Soliloque sur le vaste monde, octobre 2025

Photo appeal

Le retour des délateurs?

L’art, matière fiscale

Qui parlera de la souffrance des Français ?

L’art, matière fiscale


La république n’a pas besoin d’artistes

 

Si on ne s’était pas intéressé à l’art, jusque-là, reconnaissons qu’il faut ne plus trop lambiner car l’hydre de la fiscalité est en passe de le réduire à de la matière fiscale (cette formule n’est pas passé loin de la catastrophe littéraire).

L’art ? Les œuvres d’Art ? De quoi s’agit-il en fait ? On dit que la musique adoucit les mœurs, or, la musique, à n’en pas douter ce sont des œuvres d’Art. Et pourtant, dans les projets fiscaux de nos édiles la musique n’est pas concernée. Ce ne serait donc, fiscalement parlant, pas de l’Art. Pour les députés français et le fisc, leur domestique, la vraie œuvre d’art, c’est du capital et même s’il est improductif, il pèse son poids de fric. Les œuvres sans valeur, ne sont donc pas d’art.

Rien que cette dernière affirmation fait mal.

Le concept fiscal d’œuvre d’art est devenu clair ces derniers temps : l’œuvre d’art n’est pas le sujet d’une fierté nationale, ni celui, d’un plaisir largement distribué via le système des expositions et des musées. Je l’avais suggéré il y a quelques temps, c’est maintenant des rangs de la gauche et particulièrement de la gauche extrême que vient claquer à nos oreilles ce slogan violent « quand j’entends parler d’œuvre d’art, je sors mon revolver ». Le terme lui-même est haïssable pour une raison simple : on ne reconnait pas l’œuvre d’art à l’artiste mais à l’argent. Vous pensiez, parce que vous êtes d’honnêtes gens ouverts aux idées et à l’art comme vos ancêtres des Lumières, que le tableau que vous venez d’acquérir est une œuvre d’art. D’ailleurs, c’est pour ça que vous l’avez acquis. Faux ! Si c’était une œuvre d’art, les Parques de LFI l’auraient dénoncé en tant que tel, comme en son temps, les œuvres de Malevitch furent pointées du doigt par les soviets en raison de leur inutilité : leur incapacité à faire se mouvoir plus rapidement les héros du productivisme soviétique.

Ainsi doit-on en conclure que pour les « sans culottes » contemporaines, l’œuvre d’art ne se définit que par son prix sur les marchés internationaux ou non. Le « requin » de Damien Hirst est une œuvre d’art car il a un prix, 12 millions de dollars il y a quelques années. A ce titre c’est une merveilleuse « assiette » fiscale. (Au sens figuré, car l’animal pourrit à vue d’œil dans son aquarium). Halte-là ! que venons-nous de dire : l’assiette fiscale pourrait disparaître et avec elle, disparaitrait l’impôt qui lui était attaché ? Ce serait une incongruité absolue ! Ce serait poser que l’œuvre d’art, le capital improductif, peut ne pas être durable. Elle pourrait même disparaître passant du statut de capital improductif à celui de non-valeur. On a vu des œuvres d’art tomber dans les trappes de l’histoire et disparaitre (malgré des coûts d’acquisition très élevés). Mais l’inverse n’est-il pas possible ? Des œuvres qui croupissaient dans des cuisines pas très propres, ou des greniers abandonnés aux rats et aux araignées, ou encore au fond de cabanes de jardin déglinguées, ne représentent-elles pas l’exemple pur du pur non-capital tout à fait improductif. C’est aller bien vite en besogne ! Pensez à ce tableau intitulé le « Christ moqué », qui ornait la cuisine d’une brave nonagénaire française, juste au-dessus des plaques de cuisson. Capital définitivement improductif en tant que non-valeur, jusqu’au jour où on l’a reconnu comme une œuvre de Cimabue, un des grands peintres de la renaissance. Cette œuvre d’art qui ne valait rien et ne servait à rien était absolument improductive. Le jour où elle fut reconnue comme une œuvre d’art considérable, elle devint un capital encore plus absolument improductif.

Et aussi, pensez à cette œuvre de Camille Claudel découverte dans un débarras. Pensez surtout que dans les deux cas et dans celui de centaines d’autres, l’impôt sur le capital improductif n’a pas été acquitté ! Le prétexte était fallacieux : on ne savait pas, on avait oublié, on ne se rendait pas compte qu’on était propriétaire d’une fortune en capital d’autant plus atrocement improductive qu’on faisant semblant de n’en pas connaître la valeur. Mais justement, cette ignorance ne faisait que confirmer à quel point les œuvres d’art sont totalement improductives.

Soyez assuré que le fisc n’en restera pas là et que le fallacieux prétexte de l’oubli, du passé et de la poussière sur des malles oubliées dans des greniers vermoulus, ne marchera pas.

Il y aura des redressements.
 

Qui parlera de la souffrance des Français ?

J’ai pourtant bien souffert.

 

Il y a quelques temps, un de mes amis m’ayant fait parvenir une étude sur « les Français et leur bien être mental », j’avais relevé qu’un Français sur cinq considérait son état de santé mentale comme moyen ou mauvais soit 20% de la population, (adulte peut-on supposer) « témoignant d’un mal-être persistant ». Tel était, le constat issu de cette étude menée par une institution spécialisée dans la santé mentale.

 

Et d’ajouter, ce qui est plus grave que « parmi les jeunes de 18 à 24 ans, 65 % signalent des souffrances psychiques sur cette même temporalité ». Les « vieux », constatait-on, souffrait moins. Peut-être l’approche de la mort, et son antichambre la retraite, contribuent-ils à contenir le mal-être mental ? On en déduirait que moins on a d’avenir moins on en souffre. On en conclurait donc que c’est l’abondance d’avenir qui est à l’origine des déséquilibres en question. Un échange un peu dur entre un jeune et un vieux, illustre bien cette situation : au « jeune » qui lui faisait remarquer qu’il n’avait plus beaucoup d’avenir, le vieux répondit « certes, mais, au moins, j’ai un long passé et quelques beaux souvenirs qui lui sont attachés, quand vous, le jeune, n’en avait pas, et malheureusement vous n’êtes pas sûr que l’avenir vous appartienne ».

 

En France, ce genre de situation conduit directement vers la sécurité sociale. Un mal-être aussi général est collectif par nature: la société doit s’en charger comme elle doit traiter des épidémies genre covid, grippe, et coqueluche et sida etc. Ce mal-être a nécessairement des répercussions non seulement socio-psychologiques mais aussi économiques. Il ne serait pas extraordinaire de relever qu’il aurait un impact sur la productivité des entreprises privées et, par exemple, sur l’absentéisme incroyablement élevé qu’on observe dans les administrations publiques (les pires dans ce domaine étant les administrations territoriales : à croire que plus on se rapproche des administrés, plus est intense le mal-être mental) .

 

Il est cependant regrettable qu’on n’ait pas vraiment corrélé, l’importance du mal-être mental et l’importance que revêtent en France, les affections de longue durée (les ALD). Pourtant, une des constantes de la vie française en société réside dans l’utilisation massive des ressources de la Sécurité sociale. Nous avions dans ces colonnes, il y a quelques temps rappelé que la société française avait progressivement fait apparaître le concept de créance sans contrepartie. En langage courant cela s’exprime ainsi : « Tu peux quand même en profiter (des prestations de la sécurité sociale) t’en as bien le droit ». Dans la vie « socialement sécurisée » à la française, il y a des droits sui generis, des droits qui ne sont pas nés d’une transaction économique ou sociale, il y a des droits dont on a le droit comme dans la société d’Ancien Régime où, à peine étiez-vous né que vous pouviez être comte ou marquis ou même prince sans avoir à en justifier.  

 

C’est la même chose, en France, de nos jours : on nait avec un numéro SS qui dit que avez des droits et qu’il vous appartient de les exercer.

 

Ceci donne des résultats assez étonnant dont celui qu’on nomme « ALD » pour Affection de Longue Durée. Les personnes victimes des ALD représentent aujourd'hui 21 % de la population et 67 % des remboursements versés par l'assurance-maladie. Or, elles pourraient représenter 26 % de la population en 2035. Ce n’est pas rien, ni en termes de pression démographique, ni en termes de gros sous. Je m’en voudrais de faire perdre le temps de mes lecteurs avec la liste des ALD. Retenons seulement ceci : l’obésité en fait partie. Grâce à leur prise en charge, les obèses, vivent moins difficilement. Combinée avec le mal-être mental résultant des ravages de la grossophobie, on imagine bien que les droits sociaux que les gros peuvent revendiquer sont légitimes.

 

Un des graves sujets que les représentants de la nation ont à traiter ces derniers temps tient à cette grave question des ALD et de leur poids sur les finances de la sécurité sociale. De nombreux députés ont proposé de supprimer les ALD et par conséquent leur impact financier. En revanche, se sont levés les défenseurs des victimes du mal-être mental, des obèses par exemple, mais aussi des utilisateurs de séjours dans les cliniques thermales et plus généralement les consommateurs de médicaments sans efficacité prouvée. Ils ont rappelé que tous ces gens qui souffrent, ne serait-ce que mentalement, ont bien le droit d’être soignés.

 

Pourtant, si on n’accompagnait pas les obèses, ils maigriraient, plus ils maigriraient, moins on se moquerait d’eux, la grossophobie diminuerait, le mal-être mental des obèses disparaitrait, ce qui leur donnerait des raisons de revenir à un poids normal : ainsi les ALD les concernant ne serait plus justifiées.

 

 

On n’aura eu bien raison de les supprimer sans attendre. 

"Photo Appeal" faut-il lutter contre les diktats de la photo imposée ?

 

Faut-il lutter contre les diktats de la photo imposée ?

 

Un jour d’octobre. Temps parfaitement parisien. Il fait beau. 18 heures. Le soleil commence à disparaître. Des nuages le reçoivent de tous côtés et deviennent des compositions en gris, bleus, blancs, roses, arrangées en trainées multiples formant cortège ou défilé. Ciel bleu pâle qui vire vers le bleu soutenu en attendant que, dans quelques minutes, le bleu tourne à la nuit. Saint Louis des Invalides. Pierre beige et légèrement rosée. Façade « cas d’école » : ombres parfaitement portées, moulures et modénatures ordonnées à la française, chapiteaux, colonnes… Un baroque qui dégrade les autres en Rococo, Rocaille et Kitsch. Le Baroque à la française, raison de l’Etat ou installation de la Raison ? Des touristes photographient. Evidemment. Ce type de scène ne peut pas être laissé de côté. C’est Paris dans son plus beau où la pierre est finement lumineuse, discrètement colorée, élégante intrinsèquement, où la lumière déclinante fait chanter les reliefs, les sculptures, les formes architectoniques, où le bleu du ciel n’est jamais trop bleu, ni trop clair, ni trop blanc.

 

Un touriste se penche un peu. S’il vise bien, il aura la tour Eiffel et Saint Louis des Invalides dans le même objectif. Fromage et dessert. D’autres touristes sont là qui prennent les mêmes photos. Comme il y a peu, sur le Pont des Arts. Comme je l’ai fait, à Florence à partir du Pont Vieux. Comme d’autres photographient le Mont-Blanc où le Grand Canyon. Devant l'église sublime, offerte à la photo, me revient cette idée que certains paysages, certains monuments, certains moments sont comme des stars people, comme de jolies femmes qui se sont préparées, qui se montrent et s’imposent au regard, qui attirent la photo.

 

Ils ont un pouvoir magnétique. Autour d’eux, devant eux, s’agglutinent des photographeurs aujourd’hui, des dessinateurs hier. Ils ont un photo-appeal absolument irrésistible. On ne doit pas les manquer. Ils vous le rappellent. Vous DEVEZ les prendre en photo. Vous ne POUVEZ PAS vous soustraire à leur « appeal ». Imaginez Bardot se promenant en tenue légère sur une plage et personne ne la photographierait ! Imaginez la Statue de la Liberté livrée à la seule contemplation des goélands. Aucun photographeur autour, en haut, en bas pour prendre, qui la tête, qui le flambeau, qui les pieds, ou l’ensemble si on est bien équipé et suffisamment éloigné.   Impossible ! La photo s’impose. L’appareil n’est plus sous la gouverne de son propriétaire, artiste ou touriste plouc. La photo ne peut pas ne pas être prise. C’est aussi vrai en peinture. Les peintres du « monsieur tout en haut de la montagne et qui regarde les fourmis dans la vallée avec un air de méditation morose » ne font pas autre chose que de répondre à l’appel d’un puissant sentiment : celui de déréliction compassionnelle. Le plus agréable de tous. Celui qui vous fait ressentir à la fois votre hauteur de vue et votre capacité à considérer les autres autrement que pour les massacrer. Une image comme celle-là, quand elle a envahi l’esprit n’est délogeable qu’une fois le dernier coup de pinceau ou de brosse donné. Et encore, l’artiste n’hésitera pas à retrouver ce type de sentiment en représentant une grande gourde en train de regarder la mer.

 

Je tombe en pamoison chaque fois que je passe devant Saint Louis des Invalides, mais c’est décidé : je n’en prendrai jamais une photo. Ma façon de résister à « l’appeal » du sujet. Celui qui ose s’imposer pour ordonner à ma main de lever l’appareil. Celui qui forcerait mon doigt à appuyer sur le bouton de déclenchement. C’est ma façon de dire que quand je prends une photo, je choisis et à l'inverse qu'il faut se retenir de prendre certaines photos sauf s’il s’agit de documenter un voyage, de chercher des preuves d'escapades à produire devant ses amis et de créer quelques instants de jalousie lorsque la visite se déroule dans des endroits rares. Il faut éviter de traiter certains thèmes : ils sont trop rusés ! Ils se montrent sous leurs plus beaux jours et poussent au crime anti-artistique: certaines villes sont des menaces permanentes pour le photographe le plus aguerri. Venise, Rome, Paris bien sûr, et tant d’autres.

 

Certaines postures, dont la pire n’est pas celle de la jeune vierge, nue, habillée, souple, esquissant un pas de danse, plongée dans une rêverie métaphysique, devant la mer calme ou à peine striée de quelques vagues lascives, sur fond de soleil qui s’abîme, de lune lointaine ou, au contraire, incroyablement proche (peu importe, le tout est que le sentiment soit rendu), certaines pensées, certains fantasmes sont presse-boutons et imposent que le photographe ne s’abstienne pas.

 

C'est à cet instant même, sous la menace de l'"appeal" qu'il convient de le dire haut et fort: la création artistique est un acte de volonté et de liberté. L’artiste ne peut pas être un aveugle guidé par son sujet et qui ne prendrait la photo, qui ne peindrait sur sa toile, que sous la dictée d’une nature, d’idées, ou de personnages, qui n’ont pour eux qu’un photo-appeal, vide et superficiel.

Le retour des délateurs?

   

Il m’arrive, parfois, d’avoir un léger temps de retard sur l’actualité. La faute à la vie trépidante que la vie contemporaine nous inflige ou la difficulté d’avoir à choisir dans l’accumulation des provocations, des fake-news et, des manifestations de la bêtise humaine. Pour me défendre, je rappellerais à mes lecteurs mon livre commis il y a quelques temps et disponible dans les meilleures librairies : « Survivre dans un monde de cons, manuel en 43 leçons ».

Mais au fait pourquoi me livrè-je aux observations et regrets comme ci-dessus. Ce n’est pas à cause de Poutine et au déferlement d’imbécilités russes érigées au rang d’armes de destruction massive. Ce n’est pas non plus à cause de Donald qui m’a plutôt rempli l’esprit de joie lorsqu’à l’annonce par les Russes d’un missile à 15000 km de portée, il a répondu que les sous-marins lance-missiles nucléaires américains postés tout contre les rives de la Russie, n’auraient que quelques centaines de kilomètres à faire pour raser Moscou ou Saint Pétersbourg.

Mon « papier » de ce jour vient du tréfond de ma conscience politico-culturelle et de son rejet de la médiocrité parlementaire.
Un jour, quelqu’un n’a pas pu s’empêcher de lancer cette phrase violente : « Quand j’entends parler de culture, je sors mon revolver ». Doit-on attribuer cette monstruosité à quelque parti politique français. Difficile de le localiser quand on sait que la dernière proposition de lois portant sur la mise à mort des riches est trans-parti.

Des autodafés fiscaux sont en passe de s’abattre sur l’art et la création artistique. Moins violente que Savonarole qui poussa quelques grands artistes de la Renaissance à jeter leurs œuvres au feu, moins monstrueux que les Allemands qui y jetèrent aussi la production littéraire juive, la furie fiscalisante française entend néanmoins régler leurs comptes aux capitaux improductifs dont l’art et ses diverses manifestations sont l’illustration la plus insane.

Et, il est vrai qu’acheter une œuvre d’art revient à cramer bêtement de l’épargne qui aurait pu s’investir dans des trucs plus intelligents, par exemple, des bateaux sécurisés pour les gens qui aimeraient venir en Europe mais n’en ont pas les moyens.
Qui sont-ils ces improductifs artistiques ? En 2022, 43 822 nouveaux artistes-auteurs ont débuté leur carrière artistique portant ainsi le nombre total d'artistes-auteurs recensés à 329 345. Imaginons qu’ils aient chacun une femme, une maitresse et trois enfants, cela fait plus de 1200000 qui vivent et survivent dans et par le manque de productivité.

Vous allez protester et me dire que ce n’est pas l’art vivant, actuel, nouveau qui est visé et que l’assiette de l’impôt touchera par préférence les objets d’art de valeur. Pour le législateur l’art qui nait est non seulement improductif mais il ne vaut rien. Il ne sera donc pas touché, si ce n’est que les collectionneurs y réfléchiront à deux fois avant d’acheter. Donc, ils n’achèteront pas : non seulement les artistes iront pointer au chômage, mais aussi les galeristes et une bonne part de l’écosystème de l’art.

Quand même n’est-il pas abusif de ne considérer que l’art ? Bien d’autres choses seraient concernées par cette taxation : ainsi des bijoux. Clairement, les bijoux ne servent à rien si ce n’est à rendre très malheureuses, comble de l’improductivité, des femmes qui n’ont pas démérité, par exemple, Clémentine Autain, Mathilde Panot. Les bijoux rehaussent la beauté des femmes ce qui est injuste : la beauté n’est-elle pas en elle-même une richesse ? On ne peut pas (encore) la supprimer pour rétablir l’égalité entre les femmes, mais on peut au moins lutter contre les moyens qu’ont les jolies femmes d’être encore plus jolies : c’est pourquoi « le cri, haro sur les bijoux, ignobles manifestations d’improductivité des dépenses » a tant d’échos.

Bien d’autres choses ressortent de la richesse improductive (et donc inutile). Les livrets d’épargne par exemple. Keynes ne réclamait-il pas l’euthanasie des rentiers ? Les livrets de toutes sortes ne sont-ils pas à la fois l’instrument caricatural du petit capitaliste improductif, la version fiscale du chausson de feutre, le complément naturel de la petite goutte savourée devant un feu de bois dans une résidence secondaire ? donc, on taxera. Rappelons que ces livrets ne rapportant quasiment rien, le plus simple pour les rentiers sera de les transformer en cash et de les stocker au milieu de piles de draps ou sous le matelas hors la vue du fisc ! Mais on saura les trouver ! On fera comme on faisait en 1940 ! On dénoncera !

Et l’assurance-vie ? Un vrai gisement d’argent improductif. ! Une belle invention pour attirer les capitaux paresseux. Un coup de génie des fiscalistes français : faire croire aux avantages fiscaux pour piéger ceux qui cherchent à gagner de l’argent sans payer les conséquences (fiscales). Eh bien, voilà, c’est fait, ils les paieront !

On dira par esprit de vengeance que, pire que les capitaux improductifs, sont les esprits inutiles, ceux qui produisent de l’insuffisance, de la poudre aux yeux et des attire-gogos. Il faudra attendre l’intelligence artificielle : elle sera un jour un instrument productif pour taxer la bêtise naturelle.

On dira surtout que ces taxes nouvelles auront la délation pour instrument car, comment repérer une collection inutile de tableaux improductifs ? Comment dénicher les bijoux, incarnation parfaite du capital inutile ? Pour ce qui est des livrets et de l’assurance vie, on trouvera des indics, des délateurs dans le monde des employés de banque.

On promettra des récompenses à toute cette faune : on créera des taxes sur les riches pour les financer. Et les riches financeront des mafias pour se protéger.
La belle époque des collabo retrouvera ses couleurs.


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