promettre l’anonymat. Et aussi au trafiquant de drogue ? Or, on a dit que le billet de 500 euros était devenu un instrument de transactions douteuses. Difficile de protéger l’anonymat de la détention des billets.

 

Pour soutenir les banques allemandes qui ne vont pas bien, on pourrait décider que les billets seraient changés en monnaie scripturale et crédités au compte de leurs porteurs. Belle idée, mais quid à nouveau de l’anonymat ?

Pour pousser les détenteurs à changer leurs billets on pourrait décider que les billets de 500 euros ne seraient pas remboursés à 100% au-delà d’une certaine période de temps.  Ou même, puisque leurs liens avec l’argent de la drogue et le terrorisme est très clair, on déciderait de n’accepter de changer de cette monnaie que sous contrôle judiciaire. Ou bien, pour que cet argent soit transformé en consommation et pour relancer l’économie allemande puis européenne, on imposerait la conversion des billets en dépenses de consommation.

 

On voit que le sujet est complexe et riche. De toutes les façons, des billets de ce genre, tout le monde le voit bien, doivent être supprimés. Il ne faudrait pas que les détenteurs mafieux ou terroristes des billets se voient faciliter leur change ou qu’on maintienne le billet pour ne pas chagriner la veuve.

 

 

 

 

Acheter des billets de banque: une histoire qui n'est pas drôle

 

On ne le répétera jamais assez, les billets en euro sont marqués d'une lettre identifiant la banque centrale émettrice....

Rêvons un peu, ou plus exactement, essayons-nous à de la Monnaie-Fiction.

 

Imaginons qu'un "bank runner" ait oublié ce détail et qu'il ait bourré son matelas de billets marqués "V" ou pire "Y", existe donc un risque de perte de plus de 30%.

 

Que faire? faut-il se précipiter sur les Billets "X" (ne voyez pas là d'allusion déplacée ou de plaisanterie graveleuse, le Billet "X" est absolument austère et équilibré)? Mais, à se comporter ainsi, ne risquerait-on pas d'en faire monter le cours du fait de la rareté qui s'introduirait progressivement? Ainsi, un billet "U" ne s'échangerait plus à parité contre un Billet "X" mais avec une décote de 5% ou pire.

 

Continuons à imaginer: donc, les porteurs de billets menacés "V", "Y" et même "U", se rueraient (Bank notes run) vers les billets "X", les poussant ainsi à la hausse. Les avantages seraient beaucoup plus importants qu'on ne peut l'imaginer (nous sommes toujours dans une histoire de Monnaie-fiction".

 

Les porteurs de billets "X" découvrant qu'ils disposent d'une capacité d'achat augmentée de 5% à 30 voire 60%, ils voudront en profiter. Ils iront donc acheter des biens et des services à ceux qui les factures en Euro "Y", "V" et même "U" . Ainsi, un flux d'export serait stimulé. Qui serait doublé par le fait que les exportateurs recevant les billets "X", s'attacheraient à les conserver dans leurs coffres, préférant consommer leurs liquidité "Y" et "V" ou "U" et les raréfiant de ce fait.

 

Continuons (c'est toujours de la monnaie-fiction): l’émetteur de billets "X" voyant la spéculation se déchaîner sur ses billets, les poussant à la hausse, serait conduit à en augmenter la production. Des tensions inflationnistes apparaîtraient alors, qui viendraient rogner les avantages compétitifs des industriels sous monnaie "X"...

 

Mais franchement, tout ceci n'est pas sérieux! C'est vraiment de la "Monnaie-fiction"


 

En fin un livre simple et souvent drôle sur un sujet que de nombreux sachants s'acharnent à rendre compliqué et ennuyeux

 

Il vous suffira de tendre la main, vers les librairies du net,

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En collaboration: Institut de l'Iconomie

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