Soliloques sur le vaste monde, juin 2026

Donner la couronne de l’Europe aux Allemands

Lors d’un discours prononcé le vendredi 13 février 2026 à la Conférence de sécurité de Munich, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré vouloir faire de la Bundeswehr, l’armée allemande, « la plus puissante d’Europe ».

 

Soutenu en ce sens par les industriels allemands (les vrais détenteurs du pouvoir en Allemagne) il s’est autorisé à penser que les Français devaient mettre leurs compétences aéronautiques et spatiales en commun et permettre à l’Allemagne de les acquérir sans autre forme de procès : les Allemands ne sont-ils pas les meilleurs industriels, ingénieurs, gestionnaires ? N’ont-ils pas montré en des temps difficiles qu’ils pouvaient tenir tête au monde presqu’entier ?

 

 « Qu’on leur donne la couronne de l’Europe » crient les Germanophiles.

 

Proposer la couronne aux Allemands a-t-il un sens ? A ce stade de créativité, il faut se poser des questions car une fois la couronne donnée, il sera trop tard pour la reprendre ! Reconnaissons-le, la gouvernance à l’allemande est très pauvre quand elle n’est pas simplement sanglante.

 

La dernière expérience à l’occasion de laquelle les Allemands se sont lancés dans la construction d’une Europe unie, c’est-à-dire Allemande dans leur opinion, s’est terminée dans un bain de sang ravalant les guerres napoléoniennes au rang de promenade de tourisme. On dit qu’ils ont changé et sont, aujourd’hui, férus de démocratie et de respect du genre humain. N’ont-ils pas récupéré une brebis égarée, l’Allemagne de l’Est par exemple ?

 

Avoir les clefs de l’Europe entre les mains signifie-t-il : promouvoir le « modèle » allemand et le mettre en œuvre dans les pays de la zone euro au moins et ceux de l’ensemble de l’Union européenne, au plus ? Quand l’Allemagne dit « je ne veux pas d’obligations européennes » ; quand ses syndicats proclament qu’ils ne veulent pas travailler avec les entreprises françaises pour réaliser « l’avion de combat européen du futur », quand elle laisse dire par tel ou tel membre du Bundestag que, pour rétablir ses finances, « la Grèce n’a qu’à vendre quelques iles », n’use-t-elle pas d’autorité ? Si aucun pays ou responsable non-allemand ne proteste contre pareilles intrusions ne doit-on pas en conclure que « l’imperium » est déjà bien réel.

Ne serait-ce pas alors une façon élégante que de « mettre les Allemands en commun » en leur mettant une couronne sur la tête !

 

Ces questions conduisent à cette autre : quand et où les Allemands ont-ils été efficaces pour eux-mêmes et les peuples dont ils avaient la responsabilité tout au long de l’histoire de l’Europe ? Ceci nous renvoie à l’histoire longue. Or, à considérer l’Allemagne dans un temps « long » on se trouve en face d’une curiosité : elle est absente ! Autant, partant de très loin, peut-on évoquer la France et même de l’Angleterre, autant, en remontant dans le passé, évoquer l’Allemagne sur un plan politique est un contre-sens !

 

Notre enquête ayant pour objet d’évaluer les titres de l’Allemagne à être le patron et le guide de l’Europe, il est normal de rechercher des faits et gestes qui, au travers de l’histoire, les valideraient. Quand on dit qu’elle est « absente » de l’histoire, on se demande en fait de qui on parle lorsqu’on prononce ces mots : « Allemands » ou « Allemagne » ? Quel pays ou groupe de pays s’est nommé « Allemagne » dans le passé, peuplé d’Allemands (évidemment) ayant sa personnalité politique et territoriale propre ? Réponse : aucun jusqu’à 1871 ! Et encore… ! L’Allemagne en tant que Nation (Ein Reich, Eine Sprache, Ein Land) a moins de 150 ans ! Ça ne pèse pas lourd au regard du millénariste « Saint Empire Germanique » ! Ou au regard de la France et de l’Angleterre.

 

A bien regarder de près, c’est la Prusse qui n’avait jamais fait partie du « Saint Empire» et encore moins de l’Empire Austro-Hongrois, qui a «fait l’Allemagne» après s’être servie au passage sur les petits Etats, dits "allemands" et les autres (danois par exemple) !

 

Nous arrivons donc à ce point crucial: L’Allemagne, première nation économique et industrielle de l’Union Européenne qui devrait jouer un rôle-clé dans son approfondissement après avoir joué un rôle essentiel dans son établissement, n’est en aucune façon une communauté politique animée par une vocation partiellement ou totalement universaliste. Lorsqu’elle a revendiqué le principe de l’unité dite « Allemande», le processus d’unification qu'elle a mis en œuvre a usé de tous les moyens violents, annexion, destruction, invasion, passages en force. Et, finalement, soumission au roi de Prusse devenu Empereur Allemand (et non pas "des Allemands").

 

Alors vient cette dernière question : si, dans l’histoire, l’Allemagne apparaît pour ce qu’elle est, une volonté de société mono-culturelle, un rejet de ce qui n’est pas «de langue allemande », une union destinée à former une puissance de feu supérieure à celle de ses voisins, comment se trouve-t-il des Européens suffisamment naïfs pour lui apporter une couronne et leur hommage-lige ?  

Tuer un enfant, violer un enfant, c’est monstrueux.

 

 

La mort de la petite Lysiane, c’est de la monstruosité pure. Donc, c’est bien de la dénoncer et c’est très bien de décortiquer les attitudes de la « justice », les ratés, les transmissions administratives entre Parquets, juges d’instruction, police etc. C’est bien de mobiliser sur les plateaux-télé des experts, des policiers haut gradés, et même des magistrats car il faut comprendre n’est-ce pas ? C’est que dans cette affaire rien n’est simple, le violeur, comme d’habitude était connu des nombreuses personnes, amis, famille, collègues. Il était sympathique ! il aidait ! et même, il a donné un coup de main pour retrouver la petite fille qui avait disparu…

C’est bien de montrer aux téléspectateurs que l’horreur est trop souvent à côté de chez eux, que trop souvent, ils n’ont pas voulu voir, (on ne se mêle pas de la vie des autres et puis, il était sympa, il rendait des services, il se proposait pour garder les petites filles ou les emmener dans des fêtes ou à la piscine…). Ils n’ont pas su ou voulu entendre leurs propres enfants ! D’ailleurs ce n’est pas si clair qu’un enfant puisse être la victime d’un adulte. Cela arrive. Les enfants ne sont pas nécessairement gentils. On ne compte pas les films d’horreur dont les « héros » sot des enfants !!!

Si les fameux plateaux-télé ont une utilité, c’est justement, face à l’horreur, de faire naitre la prise de conscience que cette horreur n’est pas le fait d’un détraqué, d’un loup solitaire mais de ce qu’on pensait être un homme ordinaire.

Allons au bout de cette observation, la prise de conscience dans le cas de la malheureuse Lysianne, touche la société et ses institutions au plus profond : pourquoi, alors que la personnalité du tueur violeur avait déjà fait l’objet d’enquêtes, (ce n’était donc pas un homme ordinaire !) de rapports et d’observations, n’a-t-il pas été gêné dans l’accomplissement de ses crimes ?

« Mais qu’a fait l’Etat ?» Rien de toute évidence, si ce n’est poser des règles, multiplier des procédures, éviter que les magistrats prennent des initiatives et encadrer le fonctionnement de la justice. Et pourtant, on le sait depuis les Romains, « summum jus, summum injuria » : la multiplication des règles ne conduit pas à une justice mieux rendue. Pire, à la victime, il est recommandé de se taire et d’oublier toute tentation de vengeance, la justice étant là pour que tout soit remis dans l’ordre. Au coupable on offre de l’indulgence, la société n’est-elle pas responsable d’avoir facilité le basculement d’un homme ordinaire dans la monstruosité d’actes odieux ? N’avait-elle pas les moyens de l’identifier avant que le pire ait été commis ? N’a-t-elle pas laissé faire, laissé passer.

Plutôt que de punir il faudrait guérir : il faudrait donc soigner les individus déviants afin de les mettre dans le droit chemin ! Comment les repérer ? On trouve évidemment beaucoup de pédophiles ou de violeurs là où il y a beaucoup d’enfants ou de jeunes filles… ! Comment les soigner ? Rappelons-nous la leçon de Kubrick dans Orange Mécanique : le spectacle de l’horreur infligé aux criminels des jours entiers conduit à la désintoxication. Ce serait dur ? Moins que l’insupportable souffrance d’un enfant abusé.
Mais aussi il faudrait enseigner les petits enfants à se méfier des grandes personnes. Leur apprendre que trop de bonbons et trop de petits jeux de chatouilles ne sont pas des preuves de gentillesse et de camaraderie. Enseigner aux petits qu’il faut se méfier des grands éviterait les scandales de la ville de Paris où les nurseries, les crèches sont des lieux de perversions. On m’objectera que cela n’aurait pas grand sens, les petits étant trop petits, incapables de s’exprimer ! alors il faudra adopter le principe de la rotation des personnels et éviter qu’ils soient trop longtemps en fonction…

Ce serait créer une société de la délation et de la répression ? Revenons à Chateaubriand : « Si l'on vous donne un soufflet, rendez-en quatre, n'importe la joue ».

 

Les crimes pédophiles à la ville sont moins graves que les mêmes à la campagne

Il aurait dû démissionner.

 

Un général en chef qui faillit ne doit-il pas être démis de ses fonctions ? Un PDG dont les cours de bourse s’effondre ne doit-il pas être sorti des affaires ? Le coach d’une équipe de football…. Cessons de produire des preuves ! Tout ceci est de l’ordre des évidences : l’homme en charge (ou la femme) ne peuvent pas demeurer dans leur poste quand ils ont failli ou quand leurs collaborateurs, subordonnés et autres sous-fifres n’ont pas assumé leurs missions. Reconnaissons que dans l’affaire de la malheureuse Lyhanna tout s’est conjugué pour désigner sans doute le coupable : c’est le ministre de la Justice.

Lequel ministre a contribué à rendre difficile le travail de ses collaborateurs. Il les bombardait de notes, d’instructions et de recommandations diverses, véritables tsunamis administratifs, noyant les responsables locaux, les poussant à la faute. Il les jetait même en pâture aux hommes et femmes de bonne volonté. A ce point du drame remarquons le sursaut du personnel du Tribunal d’Auch : « Les personnels du tribunal d'Auch (Gers) ont adopté une motion dénonçant une « vindicte populaire » encouragée par « un discours politique décomplexé » ».

Dans tous les métiers, il y a de la casse : le chirurgien qui rate son opération, le banquier qui a diffusé des conseils frelatés etc. La Justice n’est pas exempte de cette triste statistique des loupés, c’est pourquoi nous ne blâmerons pas le personnel du tribunal d’Auch quand il proteste contre la vindicte Populaire dont il est victime.
Ils n’ont pas de chance ces serviteurs de la justice en province : une seule affaire, un seul criminel peut-être deux ou trois, suffisent pour embraser l’opinion locale, nationale et presque internationale alors qu’à Paris, la vie des responsables demeure cool malgré les signalements de violences sexuelles sur mineurs de 52 animateurs périscolaires employés par la Capitale. Songez-y : 52 ANIMATEURS ! et pas de marche blanche, pas d’appel à la démission du Maire de Paris pourtant responsable du personnel en charge du recrutement.

Le maire de Paris a-t-il seulement des enfants candidats à des soirées pyjamas ? Tranquillement, le maire de Paris annonce un plan de lutte contre les violences sur mineurs. Et dans le même mouvement, il va déposer une plainte contre le ministre de l’Education nationale : celui-ci n’avait même pas vu que dans les crèches de la ville de Paris régnait une sexualité débridée. Des éducateurs recrutés sur leurs compétences et sur la base de critères approuvés par « l’exécutif » de la capitale ont transformé les lieux éducatifs pour les plus jeunes en lupanars pour pédophiles. On dit même que le matériel vidéo de la Ville était mobilisé pour créer des souvenirs et distribuer aux amateurs les « bonnes images » de partouzes à base de nourrissons.

Mais voici que personne ne demande la démission du maire de Paris. Ce ne serait pas sa faute si ses services n’ont pas été capables de recruter des professionnels de la petite enfance.

C’est alors que vient se poser une question délicate et légère comme le vol du Papillon qui déclenche un typhon au-dessus de la Jamaïque : pourquoi avoir hurlé à la faute du ministre de la Justice et exigé sa démission et ne l’avoir pas fait vis-à-vis du maire de Paris ? Peut-on trouver une réponse dans leurs appartenances politiques : l’un serait répressif à outrance, un fasciste évidemment, quand l’autre revendiquerait ses convictions pour une vie sans contrainte pour tous âges confondus car il est interdit d’interdire

Parva inepta est

N’entend-on pas en ces temps de pouvoir affaibli que la France vaut bien tous les massacres, les abandons et les trahisons ! N’entend-on pas, pour conquérir le pouvoir, ces exhortations à mettre le feu, à disloquer son territoire et à l’ouvrir aux plus violents. Symboliquement, on aura entendu la foule frémir sous la harangue mélenchonnienne et gémir du plaisir attendu des conquêtes à venir. Quel bel enthousiasme émerge à l’idée de briser la France sur le lieu même des vieilles terres royales où, il y a plus de Mille ans, Suger, abbé de Saint denis, venait de poser la première pierre de l’édifice France.

Le candidat « insoumis » se fait fort de le faire s’effondrer. Mille ans, c’est trop !!! La Nouvelle-Calédonie, régulièrement traversée par des crises sur son avenir institutionnel, « ira vers l’indépendance ». La Corse sera conduite vers « l’autonomie étendue que demande ce peuple », annonce l’Insoumis. Quant aux « camarades de la Réunion et des Antilles », ils sauront que « La perspective sera le droit complet à l’autonomie… »

Il fut un temps où on pensait que le bonheur des peuples passait par la suppression des oppressions, coloniales, politiques, idéologiques, culturelles. Les désirs d’indépendance revêtaient la toge des grands philosophes, discouraient avec la passion des révolutionnaires français, s’incarnaient dans la praxis des partis uniques populaires et paysans. Aujourd’hui, n’en déplaise aux « Insoumis », il faut reformuler la question : qui a intérêt à la recherche de ces indépendances de café du commerce ? N’est-t-il pas temps en effet de comprendre que, derrière les belles idées qui les chantent et les appellent à se libérer, les petites nations n’échappent pas à des manœuvres plus spoliatrices encore que les plus grandes.

Au-delà de ces belles idées, quel intérêt y-a-t-il à rechercher une indépendance quand les ingrédients de l’autonomie sont absents ? Pourquoi tant de vigueur dans la recherche de l’indépendance de la Corse, par exemple, tant il est clair qu’elle ne disposera jamais d’une véritable indépendance politique ou même d’une simple autonomie économique et technologique faute de ressources monétaires et humaines. Une Calédonie libre, au bout du compte, ne serait-elle pas le champ clos de la compétition entre Australie et Chine pour sa soumission ? Au fait, pourquoi ne pas offrir ce droit à l’indépendance à l’Alsace et de la Lorraine ? Les Allemands n’attendent que ça !

Soyons lucides, alors que se multiplient les appels aux indépendances bidouillées, il serait bon de considérer les vraies menaces.

Il faut aller chercher là où cela fait déjà très mal aux souverainetés, y compris dans des pays qui ne sont pas si petits que cela. Les mafias en tous genres ont pris une place et acquis une capacité à agir considérables. Dans le dernier quart de ce siècle leur puissance économique s’est développée de façon vertigineuse. Elles sont capables de renverser un pouvoir politique. Dans d’autres pays, en Amérique Latine, dans l’ex-Yougoslavie, elles menacent les pouvoirs constitutionnels et, parfois, s’y substituent purement et simplement.

Les évaluations économiques sont effrayantes : l’estimation d'environ 400 milliards de dollars par an pour le marché mondial des drogues illicites comparée au PIB de différents pays donne ce résultat monstrueux :il est supérieur au PIB de plus de 150 pays du monde.

Ce qui manque souvent aux « barons de la drogue » c’est un territoire, bien à eux, non loin des zones de consommation, où on peut produire sans être gêné, d’où on peut expédier la marchandise au moindre risque donc au moindre coût. Un petit pays où il est facile de contrôler justice et police. Car dans un petit pays, comment assurer que la justice sera efficiente face à des entreprises multinationales du crime infiniment mieux équipées en juristes et en techniques de dissimulations ?

La souveraineté relèverait de l’incantation et l’indépendance serait plus ou moins bankable.


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