Carré Magique

1ère Partie: Le Carré Magique de Kaldor


 

Ce pourrait une configuration de cartes dans un jeu réservé aux traders. En fait, c’est un rêve ou l’expression d’un rêve.


Dans tous les domaines où on peut calculer, compter, mesurer, les professionnels cherchent toujours un nombre, un rapport, une mesure idéaux.

Né dans la Grèce antique, le nombre d’or a été pour les peintres, sculpteurs et architectes de la Renaissance jusqu’aux temps modernes un mode de création à part entière.


En économie, il y a le carré magique, représentation graphique inventée par Nicholas Kaldor. Il rassemble les indicateurs des quatre objectifs que devrait viser une politique économique équilibrée: taux de chômage, taux de croissance, taux d'inflation et solde de la balance commerciale. Le graphique idéal représenterait un carré.

Comme c’est un idéal….le carré est appelé magique car, jamais ou presque, aucun pays n’est parvenu à combiner aussi idéalement ces indicateurs !!!!


2ème partie: Le Carré Magique en plusieurs dimensions

Et puis Nicholas Kaldor, Hongrois de naissance, Anglais d’adoption restait selon les commentaires sur son œuvre, un keynésien d’obédience classique. Son carré d’or avait un côté newtonien en un temps où Einstein et la théorie de la relativité triomphaient. Il n’est pas facile d’être tout le temps de son temps.


Et justement, voilà ce qu’il avait négligé : le temps.

On ne commentera jamais assez le rapport difficile qu’entretiennent les économistes avec le temps. Ils hésitent sans cesse entre le considérer comme une hypothèse non nécessaire ou au contraire le propulser dans l’univers inatteignable des dieux et de leurs épopées.


Or, si on avait ajouté le temps au carré magique qu’aurait-on obtenu ?


On dit que des Français s’y sont attelés. Ils ont donc ajouté une dimension au carré : le temps justement. Et le carré de Kaldor est devenu un cube qu’ils ont immédiatement qualifié de « Magique ».


Sur quoi, des études poussées un peu plus loin, ont ajouté d’autres dimensions : les chercheurs français ont voulu vérifier ce que donnerait l’introduction de l’Avenir dans le cube magique. Epouvantés, ils ont pensé avoir rencontré le démon. En fait, ce qu’ils avaient fait apparaître n’était qu’un trader fou jouant de l’algorithme sur un rythme quantique.


Ils ont continué, insistant sur le présent, dimension du temps que certains jugent insaisissable : à peine l’avez-vous trouvé qu’il mute en passé et tant que vous n’y êtes pas parvenu il flotte comme une latence. Ils ne furent pas plus heureux dans leur trouvaille, car, c’est le  concept même du prix de marché qui jaillit sous leurs yeux ébahis, fruit avarié de la rencontre entre les courbes primales de l’offre et de la demande. Ils virent, un instant de raison avant son anéantissement, qu’il contenait tout : lui-même, le présent donc, le passé et l’avenir. Le prix savait tout, disait tout, contenait tout et à ce titre ouvrait la porte à tous les calculs. Le prix enfanté par le marché à son tour le rendait possible et offrait enfin aux économistes quelque chose de solide sur quoi penser.


Toutefois, et c’est à ce titre que l’humanité leur sera éternellement reconnaissante, les chercheurs français, continuant leurs recherches, rencontrèrent un temps qui jusque-là était demeuré dissimulé, caché, un temps subreptice, un temps avec un parfum comme certaines plantes vénéneuses savent les exhaler, avec des fragrances de pourri, des jaillissements de bling-bling, des notes non pas florales mais salées : le temps politique.


Celui-là découvrirent-ils contenait tous les autres. Grâce à lui on pouvait s’exclamer que si « cela est impossible cela sera fait, si c’est possible c’est déjà fait ». Par lui, tous les carrés pouvaient devenir magique, si, bien entendu, et seulement si, on en respectait le déploiement. Le temps politique c’est ce qui fait que la dette française est remboursée quand les sots continuent à en faire un sujet de débats européens. C’est lui aussi qui fait que les dix millions de réfugiés syriens sont devenus allemands et je jurent que par Thor, Odin et le Walhalla.


Le cube magique en plusieurs dimensions : voilà qui fait passer le monde des économistes dans le vrai monde, celui des relativités relatives et généralisées.

 

 


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