Soliloques sur le Vaste Monde,  janvier 2026

Les temps sont durs pour l’insoumis en chef

 

 

 

Les temps sont durs pour l’insoumis en chef. Comment tout à la fois défendre la démocratie des mollahs en Iran et l’exercice d’un pouvoir tyrannique au Venezuela ? Comment proclamer qu’Israël est à l’origine des difficultés gouvernementales iraniennes et endosser les accusations les plus stériles qu’égrènent les religieux et autres extrémistes à l’encontre des « démocraties occidentales ». Le seul moyen pour éviter contradictions, mauvaise foi et fausses informations ? Accuser l’Amérique, dénoncer les Etats-Unis, protester contre la tyrannie trumpienne et en appeler au « genre humain » menacé de tous côtés, revendiquer une « lutte finale » à base de créolisation et de muezzins confortablement installés dans les mosquées du 9-3.

 

L’univers de l’information à la française est encore sous le coup de près d’un demi-siècle de « désinformation » de gauche incrustée dans les consciences françaises à force de facilités politiques, de laxisme moral et d’un enseignement dégradé. Marqués à gauche ou à droite, certains peuples, à force de déversements éducationnels et civiques fétides, subissent une sorte de sédimentation socio-culturelle annihilant toute souplesse sociale, toute capacité créative et figeant la société dans la reproduction et la défense d’un passé glorifié et intangible.  

 

En France, l’intangibilité de l’esprit de « gauche » devrait à ce niveau être considéré comme une déviation mentale proche de la perversité narcissique. L’Allemagne traine à l’est du pays des réminiscences délétères n’ayant pas su vaincre les sédimentations boueuses d’un demi-siècle de lavage de cerveau et du triomphe d’idéologues corrompus. Tout comme le passé de la république démocratique populaire se couvre de roses, tout comme aussi, certains anciens pays de l’Est, Slovaquie, Hongrie s’acharnent malgré les leçons de l’histoire à proclamer leur droit à soutenir la politique de l’ancien allié russe et de flirter avec Poutine.

 

Dans ce salmigondis de fidélités blessées, d’alliances corrompues, et de démondialisation honteuse, les Etats-Unis trumpiens donnent de furieux coup de pieds. Des milliers de fourmis, jaillissent affolées, tournant en tous sens et protestant contre les atteintes au droit et à la démocratie. Ce sont les pays dits occidentaux, les membres de l’UE, tous pays en panne démographique, incapables de vouloir leur avenir et prêts à traiter pourvu qu’on les laisse s’empiffrer.

 

Retour à l’insoumis en chef : devenu défenseur des causes insanes, hurlant aux atteintes faites au droit souverain dont dispose un chef d’Etat, celui de mettre à la porte sa propre population (8 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, soit une personne sur 4). Il faut aussi compter sur le développement d’un Etat voyou et d’une oligarchie prédatrice, à l’origine de l’effondrement d’une économie archaïque. Mais non, l’insoumis en chef ne voit pas qu’il y ait lieu de protester et de se réjouir de voir les Etats-Unis prétendre au titre de gendarme du monde.

 

Il est vrai que la pusillanimité frappe de plein fouet les pays démocratiques. Ne voit-on pas qu’ils s’interrogent sur la légitimité d’une action forte pour faire cesser le joyeux commerce de la drogue et du blanchiment ? Peut-on vraiment arrêter un chef d’Etat qui, non seulement se comporterait en voyou international, mais aussi en pourvoyeur de drogues ? Est-il bien « juridique » de couler des navires susceptibles de transporter des substances frelatées ? La Russie qui n’a très clairement pas inventé le droit s’est vigoureusement lancée dans la polémique et a critiqué vertement les atteintes faites par les Etats-Unis au droit international. Ne parlons pas de l’Iran qui connait une des dictatures les plus hostiles au droit des personnes et des biens.

 

Les bonnes langues protestent car, on voit bien où les Etats-Unis veulent en venir : passer outre les objections et reconduire certains Etats, voyous depuis longtemps, dans des eaux plus sereines en matière de respect des droits humains.

Les protestations « démocratiques » ne sont pas ici de mise. L’incapacité des grands pays occidentaux à proposer des actions, des mesures coercitives, à intervenir dans la vie des peuples opprimés est beaucoup trop pusillanime. C’est la crainte qui les anime et réduit à peu de choses leurs velléité interventionniste.

 

Il parait qu’il manquait un gendarme du monde ? On l’aurait trouvé !

 

 

La République n’a toujours pas besoin de savants

 


En considérant l’histoire de la France, on ne peut qu’être frappé par l’absence de « chefs ». On peut en tirer une certaine gloire et en déduire que les Français ne font pas partie des troupeaux d’agneaux qui suivent un héros et s’y dévouent. Il faut se féliciter que l’esprit public français ne soit pas obscurci par les harangues des chefs dans de grands stades rassemblant des foules en pamoison.

Les critiques diront que cette vision idyllique est mise à mal par quelques exemples. Reconnaissons qu’ils sont plutôt rares. Ecartons, Charlemagne, Saint Louis, Louis XIV, et même Napoléon. S’ils suscitaient l’admiration de leurs sujets, celle-ci n’était pas générale, ni massivement exprimée. Ce sont les auteurs de livres d’histoire qui ont fabriqué des enthousiasmes de littérature ainsi que des professeurs enseignants l’idée du héros à leurs élèves, voire les politiques qui rêvaient de Panthéon. En vérité, la population française a toujours été réticente à l’égard des personnages charismatiques. Le Général de Gaulle ne subit-il pas l’horreur du ballotage ?

Pourtant, les Français sont tout à fait capables de s’enthousiasmer pour des idées et, pour elles, de mener des combats de longue haleine, mobilisant toutes les classes de la société. Se battre pour des idées est noble et va bien à « l’insolente nation ».

Et ça marche ! Les Français, qui ne peuvent supporter les leader charismatiques, sont prêts à se faire tuer pour des discours savants. On ne se perdra pas dans des exemples antiques, comme l’affaire Dreyfus qui divisa la France en deux. On n’évoquera pas de sombres affaires judiciaires, affaire Stavisky par exemple. Il vaut mieux se reporter vers des exemples récents.
« L’affaire Raoult » a donné au monde une raison de ricaner sur l’arrogance imbécile des « sachants français ».

Revenons sur le Professeur Raoult : un homme qui a réussi à faire d’un médicament au nom barbare « l’hydroxychloroquine » un instrument de lutte et d’éradication essentielle contre le virus du Covid. On se souviendra que ce virus fut à l’origine d’une crise sanitaire d’ampleur mondiale et que les peuples affolés réclamaient des solutions à des gouvernants déboussolés. Personne ne trouvait la bonne solution. C’est alors que le bon docteur Raoult survint avec son produit. En France, les passions se déchainèrent, il fallait produire la chloro-truc immédiatement. Sûrement, les lenteurs du pouvoir à faire pousser les usines tenaient aux manipulations malsaines des grands conglomérats pour défendre leurs poudres de prelinpinpin à grosses marges. L’esprit public s’en mêla, les plateaux-télé composés de types en blanc se multiplièrent, le promoteur du médicament miracle fut convié à l’Assemblée nationale pour tout expliquer.

Or, tous ces discours étaient faux car le produit était inefficace. Pourtant, l’idée était belle : soigner le monde, le sortir des crocs du virus, faire que la France, fut reconnue comme la mère des arts … du monde moderne. Tout était faux, mais, ne fallait-il pas « laisser sa chance au produit ? ».

Ce n’est pas une histoire absurde :  Aujourd’hui, le retour, c’est le cas de la taxe Zucman.

Le débat est bien choisi.M. Zucman n’a pas eu besoin, comme Raoult, de se lancer dans de très longs discours : pour lutter contre les riches, on peut éviter les réflexions compliquées et retenir des idées simples. Il faut les taxer. Voilà qui résume bien l’aptitude française à faire simple quand les autres font compliqué. Et voici, M. Zucman, qui se promène de plateau-télé en plateau-télé, qui est appelé à l’Assemblée nationale pour y donner un cours d’économie « simple ». Que faire lui demande-t-on pour en finir avec la pauvreté ? il faut supprimer la richesse ! répond-il. Toutes les richesses ? La richesse improductive ! et les journalistes (qui n’ont pas tous bien compris) de transmettre le vrai message. « Moins de richesse. Moins de pauvreté ». Ou bien « Trop de richesse, tue la richesse », dans ces conditions, mieux vaut la taxer avant qu’elle disparaisse.

Brillante idée qui, proférée devant le monde stupéfait, assoira mieux encore la belle réputation de la France. Elle n’a pas de pétrole mais, elle sait remuer le monde avec ses idées.

Crains les Américains et leurs rameaux d'olivier

Donald s'était souvenu de l'histoire du petit tailleur :" 7 d'un coup"


Donald Trump serait-il the world wide peace commander in chief ? Dans son enthousiasme à apporter la paix au monde et le monde à la paix, il aurait nous dit-il stoppé a « handful » of conflicts. Il aurait su mettre Vladimir Poutine à sa place (en vérité, il le confond toujours avec l’ignoble Zélenski surnommé le sauroctone des Russes). Trump, serait surtout le roi du deal, le douanier en chef, le spieler de bitcoin. Et pour aboutir à une synthèse absolue, il envisage de créer une nouvelle société (de la paix) des nations organisée comme un desk de crypto-monnaies réservé à des personnalités « peace oriented » venant presque du monde entier, depuis l’Islande et le Lichtenstein, la Russie éternelle et l’Italie (qui ne l’est pas moins) etc. Evidemment, pas l’Europe occidentale qu’il aura, pareil à Zeus, enlevée, engrossée et parquée dans les minifundia du Sud Est de la France au milieu des virus.

La paix ! l’a-t-on entendu hurler, pour intimider l’Allemand aux grosses machines-outils qui n’a de cesse de pleurnicher sur la perte du beau marché russe, et pour effrayer le Chinois perfide qui prétend étouffer le consommateur français sous des couches de vêtements de mauvaise qualité. (Mais on sait bien que n’est pas Hermès qui veut).

La paix ! C’est bien de cela qu’il s’agit, lorsqu’il prélève un Maduro au beau milieu du cheptel des vieux marxistes à castagnette. La paix, c’est ce qu’il réclame avec la vigueur d’un latiniste balbutiant : « Si vis bellum, para pace » que d’aucuns ont traduit par « j’te retrouve à la sortie ».

C’est bien de la paix qu’il s’agit lorsque, pour éviter de regrettables débordements bellicistes, le président américain, se fait Pythie, renifle des vapeurs toxiques assis sur une chaise curule qu’il a piquée au MOMA, et refroidit les enthousiasmes (malgré le réchauffement de la planète) sur la souveraineté du Groenland.

Toutefois, reconnaissons à Donald une certaine cohérence de pensée: la fameuse « Ile Verte » est à quelques encablures du pôle nord comme il en est de l’Alaska. Elle borde un important couloir de circulation maritime, stratégique en passe de s’élargir, en raison de la fonte des glaces et des neiges. Mais ce qui est pire, c’est que ce couloir, comme tout couloir normalement constitué, a deux côtés dont l’un, Russe, ne rate pas une occasion de rouler des mécaniques et l’autre, canadien, plutôt « Caribou et natives oriented ». 

Le président des Etats-Unis est donc bien dans son rôle de peace commander in chief quand, au nom de la paix du monde, il revendique le droit à la préserver quoi qu’il en soit du véritable propriétaire du Groenland, le beau royaume de Danemark. Il ne veut pas que le monde soit à la merci de l’insouciance coupable de quelques Inuits ayant décidé d’hiberner sans se rendre compte que des moujiks de la garde de Poutine, déguisés en ours blancs rodent dans l’obscurité de la nuit hivernale (voire polaire) pour se saisir des richesses naturelles de l’île Groenland et virer les danois (et les natives).

Et puis, notre ami américain est aussi porteur de valeurs morales qui légitiment son intervention au nom du genre humain. Le pays d’Hamlet et de la romantique Elseneur ne s’est-il pas laissé aller à quelques manipulations biologiques sur la population groenlandaise, les filles pubères en particulier, pour n’avoir pas à supporter des dépenses sociales « enfance et maternité » jugées excessives. …

Mais alors que sont ces criailleries européennes ? Quand on considère l’agressivité du moujik en chef ? Quand l’Allemagne gémit sur la perte des marchés russes ? sans parler des Hongrois…copains du tsar! et de tous les autres !

Ou alors… peut-on imaginer que l’Europe, aujourd’hui, grâce à l’ex-future Prix Noble de la Paix, soit de fait, et maintenant de droit, devenue une unité politique souveraine qu’il est temps de faire revenir dans le concert des puissants.


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