Soliloques sur le vaste monde, juin 2026

Tuer un enfant, violer un enfant, c’est monstrueux.

 

 

La mort de la petite Lysiane, c’est de la monstruosité pure. Donc, c’est bien de la dénoncer et c’est très bien de décortiquer les attitudes de la « justice », les ratés, les transmissions administratives entre Parquets, juges d’instruction, police etc. C’est bien de mobiliser sur les plateaux-télé des experts, des policiers haut gradés, et même des magistrats car il faut comprendre n’est-ce pas ? C’est que dans cette affaire rien n’est simple, le violeur, comme d’habitude était connu des nombreuses personnes, amis, famille, collègues. Il était sympathique ! il aidait ! et même, il a donné un coup de main pour retrouver la petite fille qui avait disparu…

C’est bien de montrer aux téléspectateurs que l’horreur est trop souvent à côté de chez eux, que trop souvent, ils n’ont pas voulu voir, (on ne se mêle pas de la vie des autres et puis, il était sympa, il rendait des services, il se proposait pour garder les petites filles ou les emmener dans des fêtes ou à la piscine…). Ils n’ont pas su ou voulu entendre leurs propres enfants ! D’ailleurs ce n’est pas si clair qu’un enfant puisse être la victime d’un adulte. Cela arrive. Les enfants ne sont pas nécessairement gentils. On ne compte pas les films d’horreur dont les « héros » sot des enfants !!!

Si les fameux plateaux-télé ont une utilité, c’est justement, face à l’horreur, de faire naitre la prise de conscience que cette horreur n’est pas le fait d’un détraqué, d’un loup solitaire mais de ce qu’on pensait être un homme ordinaire.

Allons au bout de cette observation, la prise de conscience dans le cas de la malheureuse Lysianne, touche la société et ses institutions au plus profond : pourquoi, alors que la personnalité du tueur violeur avait déjà fait l’objet d’enquêtes, (ce n’était donc pas un homme ordinaire !) de rapports et d’observations, n’a-t-il pas été gêné dans l’accomplissement de ses crimes ?

« Mais qu’a fait l’Etat ?» Rien de toute évidence, si ce n’est poser des règles, multiplier des procédures, éviter que les magistrats prennent des initiatives et encadrer le fonctionnement de la justice. Et pourtant, on le sait depuis les Romains, « summum jus, summum injuria » : la multiplication des règles ne conduit pas à une justice mieux rendue. Pire, à la victime, il est recommandé de se taire et d’oublier toute tentation de vengeance, la justice étant là pour que tout soit remis dans l’ordre. Au coupable on offre de l’indulgence, la société n’est-elle pas responsable d’avoir facilité le basculement d’un homme ordinaire dans la monstruosité d’actes odieux ? N’avait-elle pas les moyens de l’identifier avant que le pire ait été commis ? N’a-t-elle pas laissé faire, laissé passer.

Plutôt que de punir il faudrait guérir : il faudrait donc soigner les individus déviants afin de les mettre dans le droit chemin ! Comment les repérer ? On trouve évidemment beaucoup de pédophiles ou de violeurs là où il y a beaucoup d’enfants ou de jeunes filles… ! Comment les soigner ? Rappelons-nous la leçon de Kubrick dans Orange Mécanique : le spectacle de l’horreur infligé aux criminels des jours entiers conduit à la désintoxication. Ce serait dur ? Moins que l’insupportable souffrance d’un enfant abusé.
Mais aussi il faudrait enseigner les petits enfants à se méfier des grandes personnes. Leur apprendre que trop de bonbons et trop de petits jeux de chatouilles ne sont pas des preuves de gentillesse et de camaraderie. Enseigner aux petits qu’il faut se méfier des grands éviterait les scandales de la ville de Paris où les nurseries, les crèches sont des lieux de perversions. On m’objectera que cela n’aurait pas grand sens, les petits étant trop petits, incapables de s’exprimer ! alors il faudra adopter le principe de la rotation des personnels et éviter qu’ils soient trop longtemps en fonction…

Ce serait créer une société de la délation et de la répression ? Revenons à Chateaubriand : « Si l'on vous donne un soufflet, rendez-en quatre, n'importe la joue ».

 


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