Octobre 2014

Agence de notation : parasite inutile ou faire-valoir complaisant

Standard and Poors avait prévenu. Standard and Poors n’a pris personne en traître. Le gouvernement français n’aura qu’à s’en prendre à lui-même. Il ne faudra pas qu’il se plaigne si Standard and Poors prend la mouche et décote. Les agences de notation s’était tenu à l’écart. Les souvenirs qu’elles avaient laissé étaient cuisants. On a même pensé à les réguler. Et voilà qu’elles reviennent. Standard and Poors en tête. Mais à quoi servent-elles donc ?

Et soudain, pareille à l’Olympe tout entière furieuse contre l’arrogance des hommes, contre leur impiété et contre leur cupidité, Standard and Poors tonna. Chacun savait à quoi s’attendre. Depuis longtemps le drame couvait. Pourtant, S&P avait choisi durant quelques mois de ne pas trop se manifester. Et quand, il avait fallu pour d’obscures raisons qu’elle se manifestât, l’Agence avait su faire preuve de mansuétude, si ce n’est d’humanité (mais une agence de notation a-t-elle à voir avec l’humanité ?) envers quelques obscurs de la scène européenne.

L’inflexible juge des dettes souveraines

La Grèce, prenons celle-là pour exemple, par qui nombre de scandales sont arrivés, avait  retrouvé grâce aux yeux du juge inflexible. Rappelons en quelques mots que la Grèce avait été furieusement dégradée, sa note dramatiquement abaissée, à CC pour les engagements à long terme et de C à SD ("Défaut sélectif" ou "défaillance partielle") marquant que le berceau de la démocratie s’était rendu coupable d’un défaut de paiement. Et voilà, que le coupable aurait purgé sa peine, au sens purgatif du terme plutôt qu’au sens pénal ! Voici que le juge «S and P», a bien voulu « acter » ce retour à de bonnes manières ; « Nous prévoyons qu'à partir de l'année prochaine, la Grèce émerge de 7 années consécutives de repli du PIB ». Qui aura le front de critiquer la mansuétude de S&P ? Qui aura le cœur sec au point de ne pas frémir de compassion à l’égard d’une Grèce frappée par l’austérité plus durement qu’aucun autre pays du monde. Même l’austérité de Brüning, en Allemagne, juste avant que les Nazis prennent le pouvoir (et probablement grâce à sa politique « in the S&P mood »), ne fut pas aussi violente. Donc, c’est bien : la célèbre agence de notation n’est pas la caricature à laquelle elle finissait par ressembler. Elle peut changer d’avis et reconnaître les changements si on sait les lui montrer. Car, à trouver toute seule que quelque chose va ou ne va pas dans le monde, il n’y faut pas trop compter.

Au fait, à quoi cela a-t-il bien pu servir de noter si sévèrement la Grèce ? A rien, puisque cette dernière ne trouvait plus de préteurs sur les marchés de capitaux et ne devait ses financements qu’à ses « amis » de la Zone euro ! Ou plutôt cela a permis à toutes les institutions qui portaient des créances sur la Grèce de les déclasser dans leurs bilans et de passer des provisions le cas échéant. A l’inverse la bonne note conférée à la Grèce (toute relative la bonne note puisqu’elle est B) a permis à quelques porteurs opportunistes de faire de belles affaires : c’est quand les prix sont bas qu’il faut acheter n’est-ce pas ? Et revendre quand les prix sont hauts : avec S&P tout est simple, les prix sont bas quand les notes sont basses et les prix s’élèvent lorsque les notes remontent. Les hedge funds qui ont «ramassé» du titre complètement décoté (cf les notes de l’agence de notation) en suivant ce principe ont fait de belles affaires.

Et la France dans toute cette histoire ?

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