Yusuf Cevingli, galerie les Filles du Calvaire

Yusuf cevingli ou l’intensité

 

Une nouvelle fois la Galerie des Filles du Calvaire expose Yusuf Cevingli, photographe Turc. Une nouvelle fois, ce photographe m’a touché.

 

Travail à la fois sur soi-même et sur l’impression que le monde laisse sur l’esprit. Pourquoi « travail » et pas « œuvre ». On évitera un débat qui serait ici inapproprié : je pense que toute œuvre est un travail. Mais ici, je préfère écrire « travail » tant l’intensité est forte, tant les photos paraissent le fruit d’une tension, tant il s’y trouve d’émotion contenue.

Les photos parlent-elles de l’artiste ? Toute œuvre parle de son créateur. On le sent très fort ici. Yusuf Cevingli fait partie d’un courant puissant d’expression, où l’artiste fait venir au regard un monde fragile, incertain et sombre.

 

Parmi les photos que j’ai sélectionnées, trois expriment parfaitement intensité, tension et émotion. La première, est une photo d’incendie. Elle me donne le sentiment de cauchemarder un incendie qui aurait frappé la « maison d’Usher ». Quoi de plus banal et d’émotionnellement facile que la photo d’une maison en flamme. On y trouve facilement de quoi méditer sur les œuvres et leurs fins. Sur le retour à l’unité primordiale, où l’air, le feu, l’eau et la terre sont convoqués pour chacun jouer leur partition. Mais ici, Yusuf Cevingli, ne montre pas simplement un « incendie de maison ». C’est aussi une illumination. La transfiguration d’une maison. Toute une énergie contenue qui est livrée au regard.

 

Autre photo, cet homme ou ce garçon, peu importe, accroché tout en haut d’un réverbère. L’image est passionnante et illustre ce qu’il y a de tension dans le travail du photographe : le personnage est monté tout en haut probablement pour être à même de regarder le plus parfaitement possible une manifestation, quelle qu’elle soit, festive, politique, sportive… Il est là-haut à la recherche des images et s’accroche farouchement, éclairé par on ne sait pas trop bien quoi. D’où vient cette lumière qui l’illumine ? Pas du réverbère en tout cas qui paraît éteint et obscure. Tension de l’effort, tension de l’illumination.

 

Enfin, l’évocation de liberté fragile, dans ce sombre paysage de mer, de vagues qui viennent déferler sur un rivage triste et gris. Liberté ? Mais, un entrelacs de tiges de bois ou de ferraille est là pour dire qu’entre la liberté et l’enfermement, il y a si peu de distance. Faut-il penser qu’il s’agit là de l’armature d’une tente ? Que face à une nature hostile et sombre, toute protection est hors de portée, et se résume à un squelette de refuge. Faut-il penser que cette armature n’est pas la fin d’une défense mais son commencement. Tout concourt ici à heurter le regardeur et à le faire plonger dans un flux de souffrance et d’attente.

 

Mais, il faut aussi se tourner vers cette fillette dont on se demande si elle s’est grimée ou si elle a voulu récupérer des codes, bourgeois : voilette et lunettes.

 

Furie du monde, douleurs et sa vérité. Le cygne qui se dédouble en pure image nette et précise a son pendant dans une photo d’oiseaux noirs dont on ne sait s’ils sont dans une volière, ou accrochés en attente d’une proie.

 

 

Très belles photos à voir très vite.

 

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