dictionnaire des citations: Madame de Genlis

 

 

 

De l’esprit des étiquettes

 

Mercure de France

 

 

 

 

21 le luxe avait de la grandeur, parce qu’il était aussi peu frivole qu’il peut l’être et que, n’ayant rien de faux, les fortunes médiocres n’y pouvaient atteindre ; alors il était une distinction.

 

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22. Les ministres alors et tous les gens qui occupaient d’éminentes places étaient obligés de tenir un si grand état qu’il leur était bien difficile de s’enrichir : tous avaient une table ouverte à paris, au moins trois fois la semaine, et à Versailles et à Fontainebleau tous les jours.

 

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33. Jamais Française, dans une autre Cour, ne s’est soumise au baisement de main.

 

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35. La véritable grandeur sait naturellement élever tout ce qui l’approche, c’est une création digne d’elle. Rabaisser, c’est détruire, c’est l’emploi le plus malheureux et le moins noble de la puissance.

 

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37. Pour aller souper, le Roi passait d’abord, ensuite la Reine et les princesses, après quoi, les princes faisaient passer toutes les femmes avant eux et ne passaient qu’après.

 

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42. Aux accouchements de la Reine et de toutes les princesses, aussitôt que l’on prévoyait que l’accouchement allait promptement se terminer, on ouvrait toutes les portes, et tout le monde, hommes, femmes, subalternes, sans distinction, pouvait entrer.

 

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46. Dans un temps où l’éclat de la gloire des armes n’était en rien comparable à celui que lui donnent aujourd’hui tant d’exploits merveilleux, tout le monde préférait le cordon bleu, marque de la faveur du prince, au cordon rouge, marque du mérite militaire.

 

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55. La gouvernante des enfants de France, comme le chancelier, ne pouvait être renvoyée ; il fallait qu’elle donnât sa démission ou qu’on lui fit son procès et que l’on prouvât son incapacité.

 

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58. Les autres cérémonies religieuses d’étiquette étaient la Cène, dans laquelle le Roi et la Reine lavaient publiquement les pieds de vingt-quatre pauvres enfants, douze petits garçons et douze petites filles.

 

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60. Les parties de plaisir de la Cour n’ont jamais été fréquentes ni brillantes.

 

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60.La Reine ne mangeait jamais avec des hommes quand le Roi n’y était pas.

 

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62. Nos Rois, nos Reines et tous les princes et princesses de leur sang, lorsqu’ils rencontraient dans un chemin ou dans les rues le Saint-Sacrement, descendaient de voiture et se mettaient à genoux dans la rue jusqu’à ce que le Saint-Sacrement fût passé. Coutume qui a été observée jusqu’à la Révolution.

 

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68. La politesse des princes pour la noblesse, en y comprenant même ceux qui leur étaient attachés a toujours été parfaite. Ils avaient l’idée très juste, qu’en donnant une grande considération à ceux qui les servaient, ils s’honoraient eux-mêmes et que c’était là une partie essentielle de leur propre dignité.

 

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83. Les princes étaient autorisés à avoir dans leurs palais une prison domestique, dans laquelle ils, avaient le droit de faire mettre, pour quarante-huit heures, les domestiques insolents, sans en rendre aucun compte aux magistrats.

 

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91. Quand la Révolution arriva, elle était toute faite dans tous les esprits. Elle n’eut qu’à secouer un joug devenu méprisable, elle n’eut rien à rompre, tout était dénoué depuis longtemps.

 

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92. Tout ce qui dans la conversation générale, embarrasse, importune et déplait est sûrement d’un mauvais ton. Les bavards, les indiscrets et les fats n’ont jamais un bon ton.

 

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 93. La décence des femmes était extrême : aucune, quelle que fût sa conduite, n’aurait avoué avoir lu un ouvrage licencieux. Par exemple, les Contes de La Fontaine, la Pucelle, Candide ... etc.

 

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94. On dispensait assez facilement de la vertu, on ne dispensait jamais de la bienséance.

 

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95. Chacun se plaçait à table comme il le voulait, liberté agréable à tout le monde, parce qu’on se plaçait à son gré auprès des personnes que l’on connaissait et qui plaisaient. Aujourd’hui non seulement le maître de la maison s’empare d’autorité de la femme la plus considérable par son rang ou sa fortune, ce qui peut être fort ennuyeux pour cette femme, mais il désigne aux autres femmes, ceux qui doivent être à leurs côtés… 

 

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106. Enfin, on recevait des hommes lorsqu’on était dans son lit ; on n’en recevait jamais lorsqu’ on était dans son bain.

 

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107. L’usage actuel, à la fin des repas, de se laver les dents et les mains à table, nous vient des Anglais.

 

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113. On n’apprend point à aimer, mais on apprend à témoigner avec élégance et grâce qu’on aime.

 

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119. …quand les mœurs générales sont mauvaises, la franchise n’est plus qu’une grossièreté qui détruit tout le charme de la société et qui bientôt porte la dépravation au dernier degré où elle puisse aller.

 

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