Soliloque sur le Vaste Monde, Juin 2018

- Marina Black

- Simone Veil, emportée à dos de locomotive, par le peuple qu’elle a séduit

- Le Mont Saint-Michel doit-il devenir le « MSM resort » ?

Marina Black est une remarquable photographe, inspirée et stimulante. Je lui ai consacré une chronique à l'occasion de l'exposition de son travail chez Vu. 

 

On pourra la lire et apprécier son art en suivant ce lien.

Elle fait paraître une newsletter fort intéressante qui se nourrit de son art, mais aussi de son enseignement, des rencontres avec des artistes dans tous les domaines. 

 

Pour profiter de cette newsletter il faut suivre ce lien. 

Accessoirement (mais vraiment très accessoirement) Marina a eu quelques mots sympathiques sur ce que j'écris de temps à autre sur l'Art en général et la photo en particulier.

 

 

And finally, some of you who read my previous newsletters, are probably familiar with the name of Pascal Ordonneau – a writer and one of the French collectors, who acquired my photographs at the Galerie VU’ last year. I subscribe to his Pensée [Thoughts], and here is one of his articles on Beauty and Artificial intelligence.

Le Mont Saint-Michel doit-il devenir le « MSM resort » ?

 

 

 

A plusieurs reprises, je me suis fait l’interprète de la lancinante question des hauts lieux du tourisme. J’ai lancé des enquêtes sur Venise, Florence et même Delft, toutes localités envahies par le tourisme de masse.

 

Comment accueillir et non pas exclure tous ces gens, avides de beau, de bon et de bien. Comment réguler sans contraindre ? Comment organiser l’accueil et le transit de ces masses de touristes, parents, enfants, femmes, jeunes, étrangers ou indigènes, de sorte qu’ils ne dérivent pas en capharnaüm, chaos, voire en Barnum. Mais voilà où le bât blesse : on ne peut pas improviser la structuration d’activités aussi complexes.

 

On s’en rend compte à Venise dont la gestion a été confiée à une filiale de Disney Resorts. Le résultat est dramatique : des paquebots gigantesques abordent la place Saint Marc, les touristes suivent des cheminements obligatoires. Des gardes armés surveillent la foule informe et apathique. Ils n’hésitent pas à tirer en cas de manquements aux règles de la circulation touristique.

 

La France ne peut pas vouloir ça. Entre l’extrême rigueur d’un parc à l’américaine et le laisser-aller de celui de Notre Dame des Landes, il y a place pour la mesure et l’humanité. C’est pourquoi il est question de créer une zone d’expérimentation. On vient d’annoncer qu’elle serait déployée au Mont Saint Michel : de nombreuses insuffisances gâchent la fréquentation de ce monument. On a constaté qu’à certaines heures ou périodes de l’année, les visiteurs sont rares quand un peu plus tard ils se marchent sur les pieds. Les parkings sont uniformément chers au lieu d’offrir des discounts quand il n’y a personne. Les commerçants ferment leurs boutiques si cela leur chante oubliant qu’ils ont une mission de service touristique au bénéfice des visiteurs.

 

De l’artisanat à l’ère d’internet. Du bricolage, à l’heure de la blockchain. Du bidouillage incohérent : les professionnels et autres « locaux », prêtres, boutiquiers, restaurateurs, techniciens de surface, postiers et cégétistes s’imaginent qu’ils sont dans un village où ils peuvent vaquer à leurs occupations comme si l’ouvrier dans son usine pouvait aller et venir à son gré selon sa fantaisie et ses horaires auto-définis.

 

Tout ceci va faire l’objet d’une « ré-ingénierie ». Un avantage du lieu réside dans le fait qu’il est ramassé et isolé. C’est excellent pour mener une expérience en grandeur nature. Le Mont Saint Michel va devenir une vraie machine touristique, avec des intrants, les touristes, des moyens de production, les bâtiments depuis les jolies masures jusqu’au grand machin gothique, et des collaborateurs rémunérés selon la nature de leurs prestations. Les moins bien payés auront un job assez simple : ils feront « habitants ». Les plus chers seront moines assermentés. (Ils interviendront pour le forfait spécial « le Ciel à votre portée »).

 

Une fois les tests bien rodés, ce sera au tour de Paris. Avec un atout : les infrastructures du Grand Paris, ses cirques, ses stades, ses basiliques et son 9-3 (avec un forfait spécial « l’Enfer à votre portée).

Simone Veil, emportée à dos de locomotive, par le peuple qu’elle a séduit

Dans le métro en ce début de mois de juin, je pensai à cette sombre histoire de Boris Vian dont on prétendit honorer l’œuvre et la mémoire en lui attribuant une des voies les plus innommables de Paris. La famille s’en plaignit récemment jugeant à raison que l’homme valait mieux que les poubelles où on l’avait installé.

 

Comme je descendais à la Station Europe, je découvris qu’elle était devenue « Europe-Simone Veil » !

 

Parmi la masse anonyme des stations, je la connais bien cette station « Europe » et la place à qui elle soit son nom. Carrefour des capitales, elle reçut son nom avant 1914, bien avant que l’Europe fût devenue une ardente obligation. Une capitale manque pourtant ! C’est Berlin. En 1914," la rue Berlin" perdit son titre au profit de "Liège".

 

Je m’attardais sur le quai afin de vérifier et constater que le classique panneau émaillé "lettres blanches sur fond bleu", énonçait en effet : Europe-Simone Veil.

 

J’aime bien la place de l’Europe pour ce que son titre porte de symbole mais je l’apprécie surtout pour mes souvenirs d’enfant. Avec le pont Cardinet et les autres ponts, celui de la rue des Dames et celui de la rue Legendre, elle faisait partie des merveilleux passages au-dessus des lignes de la gare Saint Lazare. Avec un peu de patience on pouvait s’immerger dans les nuages de vapeurs et les volutes de fumées des locomotives du réseau Ouest car la place de l’Europe, n’est pas une place, mais un grand pont au-dessus des voies ferrées sur lequel plusieurs rues viennent se croiser. La place de l’Europe, c’est beaucoup de vide et très peu de « place ». Ce ne peut pas être Simone Veil.

 

Perplexe, je cherchais par quelle aberration mentale on avait éprouvé le besoin d’associer les deux noms. L’origine même du nom d’Europe ne peut pas être flatteur pour la très célèbre et respectée ministre. Bien sûr, Europe était fille de roi. Bien sûr elle sut séduire Jupiter. On aurait voulu honorer sa capacité de séduction source de ses succès politiques ?  

 

Finalement, j’en revins à Boris Vian et surtout à la nomenclature des rues parisiennes. Dans mon ouvrage "Paris méconnu raconté par ses rues" j’ai longuement commenté cette situation très étrange : les beaux noms de principes ou d’individus, de héros ou d’événements grandioses sont bien souvent relégués dans des rues ou des passages obscurs : Saint-Paul, par exemple, et Saint-Pierre, et Dieu lui-même, la Liberté aussi, sans parler de la Fraternité ou de la Confiance, en sont les exemples caricaturaux.

 

Ou bien on l’aurait fait exprès ! Des ennemis politiques l’auraient installée dangereusement à deux pas d’une des rares catastrophes ferroviaires de Paris.  

 

Placer le nom de Simone Veil sur une place qui surplombe le vide, un croisement pour bagnoles au-dessus du défilé hurlant de milliers de trains transportant des millions de voyageurs, répondrait donc à cette étrange habitude : "Plus les noms sont nobles et moins les rues que les portent sont dignes d’attention".

 

 


Enfin, le livre qui vous dit tout sur un Paris qu'on ne veut pas montrer, un Paris méconnu, un Paris retrouvé.

Il vous suffira de tendre la main, vers les librairies du net…. aux adresses suivantes

 

 

Amazon 

Cultura 

Fnac 

Decitre 

La librairie

Price Minister

Les Libraires 

The horse goddess 

Quelques ouvrages de Pascal Ordonneau

Panthéon au Carré est disponible aux éditions de la Route de la Soie.

Promotion est disponible chez Numeriklivre et dans toutes les librairies "digitales"

Au Pays de l'Eau et des Dieux est disponible chez Jacques Flament Editeur ainsi que

La Désillusion, le retour de l'Empire allemand, le Bunker et "Survivre dans un monde de Cons".

"La bataille mondiale des matières premières" et "Les multinationales contre les Etats" sont épuisés. 

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