Caroline de Boissieu chez BOA

Transparence

 

Chez BOA , 11 rue d’Artois

jusqu’au 31 mars

 

Encore une belle exposition sympathique chez Philippe Ageon : des peintures sur transparents et calques de Caroline de Boissieu de toutes tailles et, ce qui n’est pas désagréable, de tous prix ! Ce n’est pas une peinture délicate et charmante contrairement à ce que l’emploi d’un support fin et qui parait fragile laisserait penser. Rien de diaphane, pas d’élytres de libellules dont les transparences s’ajouteraient aux transparents du papier calque. Pas de jeunes filles en fleurs évaporées et planantes.

 

Ce sont plutôt des ombres qui s’effacent ou se dissolvent. Des vagues qui déferlent, saisies dans l’instant où elles se brisent, sans se figer en blocs trop solides. Ce sont des personnages dont on devine l’ombre et pourtant, il n’y a pas de soleil et si peu de lumières.

 

Caroline de Boissieu aurait-elle réussi dans une bien curieuse entreprise : représenter l’absence, les personnages disparus et les chemins qui ne mènent nulle part ? Par taches de couleurs ou justement par couleurs fades, atones, informes, elle suggère qu’il y avait quelque chose à voir qui est parti… si on est optimiste, on dira qu’elle propose des commencements à condition de suivre ces ombres qui ne nous font pas signe.

 

Le travail de l’artiste n’est pas seulement voué à ces formes épurées, jouxtant l’abstraction et quelques rêves brumeux, elle livre des portraits, ou, ce qui ne revient pas tout à fait au même, des personnages qu’elle a voulu représenter en saisissant un moment, entre ombre et lumière. Je pense particulièrement à la célèbre « opposante » birmane  Aung San Suu Kyi qu’elle montre entre barreaux de prison et libération.

 

Tous ces travaux sur calques donnent une impression de passage et d’instantanéité. Pour certains d’entre eux, un retro-éclairage vient rehausser des tonalités douces et fanées. Pour les autres, lumière naturelle et ambiance lumineuse de la galerie, toutes sources lumineuses ajoutent du hasard aux formes floues et évanescentes.

 

C’est un beau travail, intéressant et prenant.

 

 

 

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