Soliloque sur l'Art, novembre 2025

George Condo, au musée d'art moderne de la ville de Paris

George Condo

Au musée d’art moderne de la ville de Paris

 

Mes lecteurs savent qu’il m’arrive d’écrire une chronique pour leur épargner quelques dizaines d’euro et quelques heures de déplacement inutile.

Cette chronique est dédiée à ce service amical.

Donc, je me suis rendu au musée d’art moderne de la ville de Paris pour voir une exposition sur un artiste américain contemporain dont la réputation américaine est très forte : George Condo.

 

Le peu d’intérêt que présente l’œuvre de cet artiste ne m’a pas conduit à des stations muettes et admiratives devant chaque œuvre. Cela ne valait pas la peine. Reconnaissons que je n’étais pas le seul dans ce cas. Par esprit de méchanceté, j’ai pensé à la célèbre recommandation de Guitry au sujet d’une de ses pièces qui faisait un four :« venez armé, l’endroit est désert ». De fait, l’œuvre de M.Condo, n’a pas suscité l’enthousiasme des foules Parisiennes. Les regardeurs ont dédaigné l’œuvre et l’endroit. On peut donc regarder confortablement et peut-être piquer un petit somme sans être dérangé.

 

L’œuvre en question pourrait être définie comme une des nombreuses manifestations de ce qu’on pourrait nommer « l’art-bashing ». Les Français connaissent bien le « french bashing » très pratiqué aux Etats-Unis (un des rares pays qui s’y adonnent, avec l’Algérie). Cela consiste non seulement à critiquer la culture française et ses manifestations artistiques, scientifiques et politiques, mais aussi et surtout à la tourner en dérision.

 

M.George Condo s’est érigé en Art Basher, c’est-à-dire en artiste peintre peignant pour se moquer et tourner en dérision l’art et les œuvres de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Pour ce faire, il a déployé des talents indéniables de copieur et intégré ce qu’il a compris des thèmes et du style de quelques grands peintres dans des représentations de grotesques. Pour faire bref, ce n’est ni amusant, ni joli !!!

 

Peut-être vu du point de vue américain cela est-il tolérable et les déchainements de grostesqueries et les explosions intempestives de couleurs qui vont avec sont représentatives des goût de l’ouest ou de l’est américain. Peut-être, passé la pure abstraction (qui ne livre pas de messages trop compliqués) ou la reproduction « wahrolienne » des boîtes de soupe, les Américains sont-ils tentés de se moquer de l’art du vieux continent. Mettre à leurs murs une œuvre de M.Condo, leur offrirait à la fois le sentiment d’accrocher de l’art mais aussi d’exposer des occasions de rigoler pour leurs copains.

 

 

Les quelques œuvres du peintre qui aurait valu le déplacement font penser à des caricatures de Soulage ou de Marfaing, quant aux œuvres les plus récentes, ce sont de curieuses œuvres choses abstraites à une époque qui y a renoncé. Peut-être l’auteur attend-il avec impatience que ses œuvres ultimes soient l’objet d’un Condo-bashing…. 

Pekka Halonen, au Musée du Petit Palais

 

Une exposition très complète des œuvres du peintre Pekka Halonen (1865-1933), l’une des figures majeures de l’âge d’or de la peinture finlandaise. Les musées Français affectionnent depuis quelques années de montrer les peintres des mondes européens de l’extrême est. Pekka Halonen est un bénéficiaire de cette attention louable. Pourquoi en effet, ne montrer que les peintres célèbres dans des pays de haute culture conquise sur des centaines d’années ? n’y a-t-il pas dans les confins des vieilles civilisations des contributions dignes d’intérêts. Elles paraitront souvent comme l’expression d’un art second, ou d’un art de suiveurs (mais rappelons-nous que le grand critique Daniel Arrasse, interrogeait le quattrocento, en ces termes : Masolino n’était-il pas le suiveur de Masaccio ?).

 

Pekka Halonen, venu à Paris pour compléter sa formation, suivit l’enseignement de Gauguin et toute une partie de son travail pourrait venir d’un « suiveur de Gauguin ? En revanche, il demeure pleinement peintre finlandais pour qui les lacs, les forêts, la neige et la glace sont des sujets incessants et pour la représentation desquels il déploie une sensibilité sincère.

 

 

On dira de cette exposition qu’elle se justifie tout et autant les expositions où sont présentés les Peintres du midi, ceux de la Bretagne, ceux du nord…. Emportées dans le courant majestueux des grandes œuvres capitales, ces œuvres « locales » démontrent que les idées qui les sous-tendent passent bien et que leur influence, qui est bien là, n’est pas près de s’éteindre.

 

Peter Klasen, chez Sabine Bayasli

Peter Klasen

Chez Sabine Bayasli

Ce sont parmi les premières œuvres et la plupart sont austères. On s’est habitué, considérant les œuvre de peter Klasen, à des récits lourds de matériaux industriels, de panneaux indicateurs, des signaux que la société envoie pour prévenir, informer, guérir. On pense aussitôt à un feu d’artifice de couleurs violentes, fortes, incongrues : visage de femmes bleues, empilements jaunes, signalétiques oranges.

Au tout début de l’œuvre de Klasen, le gris, le noir, le sombre rythment des structures impeccables où rien ne dépasse.

C’est cette période qui est le sujet de l’exposition de Sabine Bayasli.

 

Pour comprendre d’où vient l’œuvre de Peter Klasen et en montrer les racines, il faut se rendre à la source de son inspiration et oublier un moment, l’éclatement des formes et des couleurs qui en est venu.

 

D'autres commentaires sur les œuvres de Peter Klasen :

 

Peter Klasen: les chemins

 

Peter Klasen: discours avec Malevitch

 

 


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