La crise est en déroute et ses solutions en crise

Et si les enfants laissaient tomber les parents

Il y a des déclarations qui tuent ! Pas le déclarateur, bien sûr ! Car celui-là, il est généralement très content de lui. Parmi les déclarations mortelles, celle, récente, attribuée à Johny Deep. "Vanessa et mes enfants sont plus que jamais ma priorité... Ils m'ont sauvé la vie en quelque sorte !». Dramatique ! Voici un père qui crie sur tous les toits qu’il doit sa peau à ses enfants !!!!

 

Pourquoi est-ce dramatique ? On pourrait dire, on devrait dire, que c’est touchant ! Surtout lorsque c’est un père, un homme quoi ! Un homme c’est fort et, pourtant, on nous raconte qu’un homme peut trouver une source de jouvence et de renaissance dans ses enfants. Incroyable d’entendre çà ! On a l’impression que Kronos ne s’est jamais avisé de bouffer les siens et qu’Abraham n’a jamais eu l’idée saugrenue de vouloir massacrer son fils. En d’autres termes, dans le sens inverse, jamais enfant n’aurait eu l’idée de tuer ses parents… on voit sur le champ que ce genre d’idée doit être maniée avec précaution. C’est tout Freud qui y passe...et plus généralement, les fondements de notre civilisation occidentale.

 

L’idée qu’un fils, qu’un enfant et même pourquoi pas une fille puisse aider, sauver et soutenir son père et sa mère, quand on y réfléchit trente secondes est une réelle absurdité. Tous les mythes grecs, romains et les autres dans les autres parties du monde, ne parlent jamais de monsieur fils ou de madame fille qui vont donner un coup de main à monsieur père ou madame mère.

 

 

Cherchez bien ! Vous ne trouverez pas ! Ou fort peu. Il y a des cas dans les faits divers. Par exemple : « il a six ans, et sauve son père en prenant le volant de la voiture évitant ainsi qu’elle tombe dans …la Seine, un trou, n’importe où » ou bien «  il a deux ans, il se met à pleurer parce que la fumée lui pique les yeux et réveille ses parents qui découvrent que la maison est en train de brûler » . Bien sûr que des histoires comme çà, il y en a plein….mais, en fait c’est pipeau ! On voit bien que si on en parle c’est parce que c’est exceptionnel, ce n’est pas une habitude,  les enfants ne sont pas là, en général, pour sauver leurs parents.  Revenons vers la tradition. L’imagerie grecque ou latine. Cherchez bien, essayez donc de trouver des récits sur les enfants qui sauvent leurs pères et mères. Vous aurez bien du mal.

 

 

Il y a Enée, lors de la prise de Troie, les Achéens ayant bloqué toutes les portes, qui se débrouille pour sauver Ausone, son père invalide, en le portant dans ses bras. Pourtant, il n’y a pas que là qu’on trouve des enfants qui sauvent leurs pères. Diderot fait grand cas d’Arianus et de Metellus qui « échappèrent au fer des assassins par les soins et le courage de leurs enfans ». il y a aussi  Oppius, « qui avoit sauvé son pere infirme, en le portant de lieu en lieu sur ses épaules » et, de là, ils filent tous les deux en Sicile. Et bien sûr, tous les cœurs français résonnent encore des cris de Philippe le Hardi, 14 ans, « père ! garde-toi à droite… ».

 

Il faut arrêter là cette énumération car sa longueur est trompeuse. Les exemples de pères sauvés par leurs enfants sont rares, à ce point qu’en mettant tous les moteurs de recherche sur la question, il ne vient à la surface de l’écran que les exemples cités plus haut, ou bien des histoires de chiens écrasés, plus ou moins bidonnées par des journalistes en mal de sensationnel.

Or donc, l’aveu de Johny Deep, tout impressionnant qu’il puisse paraître ne répond pas à aucune réalité ni aucune vérité spirituelle, sociale, religieuse. En vérité, la réalité est exactement inverse.

 

 

La tradition occidentale, c’est que le fils et la fille ne donnent pas de coup de main à leurs parents,  ils devraient donner, ils donnent, un coup de couteau ou un autre coup dans le même genre.

 

Ce long développement pour mettre en valeur à quel point la situation des sociétés occidentales est devenue complètement anormale et se trouve peut-être comme la cause première du déclin desdites !!! Car qu’en est-il de ces sociétés ?

 

Et spécialement de la Société Française ?

Disons-le directement : les jeunes payent pour les vieux. Pas plus compliqué que çà. La retraite par répartition, honnêtement, qu’est ce que c’est sur le plan du principe ? sinon le fait de ne plus travailler pour le motif qu’on est vieux, qu’on a atteint l’âge, avancé, qui permet de se reposer, de se retirer (les anglais utilisent même le « retirement » et non le mot « retreat » et évitent ainsi une confusion désagréable). Donc, à un certain âge, des gens ont le droit de dire, à d’autres, plus jeunes, de façon très naturelle « je me retire, je ne joue plus, mais vous, les plus jeunes, vous allez continuer à jouer dur, pour me permettre de vivre confortablement…. »

 

C’est fou çà ? C’est la retraite par répartition. Dans beaucoup d’autres pays dira-t-on, la retraite par répartition n’existe pas, c’est la retraite par capitalisation qui l’a emporté. (Et qui a été un peu emportée par la dernière crise économique…) Certes, certes…mais quand on y réfléchit bien, la retraite par capitalisation, c’est la même chose en hypocrite comparée à la retraite par répartition. Cette dernière dit directement leur fait aux jeunes : ce que vous allez payer, on va le répartir entre les vieux. C’est clair, pas d’ambigüité. La retraite par capitalisation, c’est : « tenez les jeunes on vous passe de l’argent, soyez gentil faites lui produire des petits, c'est-à-dire, bossez pour qu’il nous permette d’encaisser de belles pensions. »

 

Donc, dans nos sociétés occidentales, Oedipe est couillonné, il tourne en rond, il ne pourrait même pas ambitionner de marier la Jocaste. Au contraire, au lieu de flinguer Laïos, il viendrait lui donner un coup de main, l’aider à manger, le balader en chaise roulante etc etc…

D’autres exemples ? Le pire des exemples peut-être, l’assurance maladie ! On pourrait la faire remonter à Enée d’une certaine façon : il sauve son père invalide en le portant dans ses bras… voilà très exactement ce qui se passe de nos jours. L’allongement de la durée de la vie a multiplié les Ausone. Les invalides, grabataires, personnes dépendantes, atteintes de toutes sortes de maladies, se multiplient comme le chiendent. Tout çà a un coût. Et plus les vieux deviennent vieux, plus le coût s’élève. D’autres études insistent sur le fait que la moitié des dépenses de santé sont engagées dans les cinq dernières années de la vie.

 

Qui paient cette fantaisie ? Les gens qui ont des revenus bien sûr ! C’est-à-dire ceux qui travaillent, c'est-à-dire les jeunes…. Et voici qu’à nouveau nous nous retrouvons en face de l’injure faite aux traditions de notre civilisation. Les sociétés occidentales ont complètement inversé ces traditions. On a anéanti l’hostilité naturelle du fils à l’égard du père, son désir de prendre sa place sinon dans son lit au moins aux commandes de l’entreprise familiale ou dans la jouissance des avoirs et du patrimoine. Lui a été substitué une chaîne plus dure que tous les esclavages, l’obligation pour le fils de payer pour le père.

 

 

Mais il y a pire.  L’horreur dans l’inversion des sens n’est jamais loin et dans le domaine des dépenses pour la vieillesse, elle est là, omniprésente.

 

 

Les mêmes études ont montré que les dépenses de santé des personnes en fin de vie (majoritairement des vieux, cela ne surprendra personne) ne sont pas fonction de la gravité des dommages ou des maladies, elles ne dépendent pas non plus directement du niveau de fortune. C’est dire que ce n’est pas nécessairement parce qu’on est riche qu’on dépense plus en soins médicaux en fin de vie. Le niveau des dépenses reflète tout simplement l’importance attachée à la vie par les gens qui sont en train de la perdre. Et ici tout n’est que logique : la valeur d’une dépense de santé est nulle quand on est mort. En revanche, tant qu’on ne l’est pas, le désir de survivre prend une dimension d’autant plus élevée qu’on se sent proche de la mort. Il en résulte selon les études américaines, que suivant son intérêt personnel, un individu aura tendance à dépenser toute sa fortune pour essayer de durer le plus longtemps possible. Cela expliquerait la moitié des faillites personnelles.

 

Ainsi la prodigalité s’accroitrait avec l’approche de la mort !!!!

Ainsi  non seulement, le fils est obligé d’accueillir le père prodigue, mais, au surplus, il paiera pour ses prodigalités ante-mortem.

Et si les jeunes décidaient d’inverser cette tendance sacrilège pour revenir aux bonnes vieilles relations hostiles ?

Nos sociétés retrouveraient leurs racines et les comptes de la Nation se remettraient dans le bon sens…..

ET SI L’OURAGAN SUIVAIT LA TEMPETE ?

Ouf ! Ils sont tous allés à Londres, y compris le Président Obama, dont on avait craint, pendant un court moment de déraison, que l’Air Force One présidentiel pourrait bien faire demi-tour. Ouf donc ! 2009, n’a pas été une réédition des années 30 quand Franklin Delano Roosevelt décidait de se consacrer aux Etats Unis, avant tout ! Les pays importants de la planète ne se sont pas précipités dans la course aux préférences impériales et nationales.

 

Au contraire ! Non seulement ils étaient tous là, même les chinois, même les Russes, même les Brésiliens, mais ils ont tous fait preuve d’une capacité de décision qui a renvoyé les 20 dernières années dans les poubelles de l’histoire.

 

La tempête n’est pas écartée.

 

On n’écarte pas les tempêtes. On peut les déclencher, on peut ployer ou essayer de bomber le torse, mais une fois lancée, la tempête ne s’arrête pas. Pour autant, une fois qu’elle est passée, on peut faire semblant de ne pas avoir été touché, on peut tirer vanité de n’avoir pas été dans l’exacte trajectoire et pousser un soupir de soulagement…on peut …faire cavalier seul et décider que la tempête, c’était finalement les autres et surtout…pour les autres !

 

Cela n’a pas été le cas, non seulement il y a eu du courage mais aussi de l’ambition. Il y a eu surtout des décisions. Le G20 c’est la mort du "Benign neglect» américain. C’est la fin de « l’unilatéralisme » comme on qualifiait la politique de GW Bush. Le rêve d’empire américain a rejoint dans les brumes de l’histoire, le vieux duopole américano soviétique vaporisé à la fin des années 1990.

 

Si La tempête est bien derrière nous, ses ravages sont, là, sous nos yeux.

 

Elle laisse derrière elle, le mirage brisé du libéralisme doctrinaire, la conviction ruinée que la volonté d’entreprendre des individus conduit inéluctablement vers le bien des collectivités. Des pays riches en sortent ravagés : pur produit de l’aptitude retrouvée de l’Europe à la solidarité l’Irlande est ruinée au même titre que l’Islande pur sous-produit de l’hystérie financière et de l’individualisme national. Les jeunes pays « libéraux » issus de l’effondrement de l’empire soviétique passent d’un seul coup d’un espoir fou de richesse « à l’américaine » à la hantise d’un retour à la case « départ » soviétique.

Le chômage se répand à une vitesse jamais vue depuis la seconde guerre mondiale. Les échanges économiques se sont contractés dans des conditions inconnues. Le système des échanges monétaires et les modes de relations bancaires sont tout simplement revenus 30 ans en arrière.

 

Alors ? Peut-on vraiment souffler ce ouf ! Comme si la tempête passée avait un peu étrillé le monde à la manière d’un coup de tabac sur la flottille des compétiteurs d’un Vendée Globe ou d’une America cup !

 

Et si, la tempête passée n’était que le signe annonciateur de l’ouragan qui la suit ?

 

Et si nous n’étions simplement qu’entrés dans l’œil du cyclone, moment de calme pur avant que la violence pure des éléments se déchaîne.

Et si, en d’autres termes l’essentiel demeurait à faire…

 

Car, on n’a pas encore fait un pas vers ce monde où la richesse des uns ne vaut qu’à concurrence de l’enrichissement des autres.

 

Les pays du G20, ont bien fait de trouver à s’entendre, car il est sûr que le désarroi économique des riches est porteur de ruines et de drames pour les plus pauvres. Parmi les décisions fortes tant au point de vue pratique qu’au point de vue symbolique, il y a ces ressources dont vient d’être doté le Fonds Monétaire International afin de financer le soutien aux pays les plus pauvres. Il y a aussi ce qui doit aller à la Banque Mondiale.

Il y a des déclarations fortes.

 

Les pays développés ont su annoncer, et leurs dirigeants ont su plaider, que les pays pauvres devaient recevoir plus et mieux.

A quelle échéance ?

 

Quel sentiment de l’urgence, quel sens des priorités pour les pays de l’Union Européenne quand l’Irlande et la Grèce s’enfoncent dans une quasi faillite ? Quand s’y ajoutent les dérives dépressives des économies de l’Espagne et du Portugal ?

 

Il faudra beaucoup de conviction pour s’intéresser aux catastrophes humanitaires Africaines et Asiatiques lorsque les taux de chômage européens atteindront des records. Quand les banques irlandaises ou anglaises auront licencié des milliers de polonais, français ou italiens la remontée des préférences nationales à l’embauche sera-t-elle à craindre ?

 

On n’a pas le droit d’anticiper le pire ?

 

L’ouragan qui vient ne sera-t-il pas le déferlement de la lassitude des plus pauvres ?

 

Les plus pauvres dans les pays développés pour qui, richesse, travail, bonheur paraissent aussi imaginaires et aussi inatteignables que l’horizon.

Et surtout les plus pauvres des plus pauvres, dans les pays de l’Afrique Centrale, de l’Amérique latine ….

Et, si pour être réaliste, on devait affirmer qu’aucun progrès dans le sens des plus pauvres n’est pas même imaginable sans un changement radical dans toutes les têtes, et pas seulement celles des gouvernants ?

 

Dans tous les milieux sociaux, professionnels et intellectuels des pays riches la conscience du sens et des enjeux est faible. La vraie pesée du malheur des plus malheureux est encore à faire. La circulation de l’information en fournit témoignage et illustrations tous les jours. L’essentiel invisible pour les yeux ? C’est bien pire. Ce qui est à voir, est là sous nos yeux, tous les jours. Visible et vu.

Vu comme une poussière de mots, saupoudrée par les téléscripteurs, vu comme une nuée de pixels programmée de trois secondes en trois secondes.

Visible, distraitement, atomes dansant dans un rayon de soleil.

 

Le 3 avril, une dépêche de l’AFP, parmi d’autres, tombait sur les téléscripteurs.

 

« Une japonaise s’est tuée en jouant au golf. »

 

Une Japonaise qui jouait au golf avec sa famille dans le nord du Japon s'est tuée en tombant dans un trou de cinq mètres qui s'était formé sous la pelouse, a indiqué la police.

L’agence Reuters annonçait le même jour que le touriste de l’espace, Simonyi, dont le voyage aura coûté quelques dizaines de millions de dollars, a vu son retour sur la terre retardé.

Il a été victime de la météo.

Il y a quelques mois, quelques semaines, quelques jours, hier, des bateaux chargés d'immigrés clandestins ont quitté la Libye pour rejoindre l'Europe malgré une météo défavorable. L'un d'entre eux, transportant environ 300 personnes, a fait naufrage à une trentaine de kilomètres au large.  21 clandestins sont morts, plus de 200 sont portés disparus.

 

Victimes aussi de la météo.

 

200.000 à 400.000 enfants pourraient mourir tous les ans à travers le monde ….

 

C’étaient les estimations de la Banque mondiale en février dernier, si la crise persistait, sur la période 2009-2015.  Ils ne seront pas victimes de la météo. L’indifférence va les tuer à coup encore plus sûr qu’une tempête ou un ouragan. Ils n’auront pas eu le temps de rêver à cette image des 1000 Milliards de dollars du G20, qui, mis bout à bout, feraient un ruban vert et les conduiraient au-delà du soleil.

 

Prévert disait, « Il est terrible le petit bruit de l’œuf cassé sur le Zinc….dans la tête de l’homme qui a faim »

 

Le G20 est un remarquable pas en avant dans la concertation des pays riches. La dépression généralisée comme conséquence du chacun pour soi est peut-être écartée.

 

Pour autant « Café-crème, Café crime arrosé sang »

 

Et si maintenant, l’ouragan….se rapprochait.

Et si on s'était trompé de crise?

Depuis quelques temps, l’image de la ligne Maginot m’obsède, tranchée 14-18 revisitée 1930 avec tout le confort moderne, les toilettes protégées contre les Shrapnels, le couvert assuré contre la pluie et les obus et le gîte aéré et filtré. Elle était parfaite cette ligne Maginot avec ses petits wagons qui permettaient d’aller d’un fortin à un autre, avec ses canons rétractiles, ses cantines et ses dortoirs. La guerre en équipes trois huit !

 

Alors qu’elle appartient à un lointain passé, la ligne Maginot, est comme une plainte assourdie qui me parvient chaque fois que le mot « Crise » résonne.

Cette plainte dit que la ligne Maginot n’avait servi à rien. On s’était trompé de guerre.

 

Que s’est-il passé depuis 2008 ?

 

Une chose est sûre : on n’a pas occupé la Rhénanie ! Plus de cinq ans ont passé et l’Europe, « champ sublime où tant de peuples se mêlèrent en tant de néants », est toute tremblante. Les sonneries de la bataille se sont tues. Errent çà et là, en vainqueurs fatigués, les régiments issus de quelques provinces éloignées, les Portugais, les Espagnols et les Irlandais. Ils n’ont plus de munitions depuis longtemps, plus un rond, plus un crédit public. Ils n’ont plus toujours la force ni le courage de s’atteler à une charrue pour simplement faire droit le sillon.

 

Sur leurs têtes en vols circulaires, planent, inquiétants, quelques charognards. Ce ne sont plus les douces voyelles AAA triplement répétées, ce sont les consonnes de la détresse, les BBB, les CCC, les Junk, junk, junk. A chacun de leurs cris, ils précipitent leurs victimes dans une horreur plus profonde. « Tu désertais », confiance, « et le sort était las ».

 

Et si on s’était trompé de crise ?

 

Et maintenant un sentiment d’effroi saisit l’Europe entière : et si on s’était trompé de crise ? Les 20 du G 20 étaient heureux : ils pensaient avoir bloqué le retour de celle qui avait marqué tous les esprits au fer rouge et au fer de la guerre, il y a plus de 80 ans : celle de 1929.

 

Ils pensaient… mais ça ne marche pas. Ils en viennent à des questions nouvelles : « Et si, la Vieille Crise, avait été terrassée en 1945 et, depuis, n’avait jamais bougé de sa tombe ? Et si, les dépenses engagées, l’or ressorti des coffres-forts, les billets imprimés, les dettes des Etats largement distribuées sur la surface de la planète n’avaient servi qu’à nourrir un vain combat ».

 

Aujourd’hui, le Roi est nu… les chefs d’Etats se regardent, puis considèrent leurs dépenses et enfin leur endettement. Ceux qui n’avaient de dettes que raisonnables sont devenus pareils à des prodigues. Ceux qui n’avaient que trop sollicité les bailleurs de fonds, maintenant les font fuir. Et sur toutes leurs têtes, les agences de notation tournoient et plongent « BBB, CC, Junk, Junk ». Même les plus vertueux, ceux qui avaient bien voulu endetter l’Etat mais qui tenaient à la pureté du bilan de la Banque Centrale Européenne comme les Romains à la virginité des Vestales, ceux-là aussi, les autres ayant plongé, commencent à sentir les éclaboussures. Leurs collègues dépenaillés, défaits et déconfits, attendent qu’ils basculent à leur tour.

 

Et si, en 1929, on avait appliqué les recettes de 1848 ? …

 

En Avril 2009, on entendait : « Dispensez vos talents et dépensez-les, vous noierez la crise hideuse dans le nouveau Nil ». Aujourd’hui que nous dit-on ? Faites remonter les eaux du Nil vers leurs sources ! Apurez vos dettes ! Craignez les Assignats et leurs frères allemands de l’hyperinflation ! Ne pensez plus aux ruisseaux qui joignent leurs eaux en rivière ! Réduisez vos activités, peu importe le chômage, peu importe la croissance ! Payez vos créanciers ou craignez le pire, la récession, la ruine puis la faillite. Et tous de pleurer, de verser dans les fossés et de s’efforcer d’échapper aux agences qui tournoient et aux investisseurs qui foudroient.

 

C’est là que je me suis levé et m’en fus dans la plaine et parmi les forêts, sur les pitons et au milieu des collines, suivre le cheminement de la ligne Maginot. Non loin, la crise grondait et rougeoyait, brasier affreux qui imposait qu’on ne pensât qu’à elle.

 

Et, comme j’allai au milieu de ces machines de guerre que la guerre avait dédaignée, il me vint que si on avait cherché une crise de référence précédant de 80 années la Vieille crise, celle de 1929… on aurait trouvé, celle, gravissime de 1848, avec son cortège de famines, de faillites et de fureurs révolutionnaires. J’allai encore, laissant ma pensée sans guide et sans rêne. « Et si, en 1929, on avait appliqué les recettes de 1848 ? ».

 

Absurde ? Je trouvai, pour me reposer, une casemate en très bon état. Absurde, évidemment.

 

En 1849, si je me souviens bien, le Roi de Prusse avait refusé la couronne impériale.


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