La photographie française existe... je l'ai rencontrée

Maison Européenne de la Photographie, jusqu’au 20 mai

Cette chronique a été reprise par Mowwgly

C’est une idée heureuse que celle qui ambitionne de montrer la photo française, de dire et démontrer qu’il n’y a pas que les photographes étrangers qui comptent comme, dans l’art contemporain, tourne en ritournelle ce propos désabusé :

« Mais en France, faute de champions de niveau international capables de rivaliser, que dire pour ne pas être taxé de jalousie ? Et que faire, sinon constater que l’art contemporain est l’enfant de la société américaine, qui lui a donné ses lettres de noblesse ? » (In Requins, caniches et autres mystificateurs de Jean-Gabriel Fredet).

Donc, nous avons des champions ! Sont-ils de niveau international ? La question restera toujours aussi mal posée tant que nous n’aurons pas admis que cette photo française que la Maison Européenne de la Photo a rencontrée, les Français ne la rencontrent pas beaucoup, l’achètent encore moins et n’en font, quand ils en ont acheté, que très rarement la promotion.

 

Je n’insisterai pas sur les dénigrements imbéciles qu’on surprend, ici et là, dans des vernissages, si possible, proclamés avec force pour qu'on entende : « ils savent pas photographier ! ils photographient comme des cloches … »Je me répète, ce n’est pas nouveau: il faut reprendre les mots de Chateaubriand pour comprendre que ce mental « ouvert sur le monde » aboutit bien vite à « fermé sur la France » !

« Le suprême bon ton était d'être américain à la ville, Anglais à la cour, Prussien à l’armée ; d'être tout excepté Français ». (mémoires d’outre-tombe)

 

Pourquoi faut-il que les esprits éclairés de notre beau pays s’efforcent d’importer les sources de lumière que sont les œuvres d'art ? Faut-il penser que n’ayant vraiment pas de pétrole, nous avons fini par penser que nous n’avons pas d'énergie et qu'il nous faut accepter, reconnaissant, celle qui nous vient de loin ? 

Allons! Rengainons ces remarques furibondes qui, selon bon nombre de nos intellectuels ne sont que franchouillardises et regardons les images françaises présentées par la MEP.

 

Et applaudissons! Car le choix des œuvres est très bien ! Et même le choix de photographes qui ne me passionnent pas est un bon choix : ils sont jeunes, ils essaient de faire des « choses ». Ils ont convaincu des amateurs. Ils sont exposés. Je pense à Denis Darzacq, à Mathieu Pernot et à Orlan.

 

Pour ceux que j’aime, la place est belle et les photos très bien choisies :

 

-        Bernard Faucon, quelques grandes photos, magnifiques tirages, lumière et couleur

-        Pierre et Gilles, photos anciennes et photos d’aujourd’hui, un parcours. Très beau

-        Raymond Depardon avec des photos de New York, à faire oublier la photo de F.Hollande

-        Gérard Rondeau, poétique

-        Bernard Plossu, rêveur

-        Sophie Ristelhueber , quand la carte rejoint le territoire

-        Hervé Guibert, ténébreux malgré les raies de lumière,

 

Je ne peux pas les citer tous, cela deviendrait un catalogue, je ne peux qu’appeler à passer beaucoup de temps dans cette exposition et à penser très fort, pour que cela vienne aux oreilles des organisateurs de la MEP, qu’il faut multiplier ces expositions françaises. Elles sont saines, naturelles et surtout donneront à penser aux collectionneurs étrangers, aux musées d’outre Rhin et d’outre Atlantique que la façon française de voir, faire émerger à la vue et de proposer au regard est forte, intelligente et porteuse de visions pour demain.

 

Je leur demande à ces organisateurs de diffuser « la confiance en soi » du goût des Français, de la forger grâce à l’exposition des jeunes artistes, encore et encore. Je leur demande de marteler qu’on ne « rencontre plus la photo française » comme si c’était un croisement hasardeux: une fois qu’on s’est croisé, on se tourne le dos chacun partant dans son coin : le photographe français vers sa solitude, l’exposant professionnel vers les vastes espaces de l’art mondial.

 

C’est passé, fini, « une fois rencontrée, on doit la reconnaître et marcher avec elle ».

Ne sommes-nous les leaders incontesté du beau ?  

Enfin, le livre qui vous dit tout sur un Paris qu'on ne veut pas montrer, un Paris méconnu, un Paris retrouvé.

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