Soliloque sur l’Art, juillet 2016

 

- Fred Blanc, Exposition du groupe Hérez

- Alex Katz, chez Thaddaeus Ropac

- Pontecorvo, exposition du Groupe Maupassant

- William S. Burroughs, Paintings and guns

 

Fred Blanc, Exposition du groupe Hérez

 

Fred Blanc, talentueux communicant, photographe non moins talentueux, a réussi à m’intéresser au cirque. Pourtant, j’éprouve depuis longtemps, une forme de détestation à l’égard des clowns. Pourquoi je ne les aime pas? Ça doit remonter très loin. On évitera de perdre du temps avec les origines ! Sauf qu’on dira que les photos de cirques, et plus précisément de clowns par Fred Blanc, sont tout sauf détestables.

 

On dira que prendre des photos de spectacle n’est pas prendre de vraies photos. On dira que le spectacle étant un projet esthétique par lui-même, ou bien le photographe n’est que le transcripteur d’un spectacle qu’il n’a pas conçu, ou bien en reprend les lignes esthétiques forces et les détourne pour se les approprier.

 

On dira ce qu’on voudra, il se trouve que je n’ai jamais entendu commenter la peinture de danseuses et d’opéra de Degas sous cette forme, et pourtant quelles magnifiques mises en scène picturales que ces transcriptions de mise en scènes théâtrales !!! Laissons donc ces querelles de côté. Fred Blanc exposait des clowns et des images de cirques chez Herez, bd Haussmann, (conseil en patrimoine).,

 

Ce n’est pas un univers de clowns qui est sorti de ses objectifs, mais une imagerie très poétique, faite de bruns et de blancs. De légèreté pareille à la danse, de personnages si près d’un certain regard espagnol.

 

Fred Blanc est sûrement un poète. Un passionné de Jazz assurément. Un chercheur en mouvements, musiques et images.

 

 

A suivre de près.  

Pontecorvo, exposition du Groupe Maupassant

 

Décidément les gestionnaires de patrimoine se passionnent pour l’art. Ici, c’est le groupe Maupassant qui expose dans ses bureaux de la rue Jacques Bingen.

 

Pontecorvo fait partie de cette jeune génération (mais il est quand même un peu plus âgé que la « jeune génération) qui a renoué avec la figuration. Ce n’est pas une peinture de combat, contre l’art abstrait, contre l’expressionnisme allemand ou contre la peinture Cobra, il s’agit seulement de montrer le monde tel qu’on peut poétiquement le découvrir.

 

S’il est banal, il sera montré dans sa banalité, si certains angles de vue ne paraissent pas si naturels, il faudra comprendre que, penché à sa fenêtre, ou du haut d’une tour, l’angle de vue est tout aussi peu naturel que lorsque Bonnard peignait ses femmes au bain. Il y a chez Pontecorvo une ligne claire, pure, lumineuse qui est le fruit d’un regard attentif, serein et plutôt joyeux.

 

Pour moi, un élément que je trouve passionnant, s’exprime avec finesse dans ses œuvres : il y a là un rapport au regard photographique que je trouve riche et enrichissant. Citons « partir, revenir » : un accès au métro ou à n’importe quoi qui suppose de gravir un très large escalier où les déformations de champ de la photographie sont utilisées pour renforcer le réalisme dans lequel baigne l’œuvre. Le cadre « utile » dans lequel est tracé le sujet : des hommes et des femmes qui «passent». Des automobiles garées le long d’un trottoir, fait penser à la façon dont, ne pouvant « cadrer » utilement les seules parties de l’image qui l’intéresse, le photographe, doit composer. Ici, pour le peintre la contrainte du photographe est un instrument supplémentaire au dévoilement du réel.

 

 

On trouve chez Pontecorvo aussi bien des références au surréalisme « burning man » comme à l’hyperréalisme: magnifique « vieille coccinelle » jaune. Enfin, vus de haut, les personnages de « ombres fantômes » sont précédés par leurs ombres. Très belle construction. Peinture d’une lisibilité parfaite. 

Alex Katz, chez Thaddaeus Ropac

3-  

Le réalisme, nouveau ? Je ne sais pas. Le figuratif c’est certain. Par un obstiné. Un jeune homme de près de 90 ans puisqu’il est né en 1927. Un américain celui-là, dont on dit qu’il a été plongé dans la culture et l’expression Pop dès les années 50. Pour moi, l’exposition est la révélation d’un homme qui a laissé de côté toutes les manifestations de l’abstraction américaine, qu’elles soient lyriques, gestuelles, manuelles, machinatoires… ou autres.

 

Et qui a retrouvé, le goût de montrer, ce qui est là posé sous les yeux des regardeurs, et qui suggère des images simples. Graphisme ? Peinture ? Un travail qui se débarrasse des détails et va vers des formes simples, branches d’arbre tirées d’un trait, bleus ciel, jaunes lumineux. Jours de printemps ou d’été ?

 

L’exposition chez Thaddaeus Ropac dans le Marais, n’est évidemment pas exhaustive. Les œuvres sont très grandes et l’espace n’est pas si spacieux. Elle est néanmoins passionnante. Donnant des œuvres où la perspective est oubliée. Claires. Lumineuses. Aériennes.

 

Alex Katz a-t-il inspiré Djamel Tatah ? ou certains peintres japonais…

 

L’exposition a le mérite d’être une introduction à une œuvre longue, vaste et riche.

William S. Burroughs, Paintings and guns

 

Je ne savais pas William Burroughs peintre. Voilà, mon ignorance est effacée. Belle exposition de la galerie Semiose.

Peinture abstraite « lyrique » et aussi « tirs au but de carabine sur pots de peinture » à la Nicky de Saint Phalle. Coloré, grinçant, surprenant.

 

A voir vite. 


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