Florence à l'envers?

Extrait de "Le Scandale a éclaté à Florence"...

 

 

......Je parle comme s’il n’y avait que des  balades le long des quais d’un fleuve.  La vérité est que je me promène justement le long de l’Arno, sur la chaussée qui domine le fleuve de très haut, en direction du « vieux pont », le regard capté par les palais brouillés dans leurs reflets agités. J’aime cette vision détournée des rives de l’Arno. J’aime ne pas me sentir contraint d’admirer les rives et les bâtiments qui les rythment. Les regarder au travers de leurs reflets tremblés, troublés de tourbillons ou striés de petites vagues quand passe un canot léger. Dans l’insécurité de leurs reflets, ils perdent un peu de leur condescendance et ne viennent plus me tancer, ni me rappeler avec beaucoup d’arrogance qu’ils ont été contemporains de choses grandes, belles et importantes. 

 

.... J’aimerais m’attarder. Flâner sur le pont. M’asseoir sur la loggia qui marque son point culminant. Contempler à nouveau, les reflets des palais et des églises. Laisser mon regard dériver au fil des remous, saisir le flash d’un rayon de soleil rebondissant de la surface de l’eau vers moi. 

 

J'aimerais, ébloui, tout voir à l'envers et découvrir que Florence est tout entière dans l'Arno, en son fin fond. Me dire que ce que nous voyons habituellement de cette ville nous ne le méritons pas. Alors, elle s'est repliée dans le fleuve. Nous ne voyons de Florence que des reflets, au-dessus, de l'Arno! Palais, églises, monuments, sculptures au dessus des quais, ne seraient que les reflets trop précis des mêmes bâtiments, réfugiés tout au fond la rivière....

Florence comme la ville d'Ys, comme toutes les villes qui se cachent au fond des océans? Qu'est-elle donc cette Florence dissimulée? A quoi ressemble-t-elle? quelle lunettes faut-il chausser pour la voir? Où faut-il ébloui, fermer les yeux, laisser le soleil continuer son chemin dans la rétine, disque d'or qui se duplique, s'assemble, rougi et finit par se dissoudre dans une autre vision. Comme s'il avait fallu qu'une voie soit tracée. Comme si la vraie ville de Florence ne pouvait se révèler qu'aux yeux aveuglés et pourtant résolument attentifs. 

 

C'est ainsi, que mes paupières instinctivement closes sous le coup d'un éclair, vint à mon regard, s'offrant à ma découverte la vraie Florence dont les bâtiments au-dessus des flots ne sont que des images faciles, ouvertes à tous les entendements. Ouvertes aux esprits simples, à la recherche des cartes postales et des images puériles.

.... 

 

Il y avait beaucoup de monde sur le Vieux Pont, ils arrivaient maintenant que la matinée avançait. Il fallait voir comme le fleuve dessinait d’admirables perspectives. Il fallait repérer telle église, tel palais, tel monument, comparer avec la carte ou le guide. Il fallait aller d’un parapet à l’autre, sous la loggia ou à l’opposé, et saisir cette Florence donnée à voir comme un décor de théâtre ou de marionnette pour les enfants. On regardait au loin se dessiner la colline de San Miniato, on regardait en bas, quelque barque qui avançait rapidement au son d’un moteur au bruit pareil à une tondeuse à gazon ou, plus lentement, à la rame.


Alors, on pouvait dire des choses sur l’art, les villes et l’Italie. "Le Grand Canal est plus impressionnant, ne penses-tu pas et la Salute vraiment imposante". "On ne peut pas comparer". "On voit bien pourtant que ce n’est pas la même chose". "Je me demande si le pont des Soupirs…Et puis, les gondoles…". "C’est ce qui manque peut-être sur l’Arno"…"Les bateaux font un peu trop banal. Comme si les autorités ne s’intéressaient pas à leur rivière"… "à l’animation en quelque sorte"… "Mais quand même les gondoliers, ils en font un peu trop tu ne trouves pas... ?"

 

Florence qui venait de se révéler aux yeux de ceux qui voulaient la trouver commença à s’effacer. Le soleil m’était caché par les allers et venues de tous ceux-là qui voulaient qu’on voie qu’ils avaient vus et montrer aussi que les monuments sur les bords de la rivière étaient témoins. Le chemin tracé dans mon esprit se dissipa peu à peu. La rivière m’opposa des rides puis se ferma n’offrant plus qu’une surface verdâtre. La vraie Florence était revenue chez elle à l’abri des regards de ceux qui ne savaient pas la voir.

 

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