Soliloque sur l'Art, septembre 2025

FAB 2025 au Grand Palais

Les quelques images ci-dessus montrent le travail de quelques artistes parmi les très nombreux exposés dans FAB 2025. 

Très belle foire où de très belles œuvres étaient exposées. Rien d'excessif, pas d'empilement de Hartung, pas d'accumulation de Soulages, simplement un excellent choix d'œuvres pour amateurs et collectionneurs. 

A se promener parmi les stands, on ne pouvait pas s'ennuyer. Belle réussite.

 

1 Walter Sauer

2 Tom Wesselmann

3 Nicolas de Staël

4 Max Ernst

5 Maillol

6 tête d'Athéna

7 jean Henry paysage au pont de pierre

8 et 9 Pincemin

10 Louis Valtat

11 Lynn Chadwick

12 Joan Miro

13 Fernand léger

14 Dubuffet

15 André Masson

16 césar

17 Jean Charles Blais

18 Manolo Valdès

19 Karel Appel

20 Delvaux

21 Riopelle

22 Alicia Penalba

Greuze, au Petit Palais

Greuze,

Au petit palais,

L’enfance en lumière,

 

Greuze…. Un peintre des sensibleries, un peintre des gentilles filles, domestiques ou non, des enfantelets , un peintre de la gaieté un peu pleurnicharde, des bons sentiments qu’on pouvait trouver même jusque dans les chaumières…

 

Ne l’ai-je pas connu depuis ma plus tendre enfance, ce peintre qui savait faire tirer des gravures de ses œuvres, portraits de jeunes enfants ou grandes machines théâtrales dont on trouvait des éditions dans les provinces de la France profonde. Je le connaissais par cœur ce Greuze à prix abordable sous forme de grandes gravures en noir et blanc. « La rédaction de la dot pour une si charmante, modeste et délicate fiancée ». « Le père qui accueille le fiancé », mais aussi, « la terrible scène de l’enfant maudit »…. Greuze inventait des images incontournables, des histoires si belles et racontées avec tant de talents. Il peignait le bonheur, le charme et la beauté, avec la gaité qui les accompagne, avec aussi, la sensualité qui va si bien à la jeunesse.

 

Au fond, à y regarder de près, Greuze a fait partie d’une culture picturale incontournable comme tout aussi bien, et à la même époque, les artistes comme Fragonard, Watteau, Vigée-Lebrun. Ils racontaient et imageaient un siècle d’or, celui de la fin du XVIIIème siècle, celui d’avant la révolution et par leurs reproductions gravées le feront durer bien plus longtemps que le siècle qu’ils avaient su si bien chanter. Ils disaient en couleurs et en dessin ce que Talleyrand avait exprimé dans un moment de souvenir morose : « Qui n’a pas vécu dans les années voisines de 1780 n’a pas connu le plaisir de vivre. »

 

La peinture de Greuze n’affirme rien d’autre que ce plaisir, ce charme de vivre. Servie par une exceptionnelle maîtrise des techniques et des principes de la peinture de chevalet, elle va sans cesse jouer sur les sentiments. Ses portraits d’enfants sont des chefs d’œuvres de sentimentalité, Greuze excelle dans la reproduction des regards où les yeux sont emplis de douceur, d’abandon et d’affection. Mais ce sont aussi des attitudes amusées voire ironiques (l’enfant qui dort sur son livre d’étude).

 

L’exposition malgré son titre ne porte pas que sur des portraits d’enfants mais aussi sur les grandes machines qui ont à la fois fait la réputation de Greuze mais à force de bons sentiments, l’ont desservi. Pièces de théâtre un peu sirupeuses où les bons sentiments sont livrés à profusion, où les larmes coulent à flots, où les poses de quelques paysans de paccotille sont emplies d’élégance et de majesté. Remarquables œuvres dramatiques aussi, quand le père chasse le fils indigne.

 

Et puis, il y a les coups de génie : « la cruche cassée » est probablement une des œuvres à la fois la plus marquante de Greuze et aussi, une œuvre exceptionnelle dans l’ensemble de la peinture française.

 

 

Et puis, Greuze, un jour passera de mode : le style romain, austère, grandiose, dramatique l’emportera, comme la tourmente révolutionnaire a signé la fin des plaisirs décrits par Talleyrand.


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