Cézanne à Paris, au musée du Luxembourg

Exposition "Cézanne, à Paris"

 

Quelques mots pour dire que c’est une jolie exposition. Il faut parfois, n’avoir pas à subir le pensum de l’exposition absolue, intégrale, complète qui fait accourir les foules et les visiteurs se presser comme des sardines. Il faut savoir se contenter d’un résumé. Remettre les images, les dates, les coups de pinceau en place. Mentalement, je ne sais pourquoi, on a tendance à rapprocher de nous des œuvres qui pourtant s’éloignent au fur et à mesure que le temps passe.

 

Cézanne, c’était il y a presqu’un siècle et demie quand, tranquillement, à l’écart du monde, parmi quelques amis, il a fait voler en éclat la peinture traditionnelle. Au moment où le grand Corot disparaissait, Cézanne avait sorti ses couteaux et taillait la nature pour en faire un objet artistique.

 

Dans le cours de cette exposition, c’est ce qui m’a le plus frappé: Cézanne a fait de la nature un objet. Et l’ayant ainsi transformée entreprit de la peindre pour révéler au monde, une nature rénovée et réinventée.

 

Il y a, dans cette reconstruction du monde, des étapes : l’une d’entre elles est exposée au musée du Luxembourg: « la pendule noire » qui semble annoncer un programme.  Un objet noir contrebalancé par un autre objet, blanc celui-là, leurs  dimensions respectives ne jouant, dans la composition du tableau, que sous la contrainte des couleurs. Bien sûr, sont montrés des tableaux "inspirés" ...Manet.... Courbet.  Preuve une fois de plus répétée que l’art ne dialogue pas avec la Nature mais avec les artistes.

 

Les beaux tableaux d’Auvers sur Oise, annoncent la révolution paisible de Cézanne, maisons devenant des boîtes, qui s’emboitent, toits qui deviennent triangulaires et trapézoïdaux, posés sur les boîtes . Les couleurs se réduisent à l’essentiel, pour marquer des distances, des reliefs ou l’appartenance souvenue de ces objets à quelque chose que d’autres nomment « la nature ».

 

Enfin, et surtout, quelques uns des très beaux tableaux de la période 1877-1880, Madame Cézanne transformée en objet à peindre sur fonds de tapisserie murale et de papiers peints aux motifs un peu frustes.  Madame Cézanne qui se détache, peinte au couteau, massive comme le bloc de marbre que le sculpteur va équarrir au ciseau. Comme se détachent les fruits, les pommess, sur le même arrière-plan de tapisserie murale. Et qui ne sont plus  ni des pommes, ni des fruits mais des objets qui s’offrent à la vision du peintre. Pour qu'il peigne.

 Ambroise Vollard enfin. Jamais terminé, disait Cézanne. On pense alors à quelques lettres de Flaubert sur les souffrances que lui causaient « sa Bovary ».  Ambroise Vollard qui est un des plus grands moments d’une nouvelle vision du monde par Cézanne. Enfin, 1885 « Madame Cézanne au fauteuil Jaune ». Toute la peinture moderne est inventée définitivement.

Vite. Il reste quelques jours encore. Jusqu’au 26 février.

 

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