Soliloques sur l'Art, octobre 2020

Robert Combas

 

LAURENT STROUK - GALERIE D'ART CONTEMPORAIN 2 AVENUE MATIGNON 75008 PARIS

 

Exposition sympathique sur un des monstres sacrés de la figuration libre. Le Combas que tout le monde connait, couleurs primaires, franches violentes, toile cloisonnée, dessins simplistes, caricaturaux grinçants. Le sexe, le sang, l’ordure tout ceci au service de mythologie ou de scènes de la vie de tous les jours, les unes étant ravalées au rang de faits divers, les autres mises au firmament et installées dans des olympes compliquées et contorsionnées.

 

Mais entre le Combas des débuts, un Combas de combat et celui d’aujourd’hui, la toile s’est allégée, le cloisonnement s’est fait plus discret, les couleurs ne crient plus. Moins de rouges sang, moins de bleu éclatant, de jaunes souffre. Ce sont maintenant des couleurs où l’orange, le marron se sont frayés un chemin.

 

Le combat n’est plus le fait d’un remplissage presque obsessionnel de la toile. Aujourd’hui la mise en page est plus recherchés, les thèmes sont posés sans qu’ils empiètent les uns sur les autres.

 

Un Combas nouveau, un combat renouvelé ? 

 

Kriki, médiase

Kriki

Chez Suzanne Tarasieve

7 rue Pastourelle 75003

L’éclectisme est un humanisme, ce pourrait être la devise de Suzanne Tarasieve !!! Et ici, Kriki est un humaniste de l’extrême.

 

Aux confins du cloisonné à la Combas, des simplifications à la Di Rosa, on le voit aussi rencontrer les immobilismes de Hopper et les graphismes de Speedy Graffito. Autant dire que tout ceci est très moderne dans un courant qui joue beaucoup sur les fausses simplicités et les vraies constructions picturales.

 

L’œuvre de Kriki est bourrée de clins d’œil à la peinture officielle et de grimaces envoyées aux grandes machines. Le radeau de la méduse y est modernisé et les figures tutélaires des lions anthropomorphes babyloniens convoqués pour participer à une fête anachronique.

 

Kriki, casse et reconstruit, resitue la culture lego et donne au moyen de colorations basiques de grands coups d’éclairage sur notre monde et la vision que nous finissons par en avoir.

 

Poésie de la bande dessinées et des pulp fictions, opéra de quatre euros de notre monde moderne, footballeurs la tête sens dessus dessous tout est mis à l’envers pour qu’on y voit mieux.

 

Kriki montre des animaux fétiches et aussi de drôles de dames en formes de pixels géants. Il nous offre le plaisir de faire participer des monstres modernes, tout en angles aigus à des scènes de la peinture ancienne.

 

Très gai finalement et drolatique souvent.

 

A voir, dans un monde covidé, il remet les choses à l’endroit.

Victor Brauner au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 

Brauner, comme la plupart des surréalistes, (on l’avait montré pour Chirico, Magritte, Dali…) se lit à livre ouvert, se reconnait à 20 mètres et ne se confond avec personne d’autres que ses copains surréalises. Son œuvre est faite d’images oniriques dont on retient bien les formes et les couleurs. Elles sont à lui, elles sont de lui.

 

Brauner n’est pas un peintre du sous-entendu, de la suggestion, de la petite madeleine. Comme la plupart des surréalistes, c’est un artiste de la ligne claire. Peu d’ombre et, quand il y en a, à la manière de Chirico ou de Magritte, elle ne parle pas du temps qui passe et de la lumière qui le rythme, elle est là comme un élément architectural, qui restera à la même place, pareil, à une colonne ou à une statue à toutes les heures de la journée quelle que soit la saison.

 

Les thématiques sont celles qu’on retrouve chez ses confrères surréalistes. Peintre surréaliste, il me parait un peu faible par rapport à ses contemporains : disons-le tout de suite, il fait figure de suiveur. Il n’y a pas de raison d’être méchant et de le dénigrer, il y a beaucoup de talent chez Brauner. Qualifions le de passeur, d’accompagnateur, ce qui est peut-être plus positif ; l’influence de Chirico est manifeste et lourde, mais aussi celle de Dali, celle de Magritte ; il partage avec eux le goût du titre qui renforce ou dérive l’image ; il simplifie celle-ci et abolit des règles de perspective dans ses dernières œuvres où l’influence africaine est omni-présente.

 

 

C’est d’ailleurs dans cette dernière période, qu’il est probablement lui-même, original, créateur.

 


 

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