Soliloque sur le vaste monde, janvier 2022

Raymond Queneau, en mode Téci

 

 Wesh gros, ça va bien ou bien ?

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    Tranquille frère ! Z’y va et toi ça va bien ou bien ?

     

    Ça comme… m’est arrivé un truc trop chelou. J’ai pris le seub…

     

    Le seub ? T’es un ouf frère, le seub c’est pour les ieuv ou les bolos, trop la tehon man !

     

    J’ai pas eu l’oich. Ma daronne è m’a kéblo mon abo Lime parce que j’ui ai mal lépar vite fait hier. Trotinette oualou quoi.

     

    T’avais qu’à prendre le tromé !

     

    Vazy t’as bédave ? Le tromé c’est encore plus le seum que le seub, c’est déblin de charclos, ça upe, j’peux ap. On s’en balek du seub, c’est pas ass qu’est chelou toute façon.

     

    C’est oik ?

     

    Ben c’est l’keumè qu’était dans le seub ! Trop auch, on aurait dit une rafegi, son cou c’était genre une tour de la tèce, tu vois le plan ? Et son peaucha, total zarbi, avec un banru, genre allô t’as pas de cegla chez oit ou oik ?

     

    Un daron ?

     

    Nan frère, un djeuns ! Attends c’est pas fini. Y a pas un aut’ keum qui lui prend pas la teutè parce qu’il lui écrabouille les ieps quand y a un quidam qui temon ou qui descend ? L’hallu, l’autre il était tout calmos et tout…

     

    T’as fait oik ? 

     

    J’ai lâché l’affaire, c’tait pas mon blèm, j’suis allé me quéplan au donf du seub. J’ai kiffé ma zik ouala quoi.

     

    Elle fait tièp ton histoire gros… vazy on s’fait un grec ?

     

    Attends wesh, j’ai encore plus chelou !

     

    Tu vas m’faire comater avec tes embrouilles.

     

    T’es pas mon refrè ou bien, frère ? Deux plombes après, j’étais là, posé, j’tenais le mur gare Saint-Lazare, j’attendais mon reup, et vlatipas que je chouffe ma rafegi du seub en train de tchatcher en mode mega speed avec un soce.

     

    Et le soce y lui fait pas ass meuk ? : « Tu devrais faire remonter le bouton de ton pardessus, mon ami. » J’suis sûr c’était des dèps, gros.

     

    Bah trop dég ! Vlà la journée de daube frère… Vazy on s’arrache j’ai trop ainf, j’vais m’pécho la double zedo de mayo.

     

    D’la balle, gros. Soir-ce j’serai tigen avec ma reum, wallah… c’est die le seub pour oim.

     

     

    Isabelle karastamatis

     

 

La Russie rétrécit… ou la vie difficile d’un « has been »

 

Les bruits de bottes russes qui assourdissent l’Europe, et même le monde, sont difficiles à comprendre. Comment peut-on interpréter les attitudes bellicistes de Vladimir Poutine ? quelles sont les bonnes raisons qui poussent le président russe à gonfler ses pectoraux et à se mettre sur la pointe des pieds pour se rehausser?

 

S’agit-il pour la Russie de montrer qu’elle est grande et qu’il faut compter sur elle et que cela durera longtemps ? Montrer quoi ? Que la Russie est grande ? où donc, le président russe a-t-il pris que la Russie est grande ? Sa richesse ? Si on s’en tenait à cette aune, le Luxembourg serait le plus grand de tous les pays que compte notre planète. Suivraient quelques pays confettis peu peuplés dont les soubassements sont bourrés de pétrole ou d’autres matières premières. Des pays auxquels Staline aurait pu demander, se singeant lui-même, « Combien de division ? ».

 

La grandeur d’un pays tient-elle à la taille de son pré-carré. De fait, grâce aux immensités de la Sibérie la Russie est un grand pays, Même la France pourrait prétendre à un bon rang en mettant en avant son impressionnant domaine maritime. L’un prétendrait à la puissance en s’appuyant sur des arpents de neige et l’autre sur les flots démontés !

 

Le critère du nombre d’habitants serait pertinent ? La population de la Russie n’est pas rien :145 millions, mais c’est loin des records... En 2022, classée parmi les dix premiers pays les plus peuplés du monde… elle est largement derrière le Nigéria et le Bengladesh… sans aucune chance d’améliorer son classement dans l’avenir, au contraire.

 

Pourquoi insister lourdement sur ces chiffres qui ne parlent pas de la puissance militaire russe ? C’est que la  Russie est aujourd’hui dans une situation critique : elle est, avec ses 145 millions de citoyens, moins peuplée qu'en 2000, lorsque Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir et des 149 millions de 1991, lorsque l’empire soviétique s’est effondré. Demain, à l’horizon de 2050, la population sera revenue à 140 millions. Ce décrochage du nombre sera accompagné de l’inévitable décrochage de la structure : la part des séniors augmentera considérablement.

 

Ces deux décrochages d’un pays qui a dominé le jeu politique et militaire de la planète pendant plus d’un demi-siècle est un évènement extrêmement grave. Le Président Poutine ne s’y est pas trompé : la Russie est en passe de tomber dans un « piège démographique », ce qui, dans son esprit veut dire qu’à force, la fameuse hyperpuissance va être progressivement reléguée au rang de puissance moyenne. Quelle attitude politique peut-on adopter lorsque de super-puissance victorieuse de guerres effroyables, on devient « has been » ? Dans le cas de la Russie les options ne sont pas nombreuses. On peut penser à la bonne vieille formule « marxiste » que le Président Russe a apprise par cœur lorsqu’il était en maternelle : « du passé faisons table rase ! ». C’est le parti que les Européens ont pris, eux, qui ont été à tour de rôle les superpuissances du monde, eux qui ne sont plus individuellement que des puissances secondaires.

 

Autre formule : celle qui a précipité l’Europe sur le déclin en essayant de retrouver les fastes et les gloires du passé, prétendant qu’on peut rembobiner le film de l’histoire et qu’on peut y remplacer les épisodes douloureux et par quelques moments de gloire. (Mussolini et « mare nostrum » ; La France et son « empire »…etc)

 

Malheureusement, pour suivre une formule dont la cruauté renvoie dans les poubelles de la vie publique les illusions de passé retrouvé : « l’histoire ne se répète pas, elle bégaie ».

 

Il faut craindre le pire quand les grandes ambitions nourrissent les demi-soldes et quand les colonels rêvent encore des bâtons de Maréchal qu’ils auraient dû avoir. 


 

Enfin un livre simple et souvent drôle sur un sujet que de nombreux sachants s'acharnent à rendre compliqué et ennuyeux

 

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