Metavers et NFT, quelques commentaires

Bitcoin, NFT, Métavers, Blockchain n’ont pas enterré l’or !

1-Les metavers individuels sont-ils des selfies ?

2-Aménager votre metaver perso

Des cryptos aux métavers : Panurge et Fomo° à la manœuvre

3 Ils sont toqués de tokens

Bitcoin, NFT, Métavers, Blockchain n’ont pas enterré l’or !

 

Avant la sinistre affaire ukrainienne, le débat sur le bitcoin et bien d’autres monnaies cryptées était assez simple : il hésitait, son cours n’était plus si flamboyant, pourtant, il y avait de belles remontées. Il finirait par gagner ses galons de vétérans des monnaies cryptées. Le Salvador n’en avait-il pas fait sa monnaie d’usage ? Il était de bon ton d’annoncer que des stable coins appuyés sur le bitcoin entreraient dans les réserves de quelques « Billiardiaires » etc. Le Bitcoin à 100 000 euros était pour la fin 2022 ! Puis après, « où ne monterait-il pas ? ».

 

Le bitcoin à la traine des crises sanitaires et politiques

 

La crise du covid ne s’était pourtant pas traduite par un Rush sur la monnaie du futur. Les cours étaient plutôt flageolants. Le Bitcoin n’avait pas été plus fort que l’or. Le pire est advenu un peu plus tard avec l’affaire de l’Ukraine. Voilà, se dirent les partisans du Bitcoin : il allait donner toute sa mesure de monnaie de réserve « mieux que l’or » et de protecteur de l’épargne et des avoirs des citoyens, y compris les plus modestes. Dans les faits, le bitcoin est resté dans son coin comme un placement qui ne voudrait surtout pas qu’on le remarque. De temps à autre, la presse partisane annonçait que les « baleines » intervenaient et raflaient les bitcoins qui traînaient sur les marchés. Pour faire remonter les cours ? peut-être, car à de certains moments, brutalement, les cours de la monnaie libre, avaient un accès de faiblesse.

Donc, non, décidément, l’or restait un bon produit de « défense ».

 

L’illusion des NFT

 

Dans cet univers d’incertitude un nouvel actif est survenu, dénommé « non fungible token » ou « NFT », ouvrant la porte à des spéculations laissant le bitcoin et ses acolytes sur le bord de la route : Ce n’est pas vraiment nouveau, il s’est glissé dans la suite de l’explosion des monnaies cryptées, surtout en tant qu’application de la blockchain. Les NFT ne sont pas fongibles car un NFT est original absolument. Pour caricaturer, un NFT ressemble à une valeur mobilière quand un token « fongible » ressemble à un billet de banque.

Les NFT ont, en 2021, fait irruption sur le marché des actifs numériques. Cette irruption s’est manifestée par des explosions de cours, dans des valorisations à coups de millions et de dizaines de millions de dollars. Un nouvel actif était né qui avait en commun avec un billet d’« Euromillion » d’offrir une chance de s’enrichir vite.

Né dans un monde où trop de liquidité circulait, le nouvel actif après avoir flambé s’est heurté à la réalité de l’affaire ukrainienne. Il semble en passe de rejoindre le bitcoin dans le registre des espoirs déçus.

 

Dans tous les cas, il nous faudra revenir sur ces produits financiers miraculeux.

Des cryptos aux métavers : Panurge et Fomo° à la manœuvre

 

 

° fear of missing out (peur d’avoir raté quelque chose)

 

La folie des cryptos semblait s’être calmée dans le fracas de quelques effondrements, frappant la monnaie cryptée « reine » mais aussi les « stable coins », dont leurs promoteurs promettaient qu’arrimés comme ils l’étaient à des monnaies fiat (solides par conséquent) rien de désagréable pour leurs détenteurs ne pourrait advenir.

 

Les évènements récents ne sont pas la conséquence d’un retour à la raison mais plutôt l’effet d’une loi économique de base : l’abondance de monnaie provoque l’inflation des actifs quelle qu’en soit la nature ; sa raréfaction provoque l’inverse. Dans ce jeu de bascule, les actifs les plus brutalement touchés sont ceux dont la rentabilité est la plus faible. Les actifs sans rendement s’effondrent : les fameuses monnaies cryptées sont très logiquement touchées.

 

Retour à l’économie réelle

 

Est-ce si dramatique et doit-on regretter les revers affectant des monnaies qui se proposaient de libérer les agents économiques et leur restituer le pouvoir monétaire ? La réponse doit négative : la plupart des détenteurs de ces actifs n’en attendaient que des plus-values et se comportaient en rentier au sens le plus négatif du terme, ne créant aucune valeur ni ne stimulant les économies. Les victimes, masse moutonnière des petits épargnants et « grosses baleines » meneuses du jeu des marchés, auront finalement, contribué par leurs pertes à éponger une partie des liquidités en excès ! Mauvais signe pour les marchés car la purge n’est pas achevée. Bonne nouvelle pour l’affectation de l’épargne : celle-ci dans l’avenir ira rechercher les rendements les meilleurs et, par force, la production de valeur la plus solide. Mentionnons un détail : les fameux « Initial coins offerings » et les non moins fameux « SPAC » ont plongé eux aussi.

 

En définitive, ont durement atterri toutes les techniques les plus sophistiquées sur le plan technologique ou juridique qui avaient pour objet de faire croire qu’il y avait là-dedans de la créativité monétaire et des espoirs de plus-values. Pourtant, toutes ces techniques avaient été adoubées, supportées, fiscalement soutenues par des pouvoirs publics en recherche d’innovation et de notoriété politique : l’esprit FOMO les avait frappés, eux aussi !

 

Les nouveaux moutons

 

Le panurgisme en matière d’épargne et de spéculation est de tous les temps et de tous les supports. Si tant de gens et tant d’argent sont allés se fourvoyer dans des placements aussi hasardeux reposant sur des fondements aussi fragiles, il faut craindre qu’ils s’efforcent de retrouver un autre « entry wege » qui les conduirait vers le profit dans des conditions identiques sous d’autres apparences. Ponzi est toujours parmi nous, il lui faut seulement renouveler sa méthode et la mettre au goût du jour !

 

Viennent, pour ce faire, d’émerger de nouveaux supports de plus-values rapides et n’exigeant pas d’efforts mentaux (et encore moins physiques) : les NFT et les metaver.

 

On ne limitera pas les NFT aux Singes ennuyés, ni au fameux « premier tweet de Jack Dorsey ». La rapidité de leurs performances boursières a ridiculisé celles du bitcoin mais le retournement de leurs marchés a fait pire. Bien sûr objectera-t-on la technologie des NFT en est encore à ses balbutiements. D’autres ajouteront que c’est dans le monde de l’art que les NFT trouveront leur véritable dimension. On dira aussi qu’enfin les jeunes artistes trouveront dans les NFT ce qui leur manquait pour être connu et percer. Preuve qu’il y a du bizounoursisme en économie appliquée, nécessaire pour endormir les moutons ( apporteurs de fonds).

 

Enfin, viennent les metavers. Enfin, les citoyens se verront offrir des univers taillés à leur mesure, des mondes qui, enfin, les satisferont, où ils pourront, enfin, se montrer comme ils aimeraient qu’on les voie, où, enfin, il sera possible de porter des pompes en croco et de s’offrir des Kelly pas trop chers. Tout cela étant virtuel bien sûr : la question n’est-elle pas d’offrir un peu de rêve pour s’évader d’un monde qui n’offre que conflits, violences et implacables compétitions.

 

Que vous importe donc, objectera-t-on, qu’ici et là des individus, agents de leurs propres vies, optent pour un petit coup de metaver et une balade dans des mondes merveilleux (et meilleurs) ? et y apportent leurs fonds.

 

Liberté/sécurité

 

Après tout, si M. X a envie de déambuler dans une rue virtuelle par le truchement d’un avatar à l’élégance raffinée lui faisant oublier un physique médiocre et ventripotent, on n’a rien à dire. En revanche, comme il se trouve que M.X est une vraie personne dans un vrai monde, il est à la fois protégé par de vraies règles sociales, éthiques et monétaires, de même qu’il leur est soumis. Il ne peut se faire que son avatar s’abstienne de les respecter. De même qu’il ne peut se faire qu’il soit, sous prétexte d’univers « virtuel », laissé à la merci des chausse-trappes de la « vie virtuelle » sans les garanties et protections qu’il aurait revendiquées dans le monde réel et sur lesquelles il compte où qu’il soit.

 

Enfin, le transport de n’importe quel individu dans un « autre monde » n’est jamais neutre. Si cela n’était pas le cas, pourquoi tant d’effort public pour réduire l’impact des drogues depuis l’alcool et le tabac, jusqu’au plus dures, héroïnes et autres mélanges destinés à faire « planer ».

 

De même que l’épargnant doit être protégé contre lui-même et les malins, de même les citoyens doivent être informés sur les dangers que certaines pratiques peuvent comporter. Pour ce qui est d’expliquer le charme du bitcoin, les mérites des NFT et les plaisirs des metavers, le marché, on peut en être sûr, y pourvoira, à profit pour ceux qui sauront attirer leurs consommateurs.

 

Dans tous les cas de figure, il est légitime de s’interroger sur leurs modèles de développement. Si ce n’est évidemment pas à l’Etat de financer par subventions ou facilités fiscales le développement de technologies aliénantes, c’est en revanche à lui d’en contrôler le déploiement et les acteurs.

 

 

3 Ils sont toqués de tokens

 
 

 

Toqués de tokens ou de NFT’s, ou, dit autrement, de jetons non fongibles (pas très excitant comme expression, mais il ne faut pas se tenir aux apparences… ils déclenchent des passions).

Faut-il s’en procurer ? Avant même que d’exposer ce que c’est, ne doit-on pas se précipiter ? Tout est dans le FOMO, (fear of missing out). Si on n’a pas foncé on va rater le meilleur, les plus-values les plus élevées. Et ce sera ensuite trop tard : au mieux on sera un plouc suiveur.

Caricaturons :  Il y a de bonnes raisons pour acheter des Tokens non fongibles au plus vite. Les metavers ne sont pas sûrs.  S’y rendre armé serait prudent, dit-on. Il est possible d’acheter des Kalach et leurs munitions sous forme de NFT. Ce n’est pas très nouveau. Les jeux les plus célèbres comme Fortnite ont ouvert aux joueurs la possibilité d’acheter des armes et aussi des « skins » (qui, comme leur nom l’indique, concerne l’apparence physique).

Fort heureusement, il est des NFT paisibles. On en trouve dans le monde de l’art et il n’est pas besoin de faire un tour dans un metaver pour en acquérir. La fondation Vasarely et Paco Rabanne se sont associés pour lancer une série d’œuvres sous formes de jetons, dont certains seront codés (smart contract) pour refléter l’état d’œuvres en voie de réparation. C’est plus subtil et moins caricatural que la mise en NFT du premier tweet de Jack Dorsey (le fondateur de Tweeter) : vendu 2, 9 millions de dollars, il ne valait pas plus de 10 000 dollars quelques mois plus tard.

Retour de bâton pour une opération un peu trop médiatique ou effondrement d’un marché qui se serait inscrit dans la continuité du marché des crypto-monnaies ? Il faut reconnaitre que l’évolution récente du marché des NFT ne plaide pas en leur faveur (en tant que support de placement et opportunité de plus-values plantureuses). “Le marché des NFT s’effondre”. Le Wall Street Journal poussait même l’observation plus loin, se demandant si ce n’était pas le début de la fin pour les « non fungible tokens ».

Pourtant cet OVNI aligne toutes les bonnes planètes : authenticité, sécurité, pérennité. Les jetons non fongibles sont une identité numérique absolument originale. Ils peuvent assortir un fichier informatique sous lequel une image, un son, un texte est enregistré mais ils peuvent s’ajouter à un objet réel, pour garantir son existence, son intégrité ou sa propriété. Dans un metaver où tel vendeur de produits de luxe aura installé boutique, un NFT acquis portant image d’un sac, pourra avoir sa traduction réelle sous forme de ce sac réel rendu disponible dans un lieu de vente réel. Mais aussi, ledit sac réel, acheté dans le monde réel (évidemment) pourrait être tout aussi bien assorti d’un jeton informatique, permettant de l’identifier en tant que produit original (non fongible) , mais aussi en tant que propriété d’une personne précise. Le jeton serait aussi un NFT.

La gestion de cette identité sera confiée dans la plupart des cas à une blockchain qui figera le fichier qu’est en vérité ce jeton et l’insérera dans un fil cryptique et horodaté.

Alors, peut-on à bon droit être toqué de token ? Le vrai sujet est qu’il s’agit d’une technique de protection applicable à tout ce qui est justiciable d’un fichier informatique. Que cette technique permette la vente de duplication numérique de tableaux du Louvre, ou de protéger des droits d’auteur sur une chanson ou un logiciel, c’est ce qui en fait la force. Qu’elle conduise à des débordements absurdes où l’image d’un singe grotesque est vendue plusieurs millions de dollars, ça n’est pas différent des spéculations insensées sur les crypto-monnaies : davantage que l’intérêt de la technique, cela reflète la situation de surliquidité insensée des marchés monétaires mondiaux.

 

1-Les metavers individuels sont-ils des selfies ?

Ici, pour commencer par des expériences simples, on s’attachera à présenter et à décrire les metavers individuels. D’aucuns les présenteraient comme des bulles spatio-temporelles. D’autres, en montreraient le caractère complétement contradictoire avec le concept même du metaver. Pour les derniers, les metavers individuels ne peuvent qu’être des expériences de pensée, un peu extrêmes, où l’absurde côtoie l’argent plus qu’à son tour.

Qu’entend-on pas metaver individuel ? Il s’agirait de la création par un individu pour son seul profit d’un univers dématérialisé où, représenté par l’avatar qu’il s’est choisi : une mouche, un athlète bodybuildé, ou Vladimir Poutine, il peut s’ébattre tout seul autant qu’il le souhaite et dans les conditions qui lui conviennent.

Il faut reconnaitre qu’un pareil metaver fait plutôt penser à un monover. Mais, comme le terme n’existe pas encore et qu’il n’est pas facile de se mouvoir intellectuellement dans ce monde nouveau caractérisé par de nouveaux mots, on n’insistera pas sur les questions de terminologie.

Donc, dans ce metaver qui a été créé par une seule personne, n’existent que les désirs, les volontés et les satisfactions de cette seule personne. Une bonne comparaison serait celle qui mettrait en scène une salle de théâtre qui n’offrirait de siège qu’à une seule personne. On voit immédiatement qu’il y a là quelque chose d’incohérent. C’est un souhait de tout un chacun que de ne pas être gêné par la foule des spectateurs, il reste que le metaver individuel ne peut pas fonctionner dans ce cas de figure : il faudrait que notre égoïste digital accepte la présence des avatars des acteurs et simultanément qu’il ait acquis un texte précis et l’ait introduit dans sa « bulle », en somme qu’il ait renoncé à sa solitude solipsiste.

Revenons à la réalité virtuelle (la seule que peut fonctionner dans un monde de metaver) : ayant créé son metaver notre égocentrique risque de se retrouver « gros jean comme devant », à se voir (son avatar) errer dans un monde vide. Je préfère ne pas insister sur le caractère anxiogène de pareille situation. Le monde est vide en effet et l’avatar se trouve au mieux face à espace tout gris et vide de tout son : ceci démontre qu’il faut animer tout metaver car il n’émerge pas de la virtualité tout équipé pour de nombreuses aventures. Il faut le doter de scènes, de temps, d’espaces, d’objets et de comparses (les avatars des autres).

En d’autres termes, pour vivre une expérience « metaver » il faut au moins être équipé et situé. Votre passion est-elle vénitienne, il faut vous équiper d’une vision de cette ville magnifique et, par conséquent vous précipiter dans une boutique virtuelle où on peut acheter des scènes vénitiennes virtuelles plus vraies que les réelles. Mais la question vient aussitôt : où trouverez une boutique pour ce faire ? Ça c’est relativement simple : il faut l’acheter et une fois cette acquisition faite (en espérant que cet achat comprend non seulement les murs mais aussi les personnes qui assurent la commercialisation), l’avatar pourra en pousser la porte et passer commande. Honnêtement, nous sommes en train de compliquer les affaires. Il serait préférable que notre avatar égocentrique s’achète un scénario complet dénommé « La vraie visite de Venise » (la meilleurs app. pour les fous de Venise). Cette app. lui permettra de visiter Venise virtuellement…

Sauf que, il n’y aura pas de gondolier (le contrat passé ne le prévoyant pas). Il lui faudra donc rompre avec son principe de selfie pur et dur et faire venir l’avatar d’un gondolier. Sauf que, honnêtement, Venise sans vénitien ce n’est pas agréable. Sauf que, ne pas pouvoir dépasser la douane de mer est frustrant etc etc.

On voit ainsi que, de proche en proche, l’égoïsme n’est pas conseillé dans la vie virtuelle (comme dans la vie réelle). Une expérience de metaver où on est tout seul ressemble fort au cauchemar qui vous a fait errer dans une obscurité totale sans rencontrer ni âme qui vive, ni nature chaleureuse, ni beaux bâtiments.
Donc, pour se résumer, un metaver tout seul n’est pas une réalité virtuelle c’est un profond ennui réel.

2-Aménager votre metaver perso

Vous avez craqué pour un metaver ? Comment l’aménager ?

 

Contrairement à mon observation antérieure (voir l’article précédent) vous avez opté pour un metaver individuel. Vous l’avez peut-être nommé « sam’suffit ». Et, dans le fond, ce metaver individuel, peut-être très personnel, à l’exclusion de toute autre personne que vous-même, c’est-à-dire à l’exclusion de votre femme et, a fortiori, de vos enfants, ressemble (mentalement) à ce petit pavillon dont vous avez toujours rêvé. Bien planté en grande banlieue d’une grande ville, pas isolé, au milieu d’autres pavillons, mais gardant fièrement ses distances grâce au petit cartouche : « attention au chien ! », il aurait été en pierre meulière…etc

 

On l’a fait remarquer dans l’article précédent, votre metaver ne pourra prendre l’aspect même métaphorique d’un pavillon « sam’suffit » par le seul achat de lunettes spéciales. Donc, il faut équiper votre metaver. Au passage, comme vous n’êtes pas une brute égoïste, vous avez ouvert votre metaver à femme et enfants. Mais, justement : il faut bien poser tout ce petit monde de façon confortable et amusante, sinon vous vous retrouverez vraiment tout seul dans votre metaver personnel.

 

On y revient : il faut vous équiper. Et là, ça se complique. Mettons que vous ayez trouvé dans l’abracadabrante « foire à tout » des logiciels « meta », celui qui comble tous vos vœux : justement, celui qui vous offre la joie réelle mais profondément virtuelle de retrouver tous vos souvenirs d’enfants dans la maison en meulière. Coup de chance, c’est le moins cher du bric à brac. Il y a bien celui qui est proposé par « mybighouse.com », mais il coûte affreusement cher. De plus vous ne pouvez pas l’acheter en détail, il faut prendre tout ce qu’il contient, avatars, tokens etc. Parmi les avatars qu’il contient notons celui de Carson (importé du metaver Downton abbey). Il parle un anglais « posh » (très snob) incompréhensible si vous n’avez pas vécu quelques temps dans l’armée des Indes (myindianarmyinmybritishempire.com).

 

Non ! C’est décidé, vous voulez être vous-mêmes ! Mais ailleurs ! Votre « meta sam’suffit » va vous offrir un service minimum (c’est pour ça qu’il n’est pas cher). Donc : premier temps, l’ayant choisi, vous le payez en monnaie cryptée. Pourquoi pas en Euro ou en dollar ? Là n’est pas la question, si vous voulez prendre possession de votre « sam’suffit » virtuel, il faut le payer et c’est stipulé « en monnaie cryptée, bitcoin, ether, monero, dodge (la monnaie rigolote de Musk) ». Conclusion : emplissez votre wallet des cryptos ad-hoc. (Nous reviendrons sur ces mots dans le courant de nos exposés sur le « metaver »)

 

Que contient ce sympathique « sam’suffit » virtuel que vous avez acheté. Vous l’avez voulu simple et pas prétentieux, donc, comme c’est écrit et montré dans la « boîte de présentation virtuelle » qui accompagne votre achat, vous avez trouvé des choses de la vie de tous les jours, du ciel, des nuages qui peuvent filer dans le vent, (vous avez vérifié : il y a du vent dans votre app), enfin tout un paysage de banlieue de grande ville, avec les couleurs de la saison que vous avez choisie. On est parti de l’idée que le « métaver sam’suffit » est un univers pas cher, donc pas beaucoup de fleurs, pas de gazon devant la maison mais du bitume pas cher, une rue au moins et le long de la rue des pavillons comme le vôtre. Il y a aussi des avatars « promeneurs » qui vont et viennent le long de la rue. C’est la seule chose qu’ils savent faire mais vous pouvez être assuré qu’ils le feront bien.

 

Vous entrez dans votre pavillon et vous trouvez deux ou trois chaises comprises dans le « paquet », et c’est tout. Vous vous dites que ce n’est pas beaucoup et que peut-être, moyennant quelques euros supplémentaires….

(Et voilà ! ça commence à marcher… « quelques euros supplémentaires »)

 

D’ailleurs, il y a une sorte de liste qui est posée sur une des chaises. Vous pouvez à partir de cette liste meubler votre maison, moyennant pas mal « d’euros supplémentaires ».

Allez, vous voulez vous faire plaisir dans votre metaver perso ? Et faire plaisir aussi aux avatars de votre épouse et de vos enfants ? Cette maison virtuelle, c’est comme une résidence secondaire. Retour donc sur « la foire à tout virtuelle ». (Dans la réalité économique, on ne dira pas « foire à tout » mais « plateforme à tout ». Plateforme est le nouveau nom des marchés dans l’économie virtuelle. Cette plateforme-là est la moins chère du marché mais on y trouve de tout.)

 

Vous avez fait votre liste du meuble le moins cher aux draps de lit les plus seyants. Pour les machines, vous avez décidé d’opter pour des achats incluant la souscription à des « Smart-contracts » (des contrats intelligents). Intégrés à votre acquisition via, peut-être un token, vous avez demandé que la garantie soit sécurisée. Donc vos avatars de machines ont été équipées d’une garantie sous smart contrat et via une sécurité « token » sur une blockchain « votrepetitemaison.com » gérée par votre plateforme sachant que tout ceci ne sera pas de la première fraîcheur technologique (vous avez choisi un produit d’entrée de gamme): c’est une POW (proof of work) qui sera à l’œuvre et ce sera probablement la plus lente du marché.

 

Allez, ça y est, vous avez meublé votre maison et vous fêtez ça avec les avatars de votre famille autour d’une belle table grâce à la livraison d’un champagne virtuel de grande marque. (Vous n’avez pas voulu faire le type qui compte ses sous même si la bouteille virtuelle vous a coûté « bonbon »).

 

Ouf ! belle journée ! Vous allez pouvoir vous reposer un peu. « Je vais remettre les pieds sur terre » vous dites-vous, en souriant, tout en retirant vos lunettes spéciales, pas virtuelles, achetées, assez cher quand même chez google ou microsoft ou facebook…. Un petit bruit attire votre attention. C’est votre smartphone : un message de votre banque ; elle vous informe que votre compte (réel) est dans le rouge. Les dépenses non plus n’ont rien de virtuel.

 

 

Le prochain numéro de ce qui devient une saga aura pour titre éventuel, « ils sont toqués de tokens ».


 

Enfin un livre simple et souvent drôle sur un sujet que de nombreux sachants s'acharnent à rendre compliqué et ennuyeux

 

Il vous suffira de tendre la main, vers les librairies du net,

Babelio, Amazon, Fnac, books.google, BOD librairie et l'éditeur: Arnaud Franel Editions

 

 

 

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En collaboration: Institut de l'Iconomie

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