Soliloques sur le Vaste Monde, Mars 2018

- Le ridicule est plus dangereux que le port d’armes à feu dans les écoles américaines

- Le bitcoin, une secte comme les autres

- Il n'y a pas de bonnes raisons à franchir les bornes

Le ridicule est plus dangereux que le port d’armes à feu dans les écoles américaines

 

Greve à la Sncf. Les syndicats ont décidé, « ce sera 2 jours sur 5 ». J’ai lu et relu : 2 jours sur 5, pendant 36 jours.

 

Je ne discute pas les 36 jours. En revanche. Je n’ai pas bien compris les 2 jours sur 5. Cela veut-il dire : je compte 5 jours où je bosse et ensuite, 2 jours de grève (même le dimanche et les jours fériés)  et ainsi de suite. Ou bien, cela veut-il dire, je prends une semaine, dans les sept jours de cette semaine, je commence par une grève de deux, puis je travaille 3 jours et après c’est le week-end donc, je suis en repos et ainsi de suite ?

 

Ce n’est pas simple comme proposition : autre question, sera sur toutes les lignes en même temps ou bien cela dépendra des lignes. Par exemple, la zone PLM, dirait, grève les jours un et deux. La zone sud-ouest dirait, moi, c’est grève les jours deux et trois et la zone ouest opterait pour les jours trois et quatre.

 

Ce système aurait un effet de nuisance démultiplié en particulier pour les transits d’une zone à l’autre. Le voyageur partant de Marseille pour se rendre à Brest pourrait selon certaines configurations mettre deux ou trois jours pour arriver. Comme au bon vieux temps de la loco vapeur, quand les réseaux n’étaient pas coordonnés.  

 

Au fond, c’est la démonstration par l’absurde que tout système de transport qui repose sur de l’humain est voué à plonger l’inconséquence et la prise d’otage. Ajoutez une pincée de RER et vous avez tout ce qu’il faut pour justifier des investissements massifs dans les moyens de transports autonomes.

 

Tu parleras catalan. La dernière des histoires grotesques de ce morceau d’Espagne : les médecins des Baléares doivent parler catalan ! Cette nouvelle présente un côté positif : je viens de découvrir que les Baléares « appartenaient » à la Catalogne. Elle a côté immensément ridicule : aux Baléares, les médecins ne sont pas catalans et les médecins catalans ne veulent pas venir habiter aux Baléares. D’après les dernières nouvelles, le risque de pénurie de médecins est si grave que le gouvernement catalan serait décidé à prendre des mesures coercitives : réquisitionner sur le continent, les professionnels nécessaires, même s’ils sont espagnols….

 

 

Tu paieras tes impôts avec des macroncoins. Vous avez bien lu, il y a des marcroncoins qui se réclament du Président de la République Française. A quoi servent-ils ? A rien, comme c’est le cas de la plupart des crypto-monnaies ! A spéculer, diront les geeks, et à faire « fois 20 » selon l’expression lumineusement explicite en usage dans la masse informe des crypto-spéculateurs. Et, comme d’habitude, quelques petits malins auront réussi à piquer quelques centaines de milliers d’euros dans les poches de leurs contemporains. Basiquement, les crypto-monnaies, ce sont des moyens « crypto » pour piquer de l’argent dans les portefeuilles « open ».

Il n'y a pas de bonnes raisons à franchir les bornes

 

Je suis sûr qu’on va encore me taxer de germanophobie (équivalent de l’islamophobie, ou de l’homophobie, quand on veut mesurer l’esprit rétrograde d’une personne). On va dire que je vais même chercher dans les poubelles de l’histoire des informations destinées à rendre plus puantes encore les cuvettes de l’actualité. Je vais être accusé de «décontextualisation» et « d’outrance »

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Appelons un chat, un chat , un âne, un âne et un homme, un homme et rappelons que ce sont des sujets d’études scientifiques comme les amibes, les spores des champignons et la grouse dans les landes écossaises.

 

Faire des études scientifiques, tous les scientifiques vous le diront, ne se conçoit que pour augmenter le bonheur de l’humanité, voire des animaux, disons du monde ou, au moins, pour diminuer ses malheurs.

 

La science allemande a le même objectif que toutes les autres sciences avec une nuance : les Allemands savent aller au plus loin dans la recherche scientifique. Ce ne sont pas des gens qui s’arrêtent à des sentiments insincères ou bizounours. Quand un scientifique allemand est chargé de mener une étude, il est pareil au panzer, il avance, quitte sur son passage, à écrabouiller les faits indociles .

La vraie science, impose-t-elle parfois que soient pulvérisées les limites qu’opposeraient quelques esprits sensibles à sa progression Panzerienne. Les dernières révélations sur les tests que réalisait un laboratoire mandaté par les grands constructeurs automobiles allemands illustrent à merveille notre propos.

 

Revenons dans un passé qui commence à accumuler les années comme autant de chapes de béton sur un cadavre encombrant ; il fut un temps où, en Allemagne, l’expérimentation scientifique a été triomphante. On coupait, découpait, inoculait, insufflait des dizaines de choses plus ou moins mortelles, plus ou moins rapidement, plus ou moins douloureusement sur des animaux et aussi des hommes. En général, il s’agissait d’étudier comment on pouvait pratiquer des massacres plus efficaces. Ces expériences contribuèrent-elles à la progression du bonheur de l’humanité ?

 

La réponse est claire : elles avaient fait progresser le niveau d’horreur dans lequel l’Homme était capable de se vautrer. On aurait pu croire la cause scientifique entendue : tester des moyens d’empoisonner des hommes et des bêtes est tout aussi insupportable qu’inacceptable.

 

Mais voilà : dans certains pays, très attachés à la raison industrielle, il est des méthodes scientifiques qui s’imposent par-dessus tout. Au nom de l’industrie, le diesel méritait bien qu’on mente un peu ? Les logiciels tricheurs s’en chargeaient. Au nom du bonheur, le diesel méritait qu’on le montrât sous son vrai jour, aimable et pas dangereux. Les expériences sur l’animal et l’homme devaient prouver qu’à condition de prévenir on n’aurait peut-être pas à guérir ?

 

 

Alors, les scientifiques allemands ont retrouvé les vieux réflexes d’autrefois. Quand on veut disposer des preuves qui montrent qu’on a raison, il faut aller les chercher là où elles sont. Et si elles sont au fond du corps d’un animal ou d’un homme, eh bien! il ne faut pas hésiter à creuser jusqu’à ce qu’on les force à se montrer.

 

 

Le bitcoin, une secte comme les autres

 

Entre Communauté et Secte, La différence réside dans la pratique de l'anathème.

 

L'anathème qu'il soit pratiqué par les groupes religieux ou par des groupes civils ne connaît pas la demi-mesure. Il est total : l'opposant interne est exclu et traîné dans la boue comme le méritent tous les traîtres, l'opposant externe est tourné en dérision.

 

C'est de bonne guerre dira-t-on ! Les débats peuvent être rudes, même en économie !

 

Il se trouve cependant que ces comportements prennent une ampleur inégalée avec les réseaux sociaux. Quand Torquemada poursuivait l'hérétique de sa vindicte il se produisait à visage découvert. Les réseaux, comme les monnaies cryptées ont une préférence pour le pseudonymat.

Dans ces quelques lignes, j'ai voulu montrer, non seulement le ridicule où peuvent tomber ceux qui injurient à l'abri de leurs pseudonymes, mais aussi, et surtout, les manœuvres des hiérarques des sectes qui n'ont pas du tout envie qu'on vienne fouiller dans leurs affaires.

 

Les techniques de déni par amalgame

Voici un spécialiste du beau discours où se mêlent « fake news » et arguments universitaires. Il vous dira que le bitcoin a une valeur « d'usage assez évidente : on peut disposer de son argent ». Donc, selon lui, le bitcoin dispose d'un excellent taux d'acceptation. Mais c'est faux ! Le taux d'acceptation du bitcoin est infinitésimal et sur une pente descendante : le bitcoin est en effet la monnaie la plus lente du monde !

 

Aux Français qui estiment que le bitcoin est une chaîne de Ponzi à un niveau mondial, le même, lance que le système de retraites par répartition où les nouveaux entrants paient pour les premiers est un système de Ponzi caricatural. Cela revient à mettre sur le même plan, le bitcoin, où les parties prenantes ne veulent surtout pas sortir de l'anonymat et cherchent par tout moyen à éviter que les régulateurs s'en mêlent et des systèmes reposant sur des lois votées et revotées par des élus soumis à des élections démocratiques. Ce n'est plus du déni, c'est de la caricature, comme, les impôts c'est le vol et les firmes pharmaceutiques sont des marchands de soupe.

 

Les techniques genre story-telling

«Monsieur Ordonneau, n'en est-il pas de même avec l'immobilier ?». Tout est chaîne de Ponzi . En accuser le bitcoin est une preuve de mauvaise foi car personne ne dénonce les autres « chaînes de Ponzi ». Le fait que les prix augmentent avec le temps (on nomme cela « inflation ») ne peut évidemment pas être confondu avec une chaîne de Ponzi. Le prix du pain d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui d'il y a 20 ans. Donc, chaîne de Ponzi?

 

Vous avez proposé une réglementation financière et fiscale ? Le « pseudonymat » des transactions « crypto » facilite les fraudes à la TVA et à l'impôt sur le revenu ainsi que le blanchiment de l'argent sale au moment même (mais est-ce vraiment fortuit ?) où les Etats tendent à s'aligner sur des réglementations communes. Voici ce qu'on vous répond : « Une diligence se fait braquer, Pascal conclut qu'il faut désinventer la roue ». Kolossal !

 

Les techniques où le premier entrant triomphe

Vous avez signalé que les fluctuations des cours du bitcoin et leurs manipulations peuvent avoir des répercussions graves sur les « amateurs ». Une partie des bitcoins a été acquise via des crédits à la consommation ou des cartes de crédit. Devant l'ampleur de ce phénomène, de nombreuses banques en ont interdit l'usage pour l'investissement dans les monnaies cryptées.

Réponse des flambards du bitcoin : « Quelles pertes ? +1000% de performances. Alors qui parle de pertes ».

 

« Mdr un Krach ... l'an dernier on était à 1000$ à cette période, alors même à 8500$ on est heureux ...». Evidemment les innocents qui ont acheté à 10 000 sont rincés... mais qu'importe : « on est heureux ».

 

Et puis, il y a le genre comminatoire :

« Mais on s'en tape que c'est du ponzi. Tout systeme economique et de facto du ponzi a ce moment là ». Eh oui ! les premiers entrants d'une chaîne de Ponzi ne veulent pas qu'on casse leur beau jouet.

 

Les techniques où l'esprit s'élève

« En privilégiant la thésaurisation en monnaie libre, je refuse que l'Etat s'endette en mon nom. Le rapport est clair et direct ». Pour moi, cela ressemble au langage des enfants : « c'est à moi, j'le prête pas » !

 

Quelque fois l'esprit patauge en cherchant les hauteurs « le bitcoin n'a pas été créé au US ». Il aurait été plus exact de dire que depuis la naissance du bitcoin aux Etats-Unis, les Chinois en ont pris le contrôle et qu'ils le minent comme des fous.

Les techniques où l'esprit s'abaisse

 

On se bornera à citer !

(je n'ai pas corrigé les nombreuses fautes d'orthographes, de syntaxes et de ponctuation)

« Pascal, c'est l'heure de prendre tes gouttes »

« T'as pas pris tes médicaments ? Ça devient inquiétant ».

« Le conservatisme et la psychorigidité sont quasi physiologique avec l'âge »

 

« Pascal est un banquier. Il s'y en camelot, produit toxique et manip frauduleuse. Bientot on va arretter de payer son salaire de parasite et il tremblotte ». (là, je ne corrige pas, c'est trop nul)

« En tant que banquier j'espère que vous avez conscience des désastres que vous avez du engendrer pour la planète et l'humanité »

 

« On va peut être se calmer avec #Bitcoin ?! Si vous n'en comprenez pas l'intérêt, lâchez-la pression et passez à autre chose ».

 

Là, il faut s'arrêter un temps : les publicités pour « gagner de l'argent » avec les monnaies cryptées ne cessent de fleurir. « Lâcher la pression », c'est oublier que la pression s'intensifie tous les jours. Les premiers bitcoiners, bénéficiaires de la chaîne de Ponzi, ont évidemment intérêt à ce qu'on ne décourage pas les nouveaux investisseurs.

 

Le fin du fin : essayer d'élever l'esprit,

« J'ai toujours eu le sentiment que bitcoin participait de ce que Kant appelait le passage de l'humanité dans la majorité. N'étant pas obligé de l'utiliser chacun y engage librement sa pleine responsabilité. Cruel et grandiose. CryptoMonnaies. Notre gourou acéphale est un génie silencieux, à la différence de ses bruyants détracteurs ! »

 

Ce merveilleux petit topo où Kant est convoqué pour témoigner contre le bruyant détracteur (moi) est intéressant à deux titres:1) l'auteur reconnaît que le gourou français du bitcoin n'a pas de tête. 2) il m'oppose Kant. Excusez du peu.

 

Et, à la fin, je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir de ce que disait Wittgenstein : « Ce dont on ne peut pas parler, il faut le taire. »

 

 


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