La chasse au gros est ouverte

 

Pour chasser le gros, pas besoin de permis…

 

Quand Depardieu a compris qu'on allait s'en prendre aux Gros, il est parti en laissant une lettre derrière lui à l’attention de Moi-Président. Elle commençait ainsi :

 

« Beaucoup de mes amis m’ont fait peur. Ils disent que ton gouvernement a ouvert la chasse aux Gros ».

 

Ils disent que des idées de surtaxes ou de nouvelles taxes vont viser ceux qui ont de la surface. Moi-Président, je te prends à témoin : ne suis-je pas évidemment visé ? S’en prendre aux gens qui ont de la surface laisse de côté le petit, le maigre voire le malingre. On va me surpondérer ! On me pèsera bientôt comme un vulgaire Aga Khan pour me prendre plus d’argent encore.

 

Moi-Président, tu sais bien que je suis un gros professionnel. Le public exige que l’acteur ne trahisse pas son attente. Quand, sur scène, le public attend un gros, ce n’est pas pour voir arriver un clown rembourré. On veut donner du poids à un personnage ? Le public sifflera les acteurs filiformes !

 

Mais tes amis dénoncent ces citoyens que prennent deux places pour un même ticket dans le métro. Ils disent que les gros ralentissent l’écoulement des foules courant vers les bureaux. Les gros grèveraient les comptes de la sécurité sociale, ils doivent passer à la (grosse) caisse. Ils disent qu’une taxe à l’essieu spéciale va être mise en place pour toutes les automobiles dans lesquelles se posent des gros.

 

Moi-Président qui était rond, tu as abandonné les gros !

 

Je me souviens de ce vers de Racine : « et pour sauver votre honneur combattu, il faut immoler tout, et même la vertu ». Depardieu, sacrifiant la Vertu, a donc pris la fuite. Les injures se multipliaient trop pour ne pas faire peur : Gros fumeur, grosse huile, gros poisson, gros bonnet, grossium… sans parler des injures à base de « Gros » et de « Gras ».

 

Sans parler de ces politiques qui veulent appliquer la loi Evin aux gros ! On n’aurait plus le droit d’être gros dans des lieux publics comme il n’est plus possible d’y fumer. Sur le lieu de travail, les entreprises devraient réserver des locaux destinés aux gros comme il en est prévu pour les fumeurs invétérés. Mais rends-toi compte, Moi-Président, on ne peut pas être gros de temps en temps comme on peut, de temps en temps, céder à l’envie de fumer.

 

Les grandes souffrances sont silencieuses

 

Délaissé, menacé, je suis parti. J’irai même en Sibérie s’il le faut puisque les Amériques me sont interdites. Ils cherchent à réduire le nombre de gros par une sorte de contrôle des naissances a posteriori.

 

Mon (gros) appétit de liberté n’est plus partagé dans mon propre pays. L’homme de la rue ne me soutient plus ! Les Français en veulent aux gros portefeuilles et aux gros revenus. Le sympathique Obélix s’est effacé. Aujourd’hui, être gros c’est être grossier, c’est être obèse. Pire, c’est être addict.

 

Alors, je suis parti.

 

 

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