San Gimignano 2012

 

 

 

Retourner à San Gimignano pour méditer sur toutes les tours du monde, tours du passé et tours de l'avenir

 

 

Celui qui s’en vient à San Gimignano doit savoir qu’il ne pourra jamais saisir la ville dans sa richesse et dans toutes ses œuvres. Pour la dessiner, la portraiturer, la photographier, il faut s’éloigner à dix kilomètres au moins en sorte de l’embrasser tout entière d’un point de vue, puis tourner autour, à cette distance et, de loin, essayer de rendre l’idée, la pensée, l’âme qui animent la ville. Il faut aussi se rendre à l’évidence, ce n’est pas éloigné de dix kilomètres qu’on y parvient. Deux autres solutions, survoler ou se soumettre. Ici, on a choisi de voir la grande ville et ses grandes tours, d’en bas, comme s’il fallait payer de ce tribut le droit de l’approcher.

 

Regarder, même un genou en terre ne suffit pas. Il faut fermer les yeux et se pénétrer de la ville et de ses tours, de ce mystère qui en fait la ville par excellence, la ville matrice des villes modernes, celle qui précède les villes du Nouveau monde, celle qui légitime que des tours soient érigées partout dans le monde.

 

Méditant, on se laisse porter par un souffle profond, par les grands vents qu’on ne trouve qu’au sommet des grandes tours et, inspirant un air purifié, on pense que San Gimignano nous parle de l’Homme et du défi d’être Homme.

 

Fallait-il y voir un indice, un signe ou un symbole, un homme de fer ou de bronze suivait tous les parcours qui mènent au sein de San Gimignano depuis ses murailles vers le centre où se sont massées les Grandes Tours?

 

Il nous attendait sur un chemin ceinturant les murs fortifiés de la ville. Nous l'avons retrouvé au détour d'une rue. Il nous avait suivi? Tout à coup, nous le vîmes planté en haut d'une tour, droit et immobile, considérant la plaine et la ville.

 

Que voulait-il nous dire? Quel message portait-il? Comment, immobile, peut-on se faire messager ? Voulait-il nous dire que le temps des Grandes Tours n'était pas fini?  

 

 

 

Les tours sont-elles menacées ?

 

Le vent du large ne souffle pas dans la grand-voile de l'hôtel Burj Dubai, les grues rivées au sol par des tonnes de béton ne peuvent pas même s'envoler. Elles se contentent de manœuvrer leurs longs nez au-dessus des immeubles en voie d’achèvement et picorent ici ou là une panière de tringles d’acier ou des sacs de ciments mal empaquetés semant la chaux qu’ils contiennent. Le temps des tours est-il fini ? Courbe-toi fier Sicambre ! L’homme, inventeur orgueilleux de tous les mondes modernes, conquérant de la verticalité, serait-il condamné à ramper ?

 

Les grandes tours seraient ballotées par les vents du désert et leurs lents mouvements de balancier annonceraient que les fortunes sont bâties sur du sable ?

 

Une plainte sourde affole les immeubles géants qui bordent Grand Avenue posés sur leurs pieux gigantesques. C’est ce même barrissement qu’on entendait sur l’Ile de Pâques, par jours de grand vents, lorsque le risque survenait que les vents du large apportassent des barques et des pirogues étrangères. Les statues à chignon vociféraient pour protéger leur monde clos où le temps échoué sur des grèves hostiles avait renoncé à son déploiement. C’était aussi la plainte sourde des grands phares au large du Finistère convoquant les derniers monstres des mondes marins à une dernière fête nuptiale avant extinction des espèces.

 

Pourquoi les grands bâtiments, les tours, les gratte ciels, souffrent-ils depuis quelques années et se plaignent-ils par la voix des cornes de brumes. Les Ziggourat des temps modernes répètent le râle inhumain des tours jumelles qui s'effondrent. En veut-on maintenant aux héros de la grande hauteur? Le monde est-il si désaxé que passent pour des fous les poètes qui dessinent ces tours destinées à soutenir le ciel.

 

Que dire des tours de San Gimigniano, de Lucca, de Pise et d’alentours. Que dire de ces familles italiennes de Toscane ou d’ailleurs qui réinventaient le monde, bousculaient sa géographie et déployaient les tours comme d’autres les oriflammes ? Que dire des Egyptiens à la conquête de la hauteur, bâtissant pour les millénaires à venir leurs instruments de la conquête des cieux. Etaient-ils insensés ces Mayas, ces Aztèques et ces Incas pour chercher à conquérir les cieux en partant de la Terre et planter leurs cités au sommet des montagnes, au plus proche des dieux?

 

Les tours, autrefois, si hautes, si puissantes et si fortes en viennent à douter

 

Si hautes, qu’elles créent le stress de l’objectif ambitieux. Si hautes, qu’elles induisent des troubles du comportement pareilles aux montagnes où l’air est raréfié.

 

Si hautes, qu’elles deviennent inhabitables, les corps sollicités par la force de gravité et les âmes souffrant de leur proximité avec l’infini.

 

En prétendant tutoyer les dieux, les tours deviennent les symboles de l’impiété et de l’insolence.

 

Bien sûr, les rêveurs n’ont pas disparu et se prennent maintenant à des rêves de tours kilométriques. D’autres s’efforcent, se promenant dans les champs et les forêts, de rêver vert et de créer des tours environnementales, des tours vertes, économes en tout, en énergie, en calories, en frigories…des tours qui conquièrent l’espace et tutoient les étoiles avec modération, dans un esprit de productivité douce, en recyclant leur flotte et en récupérant l’énergie des grands vents tout en haut dans les cieux.

 

Allons, essayons d’imaginer une riche famille de Lucca, attachée à l’érection d’une tour économe et mieux encore, d’une tour de la sagesse ou d’une tour astronomique…Essayons de rêver un Inca, vert et durable.

 

Il est vrai, nous dit-on, que les tours ne monteront jamais jusqu’au ciel, ni les cours de bourse, ni les bonus, même lorsqu’ils sont astronomiques, ni les indices économiques, ni les PNB par habitant. La sagesse humaine est bourrée de mots, d’injonctions et de conseils sur la mesure, sur la prudence et sur les risques qu’on prend à monter trop haut.

 

L’écologie est là. L’oiseau veut rester sur le branches d’en bas et transmet aux hommes la philosophie du nid. N’est-ce pas aussi tout en bas qu’on trouve les niches chaudes, protectrices et économes. Se lover sur soi-même et non plus se déplier, puis se déployer et, enfin, partir à la conquête du monde.

 

Ce serait une bien triste fin.

 

Mais, s’il faut une raison d’espérer, alors il faut s’en aller à San Gemignano pour méditer sur les tours qui se dressent encore. Pour les voir semer dans les airs, pollen ou graines, les tours de l’avenir.

 

 

 

 

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