Promenades à Florence

Pourquoi en vient-on à penser que Florence vire au décor? Passé le ponte alle Grazie qui précède le Vieux pont, il faut prendre la rue vaguement parallèle au quai, la via dei Bardi, qui conduit vers l’embranchement où le vieux pont se télescope avec la via Dé Guicciardini qui monte vers le Palais Pitti et la via dé Barbadori.

 

Tout au long de la promenade, les façades, impeccables et proprettes se succèdent frappées de leurs blasons et de plaques commémoratives, rappelant au promeneur à ses obligations de mémoire: à tel numéro, tel grand poète a vécu, à tel autre, tel historien de la cause de Florence est mort. Ce ne sont plus des palais qui se suivent tout au long de cette belle rue. Boutons électriques et interphones indiquent que ces grandes maisons ont été divisées en espaces d’habitation plus modestes. On imagine les grands salons coupés dans le sens de la hauteur et de la longueur pour faire d’un cube quatre pièces en duplex. Derrière les grands palais s’affairent de petites gens. Au lieu des salles de bal gigantesques, on trouve maintenant, un studioso, élégamment reconfiguré, meublé en revival des années 50, du Charlotte Perriand ( what else ?), un peu de Le Corbusier et de leurs élèves italiens.

 

Florence comme les grandes villes touristiques perd son âme tranquillement. Trop de gens venus pour l’admirer et qui ne savent comment s’y prendre. Trop de cultures qui viennent se jauger à l’aune de la Seigneurie et qui s’en retournent déçues car la Seigneurie est devenue mutique. Trop de regardeurs qui n’attendent qu’une chose : enfourner des images dans les boîtes pour les oublier avec plus de force et de conviction que s'ils avaient dû faire face au trop-plein de leur mémoire.

 

Allons! Peu importe! Si Florence verse dans la caricature d’elle-même, nous fermerons les yeux. Nous nous réfugierons dans une église. Nous prierons alors comme nous savions le faire quelques siècles auparavant. Nous fermerons les yeux en tout cas. Nous ne verrons plus les imbéciles qui viennent flétrir l’image de celle que nous aimons tant. Nous retrouverons enfin cette Florence violente, arrogante, tape à l’œil qui a tant fait pour révolutionner la façon de concevoir le monde et de le voir. Nous nous promènerons et ramasseront ici et là, les images que la belle ville laisse tomber sur son passage pour ses admirateurs.

 

 

 

 

Nous nous promènerons et ramasseront ici et là, les images que la belle ville laisse tomber sur son passage pour ses admirateurs. Nous nous saisirons des images qui nous plaisent. Les images que nous donnerons seront les nôtres et rien que les nôtres. Celles que notre passion aura choisies. Celles qui nous suivrons des siècles durant.


Aussi: J'ai retrouvé, recherchant les images de la ville aimée, que ses reflets dans l’Arno étaient puissants.


Encore: prétendant saisir n’importe quelle rue, bâtiment ou église, il m’est apparu que leurs élancements vers le ciel, les destinaient surtout à découper avec soin, avec art, des morceaux de lumière, des draps teints de bleu, des brumes blanchâtres.

 

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