Normandie "pourquoi?"

Pourquoi prendre une photographie ? 1

 

Pourquoi, quand on sait combien de photographes se sont escrimés à faire de « belles photos » ? N’y a-t-il pas là un brin de vanité « fleur bleue » : « Moi aussi, je peux prendre des photos » ?  Ou tout bêtement, « tiens, ça c’est joli » et on prendrait une photo comme d’autres cueillent des fleurs, herborisent et collectent les cailloux intéressants. On ferait des recueils de photos comme d’autres font des herbiers avec des papiers spéciaux pour conserver formes et couleurs au plus près du vrai, du ressenti, de l’image capturée et de l’herbe collationnée. La photo est si proche aussi de la chasse au papillon. Une photo… un papillon. Epinglé sur un bouchon, protégée dans une boîte pour que les couleurs ne fichent pas le camp sur un coup de vent ou un courant d’air importun. La photo, comme le papillon, la mettre à l’abri. De l’humidité mais aussi, et cela paraît étrange, pour la protéger de la lumière, elle qui en vient justement, photo, en grec, lumière, clarté. Danger.

Ou bien ce serait pour la mémoire, immédiate ou longue, pour nourrir en images un cerveau avide, comme on aime l’emplir de notes de musique. A quoi sert de répéter en boucle le morceau qui vous plait ? A quoi servent toutes ces images saisies sur le vif, qu’on fera défiler dans un moment d’ennui, c’est-à-dire souvent ? Ce serait pour se souvenir d’un bon moment, d’un détail, qui aurait fait « madeleine » si on avait su être un peu poète, d’un instant aussi, pour résister au rouleau compresseur des minutes, des heures et des jours. Saisir l’instant. Instantané. Comme tout ceci va bien avec notre temps, celui du « vite », « tout de suite », « SMS », « message », « Tweet » : prendre la photo, comme on lit un mail ou un SMS. A l’arrache aussi. Prendre, se saisir, comme on cueillerait trop brutalement une fleur, comme on casserait une branche pour en saisir les fleurs ou les fruits. On ne réfléchit pas lorsque le petit signal dit qu’un message, un appel, un Sms. Non ! On dégaine, on ouvre, on scan, on ferme, ou en répond, « c koi », « ou tai »…

Oui, c’est une bonne piste, les photos volées, emportées, jetées dans la mémoire de l’appareil, comme on balance les mails dans le cloud, en vrac, comme on ne range plus son jean et son T-shirt. A preuve, les photos ne sont pas cadrées, prises sur le vif, sur le moment, volées au temps qui s’enfuit, pas le temps de mettre en page, pas envie, à quoi ça sert, prise de tête, la photo elle est comme ça… si elle te plait pas. Ne pas se formaliser. ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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