Soliloques sur le Vaste Monde, Février 2018

Les trois, au fond de la salle, ont commencé à tirer

 Voilà une belle voix. Une belle fille aux yeux bleus (une belle comme on en voit peu, aurait dit Prévert, sauf qu’il pensait à une baleine). Elle a chanté devant tout le monde. Une voix sublime, disent les commentateurs, une voix jugée à l’aveugle par un trio qui pousse des cris et tape sauvagement sur des boutons rouges pour dire un gros enthousiasme.

 

La fille aux yeux bleus chantait devant une salle survoltée tant elle chantait bien. Une salle qui communiait tant il est vrai que lorsque les voix sont belles, les anges ne sont pas loin : les belles musiques sont séraphiques.

 

Dans la salle, un peu tout le monde. Des jeunes et des vieux, des filles et des garçons, des croyants et des incroyants.

 

Vivants. La fille aux yeux bleus caressée par les vagues d’amour et de joie venant de la salle, fermait les yeux, ses beaux yeux bleus. C’est pourquoi, elle n’a pas pu voir qu’au fond de la salle trois types venaient d’arriver avec de grands sacs. Soudain, elle est revenue sur terre. Elle ne chantait plus, elle criait, « mais non, pas ici, c’est dans l’autre salle ! ». Sur twitter, elle aurait dû être plus précise. Les trois types sortaient les kalach’ de leurs sacs.

 

Trop tard.

Voilà un beau pays. Une île aux yeux bleus tant il y a de mer qui l’entoure. Une île avec des montagnes et du soleil et les bonnes odeurs et les vieux villages et les petits vieux au seuil de leurs portes. Ils sont libres puisque indépendants.

 

Les vieux champs ont été plantés de neuf ; les gars paient bien pour les lopins. Ils disent « Comme dans le Riff ». Il y a aussi, ces plantes hautes qui ont des bourgeons qui sentent un peu drôle. Nouvelles senteurs dans la montagne ?

 

En bas, on dit qu’il y a de la construction. Plein de grands immeubles le long de la côte. « Le bâtiment va ». On ne reconnait plus les plages. Les gars qui dirigent, yeux noirs et peau olive comme nous, et pleins de billets. Ils ont de la « monnaie-cachée » d’ordinateur. On ne la voit pas ; pas besoin de banques. C’est mieux pour être tranquille dans les affaires.

 

Et c’est plus simple pour les casinos. Ça marche fort les casinos. Mieux qu’à Las-Vegas. Une vraie foire à l’argent. Ils se sont battus pour avoir les plus gros entre les gars du sud et les gars du nord, les uns avec des amis sardes, les autres avec des amis de Sicile. Sacrée pétaudière. A la fin, ils ont trouvé un accord.

 

Un ennui : les types qui viennent de Russie, du Kosovo et de Turquie. Ils sont arrivés sans prévenir les autres ; même pas de tweet pour dire « on arrive » ou pour dire qu’ils veulent faire un accord. Ils disent qu’ils veulent tout.

 

Les trois sont arrivés tout au fond de la salle.

 

Et ils ont commencé à tirer. 

Escroqueries : entre Diamants et Bitcoin. Mais que font les Banques ?

Cet article a été repris par Médiapart

 

Les révélations se succèdent : les escrocs multiplient les agressions contre les innocents, les personnes âgées, les quarantenaires, les riches et les pauvres, les diplômés de l’enseignement supérieur et les Bac – 5 ….

Les techniques reposent sur un sous-jacent psychiatrique, sociétal et économique inchangé depuis la nuit des temps : on fait toujours confiance à ceux qui promettent monts et merveilles et on se méfie de tous ceux qui vous annoncent qu’il faudra travailler dur pour extraire de la valeur.

Les victimes sont toujours prises par là où elles pèchent : avec Aristophil ont été « attrapés » des poètes de l’autographe, de la lettre de Blaise Pascal, généreusement polycopiée par l’auteur lui-même, et du livre rare et ancien, (les livres anciens deviennent mécaniquement plus rares au fur et à mesure que le temps passe). Avec le diamant, ce sont les passionnés d’éternité qui ont été touchés. Ceux-là veulent inscrire leur fortune dans des temps figés en lumière froide et pure. Devraient être aussi mentionnées les escroqueries au vin vieux ou aux alcools hors d’âge mais aussi les madofferies les plus simplissimes : « donne-moi ton argent et je t’en donnerai davantage ! ».

Rien ne se perd, rien ne se crée ! Bonne définition du principe boursier du « jeu à somme nulle » : l’argent perdu par les uns est toujours gagné par les autres.

Ces escroqueries passent toujours par des sociétés qui ont « pignon sur rue » ou, plus modernes, qui ont « sites sur le net ». Parce qu’il faut bien rassurer le chaland, ce sont de vraies sociétés avec des comptes en banque. Elles sont installées à l’étranger ? Il est très normal, quand on est malin, d’installer « sa boite » dans un pays qui n’y regarde pas trop ?

Mais quand la catastrophe arrive, quand on découvre que les diamants n’ont jamais existé, quand s’aperçoit que les pignons sur rue n’étaient que des façades, il faut bien trouver des responsables. Que fait la police ? Je veux qu’on me rembourse !

Et la banque ? Qu’a-t-elle fait pour me protéger ? La banque a laissé filer l’argent vers d’autres banques ? Elle a été complice, peut-être ? En tout cas, elle a péché par omission. Pourquoi tant de laxisme ? N’aurait-elle pas dû m’empêcher de tomber dans ces panneaux qui promettent de s’enrichir en dormant ? Ne devait-elle pas bloquer les opérations et dénoncer les turpitudes dans lesquelles j’allais tomber ?

Elle ne l’a pas fait ! La preuve : j’ai tout perdu ! La banque est un tiers de confiance ? Elle a trahi ma confiance. Qu’elle paye donc pour sa traitrise ou son inefficacité !

Au fait : si j’étais une banque, je bloquerais tous les fonds destinés aux plateformes de crypto-monnaies. Franchement ! Empêcher des gens d’acheter du vent, n’est-ce pas dans la mission première  de toute banque?


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