dictionnaire des citations, Baudelaire, curiosités esthétiques

Baudelaire,

Curiosités Esthétiques

Calmann-levy 1935.

 

11. Sur Vernet : Cette peinture africaine est plus froide qu’une belle journée d’hiver …. Tout y est d’une blancheur et d’une clarté désespérantes … un vaste panorama de cabaret.

 

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21. Au total, M. Hubert Fleury est toujours et sera longtemps un artiste éminent, distingué. Chercheur, à qui il ne manque qu’un millimètre ou qu’un milligramme de n’importe quoi pour être un beau génie.

 

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23. Nous ne dirons pas que M. Achille Devéria a fait un excellent tableau – mais il a fait un tableau, Sainte Anne instruisant la Vierge … c’est plutôt, il est vrai, un coloriage qu’une peinture, …

 

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25. Chassériau :  La position qu’il veut se créer entre Ingres, dont il est élève, et Delacroix qu’il cherche à détrousser, a quelque chose d’équivoque pour tout le monde et d’embarrassant pour lui-même.

 

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28. Lépaulle : Le torse de saint Sébastien, parfaitement bien peint, gagnera encore à vieillir.

 

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34. Laviron : Tableau sérieux plein d’inexpériences pratiques. Voilà ce que c’est que de trop s’y connaitre, … de trop penser et de ne pas assez peindre.

 

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38. Mlle Eugénie Gautier : Cette femme a l’intelligence des maîtres ; elle a du Van Dick. Elle peint comme un homme.

 

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47. Lepoitevin Tableaux de genre, vrais tableaux de genre trop bien peints. Du reste, tout le monde aujourd’hui peint trop bien.

 

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54. Corot : il y a une grande différence entre un morceau fait et un morceau fini…- qu’en général ce qui est fait n’est pas fini, et qu’une chose très-finie peut n’être pas faite du tout- que la valeur d’une touche spirituelle, importante et bien placée est énorme .. , etc … d’où il - Corot - peint comme les grands maitres.

 

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83. Stendhal a dit quelque part : « La peinture n’est que de la morale construite »

 

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98. Les horizons n’ont pas besoin d’être grands pour que les batailles soient importantes ; les révolutions et les événements les plus curieux se passent sous le ciel du crâne, dans le laboratoire étroit et mystérieux du cerveau.

 

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102. Il n’y a pas de hasard dans l’Art, non plus qu’en mécanique.

 

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106…. Il y a plusieurs dessins, comme plusieurs couleurs … le troisième, qui est le plus noble et le plus étrange, peut négliger la nature ; il en représente une autre, analogue à l’esprit et au tempérament de l’auteur.

 

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108.  Ce fond est d’une simplicité fantastique, et E. Delacroix a sans doute, comme Michel-Ange, supprimé l’accessoire pour ne pas nuire à la clarté de son idée.

 

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117. On sait que les grands génies ne se trompent jamais à demi et qu’ils ont le privilège de l’énormité dans tous les sens.

 

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120. …les mornes beautés de Delacroix, telles qu’on peut se les figurer : de grandes femmes pâles, noyées dans le satin !

 

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131. M. Decamps, qui sait si bien faire le soleil n’a pas su faire la Pluie

 

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136. J’ai entendu plusieurs rois faire à M. Leleux ce singulier reproche, que, Suisses, Espagnols ou Bretons, tous leurs personnages avaient l’air breton.

 

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138. Trop particulariser ou trop généraliser empêchent également le souvenir ; à l’Apollon du Belvédère et au Gladiateur, je préfère l’Antinoüs, car l’Antinoüs est l’idéal du charmant Antinoüs.

 

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143…ils rendent d’abord les minuties, et c’est pour cela qu’ils enchantent le vulgaire, dont l’œil dans tous les genres ne s’ouvre que pour ce qui est petit.

 

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146. Depuis le portrait de la princesse Belgiojoso, M. Lehmann ne fait plus que des yeux trop grands, où la prunelle nage comme une huître dans une soupière. 

 

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159. Aussi tous les honnêtes gens de France, excepté Horace Verne,t haïssent le Français. …Il (le peuple français) a fait de grandes choses, mais il n’y pensait pas. On les lui a fait faire.

 

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184. Sortie de l‘époque sauvage, la sculpture, dans son plus magnifique développement, n’est autre chose qu’un art complémentaire. Il ne s’agît plus de tailler industrieusement des figures portatives, mais de s’associer à l’architecture, et de servir leurs intentions.

 

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213. Tout peuple est académique en jugeant les autres, tout peuple est barbare quand il est jugé.

 

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221. Dans l’ordre poétique et artistique, tout révélateur a rarement un précurseur. Toute floraison est spontanée, individuelle.  …Signorelli était-il vraiment le générateur de Michel-Ange ? Est-ce que Pérugin contenait Raphaël ? L’artiste ne relève que de lui-même. Il ne promet aux siècles à venir que ses propres œuvres. Il ne cautionne que lui-même. Il meurt sans enfants. Il a été son roi, son Prêtre et son Dieu.

 

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233. La faculté qui a fait de M. Ingres ce qu’il est, le puissant, l’indiscutable, l’incontrôlable dominateur, c’est la volonté, ou plutôt un immense abus de la volonté. En somme, ce qu’il est, il le fut dès le principe. Grâce à cette énergie qui est en lui, il restera tel jusqu’à la fin.

 

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245. L’artiste, aujourd’hui et depuis de nombreuses années, est malgré son absence de mérite, un simple enfant gâté.

 

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252. Celui qui ne possède que de l’habileté est une bête, et l’imagination qui veut s’en passer est une folle.

 

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257. …car si l ‘artiste abêtit le public, celui-ci le lui rend bien.

 

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258. Parce que le Beau est toujours étonnant, il serait absurde de supposer que ce qui est étonnant est toujours, beau.

 

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259. Un Dieu vengeur a exaucé les vœux de cette multitude, Daguerre fut son messie.

 

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261. La poésie et le progrès sont deux ambitieux qui se haïssent d’une haine instinctive, et, quand ils se rencontrent dans le même chemin, il faut que l‘un des deux serve l’autre. S’il est permis à la photographie de suppléer l’art dans quelques-unes de ses fonctions, elle l’aura bientôt supplanté ou corrompu tout à fait, grâce à l’alliance naturelle qu’elle trouvera dans la sottise de la multitude.

 

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262.. Que l’artiste agisse sur le public, et que le public réagisse sur l’artiste, c’est une loi incontestable et irrésistible ; d’ailleurs les faits, terribles témoins, sont faciles à étudier ; on peut constater le désastre. De jour en jour l’art diminue le respect de lui-même, se prosterne devant Ia réalité extérieure, et le peintre devient de plus en plus enclin à peindre, non pas ce qu’il rêve, mais ce qu’il voit. Cependant c’est un bonheur de rêver, et c’était une gloire d’exprimer ce qu’on rêvait ; mais, que dis-je ! connait-on encore ce bonheur ?

 

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263.  La nature est laide, et je préfère les monstres de ma fantaisie à la trivialité positive.

 

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265.  L’imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai. Elle est positivement apparentée avec l’infini.

 

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278. A chaque nouvelle exposition, les critiques remarquent que les peintures religieuses font de plus en plus défaut.

 

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284. Il est aussi grand que les anciens, dans un siècle et dans un pays où les anciens n’auraient pas pu vivre.

 

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287. Mon livre, vous irez à Rome, et vous irez à Rome sans moi.

 

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293. ce gros poupard troué de fossettes qui représente l’idée populaire de l’Amour. Pour si j’étais invité à représenter l’Amour, il me semble que je le peindrais sous la forme d’un cheval enragé ou bien d’un démon aux yeux cerné par la débauche et l’insomnie…

 

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327. M. Millet cherche particulièrement le style ; il ne s’en cache pas, il en fait montre et gloire. Mais une partie du ridicule que j’attribuais aux élèves de M. Ingres s’attache à lui. Le style lui porte malheur. Ses paysans sont des pédants qui ont d’eux-mêmes qui ont d’eux-mêmes haute opinion.

 

 

 

 

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