Soililoque sur le Vaste Monde, février 2026

La Tour Eiffel vaudrait 500 milliards d’euro

Doit-on tout faire, absolument tout, pour réduire les dettes publiques ?
 

Un conte économique en six épisodes et un préambule.
Ceci nous écarte un instant de raison du trumpisme, de ses délicatesses de pensée et de ses enthousiasmes conquérants. Pourtant, il faut bien que les choses difficiles soient dites quitte à laisser le superflu de côté. Parmi les choses difficiles…la dette publique. Il faudra s’y attaquer. Pas d’échappatoires. C’est la raison qui m’a conduit à ce « conte » qui nous dit comment certains pays ont réagi, quelles politiques ils ont suivies, quels résultats ils ont obtenus.
Cette newsletter sera un peu plus longue que d’habitude. C’est que le sujet est grave.
 

Préambule
 

La Tour Eiffel vaudrait 500 milliards d’euros. Trois fois plus que le Colisée. En Allemagne, pas grand-chose ne vaut le déplacement. Peut-être « dans une foire à tout »… Il faudra bien trouver de toute façon. Les dettes, on le sait, sont un boulet. Comment penser à une reprise forte et vigoureuse si les dettes publiques continuent à entraver la marche en avant des nations ? L’imagination en matière de dettes, d’argent, de banques et de marchés financiers est débordante. Les Etats ne seront-ils pas tentés d’aller trop loin ?

Quand le présent et l’avenir sont au prix du renoncement à quelques valeurs dédorées des temps anciens, doit-on hésiter ? Ils disent qu’on est en risque de perdre son âme ? Quel sens pour cette proposition quand la misère rôde, quand le déclin est embusqué et quand gémissent même les peuples autrefois conquérants ?

De toute façon, je savais qu’on n’aurait pas le choix. Je savais qu’on nous accuserait, nous autres les banquiers, les acteurs du jeu de la dette et de son remboursement. Je pensais à ce tableau de Botticelli : la Derelitta. Nous roulions vers l’abîme et je ne pourrai rien faire pour l’empêcher. Tout au plus, concevoir un montage financier tordu. Pour rouler les nouveaux riches dans la farine. Pour faire durer les choses un tout petit peu avant que le destin des nations occidentales ne s’accomplisse.

Le scandale a éclaté comme toujours éclate un scandale. On ne s’y attend jamais. On ne voit rien venir. C’est alors que le scandale dévale dans votre vie. Rien ne pourra plus être comme avant. Je veux dire : la vie ne sera plus comme avant. La vie de beaucoup, beaucoup, de gens. Pas la vie avec les grandes ambitions mais celle de tous les jours, celle qui fait avancer au soleil, et sourire, et se promener au bord d’une rivière ou d’un fleuve, se complaire dans ses reflets. Le scandale, c’est ce qu’on ne pourra plus faire. Se promener, bien sûr, on le pourra toujours. Les reflets n’auront pas disparu. Il manquera simplement le goût à le faire. La légèreté de l’air et de l’esprit. La possibilité même de sourire. On ne peut pas sourire si ce n’est par un mouvement de l’âme dans toute sa liberté. Un prisonnier peut-il sourire ? Dans cette ville, des hommes, des femmes, ses habitants, ne vaudraient pas mieux que des prisonniers ? Je vais trop loin et pas assez.


Premier épisode

Un bon boulot de bon matin
Le scandale a été d’obscurcir ces moments simples, ou, pour le dire d’une autre façon : les amoureux de reflets, ne seront plus amoureux. C’est la façon la plus simple de le dire. Ils perdront le désir même.

Je parle comme s’il n’y avait que des balades le long des quais d’un fleuve.  La vérité est que je me promène justement le long de l’Arno, sur la chaussée qui domine le fleuve de très haut, en direction du « vieux pont », le regard capté par des images de palais brouillés dans leurs reflets tremblants. Dans l’insécurité de leurs reflets, ils perdent un peu de leur condescendance et ne viennent plus me tancer, ni me rappeler avec un peu trop d’arrogance qu’ils ont été contemporains de choses grandes, belles et importantes.

J’avance doucement le long du quai, coté « Seigneurie ». Le temps est doux. Le soleil de ce matin d’août est franc. Il ne joue que de ses rayons. La moiteur, la torpeur, filles jumelles de la canicule n’entreront en scène que vers 11 heures. A l’instant, à huit heures, le soleil est un jeune combattant fier de ses vraies armes. A peine émergé d’une ombre encore fraîche.

J’avance doucement aussi parce que je veux réfléchir à ce qui nous arrive.

J'aimerais m'attarder. Flâner sur le pont. M’asseoir sur la loggia qui marque son point culminant. Contempler à nouveau, les reflets des palais et des églises. Le rendez-vous a été fixé derrière le Dôme, dans un petit hôtel discret et charmant. Ce n’est pas loin. Il ne faut pas tarder cependant.

Il s’agit de boulot aujourd’hui. C’est un jour important. On est à deux doigts de l’accord. Plus tard, je penserai à ce jour comme celui où le scandale est né. Ils sont là. A l’heure. C’est normal. Ils ont toujours été à l’heure. Moi, comme d’habitude, j’ai quelques minutes de retard. « Ne sois jamais à l’heure à la minute près ! Ça manque d’élégance, et puis, tu donnerais le sentiment que tu es impatient et que tu te soumets à leur règle". Je serre les mains qui se tendent. Il y a les inévitables courbettes, légèrement appuyées mais pas trop. Les sourires des uns chargés d’or et des autres blancs et lumineux comme s’ils sortaient tout neuf d’une boutique spécialisée.

Mon homologue qui a pris la tête du petit groupe de ses collègues se dirige vers la salle que nous avons réservée. J’y retrouve mes collaborateurs. Ils ont tout préparé comme il le fallait. La salle donne sur une grande cour plantée de quelques oliviers. Des traces de structures ogivales sont imprimées dans le mur. La pierre a cette couleur jaune paille et ocre que j’aime dans les vieux bâtiments de Florence. Les dernières discussions s’achèvent par un accord des parties, comme on dit. "C’est du bon boulot". C’est ce que je dis à mes collaborateurs. Ils sourient. C’est vrai qu’ils ont bossé comme des malades pour arriver à cet accord. « L’autre partie », tous en bloc, sourit. Ils veulent que tout se termine par une photo. Ils se rassemblent. Ils attirent mes collaborateurs. Heureusement, c’est moi qui prends la photo. En cadrant, je vois un des négociateurs qui mime le chasseur au gros devant sa proie abattue, levant un pied, comme pour le reposer sur la tête, ou le mufle ou je ne sais quoi. « Vae Victis ».  Mais le négociateur n’est pas un gaulois, c’est un Chinois.

Le bon boulot que j’ai fait a tourné en un véritable merdier. Le spectacle de cette ville, que j’avais appris à aimer, me révulse maintenant. Elle n’est pas la seule en Europe à qui c’est arrivé ! Peu m’importe. C’est celle-là que je connais et, maintenant, je n’ai plus envie. Comme on finit par ne plus voir dans un grand malade en phase terminale, l’homme ou la femme qu’on aimait, avant.
 

Deuxième épisode

La trahison des Français
« Lorsque toutes les dettes souveraines du monde auront été frappées par le « défaut de paiement », lorsque les pays trop endettés se trouveront incapables de lever le moindre impôt pour payer leurs créanciers, le monde fera un grand bond de 50 ans en arrière ! Certains pays reviendront à l’âge de pierre pendant que les plus riches d’aujourd’hui seront renvoyés au charme d’une nouvelle « belle époque » ? » 

C’est en ces termes que le représentant d’une organisation non gouvernementale s’exprimait pour clore le débat : « la Crise a-t-elle un avenir ?»

Le Premier Ministre Italien coupa le son et l’image, violemment, dans un geste de dénégation exaspérée.  Il ne cessait d’y penser. Cette histoire de dettes était devenue obsessionnelle. Par bouffées, en provenance d’une période révolue, des souvenirs d’école s’interposaient entre le sinistre aujourd’hui et ses pensées. Il y a cent ans ? Plus ? Il ne savait plus. Tout allait si vite ! Cette bonne vieille Lire ! A l’époque de la Lire, cela ne se serait pas passé comme ça. Les créanciers trop crédules auraient été tondus par une bonne dévaluation. Supplice plutôt bon enfant ! Plus loin dans le passé, les créanciers ne se seraient pas amusés à être trop pressants. Ils auraient su rester à leur place. Ou bien, on les y aurait remis. Pendant un instant, le Premier Ministre se laissa aller à d’étranges rêveries : un Médicis se faisant raccompagner à la porte d’un palais souverain par quelques lansquenets. Tel autre financier grillait sur une Grand-Place à la grande joie de la populace portée sur les spectacles à odeurs fortes. Surtout quand la partie de barbecue signifie moins d’impôts pour demain.

La rêverie s’interrompit ! Plusieurs personnes dévalaient. Le Palais Chingi n’est pas si grand qu’on ne puisse pas entendre une cavalcade dans les couloirs et les escaliers. Les talons cognaient violemment les parquets antiques, heurtant les marbres blancs et les porphyres colorés. Le Premier Ministre devina un petit groupe à l’allure décidée. Dans un tumulte inusité, la porte du bureau du Premier Ministre s’ouvrit alors devant trois hauts-fonctionnaires, suivis, de loin, par les gardes du Palais.

Parmi, les trois,  le Directeur de cabinet du Premier Ministre. Il se dirigea vers le bureau de son patron murmurant à voix très basse, comme s’il ne fallait pas que son message s’ébruite ou comme s’il avait honte des propos qu’il allait tenir.

« Les Français ».
 
« Les Français ? » interrompît le Premier Ministre, interloqué. Puis, d’une voix forte et ferme, il répéta « quoi donc …les Français ? ».

« Monsieur le Premier Ministre, les Français ont vendu la Joconde ! »

Ce n’était plus un murmure, c’était comme une plainte qui montait le long  des lambris du bureau du Premier Ministre, vers les amours en stuc qui voletaient au plafond, vers Vénus qui n’en finissait pas de sortir de l’onde, vers cette mer sublime d’où les grecs avaient fait surgir le monde…Le décorum donnait un relief tragique aux accents du Directeur de Cabinet du Premier Ministre.
Le Premier Ministre, ahuri, assommé, ne sachant que croire, lança « La Joconde ! Mais ils n’ont pas le droit de vendre la Joconde, elle n’est pas à eux ». Il se reprit « je veux dire que c’est contraire à leur Constitution. ».
 
Le Directeur des musées nationaux italiens, qui accompagnait le Directeur de Cabinet, osa quelques mots. « Je tiens cette information du Conservateur du Musée du Louvre qui est un ami. Il me l’a passée ce matin même. C’est top secret a-t-il dit »
Le Premier Ministre regardait le Directeur des Musées sans le voir, puis pensivement, laissa tomber : « Qu’est-ce qui leur a pris, aux Français ? »…

Le Directeur de Cabinet lança comme une estocade: « Toute l’échéance de 2035 est apurée d’un seul coup. D’autres ventes ont eu lieu, nous n’en connaissons pas le détail. Elles couvrent les échéances, 2040 et 2050… et …  ». Le Premier Ministre ne le laissa pas poursuivre cette litanie de dates.

« Apurée, l’échéance de 2035, celles de 2140 et 2050 ». Presque la moitié de leur dette souveraine ? Ils retombent à 40% du PNB ? Le Premier Ministre, sous le choc, bredouillait et marmonnait. Tout à coup,  comme si la foudre était tombée à deux pas de lui, il jaillit de son fauteuil en hurlant : « Les salauds, les enfoirés, les sales merdes, je le savais ! On ne peut pas faire confiance à ces fumiers. Des coups dans le dos. A peine on se quitte, à peine on s’est retourné, c’est le couteau droit au milieu des épaules. ».

Pendant une demi-heure, le Premier Ministre Italien se répandit en injures contre les Français laissant son cours à un vrai sentiment de colère, de confiance blessée, d’amitié foulée aux pieds.
 

Troisième épisode
Venise, souffrante, salie et sacrifiée
….
J’ai toujours hésité. Chacun de mes projets de voyage, à Venise, s’est toujours, un instant de raison, heurté à ce sentiment que je partais pour un musée alors que c’était la ville que j’aimais. Je devais me convaincre moi-même que des vénitiens habitaient là, dormaient là et y travaillaient aussi, qu’ils se hâtaient les matins pour rejoindre bureaux, usines et entreprises et pas seulement Murano et ses souffleries, les galeries de peinture et les revendeurs de reproduction, les hôtels et les pizzerias ou les supermarchés de souvenirs. En même temps, j’avais toujours rêvé d’un appartement, un petit évidemment, dans le Ghetto, pour être tranquille, loin des foules de touristes, pour y mener une vie « d’anti-vénitien » de loisir, pour: me promener, m’asseoir sur la margelle d’un pont, rêver stylo en main, prendre un cappuccino en face d’une église somptueuse.

J’ai surmonté mes craintes. Je suis revenu vers ce sentiment de perfection esthétique que la ville exhale et celui de doux abandon qui se lit sur les murs, à la limite des eaux, en forme de mousses verdies et de petites algues accrochées. Je suis arrivé par le train. Quel meilleur moyen d’approcher une ville qu’on veut voir vivante si ce n’est le train ? A Venise, au surplus, on passe, sans vrai hiatus, du train au vaporetto. Pour rejoindre mon hôtel, j’ai donc embarqué sur le vaporetto, comme j’aime à prendre le métro à Rome et, à Naples, le Funiculaire.

Je suis à Venise ! Enfin ! Inspirant profondément, je veux ressentir l’iode marin mêlé aux vapeurs d’essences des bateaux à moteur, impatient aussi de vivre avec « mes » italiens de Venise, d’entendre la musique de leurs apostrophes et de leurs discussions passionnées.

Aujourd’hui, je trouve que tout est bien calme. Trop tôt le matin ? Les vénitiens arborent un air un peu gris et une moue que je ne leur connais pas. Loin des habituelles bousculades aimables, ils se déplacent en rang, comme les élèves à blouses grises d’une école d’autrefois. Je remarque qu’ils portent tous une sorte de cartable en simili gris avec grande lanière pour porter sur l’épaule et poignée solide.  Alors que le carnaval est passé, j’aperçois des tenues traditionnelles sous les manteaux ou les imperméables des femmes autour de moi. Personne ne me regarde. Ni ne me sourit. Ni ne me bouscule. Les arrivées aux diverses stations donnent lieu à une scène militaire de sortants qui, en rang, quittent le vaporetto devant la file des entrants, gris eux aussi, et laissant entrevoir les mêmes costumes traditionnels sous les manteaux et les imperméables. J’ai l’impression d’assister à la relève d’une équipe par une autre.

Un vieillard devant moi, tout de noir vêtu, comme au début du siècle, porte un panier où sont proprement rangés une bouteille de chianti bouché d’une étoupe humectée d’huile d’olive, un quignon de pain rassis, des olives et un oignon. Il porte aussi une chaise pliante en paille. Je lis vaguement une étiquette. « properta… » . Il a quitté le bateau au moment où j’allais lire le nom du propriétaire. Propriétaire ? D’un tabouret en paille ?

J’ai besoin d’un espresso pour remettre mes idées en place. C’est urgent. Je commence à perdre mes repères. Le petit café où je m’arrête toujours se trouve à deux pas de la Fenice sur une place minuscule au croisement de trois canaux. A peine assis, j’observe le ballet des serveurs. Vêtus d’un costume de cafetier vénitien ? Costume traditionnel ? Je ne pose pas la question et me contente de me préparer au plaisir d’attendre. A Venise, j’aime bien attendre d’être servi. C’est ma façon d’intimer au temps de se déployer à la vitesse que j’ai choisie. Regarder sans hâte, la scène de la rue, les acteurs, le jeu des mimiques, les paroles qui volent depuis les téléphones portables. Cette fois-ci, je n’attends pas ! J’en suis gêné et considère avec un peu d’énervement le serveur venu prendre ma commande. Il fait tache sur les autres. Je le regarde, interrogatif. Il est habillé autrement. Il ne porte pas le « costume traditionnel » comme ses collègues. J’ai dû regarder avec beaucoup d’insistance car j’entends une voix sympathique et mécanique à la fois, qui me parait débiter des mots sans rien de l’intonation vénitienne. On dirait un mode d’emploi aimablement raconté en italien de base !

« Ne vous étonnez pas, cher client » me dit-il en souriant. « Luigi est malade. Je le remplace au pied levé et je n’avais pas le costume pour cette prestation. A défaut, je porte, celui de mon rôle ordinaire qui est « agent de caisse de Banque ». Ne vous inquiétez pas. Comme Luigi s’en serait assuré, votre Capuccino sera à la hauteur. C’est prévu. La Charte de Services s’applique intégralement pour votre satisfaction. Quels que soient les événements et les circonstances.

Je crois qu’il vaut mieux que je sois assis.

C’est alors qu’il me tend un dépliant à l’en-tête de Kinghi Ya Resorts, Shangaï (une trade mark de Walt Disney City and Castle program.) sur lequel je lis que mon passage à Venise se déroulera comme je le souhaite. Tout Vénitien que je rencontrerai est à ma discrétion. Les passants, tout le personnel qui ne semble pas affecté à quelque labeur typique et charmant pour réjouir mon œil et satisfaire mon esprit, sont affectés à mon orientation dans la ville, à mes questions sur les bâtiments et le quartier dans lequel je me trouve. Le personnel « artisan » ou « marchand de journaux », « cireur de chaussures » assume des fonctions qui m’intéresseront sans aucun doute. Le dépliant est bien fait et d’une lecture agréable. Je découvre en tournant les pages qu’il n’est pas recommandé de troubler le personnel par des questions complexes, politiques etc. … « Les Vénitiens sont parties prenantes au plan d’apurement de la dette italienne mis en œuvre via la location-gérance de la Ville de Venise auprés d'une filiale chinoise de Disney resort. Ils doivent travailler dur pour que les touristes soient incités à consommer et à revenir le plus souvent possible. La concurrence est intense. Les Vénitiens ont à lutter contre Delft, Gand, Bruges. Leur succès, sera sanctionné par la restauration d’une note « triple A » sur la dette de leur pays ».

Donald s'était souvenu de l'histoire du petit tailleur :" 7 d'un coup"

Donald s'était souvenu de l'histoire du petit tailleur :" 7 d'un coup"


Donald Trump serait-il the world wide peace commander in chief ? Dans son enthousiasme à apporter la paix au monde et le monde à la paix, il aurait nous dit-il stoppé a « handful » of conflicts. Il aurait su mettre Vladimir Poutine à sa place (en vérité, il le confond toujours avec l’ignoble Zélenski surnommé le sauroctone des Russes). Trump, serait surtout le roi du deal, le douanier en chef, le spieler de bitcoin. Et pour aboutir à une synthèse absolue, il envisage de créer une nouvelle société (de la paix) des nations organisée comme un desk de crypto-monnaies réservé à des personnalités « peace oriented » venant presque du monde entier, depuis l’Islande et le Lichtenstein, la Russie éternelle et l’Italie (qui ne l’est pas moins) etc. Evidemment, pas l’Europe occidentale qu’il aura, pareil à Zeus, enlevée, engrossée et parquée dans les minifundia du Sud Est de la France au milieu des virus.

La paix ! l’a-t-on entendu hurler, pour intimider l’Allemand aux grosses machines-outils qui n’a de cesse de pleurnicher sur la perte du beau marché russe, et pour effrayer le Chinois perfide qui prétend étouffer le consommateur français sous des couches de vêtements de mauvaise qualité. (Mais on sait bien que n’est pas Hermès qui veut).

La paix ! C’est bien de cela qu’il s’agit, lorsqu’il prélève un Maduro au beau milieu du cheptel des vieux marxistes à castagnette. La paix, c’est ce qu’il réclame avec la vigueur d’un latiniste balbutiant : « Si vis bellum, para pace » que d’aucuns ont traduit par « j’te retrouve à la sortie ».

C’est bien de la paix qu’il s’agit lorsque, pour éviter de regrettables débordements bellicistes, le président américain, se fait Pythie, renifle des vapeurs toxiques assis sur une chaise curule qu’il a piquée au MOMA, et refroidit les enthousiasmes (malgré le réchauffement de la planète) sur la souveraineté du Groenland.

Toutefois, reconnaissons à Donald une certaine cohérence de pensée: la fameuse « Ile Verte » est à quelques encablures du pôle nord comme il en est de l’Alaska. Elle borde un important couloir de circulation maritime, stratégique en passe de s’élargir, en raison de la fonte des glaces et des neiges. Mais ce qui est pire, c’est que ce couloir, comme tout couloir normalement constitué, a deux côtés dont l’un, Russe, ne rate pas une occasion de rouler des mécaniques et l’autre, canadien, plutôt « Caribou et natives oriented ». 

Le président des Etats-Unis est donc bien dans son rôle de peace commander in chief quand, au nom de la paix du monde, il revendique le droit à la préserver quoi qu’il en soit du véritable propriétaire du Groenland, le beau royaume de Danemark. Il ne veut pas que le monde soit à la merci de l’insouciance coupable de quelques Inuits ayant décidé d’hiberner sans se rendre compte que des moujiks de la garde de Poutine, déguisés en ours blancs rodent dans l’obscurité de la nuit hivernale (voire polaire) pour se saisir des richesses naturelles de l’île Groenland et virer les danois (et les natives).

Et puis, notre ami américain est aussi porteur de valeurs morales qui légitiment son intervention au nom du genre humain. Le pays d’Hamlet et de la romantique Elseneur ne s’est-il pas laissé aller à quelques manipulations biologiques sur la population groenlandaise, les filles pubères en particulier, pour n’avoir pas à supporter des dépenses sociales « enfance et maternité » jugées excessives. …

Mais alors que sont ces criailleries européennes ? Quand on considère l’agressivité du moujik en chef ? Quand l’Allemagne gémit sur la perte des marchés russes ? sans parler des Hongrois…copains du tsar! et de tous les autres !

Ou alors… peut-on imaginer que l’Europe, aujourd’hui, grâce à l’ex-future Prix Noble de la Paix, soit de fait, et maintenant de droit, devenue une unité politique souveraine qu’il est temps de faire revenir dans le concert des puissants.
 

Naïf, comme une porcelaine deSaxe.

La France est souvent portée vers des désirs d’excellence, des moments d’humanité où le lacrymal rivalise avec le larmoyant, où tout devient soudainement humide : les émotions se déversent comme les chutes Victoria (les fameuses chutes du Zambèze)

En ces moments-là, il est utile d’avoir les yeux bleus. Leni Riefenstahl en avait montré la puissance émotionnelle. Les sentiments dégoutent sans prévenir, et même quand, pour des raisons obscures, le corps se rebelle et prétend reprendre le contrôle, le verbe l’emporte et, plutôt que de laisser l’esprit vasouiller, cherche à limiter les dégâts en imposant le règne du sens.


A ce point du raisonnement, il ne faut plus tergiverser : fixons les yeux bleus d’une personnalité, choisie pour ses qualités humides. Par hasard, cette sensibilité des premiers yeux bleus qui accrochent mon regard, appartient à une éminente responsable politique : je nomme et j’appelle « Ségolène Royal ». Vous avez compris qu’à ce point de l’histoire c’est tout à la fois de mise en scène qu’il s ’agira et de réécriture de l’histoire, la grande.


Pourtant, laissez-moi poser Ségolène sur sa sellette avant que d’approfondir, et restons sur ce que nous décrivions liminairement : l’humanité de l’homme politique français. Chacun l’aura éprouvé. Les plateaux télé ont ce mérite (ils n’en ont pas beaucoup, donc retenons celui-là) : de nous offrir l’expression de la sincérité blessée. Idéalement ladite sincérité trouve des mots pour se dire limpide et être crue. Cela n’est possible qu’à la condition que les mots, les phrases, et même les sourires soient accompagnés d’un zeste d’humanité humaine. Or, en France, où trouve-t-on de l’humanité douce et confiante ? Dans les accents régionaux, évidemment ! (J’ai failli écrire : dans les accents régionaux stupid !!!). et, parmi eux , les accents de la France du Sud-Ouest. Si, muni d’un de ces accents, vous appuyez vos protestations d’humanité d’un bon grand et long regard humain : 80% de votre travail de reconstruction de vos histoires est bouclé.
 
Vous pourrez, glissant ce bon et grand doux regard entre deux remarques désagréables, et dire, l’air inspiré comme si c’était le fruit d’une médiation, souriant en demi-teinte : « J’ai été naïf. »

A cet instant là, vous arriverez à faire oublier que vous avez toujours été un homme politique, fin, subtile, proche du pouvoir et de ses manigances. Conseiller d’un prince corrompu, vous laisserez penser que les vilénies glissent sur vous comme la pluie sur la peau d’un dragon de Komodo.

« J’étais naïf » : je me suis fait embobiner par l’immonde Epstein (lui-même proche parent du dragon mentionné plus haut). Votre voix roulera des « R » aquitains, genre Bayrou ou Juppé, utiles à l’expression de l’honnête surprise. « Et d’ailleurs, saurez-vous vous écrier : « Même ma fille s’y est laissé prendre ». Les tonalités chaudes de la voix vireront au métallique, trahissant combien la naïveté, a pu faire de dégâts dans la famille. Pire, des amis viendront parler d’expiation. Ils diront qu’il faut démissionner d’un beau job que même un naïf ne peut pas dédaigner. Il faudra tout bousculer et pour défendre une position solide, il faudra en venir à cette vérité provinciale : « Les Arabes valent bien une messe ? ». Et puis à tout prendre Epstein n’était pas un si vilain bonhomme.   « N’était-il pas courtois, si charmant, si généreux ». On lui aurait confié sa fille !
 
Quant à Ségolène qu’on ne peut laisser jouer toute seule pendant tous ces propos ? Elle n’a pas d’accent provincial. Mais elle a aussi beaucoup de naïveté. Songez qu’elle s’en va au-devant de l’Algérien en chef pour faire amende honorable, genre Macron au féminin. Faut-il à nouveau rappeler qu’elle fut conseillère d’un prince si charmant, courtois même, et généreux. Elle l’aurait oublié ce Prince qui savait multiplier les « hein ... » ? pour laisser ses interlocuteurs remplir les pointillés ! Elle aurait oublié que son prince polygame et narcissique avait su laisser guillotiner quelques 45 « colonisés »; des Algériens qui s’étaient trop bruyamment manifestés. Fort heureusement, les gouvernements de la quatrième république ne duraient pas trop longtemps.

Et puis Ségolène, toute jeunette, avait de beaux yeux bleus. Ceux-là même qui fond fondre même les descendants des guillotinés d’autrefois. Car ceux-là voient bien comme les belles et bonnes intentions perdent en puissance ce que la naïveté leur fait gagner en guimauve.

 

La fin de l'occident

J’achevai ma dernière lettre en annonçant la « vérité, toute la vérité » sur les stablecoins ! L’idée sous-jacente était de montrer que tout n’est pas pourri dans le monde des cryptos et que, peut-être avec un peu de bonne volonté et beaucoup d’informatique, parviendrait-on à dégager au moins un message d’espoir, ne serait-ce qu’un message béni par Donald.

Je vais cependant devoir repousser ce noble dessein : avant toutes choses, hélas, il nous faudra dire un mot de toutes les actualités qui se pressent devant nos portes et prétendent à une priorité absolue. On n'en dira que peu de choses pour ne pas associer le drame absolu de l’assassinat politique au ridicule des tapeurs doublés de corrupteurs.

S’il n’y avait pas eu Jack Lang dans le rôle du tapeur magnifique, l’affaire Epstein n’aurait été qu’une pièce de boulevard. Mais voilà : c’est une affaire qui montre et démontre que les sociétés modernes sont devenues des lieux de corruptions et de dépravations, des lieux où on peut prétendre au statut de naïf, ramasser la mise et promener l’air offensé qui convient pour calmer les foules voire susciter leur admiration. « Ce Jack, alors ! »

Passons le grotesque et son masque de vieille peau trop tirée. Et revenons sur les dérives malsaines d’un certain enseignement. On sait à quel point Sciences-Po Paris a plongé dans la bêtise, l’obsession sexuelle et le mépris du dialogue démocratique. Pour un directeur d’école ou d’université, il est facile et reposant d’ouvrir les portes et d’y laisser entrer et agir des extrémistes de toutes natures, de gauche par préférence. (Un président d’université de droite, cela existe-il ?). La directrice de Sciences-po Lyon, invitant l’extrême gauche à s’exprimer, comme c’est devenu une habitude dans cette école, a fait la naïve (comme Jack) ! Résultat : un mort, fruit de la bêtise et de la haine. Cela passera comme le café : il est vrai qu’à transformer les lieux d’enseignement en tribunes pour extrémistes, on finira par s’habituer à la destruction des idées : “Ce n’est que le prélude où les livres sont brûlés, des humains seront également brûlés à la fin.” Avait prédit Heine.

Au moins les déboires du « former » prince Andrew, nous rappellent-ils, qu’il n’est pas besoin d’avoir une couleur politique (à gauche ?) pour être saisi par la dépravation. Naïf lui aussi ? N’y avait-il pas un peu d’innocence mentale à inviter son copain Jeffrey à Buckingham même avec une belle idée : le présenter à la Reine dont on sait qu’elle adorait ce fils qui la faisait rire ? et aussi, pourquoi pas, créer une belle proximité entre son ex-femme, Sarah et son ami Jeffrey afin que les appels de l’une à une union conjugale soient enfin entendus par l’autre.

A y regarder de plus près, tout ceci ne montre-t-il pas à quel point l’occident s’effondre ? N’est-il pas clair que Donald Trump n’a jamais trempé dans ces affaires et qu’il a été un des premiers à regretter la disparition de Jeffrey Epstein. Peut-on fantasmer Vladimir Poutine en pédo-criminel, lui qui a déjà bien du mal à se payer les Ukrainiens. On disait que Mao aimait la chair fraîche… mais cela n’avait rien à voir avec de la pédocriminalité. Il s’agissait simplement d’être au plus près possible de son peuple et de donner l’exemple d’une éducation attentive et joyeuse.

Donc, ces tristes évènements seraient bien le fait d’une civilisation qui s’effondre ? devant tant de menaces et tant de risques pesant sur nos sociétés, j’ai fini par me reporter vers l’intelligence artificielle et lui poser une question simple mais radicale :

Question profonde — l’« Occident » est‑il en train de disparaître ?

La réponse la plus expéditive me fut rapidement lancée : « Pas inévitablement, mais il traverse une période de transformation majeure. Rien n’est écrit d’avance — les décisions politiques, économiques et sociales dans les prochaines décennies compteront énormément".

J'en ai conclu qu'Il faut , en ces temps troublés, revenir à la sagesse des anciens : « Le moment approche où l'homme n'aura plus sérieusement en face de lui que lui-même, plus qu'un monde entièrement refait de sa main à son idée - je doute qu'à ce moment il puisse se reposer pour jouir de son œuvre, et juger que cette œuvre était bonne » (J. Gracq)

 


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En collaboration: Institut de l'Iconomie

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