Vache laitière

Vache laitière

Parmi les placements exotiques, les terres agricoles au Paraguay, les wagons dont certaines configurations ont encore la cote, évidemment les vins, (voir ce terme), mais aussi les tableaux de maîtres etc. etc.


Pour dire les choses de la façon la plus simple, les supports de placement sont d’une diversité étonnante et, c’est très rassurant, ne recouvrent pas simplement, l’or et les métaux précieux, les industries d’armement et les fabricants de missiles, ni les entreprises de construction ferroviaire, ou de rondelles de saucisson. Il y a des limites bien sûr. (Voir placement exotique), cependant, plutôt que de jouer les rabat-joie, réjouissons-nous avec un placement exotique original : le placement en vaches laitières.


Il convient de commencer par la question cruciale que cet abécédaire n’évite jamais : qu’est-ce que c’est ? Il s’agit pour un non-éleveur, non-fermier, non-agriculteur, non-producteur de lait d’investir ses liquidités (en partie évidemment), dans des vaches laitières. Donc, au lieu d’acquérir des parts d’un Fonds de commun pour l’innovation ou dans la Sicav CAC 40 de telle ou telle banque, l’épargnant achète des vaches.


Pourquoi laitière se demandera-t-on ? Question pertinente ! et réponse immédiate : acheter des bœufs pour leur lait serait un non-sens. (On peut imaginer cependant une version agricole de Madoff, qui y procéderait pour les repasser aux naïfs de l’épargne et de la finance dont la nature n’est pas avare). Acheter des vaches pour leur viande serait aussi une absurdité car quand on achète une vache laitière on s’attend à une double source de revenus : 1) le lait 2) le veau. Donc ce placement a un rapport. Au surplus, le capital se conserve pendant un certain temps.


Pour donner une idée (ancienne) sur la rentabilité de la chose, certaines formules reposent sur le paiement en veaux avec pour résultat un doublement de la taille du troupeau tous les 20 ans. Mieux encore, il y a un petit effet fiscal, puisque les vaches sont amortissables sur 10 ans.

Comment procéder? Deux façons d’acheter des vaches laitières sont possibles, mais, pour un cadre urbain, une seule est recommandable.


On peut acheter les vaches laitières en propre et les traire et vendre le lait à des coopératives, et vendre le veau à quelque italien (la cuisine italienne, on le sait, fait grand cas des veaux) quant aux génisses, on se débrouille. Cette formule qui suppose de mettre la main à la pâte fait fi des compétences réelles qu’il faut avoir (traire) et de la complexité du marché de la vente d’animaux en pieds (maquignon, règles sanitaires etc.)


L’autre technique consiste à faire comme si on achetait un immeuble via une SCPI (voir ce mot). Au moyen des fonds collectés auprès des porteurs de parts, la société civile achète des vaches laitières et les replacent par contrat « de bail à cheptel », formule éprouvée de gestion de troupeaux puisque datant du moyen âge. Le preneur à bail est souvent une société de gestion de bétail, qui loue ensuite à des éleveurs.  


On a vu plus haut qu’il était possible de se faire rémunérer en veaux. D’autres techniques sont possibles. L’une d’entre elles propose à l’investisseur de recevoir les jeunes vaches, (les génisses), l’éleveur se réservant le lait et les veaux….


Comment investir? La réponse est immédiate : avec prudence, comme pour tous les produits un peu complexes et originaux. Il n’est pas recommandé de suivre le premier venu. Il faut aussi garder en tête que l’agriculture n’est pas un jardin de roses et que l’élevage, en raison des fluctuations des prix de matières premières et du lait, est une entreprise dont les résultats ne sont pas linéaires. 

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