Bitcoin et coronavirus: Pendant la crise, le bitcoin dansait…

 Cet article a été publié dans le cercle des Echos

 

« Et bien chantez maintenant » ! On aurait pu adopter la politique du benign neglect. Ne rien faire, laisser faire la nature et attendre que l’épidémie/pandémie s’éteigne toute seule. En France, on ne cesse de répéter que les précédentes épidémies de grippe avaient provoqué de l’ordre de 15000 à 20000 morts sans que cela ne fasse bouger les gros titres de la presse, ni les exhortations politiciennes. C’est un autre choix qui a été fait : le confinement.

 

Les vieilles monnaies sont montées au front

 

Si le confinement s’était limité au rétablissement des frontières avec visa de santé médicale à l’appui, les conséquences économiques auraient été « limitées ». Les transports en tous genres et par tous moyens auraient été touchés. Dans un monde qui a fait un credo de l’ouverture, de la spécialisation économique et de la liberté de circulation, une simple fermeture des frontières n’auraient pas eu que de simples conséquences. Mais, dans le cas du confinement tel qu’il a été mis en place, ou l’est progressivement, dans la plupart des pays, c’est-à-dire appliqué à une part considérable de la population, les conséquences économiques sont extrêmes.

 

Les pays concernés, quelques soient leurs positions idéologiques, qu’ils soient libéraux absolument ou dictatoriaux totalement, ont du prendre des mesures de soutiens préventifs à leurs économies. Ce sont des milliards d’euros, de dollars, de yuan, qui sont annoncés, promis ou d’ores et déjà versés. D’où sort cet argent ? Du crédit. Ce sont des fonds qui se déversent via les engagements des banques centrales, soit directement au profit des agents économiques soit via les refinancements offerts aux banques qui relèvent de leurs supervisions, ou d’institutions financières qui distribuent capitaux et garanties. Et quand cet argent vient des budgets des Etats ou des collectivités locales de leurs ressorts, c’est toujours le crédit qui est convoqué.

 

On évitera de lister tous les plans d’urgence dans le monde, citons celui de la BCE : 750 milliards d’euros, via des achats de dettes publiques, ou privées, ce qui la conduirait à financer directement les entreprises. La Commission européenne ajouterait 100 milliards d’euros. Les gouvernements des états de l’Union Européenne ajoutant les uns et les autres des dizaines de milliards, chacun de leur côté.

 

Le réveil américain est tout aussi impressionnant, à la fois par ce qu’il représente de rupture de doctrine et par les montants engagés et ce, alors même que l’ensemble du pays n’est pas confiné : 2000 milliards de dollars seront mis à la disposition des entreprises, agences publiques et particuliers. Ce sont des milliards de dollars de prêts qui vont se répandre sur l’économie.

 

Et l’inflation dans tout ceci ? Reconnaissons que c’est là le cadet des soucis des responsables économiques et politiques de tous bords. Reconnaissons aussi que cela fait des mois qu’on cherche partout cette fameuse inflation et qu’elle n’en finit pas d’arriver. Pourquoi aujourd’hui se soucier d’un paramètre aussi rebelle.

 

Que vaudra tout cet argent déversé sur les économies aussi bien entre les mains de particuliers qui vont consommer que pour les entreprises qui pourront ne pas licencier. Que vaut la planche à billet et le billet qu’elle produit ? Quelle valeur tous ces monceaux de dollars et d’euros ?

 

Les monnaies cryptées restent à l’écart, bien au chaud

 

Rien, bien sûr ! Lancent les tenants de la nouvelle économie monétaire. Il faut se précipiter sur les sites qui nous parlent des alt-moneys. Pour aller plus vite, il faut aller directement sur ceux du « bitcoin ». Pour tous « c’est le moment ». La débandade des monnaies « fiat » est en cours, les valeurs vont dégringoler.

Donc, il faut se porter vers les monnaies cryptées qui ne dépendent pas de la folie des politiques. Les monnaies cryptées sont indépendantes de tous les systèmes qui pervertissent la monnaie et la détournent vers les banques et les institutions financières, bien loin du peuple des épargnants et des créateurs de valeur.

 

Mieux que cela, les alt-moneys vont permettre aux épargnants de se protéger comme l’or autrefois. Non seulement elles protégeront les titulaires des wallets où elles s’accumuleront, mais aussi elles les enrichiront. Le bitcoin à 350 000 euros n’est pas loin, et celui à un million est pour bientôt. Rappelez vous qu’il est passé de quelques poussières de dollars à 20 000, il n’y a pas si longtemps. Après avoir créé de faux espoirs et une poussée des cours, les manœuvres de la SEC opposée à la mise en place de dérivés et de futurs n’ont pas eu raison de la « monnaie-cryptée reine ». Le bitcoin a plié mais n’a pas rompu.

Il s’est laissé retomber à 3000 dollars, mais il s’est vite repris et il est revenu à 10 000. Puis il est redescendu, mais ce n’était que de l’exubérance sur un marché joyeusement animé. Et aujourd’hui, il enchaîne les plus 20 et les moins 30% tous les deux ou trois jours.

 

Le bitcoin est emblématique, toutes les crypto-monnaies se sont montrées pleines d’entrain et se sont mises aussi à danser.

 

Mais voilà la question depuis qu’il y a crise : en dehors de la danse de leurs cours et des joyeuses comparaisons avec l’or, qu’ont fait les monnaies cryptées pour aider les économies mondiales. Rien ! De la part du bitcoin c’est normal, il y en aura 21 millions et pas plus. Donc, rien à attendre du bitcoin ! Mais les autres, celles qui ne sont pas limitées, se sont-elles mises au service des économies et ont-elles contribué à détendre les angoisses des chefs d’entreprise et des particuliers ?

 

Evidemment, non ! La réponse on la connait ! Les alt-moneys ne dépendent de personnes et n’ont pas d’ordre à recevoir. Plus généralement, comme personne ne peut exercer une influence sur elles, puisque c’est justement leur marque de fabrique, il est hors de question qu’elles puissent jouer un rôle.

Sauf un, en vérité ! Les alt-moneys ne sont pas des monnaies ce sont des refuges, elles ne sont pas destinées à fabriquer et faire circuler la richesse mais à la stocker en faisant croire qu’elles sont inattaquables parce qu’à l’abri des tentations politiques.

 

La compétition entre les monnaies, telle que la rêvait Hayek, est-elle en train de sombrer dans le ridicule ? C’était une utopie ultra-libérale ultime, une fois que les sociétés et les économies auraient été enfin libérées des entraves étatiques.

 

 

Faut-il anticiper, la fin des alt-moneys ? Inefficientes, il faut s’attendre à les voir repoussées en dehors des marchés par les monnaies cryptées souveraines qui avancent, de plus en plus ouvertement.

 

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