George Valance

Citations extraites de « Petite histoire de la Germanophobie »

 

29 La bulle d’or qui réorganisa l’empire en 1356 magnifiait la dignité de l’empereur « tête temporelle du peuple chrétien charge de régir l’univers » mais accordait tous les droits souverains aux sept grands électeurs.

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29 Frédéric trois fit inscrire une devise ambitieuse AEIOU « austria est imperare orbi universo » . Son successeur Maximilien 1er grand-père de Charles Quint, alla même jusqu’à rêver…(se faire) élire pape après la mort de Jules II.

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29 … « Le Saint Empire dominant l’Europe… dans la mémoire collective des Allemands comme un appel à la conquête, une promesse d’hégémonie, une certitude de mission sacrée » (in Robert Minder; Allemagne et Allemands.)

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32 (En) 1378 , le roi Charles V reçoit l’empereur Charles IV.. . Dernière visite amicale d’un chef d’Etat allemand jusqu’à la Vème République.

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33 « … à l’étranger la vanité des Français était passée en proverbe » (in Lavisse histoire de France)

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34 Il (François Ier, candidat à l'Empire) avait sous-estimé la vague de patriotisme qui, outre-Rhin, accompagna la Réforme Luthérienne.

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36 Le deuxième Reich, en annexant l’Alsace et le nord de la Moselle « déclenchant une vague de germanophobie qui n’a reflué qu’à partir de la seconde moitié du XXème siècle ».

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38 Politique de la France à l’égard de l’Empire sous Henri II « tenir sous main les affaires d’Allemagne en la plus grande difficulté qu’on pourra ». Henri II, lui résumait cette politique d’un mot, « le grabuge ».

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43 Friedrich Sieburg dans son livre célèbre « dieu est-il français ? » « Etre Français, ce n’est pas appartenir à une race que distinguent une même couleur de cheveux, une même structure de crâne, les mêmes instincts ; c’est avoir en commun une certaine conception de l’esprit nationale, c’est se sentir l’héritier, l’administrateur et le continuateur de Rome et de monde latin. »

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44 Du Bellay, dans "défense et illustration de la langue française", «Quant à la piété, religion, intégrité des mœurs, magnanimité du courage, et toutes ces vertus rares et antiques, la France a toujours obtenu sans controverses le premier lieu. Pourquoi sommes-nous si grands admirateurs d’autrui ? »

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48 Ce caractère national allemand n’a cessé de s’amplifier dans la vie et la doctrine de Luther, qui prit toujours le parti des princes allemands contre l’empereur et le pape.

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49 Heine : « Luther a créé la langue allemande »… « Il fut à la fois la langue et l’épée de son temps ».

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50 Victor Hugo « La Réforme n’eût été qu’un schisme. L’imprimerie l’a faite révolution. Ôtez la presse, l’hérésie est énervée. Gutenberg est le précurseur de Luther. »

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53 Luther publia le pamphlet le plus sanguinaire de l’histoire allemande jusqu’à l’époque de l’hitlérisme « contre les hordes meurtrières et pillardes des paysans. « C’est pourquoi, chers seigneurs, poignardez ! Pourfendez ! Tuez à qui mieux mieux ! »

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54 A l’évidence le culte de l’obéissance prôné par Luther a eu une part de responsabilité dans l’incroyable fidélité du peuple allemand à un régime criminel et condamné à la défaite dès 1943.

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56 Madame de Staël : « les Allemands exécutent les ordres comme s’il s’agissait d’un devoir.

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57 L’humiliant dressage à la prussiennes: le Drill. "Il est fini le temps où les Allemands pouvaient affirmer avec Luther, "quand l’autorité de l’Etat dit : deux et deux font huit, il faut le croire, même contre toute évidence".

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63 Après la paix de Westphalie « l’empereur n’avait plus qu’un vain titre et l’empire était devenu une confédération très lâche d’Etats souverains, une mosaïque comprenant 8 princes-électeurs, 69 princes ecclésiastiques, 96 princes séculiers et 61 villes, en tout 234 unités territoriales. … sous le contrôle de la France et de la Suède (…. Remplacée au siècle suivant par la Russie)… les deux Etats étaient reconnus garants « des libertés germaniques ».

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64 Jacques Bainville « les traités de Westphalie avaient « résolu le problème allemand… en la (l’Allemagne) rendant politiquement impuissante et en la restituant à cette forme de génie propre qui est de travailler et de rêver paisiblement ».

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65 Les seules régions françaises qui trahirent une germanophobie active à la fin du XVIIème siècle sont celles de l’Est et du Nord de la France, ravagées au temps de la Fronde, par des bandes de mercenaires allemands, notamment celle du général allemand d’Erlach, qui sévît en champagne et en Thiérache… sa sauvagerie a laissé de tels souvenirs qu’au début du XXème siècle encore, on qualifiait de Derlaque un homme brutal et violent sans raison.

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66 Le reste du Royaume était plus préoccupé par la cherté de la vie … que par l’acquisition de l’Alsace les traités de Westphalie.

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66 Discours de l’avocat général Omer Talon devant Louis XIV enfant et la Régente « …..Les palmes et les lauriers ne sont point comptés parmi les bonnes plantes, puisqu’elles ne produisent aucun fruit qui soit bon pour la vie ».

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66 L’Ancien régime a peu connu la germanophobie proprement dite … la détestation de ce qui est allemand parce que c’est allemand.

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68 La Maison d’Autriche a longtemps personnifié la menace germanique.

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68 Titre : La francophobie explose « la guerre de trente ans, puis celles que mena Louis XIV ont nourri un sentiment antifrançais inconnu jusque-là et qui n’a pas totalement disparu ».

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69 Jacques Droz indique que c’est à partir de la guerre de succession d’Espagne que les libellistes allemands appliquent… la dénomination d’ennemi héréditaire jusque-là réservée aux Turcs ».

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71 Frédéric II de Prusse dans un testament destiné à son héritier : « la frontière naturelle de la France, c’est le Rhin, dont le cours semble avoir été dessiné pour séparer les deux pays »… Bismarck écrivit en marge « à tenir secret pour toujours ».

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72 Le ravage du Palatinat, par Pierre Jurieu, calviniste passé à Rotterdam : « aujourd’hui un Français et un cannibale c’est à peu près la même chose dans l’esprit des voisins »… c’est donc bien du temps de Louis XIV qu’il faut dater l’éclosion en Allemagne d’un sentiment antifrançais.

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75 Sous la république de Weimar, le Reich conserva la structure fédérale jusqu’à ce qu’Hitler mette au pas les Länder.

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76 Thomas Nipperdey « le fédéralisme de la république fédérale n’est pas le produit artificiel d’un projet relevant de la politique internationale ou de la Science politique, il est le résultat de sa propre histoire.

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83 Après l’attentat de Friedrich Staps contre Napoléon « il n’y a pas d’exemple qu’un jeune homme de cet âge, allemand, protestant, et bien élevé ait voulu commettre un pareil crime. Sachez comment il est mort » dira Napoléon.

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84 Le patriotisme révolutionnaire français avait une vocation universelle… quand les armées de la Révolution passaient les frontières, ce n’est pas aux Allemands qu’elles en voulaient, mais aux « tyrans »…

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84 le patriotisme allemand, en revanche, s’est tout de suite tourné contre l’extérieur et mué en nationalisme agressif.

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84 Heine « le patriotisme de l’Allemand…. consiste en ce que son cœur se rétrécit, comme le cuir sous la gelée, qu’il cesse d’être un citoyen du monde, un européen pour n’être plus qu’un étroit allemand. »

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85 Leibnitz écrivait la plupart de ses essais dans la langue de Molière.

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90 C’est surtout après Iéna que le nationalisme culturel allemand prit une dimension politique et cultiva la francophobie.

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92 L’objectif de Fichte était de démontrer la supériorité de la langue Allemande sur le Français. … Il avait acquis une dimension ouvertement gallophobe.

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103 Les français avaient pardonné Waterloo : il n’y avait rien de déshonorant à être battu par l’Europe coalisé… mais être battu par la petite Prusse… Voir le roi de Prusse avoir l’outrecuidance de de se proclamer « empereur allemand » dans la galerie des glaces du château de Versailles… c’était intolérable pour la Grande Nation.

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105 Après la guerre de 1870 « le qualificatif ennemi héréditaire » affecté par les Allemands à la France… prit toute sa signification dans le sens inverse.

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108 Il aura fallu le choc de la défaite de 1870 … pour que la France abandonne enfin la prédilection qu’elle manifestait depuis si longtemps pour le pays de Frédéric II.

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109 Le bon Allemand de Madame de Staël était oublié. … Avant la guerre l’Allemagne était la patrie de l’individualisme, elle devint soudain … une immense caserne habitée par des automates.

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114 La germanophobie des journaux et de l’homme de la rue fluctuait au gré de la situation internationale et des tensions avec l’Allemagne à la frontière alsacienne, et surtout au Maroc.

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119 L’allemand première langue ; après 1870 les futurs cadres de l’armée passés par Saint-Cyr… devaient effectivement savoir lire et parler l’Allemand.

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120 L’étude de l’Allemand… de préférence à l’anglais … était regardé comme faisant partie de la préparation à la revanche.

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125 François-Georges Dreyfus… « L’Allemagne, certes, voit dans la France l’ennemie héréditaire, mais de plus en plus on méprise un Etat dont la vie politique est instable, la population stagnante, l’économie archaïque ».

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126 Un journaliste allemand, Maximilian Harden « menaçait « la femelle France » de l’offensive du « mâle allemand ».

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128 Un banquier ouest-allemand sur la réunification de l’Allemagne moderne : « La France à la veille de la Première Guerre mondiale, pesait la moitié de l’Allemagne. Avec la réunification elle reviendra à peu près à la même situation »…

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132 La signature du traité de Versailles « confirmait le climat hostile entre une France jouissant sans retenue de sa revanche et une Allemagne indignée de se voir humilier.

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136 En septembre 1914 Jacques Bainville « l’existence de l’Allemagne est incompatible avec la civilisation humaine et le repos du monde ».

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137 André Suarès dans son livre " Nous et eux, commentaires sur la guerre des Boches": " l’Allemand est l’ennemi le plus fort et le plus atroce que peuple ait jamais connu. On a fait de lui l’automate de la destruction".

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144 La France abritait la conférence de la paix et fournissait son président, Clemenceau. Elle était donc la cible idéale des Allemands, blessés et furieux.

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146 En janvier 1921 … 226 milliards de Marks or que le Reich devait régler en 42 an. …

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147 1923, occupation de la Ruhr « les français étaient plus honnis que jamais ».

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154 Au début du XIXème siècle, les Allemands opposaient la Kultur Allemande à la civilisation française. La première était réputée plus profonde, plus proche des sources élémentaires de la nature.

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156 Un curieux phénomène se produisit en France après l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Plus le nazisme se faisait menaçant et plus le risque de guerre se rapprochait, plus se développait un courant germanophile aux couleurs de pacifisme.

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165 Proposition de Schuman pour le plan charbon acier et discours d’Adenauer "la période des oppositions et des chicanes est close. Un chapitre nouveau commence dans les relations franco-allemandes".

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167 Le parti des « cent mille fusillés » avait fait de la germanophobie, sentiment très fort dans l’opinion, l’un de ses chevaux de bataille.

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169 Les frais d’occupation allemands imposés à la France (pendant la seconde guerre mondiale) : 400 millions par jour…

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172 Un journal allemand de Stuttgart, en 1948 « Les Allemands manifestent à l’égard de l’armée française une aversion presque passionnée qui menace de rejaillir sur tout ce qui est Français et de dégénérer en haine ouverte ».

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175 Les journaux allemands en 1958 « agitaient le spectre d’une dictature française ».

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178 De Gaulle devant des élèves officiers cita, en allemand deux vers de l’écrivain Carl Zuckmayer, l’auteur du scénario de l’Ange Bleu « si hier c’était de notre devoir d’être ennemis, aujourd’hui, c’est notre devoir de devenir frères ».

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182 Un député allemand : « Nous avons en Allemagne le talent tout particulier de nous allier avec les plus faibles. Lors de la Première Guerre Mondiale, nous étions très liés aux Autrichiens, et lors de la seconde avec les Italiens. Nous devons éviter à tout prix de nous retrouver seul avec la France ».

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214 La France n’a pas connu une telle vague de germanophobie (comparé à l’Espagne, le Portugal, la Grèce)… aujourd’hui en France, la germanophobie est plus une affaire d’élites – de gauche – qu’une préoccupation populaire.

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235 En 2012, près d’un million d’étrangers ont immigré en Allemagne, mais dans le même temps, 712000 ont quitté le pays pour retourner chez eux.

 

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