Soliloques sur le vaste monde, Juin 2019

A quoi cela sert-il de râler ?

 Cela ne sert pas à grand-chose, en vérité. Peut-être est-ce un moyen de communiquer ? Peut-être se sent-on plus léger après avoir « sorti » tout ce qu’on voulait dire, tout ce qu’on avait envie de dire,  sachant qu’on pourrait en dire encore bien davantage. Allez, je me jette à l’eau.

 

 « J’va vous dire keskim chat grine ».

 

-  A Paris, pour se fabriquer des électeurs, on peut investir dans l’immobilier avec des brouettées d’HLM (35% des logements locatifs). On mettra des pauvres dedans. Le parc immobilier disponible diminuera un peu plus. Donc, les classes moyennes n’auront qu’à aller en banlieue. Comme disaient les gilets jaunes : « cassez-vous les riches avant qu’on vous casse ».

 

-   Une autre technique ? Les enfants et les jeunes à Paris :  ils se déplacent. Plus ils se déplacent plus cela coûte cher à leurs parents. La mairie de Paris qui réfléchit beaucoup à alléger les charges de ses électeurs a donc trouvé : tout sera gratuit. Précisons, tout sera gratuit à la charge des riches. Et, si ceux-là ne sont pas contents ? Y Zon ka skasser les riches avant kon laids kass !

J’exagère je le sais bien. Pour attirer l’attention dans ce monde bruyant, il faut faire vraiment beaucoup de bruit. L’idéal : porter un vêtement à vomir, empêcher les autres de se déplacer et balancer des pavés. Mais puisque je suis parti sur le thème de « j’va vous dire », je continue.

 

- La démocratie, disait Winston Churchill est le système politique le plus désastreux à l’exception de tous les autres. Un grand général français s’est lâché en déclarant que pour qu’il y ait une démocratie, il faut un nombre impair de votants… au moins 3, et, ajoutait-il, c’est déjà beaucoup trop.

-         

Alors évoquons la démocratie telles qu’elle nous a sauté au nez lors des dernières élections : Alexandre Dumas aurait pu l’écrire car le titre aurait été beau : un contre tous, tous contre un. Il y a des moments où j’ai été pris d’une compassion douloureuse : ceux-là où, dans le débat d’opinions organisé par des journalistes respectueux de la démocratie, on assistait à la tentative ( vouée à l’échec ) d’un « macroniste de service » d’exposer ses idées face à 3, 4 10 interlocuteurs qui n’avaient qu’une idée, expliquer pourquoi ses idées n’étaient autre que celle d’un sale type nommé Macron. Comment le malheureux « pour Macron » arrivait-il à continuer le « débat » ? il y a des moments où l’homme politique a quelques grandeurs.

 

On m’expliquera que je n’ai pas compris le monde dans lequel nous vivons et que mes propos témoignent d’un retard mental préoccupant.

 

-  Par exemple, en découvrant que notre Ministre de la Justice ne veut pas faire peser tout le poids de la justice sur les mineurs de 13 ans et moins, j’ai pensé : « alors, ce sont les parents qui seront punis. Ils paieront pour leur incapacité à élever leur progéniture ».

 

J’aurai dû m’abstenir de penser tout haut. 

Quand les fontaines pissent vers le bas

Quand, dans Paris, surgit une statue où un nouveau monument, le premier réflexe qui n’est pas le bon, c’est de critiquer. De se moquer. De lancer avec un brin d’ironie que le beau est ancien et que les modernes en sont incapables.

 

Un exemple parmi d’autres : les fontaines qui ornent enfin, à nouveau, le Rond-Point des Champs Elysées. A les voir, en forme de perchoirs, genre mobilier de zoo pour grands oiseaux ou singes en tous genres, on est tenté par des remarques d’actualité : y verra-t-on bientôt des gilets jaunes accrochés et gesticulant ?

 

En s’approchant, on ne pourra pas ne pas s’étonner de l’écoulement de l’eau des nouvelles fontaines : elle est dirigée vers le bas à l’inverse des fontaines triomphantes des Tuileries et de Versailles. Les pensées qu’elles feront venir seront graveleuses : on dira qu’autrefois, on portait haut et fort, que l’horizontalité du jet du Manneken Pis annonçait le déclin de notre monde. Orientant leurs jets vers le bas, nos fontaines dénonceraient les faiblesses prostatiques des sociétés occidentales ?

 

Humour mal placé.

 

L’eau est une denrée rare à l’échelle de la planète. L’envoyer en l’air serait un camouflet aux peuples assoiffés. Qui ne sait qu’il faut ne rien gâcher. Gicler l’eau à tous vents, c’est la perdre ! Et qui n’a pas connu la mésaventure d’un coup de vent qui vous inonde d’une rincée d’eau pas très propre à l’odeur fétide ?

 

 

En vérité, les fontaines qui pissent vers le bas, c’est le "beau" de demain. 


 

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